Il est minuit passé de quelques minutes quand le ciel de Kiev se met à gronder. Des éclairs orangés déchirent la nuit, suivis de détonations si puissantes que les vitres tremblent à des kilomètres. Pour les habitants de la capitale ukrainienne, ce bruit est devenu, hélas, familier. Pourtant, cette nuit-là, l’attaque a quelque chose de particulièrement violent et de délibérément cruel.
Une nuit d’effroi dans la capitale ukrainienne
Vers 00 h 10, les premières alertes aériennes retentissent. Très vite, le maire de la ville, Vitali Klitschko, confirme sur Telegram ce que tout le monde redoute : les forces russes lancent une nouvelle vague de drones sur Kiev. Les journalistes présents sur place entendent des explosions successives au centre-ville. Le message est clair et répété : « Restez dans les abris ».
Mais pour certains, il est déjà trop tard.
Un bilan humain qui s’alourdit minute après minute
À l’aube, le chef de l’administration militaire de Kiev, Tymur Tkachenko, publie un premier bilan provisoire qui glace le sang : une personne tuée, sept blessées, dont un adolescent de 13 ans. La victime mortelle serait un homme, retrouvé dans les décombres d’un immeuble résidentiel.
« C’est très probablement un homme », précise-t-il, avant d’ajouter que le décompte reste évolutif. Quelques heures plus tard, le chiffre est confirmé : un mort et sept blessés, parmi lesquels un enfant.
« Une attaque terroriste cynique de la Fédération de Russie »
Tymur Tkachenko, chef de l’administration militaire de Kiev
Le terme « terroriste » n’est pas choisi au hasard. Selon les autorités locales, les drones n’ont pas visé d’objectifs militaires mais neuf endroits différents répartis dans cinq quartiers de la capitale. L’objectif affiché : semer la panique parmi la population civile.
Des dégâts considérables dans plusieurs quartiers
Les images qui circulent dès le petit matin sont impressionnantes. Un immeuble de 25 étages présente une façade éventrée, un autre de 14 étages est partiellement détruit. Des maisons individuelles ont pris feu, des dizaines de voitures sont calcinées.
Dans la banlieue de Brovary, à une vingtaine de kilomètres, deux femmes sont blessées lors d’une attaque combinée drones et missiles. La mairie locale parle même de trois victimes. Partout, le même constat : les frappes touchent des zones résidentielles sans présence militaire connue.
Points touchés dans la nuit :
- 5 quartiers différents de Kiev
- 9 sites distincts frappés
- Immeubles de 25 et 14 étages gravement endommagés
- Maisons individuelles et véhicules incendiés
- 1 adolescent de 13 ans parmi les blessés
La stratégie de la terreur
Depuis plusieurs mois, la Russie a intensifié ses attaques nocturnes aux drones suicides de type Shahed sur les grandes villes ukrainiennes. Ces engins, peu coûteux et produits en grande série, sont lancés par vagues de plusieurs dizaines, parfois centaines, pour saturer les défenses antiaériennes.
Le choix de la nuit n’est pas anodin : les habitants dorment, les réflexes sont moins vifs, la peur est décuplée. À Kiev, de nombreux habitants descendent désormais dormir dans les stations de métro transformées en abris depuis 2022.
Cette nuit-là, malgré l’efficacité reconnue de la défense antiaérienne ukrainienne, plusieurs drones ont réussi à passer. Le prix à payer est lourd : une vie brisée et des familles traumatisées.
Pendant ce temps, la diplomatie s’active… loin des bombes
Alors que Kiev brûle encore, une délégation ukrainienne s’apprête à décoller pour les États-Unis en ce week-end prolongé de Thanksgiving. Destination probable : la Floride, où réside le président élu Donald Trump.
L’objet de la visite ? Discuter du plan américain pour mettre fin à la guerre. Un plan qui inquiète profondément les Européens et qui suscite des interrogations à Kiev même. Car pendant que les négociateurs préparent leurs valises, les drones, eux, continuent de pleuvoir.
Autre signe de tension : le secrétaire d’État pressenti, Marco Rubio, ne participera pas à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN prévue la semaine prochaine à Bruxelles. Un absence qui en dit long sur les divergences transatlantiques à venir.
Kiev sous les drones : une routine tragique
Presque quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle, les habitants de la capitale ukrainienne ont appris à vivre avec la menace permanente. Les abris sont devenus des salons improvisés, les enfants savent reconnaître le bruit d’un drone d’un avion, les couples se marient dans le métro.
Mais chaque nouvelle attaque rappelle que la guerre est loin d’être finie. Et que le prix humain continue de s’alourdir, nuit après nuit, explosion après explosion.
Ce samedi matin, alors que les secours fouillent encore les décombres et que les sirènes résonnent par intermittence, une question hante tous les esprits : jusqu’à quand ?
(Article mis à jour le 29 novembre 2025 – sources officielles ukrainiennes)









