Tarique Rahman investi Premier ministre : un tournant historique pour le Bangladesh
Le 17 février 2026, une cérémonie solennelle s’est déroulée au Parlement bangladais. Tarique Rahman, âgé de 60 ans et leader du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), a prêté serment aux côtés des nouveaux parlementaires élus. Cet événement survient à peine quelques jours après des élections législatives qui ont vu le BNP remporter une victoire écrasante. Pour un pays de 170 millions d’habitants encore marqué par les tensions politiques et une économie fragile, cette transition représente bien plus qu’un simple changement de gouvernement.
Issue d’une dynastie politique influente, la famille de Tarique Rahman a longtemps dominé la scène nationale. Son ascension au pouvoir symbolise un retour en force du BNP après des années d’opposition et d’exil pour son dirigeant. La population observe avec attention ce moment, espérant une stabilisation rapide face aux défis accumulés.
Le contexte des élections : une victoire sans appel du BNP
Les élections du 12 février 2026 ont constitué les premières législatives organisées depuis l’insurrection populaire de 2024 qui a renversé l’ancien régime autoritaire. Le BNP a obtenu 212 sièges sur les 300 disputés, frôlant la majorité absolue en voix avec près de 50 % des suffrages exprimés. Cette performance nette contraste avec les 77 sièges remportés par la coalition menée par les islamistes du Jamaat-e-Islami.
La campagne a été marquée par un fort taux de participation et un désir de changement exprimé par la population. Tarique Rahman, revenu au pays après de longues années à l’étranger, a su capitaliser sur ce momentum. Sa première déclaration publique post-électorale a insisté sur la liberté retrouvée : « A partir d’aujourd’hui, nous sommes libres. »
Je dédie ma victoire au peuple du Bangladesh et à ceux qui se sont sacrifiés pour lui.
Tarique Rahman
Cette phrase résume l’esprit d’une campagne centrée sur la rupture avec le passé récent. Le BNP a promis une gouvernance plus inclusive et une attention particulière aux institutions affaiblies par les années précédentes.
La fin du gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus
Depuis août 2024, Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, assurait la transition en tant que chef du gouvernement provisoire. À 85 ans, il a annoncé lundi soir sa démission et celle de toute son équipe, comme convenu initialement. Dans son allocution finale, il a appelé à préserver les avancées en matière de démocratie et de droits fondamentaux.
Aujourd’hui, le gouvernement provisoire démissionne. Mais il faut que la pratique de la démocratie, de la liberté d’expression et du respect des droits fondamentaux qui a été engagée ne s’arrête pas.
Muhammad Yunus
Cette période intérimaire a permis d’organiser des élections considérées comme crédibles par de nombreux observateurs. Elle a aussi servi de pont entre l’insurrection de 2024 et le retour à un gouvernement élu. Le passage de témoin à Tarique Rahman marque la fin officielle de cette phase transitoire.
Un pays confronté à de multiples défis économiques
L’économie bangladaise traverse une période difficile. L’inflation élevée, la hausse du chômage et la baisse des investissements étrangers pèsent lourdement. Le secteur textile, pilier de l’exportation et deuxième producteur mondial, a subi de plein fouet ces turbulences.
Tarique Rahman a placé la reconstruction économique en priorité absolue. Il a décrit la situation héritée comme critique : institutions affaiblies, constitution fragilisée et insécurité publique généralisée. Les analystes soulignent que des progrès rapides sur ce front pourraient consolider la légitimité du nouveau gouvernement.
Si le BNP parvient à relancer la croissance et à stabiliser les prix, cela créerait un climat favorable pour aborder les autres enjeux. La population, particulièrement les jeunes, attend des mesures concrètes pour améliorer le quotidien.
Vers une opposition constructive ? Les signaux d’apaisement
Malgré les contestations initiales sur des irrégularités électorales, le leader du Jamaat-e-Islami a finalement reconnu les résultats. Il a promis une opposition « constructive » au Parlement, respectant l’État de droit.
Nous reconnaissons les résultats, et nous respectons l’État de droit.
Shafiqur Rahman
En signe de bonne volonté, Tarique Rahman a rendu visite à son adversaire peu après l’annonce des résultats. Ce geste a été perçu comme un pas vers une culture politique plus apaisée. Un député de la coalition adverse a même évoqué un possible « changement » dans les pratiques habituelles du pays.
Ces gestes d’ouverture pourraient favoriser un débat parlementaire plus serein, essentiel dans un contexte où les divisions restent vives. Le nouveau Premier ministre devra naviguer entre fermeté sur ses priorités et dialogue avec l’opposition.
Tarique Rahman : un parcours marqué par l’exil et le retour triomphal
Né dans une famille politique emblématique, Tarique Rahman incarne la continuité dynastique tout en portant les espoirs de renouveau. Son retour au pays fin 2025, après 17 ans d’absence, a surpris par sa rapidité et son impact. Devenu Premier ministre pour la première fois, il doit transformer les promesses en actes concrets.
Le défi est immense : restaurer la confiance des institutions, relancer l’économie et répondre aux attentes d’une jeunesse mobilisée en 2024. Son leadership sera scruté à la loupe, tant au niveau national qu’international.
Les priorités du nouveau gouvernement : une feuille de route ambitieuse
Parmi les engagements phares, la stabilisation économique figure en tête. Il s’agit de combattre l’inflation galopante, de relancer les investissements et de sécuriser les emplois dans le textile. La réforme des institutions et le renforcement de l’État de droit complètent cette vision.
- Amélioration immédiate de la sécurité publique
- Relance des exportations textiles
- Réformes institutionnelles pour renforcer la démocratie
- Lutte contre le chômage des jeunes
- Promotion d’une gouvernance transparente
Ces axes, s’ils sont mis en œuvre efficacement, pourraient poser les bases d’un Bangladesh plus stable. Les mois à venir seront décisifs pour juger de la capacité du gouvernement à tenir ses promesses.
Un avenir incertain mais porteur d’espoir
Le Bangladesh se trouve à un carrefour historique. Après des années de troubles, l’arrivée de Tarique Rahman offre une opportunité unique de reconstruction. La victoire écrasante du BNP confère une légitimité forte, mais elle impose aussi une responsabilité accrue.
La population attend des résultats tangibles : baisse des prix, création d’emplois, retour de la confiance. Les tensions politiques persistent, et la gestion de l’opposition sera un test majeur. Pourtant, les signes d’apaisement récents laissent entrevoir la possibilité d’un consensus national.
Dans les rues de Dhaka et des grandes villes, l’atmosphère mêle prudence et optimisme. Le nouveau Premier ministre a répété que son mandat appartient au peuple. À lui désormais de transformer cette victoire en succès durable pour l’ensemble du pays.
Ce moment marque la fin d’une page sombre et le début d’une ère nouvelle. Le Bangladesh, nation résiliente, observe avec attention les premiers pas de son dirigeant. L’histoire retiendra si cette transition se mue en véritable renouveau ou reste un espoir fragile. Les prochains mois fourniront les réponses.









