En ce mardi matin, la circulation est au point mort sur l’autoroute A9 à proximité de la frontière franco-espagnole. Et pour cause : des centaines d’agriculteurs français, tracteurs en tête, ont décidé de bloquer cet axe crucial pour le commerce ibérique. Un barrage filtrant a été mis en place, laissant passer les voitures mais contrôlant systématiquement les poids-lourds en provenance d’Espagne.
Syndicats agricoles à la manœuvre
Derrière cette action d’envergure, on retrouve principalement la Coordination Rurale (CR), deuxième syndicat agricole français connu pour ses coups d’éclat. Ils ont été rejoints par des membres de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, alliance majoritaire qui avait déjà mené des opérations symboliques la veille dans tout l’Hexagone.
Un ras-le-bol qui monte en puissance
Pour Serge Bousquet-Cassagne, un des leaders de la CR, cette mobilisation est un signal fort envoyé aux pouvoirs publics. Micro en main, il galvanise ses troupes, appelant à un durcissement du mouvement :
On va bloquer l’A9, mais aussi les dépôts de carburants, les ports, les centrales d’achat. On veut provoquer un chaos et une pénurie alimentaire.
Serge Bousquet-Cassagne, leader de la Coordination Rurale
Philippe Maydat, président de la CR des Pyrénées-Orientales, insiste quant à lui sur les difficultés spécifiques rencontrées par les agriculteurs de ce département frontalier, notamment la sécheresse qui s’ajoute à la concurrence espagnole.
L’A9, artère névralgique du commerce ibérique
Le choix de l’A9 n’est pas anodin. Chaque jour, ce sont en moyenne 10 000 camions qui empruntent cet axe, véritable « fleuve de fruits et légumes » selon les mots de Serge Bousquet-Cassagne. En bloquant ce point de passage stratégique, les agriculteurs espèrent bien faire plier le gouvernement.
Un ultimatum musclé
Face à ce coup de force, les autorités ont dépêché d’importants effectifs policiers autour du péage du Boulou. Une présence qui n’impressionne guère les manifestants, déterminés à en découdre si nécessaire :
À un moment donné, ils vont vouloir nous virer. S’ils ne le font pas de la bonne manière, on brûlera tout !
Serge Bousquet-Cassagne
Un barrage qui pourrait donc s’installer dans la durée et dont les conséquences économiques pourraient rapidement se faire sentir des deux côtés des Pyrénées. Les agriculteurs espèrent ainsi faire entendre leur voix et obtenir des mesures concrètes face à la crise du monde agricole.
Reste à savoir jusqu’où ira ce bras de fer engagé avec le gouvernement et quelles seront les répercussions pour les automobilistes et les professionnels du transport routier. Une chose est sûre, le torchon brûle entre une partie du monde paysan et les autorités, et ce barrage pourrait n’être que le début d’une longue série d’actions coup de poing.