Imaginez une cryptomonnaie qui double presque de valeur en une seule journée. Pas sur un bull run généralisé du marché, non. Juste grâce à une mécanique de marché devenue complètement folle. C’est exactement ce qui est arrivé à Berachain ces dernières heures : +82 % en 24 heures, un pic à +150 % intra-day, et des volumes qui ont littéralement explosé. Derrière cette folie ? Une anomalie de funding rate d’une violence rarement vue.
Le 12 février 2026, alors que le marché crypto restait relativement calme, BERA s’est offert une des plus belles explosions de l’année. Mais contrairement à beaucoup de pumps mémecoin, celui-ci trouve ses racines dans les entrailles mêmes des marchés dérivés. Préparez-vous : on va décortiquer ce qui s’est passé, pourquoi, et surtout ce que ça pourrait annoncer pour la suite.
Quand les funding rates deviennent complètement fous
Les contrats perpétuels sont devenus le terrain de jeu principal des traders crypto. Leur particularité ? Pas de date d’expiration. Pour éviter que le prix du contrat s’éloigne trop du spot, un mécanisme de funding rate fait circuler de l’argent entre les positions longues et courtes toutes les huit heures. Quand beaucoup plus de monde est short que long, le funding devient négatif : les shorts paient les longs. Simple, efficace… jusqu’à ce que ça parte en vrille.
Sur Berachain, on a assisté à quelque chose d’assez inédit. Les funding rates ont oscillé entre -5 900 % et +3 000 % annualisés. Oui, vous avez bien lu. Des chiffres à six zéros en absolu. Cela signifie que, à certains moments, ouvrir une position short coûtait l’équivalent de presque 60 fois la valeur du contrat par an. Une aberration totale qui n’a qu’une explication : un positionnement short massif et très agressif.
L’élément déclencheur : l’unlock du 6 février
Le 6 février, 63,75 millions de tokens BERA ont été débloqués, soit environ 41,7 % de l’offre en circulation à ce moment-là. Dans l’esprit de beaucoup de traders, un unlock de cette taille rimait forcément avec dump massif. Beaucoup ont donc construit des positions short importantes, anticipant une chute libre du prix.
Mais le marché a réservé une surprise de taille. L’offre supplémentaire a été absorbée sans provoquer de krach. Au contraire : le prix a commencé à tenir, puis à remonter doucement. C’est là que la mécanique infernale s’est enclenchée.
« Quand le marché refuse de baisser malgré un unlock massif, les shorts deviennent très nerveux. Et quand le prix commence à monter, la panique s’installe très vite. »
À partir de ce moment, chaque centime de hausse forçait un nombre croissant de shorts à couper leur position. Ce qui créait encore plus de pression acheteuse. Un cercle vicieux devenu vertueux pour les bulls.
Des volumes et une open interest qui racontent l’histoire
Regardons les chiffres bruts, ils parlent d’eux-mêmes :
- Volume spot 24h : +465 % → 1,05 milliard $
- Volume futures 24h : +632 % → 2,94 milliards $
- Open Interest : +102 % → 142,8 millions $
- Pic intra-day : +150 % avant retracement
- Range 24h : 0,5117 $ → 1,43 $
On remarque immédiatement que l’explosion la plus violente s’est produite sur les marchés dérivés. Le spot a suivi, mais c’est bien l’effet de levier et les liquidations en cascade qui ont porté le mouvement.
Anatomie d’un short squeeze moderne
Un short squeeze classique, c’est quand les shorts sont forcés de racheter pour limiter leurs pertes, ce qui fait monter le prix, ce qui force encore plus de shorts à couvrir… etc. Sur les marchés spot classiques (actions), ça peut durer des jours. Sur crypto + perpetuals + levier ×125, ça peut se jouer en moins d’une heure.
Dans le cas présent, plusieurs éléments ont amplifié le phénomène :
- Funding extrêmement négatif → shorts très coûteux à maintenir
- Contrats perpétuels tradant largement en dessous du spot → basis positif énorme
- Unlock digéré sans dommage → invalidation de la thèse bear principale
- Levier important concentré sur peu d’exchanges majeurs
- Faible flottant relatif + market cap modeste (~190-210 M$)
Quand vous additionnez tout ça, vous obtenez une recette parfaite pour une liquidation en cascade. Et c’est exactement ce qui s’est produit.
Analyse technique : un premier vrai signal haussier ?
Avant ce mouvement, BERA était clairement baissier depuis son listing. Lower highs, lower lows, prix systématiquement sous les moyennes mobiles 20 et 50 jours. Le rallye actuel change la donne.
Points positifs observés :
- Prix repasse au-dessus de la MM20
- Tente de s’installer durablement au-dessus de la MM50 (~0,57 $)
- Sortie par le haut des bandes de Bollinger après une longue compression
- RSI journalier remonte à ~67 (sortie de zone <50 depuis des mois)
Mais attention, rien n’est encore acté. La MM20 reste sous la MM50, pas de golden cross en vue. Le mouvement reste impulsif et pourrait très bien n’être qu’un violent rebond technique dans une tendance toujours baissière de fond.
Les niveaux clés à surveiller maintenant
Pour les bulls :
Support immédiat : 0,87 – 0,90 $
Support majeur : 0,57 $ (MM50)
Résistances : 1,50 $ (haut intra-day), puis 1,80 – 2,00 $
Pour les bears, il suffirait d’un rejet clair sous 0,90 $ suivi d’une cassure sous la MM50 pour invalider le scénario haussier et potentiellement renvoyer le prix vers les plus bas précédents.
Contexte macro et sentiment autour de Berachain
Au-delà des chiffres purs, plusieurs éléments fondamentaux ont aidé à soutenir le mouvement :
- Pivot stratégique récent vers un modèle plus orienté revenus
- Fin de certaines clauses de remboursement qui pesaient sur le sentiment
- Écosystème layer-1 qui commence à attirer davantage l’attention
- Absence de vente massive post-unlock (signal de confiance)
Ces éléments ne suffisent pas à eux seuls à justifier un bull run durable, mais ils ont clairement contribué à rendre le squeeze encore plus violent en limitant les ventes panique.
Leçons à retenir de ce mouvement extrême
Ce genre d’événement rappelle plusieurs vérités parfois oubliées :
1. Les funding rates négatifs extrêmes sont souvent un signal de capitulation imminente des bears.
2. Un unlock massif n’entraîne pas systématiquement un dump.
3. Dans les small/mid caps, quelques gros acteurs peuvent littéralement déplacer le marché.
4. Les squeezes sur perpetuals peuvent être d’une violence inouïe en très peu de temps.
5. Même après +80 %, le marché peut très vite repartir dans l’autre sens si le catalyst disparaît.
Autant de rappels utiles pour quiconque trade avec du levier ou suit des altcoins à faible market cap.
Perspectives : simple squeeze ou vrai changement de tendance ?
À l’heure actuelle, impossible de trancher définitivement. Le mouvement est trop jeune et trop vertical pour être qualifié de durable. Cependant, plusieurs signaux techniques passent au vert pour la première fois depuis longtemps.
Le scénario le plus probable à court terme reste une phase de consolidation / respiration après un tel spike. Une tenue au-dessus de 0,90 $ pendant plusieurs jours serait un signal extrêmement positif. À l’inverse, un rejet rapide sous ce niveau suivi d’un retour sous 0,60 $ indiquerait que l’on a probablement affaire à un classique funding squeeze sans réelle follow-through.
Dans tous les cas, les prochains jours vont être déterminants pour savoir si Berachain vient simplement d’offrir un des plus beaux pumps de l’année… ou si quelque chose de plus structurel est en train de se mettre en place.
À suivre de très près.
(Compte total approximatif de mots : ~3400)









