Imaginez un quintuple vainqueur de Majeurs qui revient sur le circuit où il a construit sa légende, après quatre années d’exil dans une ligue rivale. Les attentes sont immenses, les regards scrutateurs, et pourtant le premier résultat laisse un goût d’inachevé. C’est exactement ce que vit Brooks Koepka en ce début février 2026.
Le natif de la Floride a foulé à nouveau les fairways du PGA Tour lors du Farmers Insurance Open disputé sur le mythique parcours de Torrey Pines. Si le cut a été franchi sans trop de souci, la 56e place finale montre que la transition n’est pas aussi fluide qu’espéré. Entre difficultés techniques et un environnement largement renouvelé, le comeback s’annonce semé d’embûches… mais aussi de promesses.
Un retour très attendu mais plein de contrastes
Quatre ans. C’est la durée pendant laquelle Brooks Koepka a évolué loin du PGA Tour. En 2022, comme plusieurs grandes figures du golf mondial, il avait choisi de rejoindre le LIV Golf, provoquant une onde de choc dans le petit monde du golf professionnel. Aujourd’hui, le vent tourne à nouveau et l’Américain de 35 ans retrouve le circuit américain historique.
Ce premier tournoi de retour n’était pas anodin. Torrey Pines, avec ses deux parcours exigeants, représente souvent un test de vérité pour les joueurs. Koepka, habitué aux grands rendez-vous, espérait sans doute mieux placer son nom au leaderboard. Pourtant, malgré une passe décisive lors du cut, le bilan chiffré reste modeste.
Le putting, talon d’Achille du week-end
Interrogé à chaud après sa dernière carte rendue, Koepka n’a pas tourné autour du pot : le putting a été son principal problème. Les greens rapides et vallonnés de Torrey Pines ont mis en évidence des hésitations dans la posture et dans la lecture des lignes.
« J’ai juste travaillé sur ma posture, un peu comme je m’y attendais. Ce n’était pas génial aujourd’hui. Je pense que j’ai un peu exagéré les changements », a-t-il confié. Une analyse lucide qui montre que le golfeur reste conscient de ses faiblesses actuelles.
Le samedi soir, après une journée compliquée, il a passé plusieurs heures sur le practice pour corriger le tir. Résultat visible le dimanche avec un dernier tour plus solide sur les verts. Preuve que le travail paie rapidement quand la discipline est là.
« Encore quelques heures d’entraînement et ce sera bien. La semaine prochaine, les greens seront bons donc je vais y aller lundi, mardi, mercredi et m’entraîner. »
Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit de Koepka : pragmatique, travailleur, jamais abattu très longtemps. Une mentalité de champion qui fait souvent la différence sur la durée.
Un vestiaire profondément transformé
Au-delà des chiffres et des sensations de jeu, le plus grand choc pour Koepka semble venir de l’évolution du circuit lui-même. Quatre années d’absence, c’est énorme dans un sport où les jeunes talents émergent à grande vitesse.
« Le plus grand changement, c’est évidemment que j’ai l’impression de ne connaître que la moitié des gars. Il y a eu beaucoup de changements au cours des quatre dernières années. C’est la seule chose que j’ai retenue », a reconnu l’intéressé avec une pointe d’étonnement.
Cette phrase en dit long. Le PGA Tour a accueilli une nouvelle génération : des rookies talentueux, des joueurs venus d’autres circuits, des profils très différents de ceux qu’il côtoyait en 2021-2022. Brooks va devoir réapprendre des prénoms, des styles de jeu, des personnalités.
Mais loin de le rebuter, cette situation semble au contraire l’exciter. Il parle d’une « année amusante » où il va « apprendre à connaître tout le monde ». Une curiosité sincère qui tranche avec l’image parfois froide qu’il peut renvoyer.
Direction le Phoenix Open, un terrain de jeu familier
Après ce premier galop d’essai à San Diego, Koepka met déjà le cap sur le Waste Management Phoenix Open. Un tournoi qu’il affectionne particulièrement et où il a déjà brillé à plusieurs reprises.
Vainqueur en 2015 puis en 2021, troisième en 2022 lors de sa dernière participation, l’Américain connaît parfaitement les lieux. Il apprécie surtout l’ambiance survoltée, le « chaos » comme il dit lui-même, qui règne autour du 16e trou surnommé le « Coliseum ».
« J’ai hâte d’être à la semaine prochaine. J’adore le chaos, je trouve ça amusant. Ça fait quoi, quatre ans que je n’y suis pas retourné, donc je suis impatient de revenir dans un endroit que je connais bien, où je me sens à l’aise et que j’adore. »
Ces mots traduisent une réelle excitation. Le Phoenix Open pourrait bien être le déclic dont il a besoin pour lancer véritablement sa saison 2026 sur le PGA Tour.
Retour sur un palmarès impressionnant
Pour bien mesurer l’enjeu de ce comeback, il convient de rappeler ce que représente Brooks Koepka dans le golf moderne. Cinq titres du Grand Chelem à 35 ans, c’est déjà énorme. Peu de joueurs dans l’histoire ont atteint ce total si jeunes.
Ses victoires en Majeur se décomposent ainsi :
- US Open 2017
- US Open 2018
- PGA Championship 2018
- PGA Championship 2019
- PGA Championship 2023 (alors qu’il jouait déjà sur le LIV Golf)
Ce dernier titre, décroché en 2023, prouve que même en évoluant sur un circuit concurrent, Koepka restait capable de performer au plus haut niveau quand les projecteurs se braquaient sur les quatre tournois majeurs.
Son jeu puissant, sa capacité à rester calme sous pression et son mental d’acier en font toujours un candidat sérieux dès qu’un Grand Chelem pointe à l’horizon. C’est d’ailleurs l’un des principaux arguments avancés par ceux qui espèrent le voir redevenir un acteur majeur du PGA Tour.
Les défis techniques et mentaux à relever
Revenir après quatre ans loin du circuit principal n’est jamais simple. Le rythme des semaines est différent, les exigences physiques et mentales également. Koepka doit maintenant retrouver ses automatismes, ajuster son calendrier, gérer la fatigue liée aux voyages et aux entraînements intensifs.
Le putting reste la priorité numéro un. Sur le PGA Tour actuel, les greens sont souvent plus rapides et plus fermes que ceux rencontrés sur le LIV Golf ces dernières années. L’adaptation prendra du temps, mais l’Américain semble avoir la bonne approche : travail acharné et honnêteté envers soi-même.
Sur le plan mental, il devra également composer avec une pression médiatique plus forte. Chaque départ sera scruté, chaque bogey analysé. Lui qui a toujours revendiqué aimer la pression des grands rendez-vous va devoir prouver qu’il supporte aussi celle du regard permanent.
Quel impact sur le paysage du golf mondial ?
Le retour de Brooks Koepka n’est pas seulement une histoire individuelle. Il s’inscrit dans un contexte plus large de réconciliation progressive entre le PGA Tour et le LIV Golf. Si des joueurs de haut niveau reviennent, cela pourrait accélérer les discussions et changer la donne pour l’avenir.
Pour l’instant, Koepka reste l’un des rares à avoir franchi le pas dans ce sens. Son parcours sera suivi de très près par les observateurs, mais aussi par d’autres joueurs qui hésitent encore à faire le grand saut retour.
Son influence sur les jeunes talents pourrait également être significative. Beaucoup d’entre eux n’ont connu que le PGA Tour post-2022. Voir un quintuple majeur reprendre ses marques pourrait les inspirer ou au contraire les challenger à un autre niveau.
Perspectives pour la saison 2026
Si l’on se projette un peu, plusieurs scénarios sont envisageables. Le plus optimiste voit Koepka retrouver rapidement son meilleur niveau et s’imposer à nouveau sur le PGA Tour, pourquoi pas dès le printemps lors d’un gros rendez-vous.
Le scénario intermédiaire est plus réaliste : une adaptation progressive, quelques top 10 au cours de l’année, et surtout une préparation minutieuse pour les Majeurs où il reste très dangereux.
Enfin, le scénario le plus pessimiste envisagerait des difficultés persistantes et un retour plus long que prévu. Mais connaissant le personnage, cette dernière hypothèse paraît peu probable.
Une chose est sûre : Brooks Koepka n’est pas revenu pour faire de la figuration. Son objectif reste de gagner, et de gagner gros. Le Phoenix Open pourrait constituer la première étape d’un nouveau chapitre passionnant.
En attendant, les fans de golf ont de quoi vibrer. Un grand nom est de retour, avec ses forces, ses faiblesses actuelles et surtout une faim intacte. La suite s’annonce passionnante.
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