Un acte terroriste qui continue de hanter la mémoire collective
Ce drame n’est pas seulement une tragédie individuelle ; il s’inscrit dans une série d’attaques visant les symboles de la République, en particulier l’école et ses enseignants. L’assassin, un ancien élève de l’établissement, a agi avec une détermination froide, revendiquant son geste au nom d’une organisation terroriste internationale. Aujourd’hui, alors qu’il purge sa peine en détention, ses paroles récentes montrent que le temps n’a en rien atténué sa conviction fanatique.
Les révélations sur cet appel téléphonique datant de mai 2025, intercepté par les autorités, choquent par leur crudité. Le père, tentant de raisonner son fils et de l’inciter à exprimer des regrets envers la famille de la victime, se heurte à une réponse implacable. L’assassin déclare regretter uniquement que la victime soit « en enfer », selon sa vision rigoriste de la foi, sans la moindre compassion pour les souffrances infligées.
Le contexte de l’attaque : un lycée transformé en scène de crime
Ce jour d’octobre 2023, la cité scolaire Gambetta-Carnot à Arras devient le théâtre d’une violence inouïe. Le professeur, âgé de 57 ans, père de trois filles et passionné de littérature, tente de protéger ses élèves face à l’agresseur armé d’un couteau. Il reçoit plusieurs coups mortels et succombe malgré les secours rapides. Trois autres personnes, un enseignant d’EPS et deux agents techniques, sont grièvement blessées dans l’assaut.
L’assaillant, fiché pour radicalisation depuis plusieurs années, avait été surveillé en raison de ses liens familiaux avec des individus déjà impliqués dans des projets terroristes. Originaire d’une région du Caucase russe, il était arrivé en France enfant et avait grandi dans un environnement marqué par des influences extrémistes. Son acte, survenu peu avant l’anniversaire de l’assassinat d’un autre enseignant, amplifie le sentiment d’insécurité dans les établissements scolaires.
Les enquêteurs ont rapidement établi que l’attaque n’était pas impulsive. Une vidéo de revendication, filmée avant les faits, exprime une haine viscérale envers la France, ses valeurs démocratiques et son système éducatif perçu comme corrupteur. L’école républicaine, lieu de transmission des savoirs et d’émancipation, est explicitement ciblée comme ennemie.
L’échange téléphonique : des mots qui glacent le sang
En mai 2025, depuis sa cellule, l’auteur des faits discute avec son père. Ce dernier, cherchant à apaiser les tensions familiales, l’encourage à présenter des excuses à la veuve et aux enfants de la victime. « Il n’y a pas de honte à dire que tu regrettes », lui dit-il. La réponse est immédiate et sans appel : « Je regrette que votre proche soit en enfer », rétorque le fils, ajoutant qu’il n’aurait pas voulu voir un proche mourir dans cet état spirituel.
Ces propos, confirmés lors d’un interrogatoire en janvier 2026, montrent une absence complète de remise en question. L’assassin explique qu’il déplore la mort de la victime en état de « mécréance », mais refuse de regretter l’action elle-même. Pour lui, l’acte était justifié, voire nécessaire, dans une logique de guerre contre un système qu’il considère comme impie.
Je n’ai pas à regretter l’action que j’ai faite. Je n’aurais pas aimé voir mon père mourir en mécréant, donc je trouve ça malheureux pour sa famille.
Cette froideur idéologique interroge sur la profondeur de la radicalisation et sur les mécanismes qui permettent à de tels discours de perdurer, même en prison.
Les racines de la radicalisation : une famille sous surveillance
La famille de l’assaillant a été au cœur des investigations dès les premiers jours. Le père, expulsé du territoire français en 2018 pour des raisons liées à la sécurité, était connu des services pour ses liens avec des milieux extrémistes. Des frères ont également été impliqués dans des affaires terroristes antérieures, renforçant l’idée d’un environnement familial propice à la bascule vers la violence.
L’assaillant lui-même, suivi depuis l’adolescence pour des signes de radicalisation, présentait un profil marqué par un déchirement identitaire. Entre les valeurs républicaines enseignées à l’école et une vision rigoriste de la religion transmise dans le cercle familial, il a choisi la voie extrême. Des expertises psychiatriques soulignent un probable trouble psychique associé à une revendication vengeresse et persécutoire.
Le petit frère, mineur au moment des faits, et un cousin ont été mis en examen pour complicité ou abstention de dénoncer un crime. Bien que l’assaillant affirme avoir agi seul, les connexions familiales interrogent sur un possible soutien logistique ou moral.
L’impact sur l’école et la société française
Ce drame a ravivé les débats sur la protection des enseignants et la lutte contre le terrorisme islamiste. Les hommages rendus au professeur assassiné, tant au niveau local que national, ont souligné son engagement pour la transmission du savoir et des valeurs humanistes. Des cérémonies annuelles perpétuent sa mémoire, rappelant que l’école reste un lieu vulnérable mais essentiel.
Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans les établissements, avec des protocoles d’alerte et des formations spécifiques. Pourtant, la menace persiste, comme le montrent les propos récents de l’assaillant. La haine exprimée envers la démocratie, les droits de l’homme et la laïcité révèle une contestation frontale des fondements de la République.
- Renforcement des signalements pour radicalisation en milieu scolaire
- Surveillance accrue des détenus radicalisés
- Débats sur la prévention en prison pour éviter la récidive idéologique
- Hommages réguliers pour maintenir la mémoire des victimes
Ces mesures, bien que nécessaires, ne suffisent pas toujours face à une idéologie qui glorifie le martyre et rejette tout dialogue.
Vers un procès attendu et des questions en suspens
Plus de deux ans après les faits, le procès se profile, avec l’assaillant toujours en détention. Ses déclarations récentes, loin de montrer une évolution, confirment une posture inflexible. Les juges devront examiner non seulement les circonstances de l’attaque, mais aussi les failles potentielles dans la surveillance et la prévention.
La famille de la victime, confrontée à cette absence de remords, poursuit son deuil dans un contexte de justice lente. Les enfants du professeur, devenus adolescents, grandissent avec le souvenir d’un père mort pour avoir défendu ses élèves.
Ce cas illustre la difficulté à contrer une radicalisation qui s’ancre dans une vision binaire du monde : croyants contre mécréants, où la violence devient un devoir. Tant que de tels discours perdurent, la menace reste vive.
Réflexions sur la résilience face à la barbarie
Face à ces actes, la société française doit réaffirmer ses valeurs sans concession. L’éducation, la laïcité et la liberté d’expression restent des remparts essentiels. Le courage du professeur assassiné, qui s’est interposé pour protéger ses élèves, incarne cet idéal républicain.
Les révélations sur l’absence de remords de l’assaillant rappellent que le combat contre le terrorisme est aussi idéologique. Il exige une vigilance permanente, une éducation renforcée à la citoyenneté et une réponse ferme de l’État.
En attendant le jugement final, le souvenir de l’enseignant perdure, symbole d’un engagement qui transcende la mort. Son sacrifice n’aura pas été vain si la société en tire les leçons nécessaires pour protéger ses enfants et ses valeurs.
Ce drame continue d’interroger : comment une jeune personne, éduquée en France, peut-elle en arriver à une telle haine ? Les réponses sont complexes, mêlant influences familiales, échecs de la prévention et propagande en ligne. Mais une chose est sûre : ignorer ces signaux serait une faute lourde de conséquences.









