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Aurore Bergé Déclare la Guerre à l’Islamisme et à LFI

« Pour lutter contre l’islamisme, il faut aussi combattre LFI qui a fait un pacte électoral avec lui », lance Aurore Bergé. Quand une ministre accuse ouvertement le principal parti de gauche de collusion avec une idéologie totalitaire, le débat dépasse largement les clivages habituels…

Imaginez la scène : un plateau télé, une ministre face caméra, et une phrase qui claque comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà bien chargé. « Si vous voulez vraiment lutter contre l’islamisme, c’est aussi un combat contre La France Insoumise. » Aurore Bergé n’y va pas par quatre chemins. Elle parle d’un « pacte électoral » et qualifie l’islamisme non pas de religion, mais d’idéologie politique totalitaire. En quelques secondes, la température politique vient de grimper de plusieurs degrés.

Une charge directe qui ne laisse personne indifférent

Dimanche 30 novembre 2025, dans le Grand Rendez-Vous sur CNews, la ministre chargée de l’Égalité et de la Lutte contre les discriminations a choisi ses mots avec précision. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont fait mouche. Accuser le premier parti d’opposition de gauche d’avoir conclu un accord électoral avec des forces islamistes, c’est franchir une ligne que peu de responsables macronistes avaient osé franchir aussi nettement jusqu’à présent.

Derrière l’effet de manche, il y a une réalité que beaucoup constatent depuis plusieurs années : des alliances locales ou nationales qui, sous prétexte de « front républicain » ou de « rassemblement progressiste », ont parfois intégré des profils ou des listes ouvertement communautaristes. Ce que certains appellent pragmatisme électoral, d’autres y voient une forme de compromission dangereuse.

L’islamisme, une idéologie politique, pas une foi

Aurore Bergé reprend ici une distinction fondamentale, souvent oubliée dans le débat public : l’islam en tant que religion relève de la liberté de conscience, protégée par la loi de 1905. L’islamisme, en revanche, est un projet politique qui vise à imposer une vision totalisante de la société, en contradiction directe avec les principes républicains.

Ce n’est pas une nouveauté. Dès les années 1990, des intellectuels comme Antoine Sfeir alertaient sur cette différence cruciale. Mais aujourd’hui, le sujet est devenu brûlant. Entre les affaires d’abaya à l’école, les listes communautaires aux élections, les prises de position ambiguës sur le conflit israélo-palestinien ou le silence face à certaines dérives, le soupçon d’entrisme est plus présent que jamais.

« L’islamisme n’est pas une religion, c’est une idéologie politique qui utilise la religion comme étendard. »

Aurore Bergé, 30 novembre 2025

Le pacte électoral : réalité ou fantasme ?

Le terme « pacte électoral » n’est pas anodin. Il renvoie directement aux accords passés lors des législatives de 2022 dans le cadre de la NUPES, puis aux municipales ou aux européennes où des candidats issus de milieux islamistes ou très marqués communautairement ont parfois bénéficié du soutien, même tacite, de La France Insoumise.

Des exemples concrets existent. Dans certaines circonscriptions du Val-d’Oise, du Rhône ou des Bouches-du-Rhône, des investitures ou des désistements ont suscité la polémique. Des candidats connus pour leurs positions radicales sur la laïcité, le voile intégral ou le soutien à des organisations classées comme proches des Frères musulmans ont pu se maintenir ou être élus grâce à des reports de voix stratégiques.

Est-ce une stratégie délibérée ou le résultat d’alliances conjoncturelles ? La question divise. Mais pour la majorité présidentielle, la ligne est claire : toute complaisance, même tactique, finit par légitimer des discours qui remettent en cause l’universalisme républicain.

Laïcité : le grand malaise à gauche

Ce qui frappe dans la sortie d’Aurore Bergé, c’est qu’elle met le doigt sur un malaise profond au sein de la gauche française. Depuis plusieurs années, une partie de l’extrême gauche semble avoir abandonné le combat laïque au nom de la lutte contre l’« islamophobie » ou du soutien aux « quartiers populaires ».

Cette évolution n’est pas nouvelle. Elle trouve ses racines dans les années 2000, avec l’affaire du voile à l’école, puis avec le développement du discours indigéniste et décolonial. Des intellectuels, des associations, des syndicats étudiants ont progressivement fait passer la défense de la laïcité pour une forme de racisme déguisé.

Résultat : aujourd’hui, une partie de la gauche peine à condamner clairement les atteintes à la laïcité dès lors qu’elles émanent de populations issues de l’immigration. Le silence assourdissant sur certaines affaires – des menaces contre des professeurs aux pressions sur des élus locaux – en dit long.

Et demain ? Une clarification inévitable

La déclaration d’Aurore Bergé n’est pas seulement une attaque politique. Elle est aussi un appel à la clarification. Car si la menace islamiste est réelle – attentats, séparatisme, influence étrangère –, elle ne pourra être combattue efficacement que si toutes les forces républicaines sont alignées sur une même ligne : celle de l’universalisme et de la laïcité sans concession.

Or, aujourd’hui, cette ligne est fracturée. D’un côté, une droite et un centre qui, malgré leurs divergences, défendent majoritairement la fermeté. De l’autre, une partie de la gauche qui, par calcul électoral ou par idéologie, semble avoir renoncé à ce combat.

Les mois qui viennent seront décisifs. Avec la montée en puissance des questions identitaires, la pression migratoire, les tensions internationales, la question de l’islamisme politique va continuer de fracturer le paysage politique français. Et ceux qui refuseront de choisir leur camp risquent de se retrouver marginalisés.

En attendant, la phrase d’Aurore Bergé reste en suspens. Elle a le mérite de la clarté. Et dans un débat public souvent embourbé dans les non-dits et les formules alambiquées, cela fait du bien. Même si, bien sûr, cela dérange. Surtout ceux que cela vise.

La bataille pour la laïcité et contre l’entrisme islamiste ne fait que commencer. Et elle se jouera autant dans les urnes que dans les esprits.

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