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Assassinat Choc d’Alain Orsoni aux Obsèques de sa Mère en Corse

En plein hommage à sa mère défunte, Alain Orsoni, figure historique du nationalisme corse, s’effondre sous les balles. Qui a osé frapper un homme de 71 ans lors d’obsèques ? La réponse pourrait faire trembler l’île…

Imaginez une scène où le deuil devrait réunir, apaiser, rassembler. Au lieu de cela, le silence d’un village corse est soudain brisé par un claquement sec, presque irréel. Un homme de 71 ans s’effondre devant le cercueil de sa propre mère. En quelques secondes, l’hommage se transforme en scène de crime.

Lundi après-midi, dans le petit village de Vero, en Corse-du-Sud, la vie d’Alain Orsoni s’est arrêtée net. Ancien dirigeant nationaliste, homme d’affaires, président emblématique d’un club de football : l’homme portait de multiples visages. Mais ce lundi, aucun d’entre eux ne l’a protégé.

Un meurtre d’une violence froide au cœur des obsèques

Vers 16h30, alors que la cérémonie touchait à sa fin, plusieurs détonations ont retenti. Selon les premiers éléments recueillis, il s’agirait d’un tir à distance, très probablement exécuté par un tireur embusqué. La précision du geste ne laisse que peu de doute sur le professionnalisme de l’auteur ou des auteurs.

Alain Orsoni est décédé sur place, sous les yeux de sa famille, de ses proches et des habitants venus rendre un dernier hommage à sa mère. Le procureur d’Ajaccio a immédiatement ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée, confiée conjointement à la police judiciaire et à la gendarmerie.

Un parcours marqué par la violence et l’exil

Alain Orsoni n’était pas un inconnu des services de police ni des observateurs de la scène corse. Militant de la première heure, il s’était engagé très jeune dans le combat pour l’autodétermination de l’île. Étudiant à Paris, il avait rejoint les rangs du Front de libération nationale de la Corse avant de créer son propre mouvement.

Ce mouvement, le MPA, a souvent été présenté comme une dissidence du FLNC. Ses adversaires n’hésitaient pas à le qualifier de « mouvement pour les affaires », soulignant les passerelles supposées entre militantisme et activités économiques plus opaques.

« Il était réputé pour son sens politique et son sang-froid exceptionnel. »

Cette réputation lui a valu à la fois respect et inimitiés profondes au sein d’un milieu où les rancunes se transmettent parfois sur plusieurs générations.

1996-2009 : les années d’exil

En 1996, au plus fort de la guerre fratricide qui opposait différentes factions nationalistes, Alain Orsoni choisit de quitter la Corse. Il s’installe d’abord en Floride, puis au Nicaragua, où il développe des activités dans le secteur des jeux. Il passera treize longues années loin de son île.

Cet éloignement volontaire n’a pourtant pas effacé son nom des carnets de certains. À son retour, l’homme est immédiatement placé sous haute surveillance, tant par les autorités que par ses anciens ennemis.

2008 : le premier projet d’assassinat déjoué

À peine rentré, l’été 2008 voit la police déjouer un projet d’assassinat le visant directement. L’opération avait été minutieusement préparée. Cet épisode marque le début d’une période particulièrement tendue pour l’ancien militant.

À la même époque, il accepte de prendre la présidence de l’Athletic Club Ajaccio, club de football de la ville, succédant à un ami proche décédé brutalement. Ce rôle très médiatisé va le placer encore davantage sous les projecteurs.

Une série noire autour du club ajaccien

Entre 2012 et les années suivantes, plusieurs personnalités liées de près ou de loin au club de football d’Ajaccio sont assassinées. On parle notamment d’un ancien bâtonnier et d’un président de chambre de commerce. Des meurtres qui ont durablement marqué la ville.

À chaque fois, le nom d’Alain Orsoni revient dans les débats publics. Lui-même dénoncera à plusieurs reprises une « cabale médiatique » visant à le salir et à le présenter comme le pivot d’un système criminel.

Un héritage familial lourd de drames

La violence n’a pas épargné la famille Orsoni. Dès 1983, le frère d’Alain, Guy, est assassiné. Un drame qui marquera profondément l’homme. Plus tard, il donnera ce même prénom à son fils, devenu lui aussi une figure connue du banditisme insulaire.

Cette transmission du prénom, loin d’être anodine, symbolise la persistance des cycles de vengeance et de mémoire dans certains milieux corses.

Que reste-t-il du nationalisme historique ?

Aujourd’hui, le nationalisme corse a profondément muté. Les anciennes figures historiques appartiennent à une époque révolue pour beaucoup de jeunes militants. Pourtant, les règlements de comptes continuent de rappeler que les blessures du passé ne se referment jamais complètement.

L’assassinat d’Alain Orsoni, dans un contexte aussi symbolique que les obsèques de sa mère, porte une dimension supplémentaire : celle de l’atteinte à un code implicite, celui du respect dû aux morts et aux familles.

Une enquête qui s’annonce longue et complexe

Les enquêteurs devront désormais répondre à plusieurs questions cruciales :

  • Qui avait intérêt à éliminer Alain Orsoni en 2026 ?
  • Pourquoi choisir un moment aussi chargé symboliquement ?
  • S’agit-il d’un règlement de comptes ancien ou d’un conflit plus récent ?
  • Le tireur a-t-il agi seul ou dans le cadre d’une organisation structurée ?

Chaque réponse pourrait ouvrir de nouvelles pistes, parfois très anciennes, parfois très contemporaines.

La Corse face à son miroir violent

Ce nouveau drame rappelle cruellement que l’île de Beauté porte encore en elle les stigmates d’un demi-siècle de luttes, de trahisons, d’idéaux déçus et de sang versé. Derrière les paysages sublimes et les villages paisibles se cachent parfois des histoires qui refusent de mourir.

Alain Orsoni, avec ses paradoxes, ses engagements, ses exils et ses retours, incarnait à lui seul une grande partie de cette complexité corse. Sa disparition brutale ne clôt pas un chapitre ; elle en rouvre sans doute plusieurs.

Les prochains jours, les prochaines semaines, et peut-être même les prochaines années, seront nécessaires pour comprendre ce qui s’est réellement joué ce lundi après-midi à Vero, sous un ciel d’hiver trop lourd pour une île qui porte déjà tant de mémoires.

En attendant, le silence est retombé sur le village. Mais ce silence-là n’est pas celui du deuil. C’est celui, plus inquiétant encore, qui précède souvent les tempêtes.

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