Le Canada, sous la direction de son premier ministre Mark Carney, entame une nouvelle phase stratégique dans ses relations économiques internationales. Face à un contexte mondial marqué par des tensions commerciales persistantes, particulièrement avec les États-Unis, Ottawa accélère ses efforts pour élargir ses horizons commerciaux. À partir de ce jeudi 26 février 2026, Mark Carney s’envole pour une tournée ambitieuse en Asie et en Océanie, visant à consolider de nouveaux partenariats et à réduire la dépendance historique envers le voisin américain.
Dans un monde où l’incertitude domine les échanges internationaux, le Canada choisit de prendre les devants. Le premier ministre Mark Carney a répété à plusieurs reprises que son pays doit se concentrer sur ce qu’il peut maîtriser : la construction de relations solides et diversifiées à l’étranger. Cette tournée, qui s’étend jusqu’au 7 mars, marque une étape concrète dans cette stratégie de long terme.
Les États-Unis restent de loin le principal partenaire commercial du Canada, mais les récentes frictions, notamment les mesures tarifaires affectant des secteurs stratégiques, ont poussé Ottawa à agir. L’objectif est clair : sécuriser l’avenir économique en multipliant les options et en évitant une vulnérabilité excessive à un seul marché.
Mark Carney accélère la diversification commerciale du Canada
Les impacts des tensions commerciales avec les États-Unis
Les secteurs clés de l’économie canadienne subissent de plein fouet les conséquences des politiques protectionnistes américaines. L’automobile, l’acier, le bois d’œuvre et l’aluminium figurent parmi les domaines les plus touchés par les taxes douanières imposées au fil des années. Ces mesures ont créé une pression constante sur les exportateurs canadiens et sur l’emploi dans ces industries.
Cependant, une grande partie des échanges bilatéraux demeure exemptée de droits de douane, grâce au respect partiel de l’accord de libre-échange nord-américain en vigueur. Malgré cela, le premier ministre considère que maintenir le statu quo n’est plus viable à long terme. La diversification devient une nécessité pour protéger la prospérité et la stabilité économique du pays.
Mark Carney, connu pour ses positions tranchées sur l’évolution de l’ordre mondial, estime que l’hégémonie américaine traditionnelle est en déclin. Selon lui, même un changement de leadership aux États-Unis ne suffira pas à restaurer l’ancien équilibre. Le Canada doit donc anticiper et adapter sa stratégie commerciale en conséquence.
Une tournée stratégique : Inde, Australie et Japon
La visite débute en Inde, pays émergent majeur et marché prometteur. Mark Carney y voit une opportunité exceptionnelle de renforcer les liens économiques. L’objectif affiché est ambitieux : plus que doubler les échanges bilatéraux pour atteindre 70 milliards de dollars canadiens d’ici 2030. Cela représenterait une croissance significative par rapport aux niveaux actuels.
La rencontre avec le premier ministre indien Narendra Modi sera au cœur de cette étape. Les discussions porteront sur la relance des partenariats commerciaux, mais aussi sur la réparation d’une relation diplomatique mise à rude épreuve par des événements passés. En 2023, une grave crise avait éclaté suite à des accusations canadiennes concernant un assassinat survenu à Vancouver, impliquant un séparatiste sikh naturalisé canadien. New Delhi a toujours fermement nié toute implication.
Malgré cette période de tensions, les deux pays ont entamé un processus de normalisation dès juin, lors d’une rencontre au G7 au Canada. La présence de Narendra Modi à cet événement avait marqué un premier pas vers la réconciliation. Aujourd’hui, les enjeux économiques prennent le pas, avec l’espoir de transformer cette normalisation diplomatique en opportunités concrètes pour les entreprises des deux nations.
« Dans un monde plus incertain, le Canada se concentre sur ce qu’il peut contrôler. Nous nouons de nouveaux partenariats à l’étranger afin d’amener plus de certitude, de sécurité et de prospérité au pays. »
Mark Carney, premier ministre du Canada
Après l’Inde, la tournée se poursuit en Australie, puis au Japon. Ces deux pays, partenaires fiables dans la région Indo-Pacifique, offrent des complémentarités évidentes avec l’économie canadienne. L’Australie partage des intérêts communs en matière de ressources naturelles et de technologies, tandis que le Japon excelle dans l’innovation et les chaînes d’approvisionnement avancées.
Cette séquence géographique n’est pas anodine. Elle reflète une volonté de renforcer les liens avec des économies dynamiques et stables, capables de contrebalancer les risques liés à une dépendance excessive envers un seul partenaire. Les discussions porteront sur le commerce, mais aussi sur l’énergie, les technologies émergentes et potentiellement la défense.
Le précédent chinois et la stratégie globale
Mi-janvier 2026, Mark Carney s’était déjà rendu en Chine, où il avait annoncé la conclusion d’un accord commercial préliminaire qualifié d’historique. Cet accord vise à lever des obstacles au commerce et à réduire les droits de douane entre les deux pays. Cette avancée illustre la détermination du gouvernement canadien à explorer toutes les pistes pour diversifier ses échanges.
La Chine représente déjà le deuxième partenaire commercial du Canada, loin derrière les États-Unis. Pourtant, les défis persistent, notamment en matière de chaînes d’approvisionnement sécurisées et de protection des intérêts nationaux. L’accord préliminaire marque un pas important, mais la tournée actuelle en Asie du Sud et de l’Est vise à équilibrer davantage les relations.
En combinant ces initiatives, le Canada cherche à créer un réseau commercial plus résilient. L’approche n’est pas de rompre avec les États-Unis, mais de multiplier les alternatives pour réduire les risques. Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large d’autonomie stratégique, où le pays affirme sa place comme acteur indépendant sur la scène mondiale.
Les secteurs porteurs pour les nouveaux partenariats
Les opportunités ne manquent pas dans les pays visités. Avec l’Inde, les domaines comme les technologies de l’information, les énergies renouvelables et les produits agricoles pourraient connaître une forte croissance. L’objectif de 70 milliards de dollars canadiens d’échanges bilatéraux d’ici 2030 repose sur une augmentation massive dans ces secteurs.
En Australie, les ressources critiques et les minerais stratégiques attirent l’attention. Le Canada et l’Australie partagent une expertise similaire en matière d’extraction responsable, ce qui pourrait mener à des collaborations renforcées. Le Japon, de son côté, offre des perspectives dans l’intelligence artificielle, les véhicules électriques et les technologies vertes.
Énergie propre et transition écologique
Technologies numériques et innovation
Ressources minérales critiques
Automobile et mobilité durable
Agriculture et produits alimentaires
Ces domaines représentent des priorités communes et des complémentarités évidentes. Les entreprises canadiennes pourraient y trouver de nouveaux débouchés, tandis que les partenaires asiatiques et océaniens bénéficieraient d’un accès privilégié à des ressources et à un savoir-faire de qualité.
Les défis diplomatiques et économiques à relever
Malgré l’optimisme affiché, plusieurs obstacles subsistent. La crise de 2023 avec l’Inde a laissé des traces, et la normalisation reste fragile. Les discussions avec Narendra Modi devront aborder à la fois les dossiers économiques et les questions sensibles pour reconstruire une confiance durable.
Par ailleurs, la concurrence internationale est rude. D’autres pays occidentaux mènent des stratégies similaires de diversification vers l’Asie. Le Canada doit se démarquer par des offres concrètes, des engagements fiables et une approche respectueuse des souverainetés nationales.
Enfin, les résultats de cette tournée ne se mesureront pas uniquement en termes d’accords signés immédiatement. Il s’agit d’un processus à long terme, où les rencontres de haut niveau posent les bases pour des négociations futures plus approfondies.
Vers une économie canadienne plus résiliente
La vision défendue par Mark Carney dépasse la simple réaction aux pressions extérieures. Elle s’inscrit dans une réflexion profonde sur la place du Canada dans un monde multipolaire. En diversifiant ses partenaires, le pays renforce sa souveraineté économique et sa capacité à naviguer dans un environnement géopolitique complexe.
Les Canadiens suivent de près ces développements, conscients que leur prospérité dépend en grande partie des échanges internationaux. Une réduction de la dépendance aux États-Unis, si elle est bien menée, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les travailleurs, les entreprises et l’ensemble de l’économie.
Cette tournée en Asie et Océanie représente donc bien plus qu’un simple déplacement diplomatique. Elle incarne un tournant stratégique pour le Canada, un pari sur l’avenir dans un contexte de bouleversements mondiaux. Les semaines et mois à venir diront si ces efforts porteront leurs fruits, mais l’intention est claire : bâtir une économie plus forte, plus diversifiée et plus autonome.
En conclusion, alors que Mark Carney entame ce périple, le message envoyé est limpide : le Canada refuse de subir les aléas du commerce mondial et choisit d’agir pour sécuriser son avenir. Cette démarche audacieuse pourrait redessiner les contours des relations économiques canadiennes pour les décennies à venir.









