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Chrétiens d’Alep en Syrie : L’Incertitude Face aux Nouveaux Maîtres

Après la prise d'Alep par les rebelles islamistes, les chrétiens syriens sont plongés dans l'incertitude, redoutant un retour des persécutions. Malgré les messages rassurants des nouveaux maîtres de la ville, l'angoisse est palpable au sein de cette communauté qui avait déjà été durement éprouvée après 2011...

Dans les rues d’Alep, deuxième ville de Syrie tombée aux mains des rebelles islamistes le 29 novembre dernier, l’incertitude et l’angoisse sont les maîtres mots au sein de la communauté chrétienne. Malgré les messages se voulant rassurants des nouveaux maîtres de la cité, nombreux sont ceux qui redoutent un retour des persécutions qui avaient décimé leurs rangs après le déclenchement de la guerre civile en 2011.

Une situation préoccupante pour les chrétiens d’Alep

Selon des sources proches des milieux chrétiens à Alep, contactées par téléphone, la situation est plus que préoccupante. « Nous vivons dans la stupeur, l’angoisse et l’incertitude depuis la prise de la ville par les rebelles », confie l’une d’elles sous couvert d’anonymat. « Les nouvelles sont tellement contradictoires. Personne n’y voit clair. Nous vivons au jour le jour, heure par heure. »

Les neuf évêques chrétiens d’Alep, dont six catholiques, sont toujours sur place malgré l’avancée des rebelles. Mais pour combien de temps encore ? Quel sort leur sera réservé par les nouveaux maîtres de la ville, dont les principaux groupes sont affiliés à la mouvance islamiste radicale ?

Les rebelles islamistes tentent de rassurer, en vain

Conscients des inquiétudes de la communauté chrétienne, les responsables des groupes rebelles, emmenés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une coalition de factions islamistes radicales, tentent de se montrer rassurants. Ils multiplient les déclarations et les communiqués affirmant que les minorités religieuses n’ont rien à craindre et que leurs droits seront respectés.

Mais aux yeux de nombreux chrétiens d’Alep, ces promesses sonnent creux. Beaucoup ont encore en mémoire les exactions commises par les groupes djihadistes lors de leur bref passage dans certains quartiers de la ville en 2012-2013. Églises profanées, religieux enlevés, civils exécutés… Les récits glaçants des rescapés de cette sombre période ne sont pas près de s’effacer.

Ils nous disent qu’on ne risque rien, qu’on peut pratiquer notre foi librement. Mais comment les croire ? Sont-ils vraiment des « rebelles modérés » comme ils le prétendent ou des djihadistes qui montreront leur vrai visage une fois leur pouvoir consolidé ?

– Un habitant chrétien d’Alep

Des familles chrétiennes fuient, d’autres restent malgré tout

Face aux incertitudes et aux craintes, environ 3000 familles chrétiennes ont choisi de fuir Alep ces derniers jours, souvent dans la précipitation, abandonnant tout derrière elles. Direction Damas, Tartous, le Liban voisin… Tous les chemins de l’exode semblent bons pour échapper à un avenir des plus sombres.

Pourtant, tous n’ont pas fait ce choix. La grande majorité de la communauté est restée, souvent par manque de moyens ou de solutions de repli. « Où irions-nous de toute façon ? C’est chez nous ici, on ne peut pas tout abandonner comme ça », soupire une mère de famille rencontrée dans le quartier chrétien de Sulaymaniyah.

Une communauté déjà durement éprouvée

Il faut dire que les chrétiens d’Alep, comme ceux de toute la Syrie, ont déjà payé un lourd tribut depuis le début du conflit en 2011. Pris en étau entre un régime autoritaire et des groupes rebelles souvent hostiles, beaucoup ont fui le pays, réduisant drastiquement la présence chrétienne, passée d’environ 10% de la population à moins de 3% aujourd’hui.

Ceux qui sont restés ont dû faire face à une précarité croissante, à des persécutions ciblées de la part des djihadistes, ainsi qu’aux violences et destructions d’une guerre qui n’en finit pas. Des églises réduites en cendres, des quartiers entiers dévastés, une vie sociale et communautaire brisée… Les cicatrices, visibles et invisibles, resteront à jamais.

Un avenir des plus incertains

Et maintenant, que réserve l’avenir pour cette communauté fragilisée et traumatisée par une décennie de chaos ? Si nul ne peut prédire avec certitude la politique que mèneront sur le long terme les nouveaux maîtres d’Alep, le passé et le présent incitent hélas au pessimisme.

En attendant, les chrétiens d’Alep retiennent leur souffle. Ils scrutent les moindres faits et gestes des hommes en armes qui arpentent désormais leurs rues. Ils guettent le moindre signe, le moindre geste qui pourrait présager du pire… Ou redonner un fragile espoir. Car malgré tout, beaucoup veulent encore croire que la raison et la tolérance finiront par l’emporter. Un jour peut-être…

Mais aux yeux de nombreux chrétiens d’Alep, ces promesses sonnent creux. Beaucoup ont encore en mémoire les exactions commises par les groupes djihadistes lors de leur bref passage dans certains quartiers de la ville en 2012-2013. Églises profanées, religieux enlevés, civils exécutés… Les récits glaçants des rescapés de cette sombre période ne sont pas près de s’effacer.

Ils nous disent qu’on ne risque rien, qu’on peut pratiquer notre foi librement. Mais comment les croire ? Sont-ils vraiment des « rebelles modérés » comme ils le prétendent ou des djihadistes qui montreront leur vrai visage une fois leur pouvoir consolidé ?

– Un habitant chrétien d’Alep

Des familles chrétiennes fuient, d’autres restent malgré tout

Face aux incertitudes et aux craintes, environ 3000 familles chrétiennes ont choisi de fuir Alep ces derniers jours, souvent dans la précipitation, abandonnant tout derrière elles. Direction Damas, Tartous, le Liban voisin… Tous les chemins de l’exode semblent bons pour échapper à un avenir des plus sombres.

Pourtant, tous n’ont pas fait ce choix. La grande majorité de la communauté est restée, souvent par manque de moyens ou de solutions de repli. « Où irions-nous de toute façon ? C’est chez nous ici, on ne peut pas tout abandonner comme ça », soupire une mère de famille rencontrée dans le quartier chrétien de Sulaymaniyah.

Une communauté déjà durement éprouvée

Il faut dire que les chrétiens d’Alep, comme ceux de toute la Syrie, ont déjà payé un lourd tribut depuis le début du conflit en 2011. Pris en étau entre un régime autoritaire et des groupes rebelles souvent hostiles, beaucoup ont fui le pays, réduisant drastiquement la présence chrétienne, passée d’environ 10% de la population à moins de 3% aujourd’hui.

Ceux qui sont restés ont dû faire face à une précarité croissante, à des persécutions ciblées de la part des djihadistes, ainsi qu’aux violences et destructions d’une guerre qui n’en finit pas. Des églises réduites en cendres, des quartiers entiers dévastés, une vie sociale et communautaire brisée… Les cicatrices, visibles et invisibles, resteront à jamais.

Un avenir des plus incertains

Et maintenant, que réserve l’avenir pour cette communauté fragilisée et traumatisée par une décennie de chaos ? Si nul ne peut prédire avec certitude la politique que mèneront sur le long terme les nouveaux maîtres d’Alep, le passé et le présent incitent hélas au pessimisme.

En attendant, les chrétiens d’Alep retiennent leur souffle. Ils scrutent les moindres faits et gestes des hommes en armes qui arpentent désormais leurs rues. Ils guettent le moindre signe, le moindre geste qui pourrait présager du pire… Ou redonner un fragile espoir. Car malgré tout, beaucoup veulent encore croire que la raison et la tolérance finiront par l’emporter. Un jour peut-être…

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