Imaginez une femme de 51 ans qui, malgré une maladie neurologique évolutive, décide de chausser à nouveau sa planche pour affronter les pistes gelées des Alpes italiennes. Cette athlète n’est pas n’importe qui : elle porte l’espoir d’une nation entière en tant que porte-drapeau. Son histoire résonne comme un hymne à la persévérance et défie toutes les idées reçues sur les limites de l’âge et du handicap.
Une championne qui refuse de baisser les bras
Quand on évoque les Jeux Paralympiques d’hiver, les images de vitesse, de courage et de dépassement de soi affluent immédiatement. Parmi les figures qui incarnent le mieux ces valeurs en 2026, une Française se détache particulièrement. À un âge où beaucoup songent à la retraite bien méritée, elle choisit au contraire de prolonger l’aventure.
Elle dispute ses quatrièmes et ultimes Jeux Paralympiques. Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une volonté farouche de laisser une trace indélébile dans l’histoire du para-sport. Porte-drapeau aux côtés d’un autre athlète talentueux, elle symbolise aujourd’hui la résilience française sur la scène internationale.
Un palmarès déjà impressionnant
Avant même d’aborder Milan-Cortina, son parcours force le respect. Elle totalise quatre médailles paralympiques, dont une en or particulièrement symbolique remportée en 2022 dans l’épreuve reine du snowboard cross. Cette victoire reste gravée dans les mémoires comme un moment de pure émotion.
Mais au-delà des breloques, c’est son mental d’acier qui impressionne le plus. Peu après son sacre à Pékin, elle a traversé une saison quasi parfaite où elle a tout raflé sur son passage. Beaucoup auraient alors raccroché sans regret. Elle, non.
« J’ai sérieusement pensé arrêter, mais quelque chose en moi refusait de lâcher l’affaire. »
Cette phrase résume parfaitement son état d’esprit : une combattante qui écoute son instinct plus que les statistiques ou les conseils raisonnables.
La sclérose en plaques : un adversaire invisible
En 2022, la maladie s’est déclarée de manière brutale. La sclérose en plaques est venue bouleverser son quotidien et sa pratique sportive. Ce trouble neurologique chronique affecte le système nerveux central et provoque fatigue intense, troubles moteurs, problèmes de coordination… autant d’obstacles sur une discipline qui exige précision et explosivité.
Pourtant, loin de se laisser abattre, elle a adapté sa préparation, son matériel et sa stratégie. Elle affirme aujourd’hui concentrer au maximum son handicap résiduel. Une phrase qui en dit long sur sa capacité à transformer une faiblesse en force.
- Fatigue chronique gérée par un sommeil optimisé et une nutrition stricte
- Entraînements fractionnés pour préserver l’énergie
- Travail spécifique sur l’équilibre et la proprioception
- Collaboration étroite avec kinésithérapeutes et préparateurs mentaux
Ces ajustements lui permettent de rester compétitive malgré l’évolution constante de la pathologie.
Blessure de début de saison : un test supplémentaire
L’intersaison n’a pas été de tout repos. Une grave blessure à la jambe droite est venue s’ajouter aux défis déjà nombreux. Beaucoup auraient jeté l’éponge. Elle a choisi de voir cela comme un défi de plus.
Aujourd’hui, elle assure être « au mieux de ses moyens ». Cette confiance retrouvée après des mois de rééducation intensive est un signal fort envoyé à ses adversaires.
Les deux objectifs majeurs à Milan-Cortina
Le programme para-snowboard aux Jeux de 2026 offre deux épreuves phares pour les athlètes comme elle. La première, snowboard cross, est programmée les 7 et 8 mars. Elle y arrive en tenante du titre et favorite logique.
Mais c’est surtout la seconde discipline qui lui tient à cœur : le banked slalom, prévu le 14 mars. Elle n’a jamais décroché l’or paralympique dans cette spécialité et rêve d’ajouter cette ligne prestigieuse à son palmarès.
« Le snowboard cross, c’est ma discipline de cœur, mais le banked slalom reste le titre qui me manque. Cette fois, je veux aller au bout. »
Cette double ambition témoigne d’une ambition rare à ce niveau et à cet âge.
Le rôle de porte-drapeau : une responsabilité immense
Être choisie pour porter le drapeau tricolore lors de la cérémonie d’ouverture n’est jamais anodin. Cela place l’athlète sous les projecteurs et lui confère une dimension supplémentaire. Elle partage cet honneur avec un autre sportif prometteur, signe que la Fédération a voulu mettre en avant deux générations.
Ce rôle symbolique renforce sa motivation. Elle sait que des milliers de personnes handicapées suivront sa performance comme un message d’espoir. « Je veux montrer qu’on peut continuer à rêver grand, même quand le corps nous rappelle ses limites », confie-t-elle dans un rare moment d’intimité.
Le para-snowboard : une discipline en pleine explosion
Depuis son intégration officielle aux Jeux Paralympiques, le snowboard handisport n’a cessé de gagner en popularité. Les pistes adaptées, les figures toujours plus audacieuses et les chronos qui tombent attirent un public jeune et connecté.
En France, plusieurs talents émergent, mais elle reste la référence incontestée. Sa longévité au plus haut niveau inspire toute une nouvelle génération qui rêve de suivre ses traces.
| Épreuve | Date prévue | Objectif principal |
|---|---|---|
| Snowboard Cross | 7-8 mars | Défendre le titre |
| Banked Slalom | 14 mars | Conquérir l’or manquant |
Ce tableau synthétique montre à quel point son programme est chargé et exigeant.
L’impact sociétal d’une telle carrière
Au-delà des médailles, son parcours questionne notre rapport au handicap, à l’âge et à la performance. Dans une société qui valorise souvent la jeunesse et la perfection physique, voir une quinquagénaire triompher sur la neige représente un message puissant.
Elle devient malgré elle une icône pour toutes les personnes atteintes de maladies chroniques. Son combat quotidien contre la fatigue, les douleurs et les doutes rappelle que la victoire la plus belle est parfois celle que l’on remporte contre soi-même.
Les défis techniques et matériels
Le para-snowboard n’est pas qu’une question de mental. Le matériel joue un rôle crucial. Les planches, fixations et protections sont adaptées au handicap de chaque athlète. Elle a travaillé pendant des mois avec des ingénieurs pour optimiser son setup après sa blessure.
Chaque détail compte : la rigidité de la planche, l’angle des fixations, la hauteur des boots… Rien n’est laissé au hasard quand on vise le podium paralympique.
Une préparation mentale hors norme
Face à l’accumulation des défis (âge, maladie, blessure, pression du statut de favorite), elle a renforcé son accompagnement psychologique. Visualisation, cohérence cardiaque, hypnose… elle teste tout ce qui peut lui donner un avantage, même infime.
Son entourage parle d’une « machine mentale » capable de rester focalisée pendant de longues minutes avant le départ. Une qualité rare qui explique en partie sa longévité au plus haut niveau.
L’héritage qu’elle souhaite laisser
En annonçant que ces Jeux seraient les derniers, elle se place dans une posture particulière. Plus de pression de résultat à long terme, mais une envie brûlante de finir en apothéose.
Elle espère surtout inspirer les jeunes atteints de sclérose en plaques ou d’autres pathologies invalidantes. « Si moi j’y arrive à 51 ans, alors personne ne peut dire que c’est impossible », répète-t-elle souvent.
Conclusion : une page d’histoire en marche
Les Jeux Paralympiques d’hiver 2026 s’annoncent comme le chapitre final d’une carrière exceptionnelle. Que ce soit en snowboard cross ou en banked slalom, chaque descente sera scrutée, chaque virage commenté.
Mais au-delà des chronos et des médailles, c’est l’histoire d’une femme qui refuse de se laisser définir par sa maladie ou son âge qui restera. Une histoire qui prouve que le courage et la détermination peuvent déplacer des montagnes… ou du moins, les descendre à toute vitesse sur une planche de snowboard.
Maintenant, place à la neige italienne et à l’écriture de cette dernière grande page. Rendez-vous sur les pistes pour vibrer avec elle.









