L’est de la République Démocratique du Congo est à nouveau endeuillé par une attaque sanglante des rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF). Selon des sources locales, au moins neuf civils ont été tués lors d’une incursion meurtrière menée mardi soir dans la localité de Tenambo, située à environ 25 km au nord de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu.
D’après le colonel Michel Mbala, commandant de la police du territoire de Beni, le bilan provisoire fait état de neuf civils tués, cinq blessés et quinze maisons incendiées. Plusieurs sources locales confirment ces chiffres et craignent que le bilan ne s’alourdisse dans les prochaines heures.
Le mode opératoire caractéristique des ADF
Pour Isaac Kavalami, président de la société civile d’Oicha, l’agglomération dont dépend Tenambo, il ne fait aucun doute que cette attaque porte la marque des rebelles ougandais des ADF :
Vu le mode opératoire, la façon dont ils ont incendié les maisons et égorgé notre population, nous assimilons directement cette incursion aux ADF.
Si des groupes criminels imitent parfois les méthodes des ADF pour masquer leurs forfaits, la police et le maire d’Oicha assurent que les rebelles sont bien les auteurs de cette attaque.
Une énième exaction malgré les opérations militaires
Cette attaque intervient seulement deux jours après une autre tuerie perpétrée par les ADF qui avait fait 14 morts parmi les civils dans le village de Kambi Ya Miba, à quelques dizaines de kilomètres d’Oicha. Malgré le lancement fin 2021 de l’opération militaire conjointe « Shujaa » entre Kinshasa et Kampala, les rebelles continuent de semer la terreur dans la région.
Originaires d’Ouganda et majoritairement musulmans, les ADF sont implantés depuis le milieu des années 1990 dans l’est de la RDC. Affiliés depuis 2019 au groupe État islamique qui les présente comme sa « Province d’Afrique Centrale » (ISCAP), ils ont tué des milliers de civils et multiplient les exactions. Les offensives militaires semblent avoir poussé les rebelles dans des zones reculées, laissant les populations encore plus vulnérables face à ce groupe aux méthodes ultra-violentes et au fonctionnement opaque.
Les civils, premières victimes d’un conflit qui s’éternise
Comme trop souvent, ce sont les civils qui payent le prix fort de l’instabilité chronique dans l’est de la RDC. Pris en étau entre les groupes armés et des forces de sécurité débordées, les habitants de ces zones de conflits vivent dans la peur permanente des attaques, des pillages et des représailles.
Face à cette situation dramatique, la communauté internationale et les autorités congolaises sont plus que jamais appelées à intensifier leurs efforts pour protéger les populations et neutraliser durablement les groupes armés qui gangrènent la région. Sans une réponse ferme et coordonnée, le bilan des victimes civiles risque de continuer à s’alourdir dans une guerre oubliée aux portes de l’Afrique centrale.