Imaginez une grande écrivaine, reconnue mondialement pour son courage, qui décide soudain de tourner le dos à l’un des festivals de cinéma les plus prestigieux au monde. Ce n’est pas une fiction : c’est exactement ce qui vient de se produire avec Arundhati Roy et la Berlinale. Une décision qui résonne bien au-delà des tapis rouges et des projecteurs.
En plein cœur de l’hiver 2026, alors que Berlin s’apprête à accueillir le premier grand rendez-vous cinématographique de l’année, une tempête inattendue éclate. Tout part d’une simple question posée lors d’une conférence de presse. Une question qui, visiblement, dérange.
Quand le silence du jury enflamme les passions
Jeudi, juste avant l’ouverture officielle du festival, les membres du jury sont interrogés sur un sujet brûlant : le soutien allemand à Israël malgré l’offensive en cours dans la bande de Gaza. La réponse collective ? Une volonté affichée de rester « en dehors de la politique ».
Pour beaucoup, cette esquive sonne comme un aveu d’impuissance, voire de complicité tacite. C’est dans ce contexte tendu qu’Arundhati Roy, attendue comme l’une des invitées phares, choisit de réagir avec force.
La déclaration choc de l’écrivaine indienne
Vendredi, via une déclaration transmise à l’AFP, Arundhati Roy annonce publiquement qu’elle annule sa venue. Elle ne mâche pas ses mots : ce qui se déroule à Gaza constitue, selon elle, un génocide du peuple palestinien, perpétré par l’État d’Israël.
« Si les plus grands cinéastes et les plus grands artistes de notre époque ne peuvent pas se lever pour le dire, qu’ils sachent que l’histoire les jugera. »
Ces phrases claquent comme un uppercut. Elles rappellent que l’artiste, pour elle, ne peut pas se contenter d’être spectateur passif des horreurs du monde.
Les mots du jury qui ont tout déclenché
Revenons sur ce qui a mis le feu aux poudres. Wim Wenders, réalisateur légendaire, explique que le jury se doit de rester à l’écart des débats politiques. Il présente l’art comme « le contrepoids » et « l’opposé » de la politique.
De son côté, une productrice polonaise membre du jury ajoute que poser cette question est « un peu injuste », chaque personne pouvant avoir « d’autres préoccupations » et prendre « d’autres décisions ».
Pour Arundhati Roy, ces déclarations sont tout simplement « inadmissibles ». Elle y voit une tentative de fermer le débat sur ce qu’elle qualifie de crime contre l’humanité.
Pourquoi l’Allemagne est au cœur du débat
L’Allemagne n’est pas un pays comme les autres sur ce dossier. Son passé historique, marqué par la Shoah, la place dans une position particulière vis-à-vis d’Israël. Berlin est l’un des soutiens les plus constants et les plus fermes de l’État hébreu sur la scène internationale.
Ce lien indéfectible explique en partie pourquoi la question du jury a provoqué tant de malaise. Demander à un festival allemand de se prononcer sur Gaza, c’est toucher à une corde sensible, presque taboue.
Le contexte international explosif de 2026
La Berlinale 2026 ne se déroule pas dans un vide géopolitique. Le monde est traversé par de multiples crises. La répression en Iran continue de faire rage. Au Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien atteint des niveaux de violence sans précédent.
Plusieurs organisations internationales, dont une commission mandatée par l’ONU, ont qualifié les actions israéliennes à Gaza de génocide. Des ONG reconnues comme Amnesty International et Human Rights Watch partagent cette analyse.
De l’autre côté, les autorités israéliennes rejettent ces accusations avec la plus grande fermeté, les qualifiant de mensongères et d’antisémites.
Arundhati Roy : une voix qui ne tremble jamais
Arundhati Roy n’est pas une inconnue des controverses. Depuis la publication de son roman Le Dieu des petits riens, récompensé par le Booker Prize, elle n’a cessé d’utiliser sa plume pour dénoncer les injustices.
En Inde, elle a critiqué la montée du nationalisme hindou, la répression au Cachemire, les politiques économiques libérales. À l’international, elle prend régulièrement position sur les conflits armés et les questions postcoloniales.
Son boycott de la Berlinale s’inscrit donc dans une continuité. Pour elle, le silence face à une situation qu’elle juge intenable est une forme de complicité.
L’art doit-il vraiment rester apolitique ?
Voilà la question qui divise profondément. D’un côté, ceux qui estiment que le cinéma doit offrir un espace de respiration, loin des clivages partisans. De l’autre, ceux qui considèrent que l’art sans engagement est un art vide.
Arundhati Roy appartient clairement au second camp. Elle refuse l’idée que les artistes puissent se cacher derrière la soi-disant neutralité de l’art.
« Les entendre dire que l’art ne devrait pas être politique est sidérant. »
Cette phrase résume parfaitement sa pensée. Pour elle, prétendre que l’art est au-dessus de la mêlée revient à refuser de regarder la réalité en face.
Un festival progressiste face à ses contradictions
La Berlinale a toujours cultivé une image progressiste. Elle défend souvent des cinéastes indépendants, des voix marginales, des sujets sociaux brûlants. Pourtant, cette année, le festival se retrouve dans une position inconfortable.
Comment concilier cette réputation d’ouverture avec le refus du jury de commenter l’un des conflits les plus médiatisés et les plus polarisants du moment ? La question reste en suspens.
Les réactions dans le milieu artistique
Le geste d’Arundhati Roy ne passe pas inaperçu. Dans les cercles militants, il est salué comme un acte de courage. Sur les réseaux sociaux, de nombreux artistes et intellectuels expriment leur soutien.
D’autres voix, plus modérées, regrettent que le débat soit ainsi polarisé. Elles estiment que le rôle d’un jury est avant tout de juger des films, pas de prendre position sur des conflits géopolitiques complexes.
Que nous apprend cette polémique sur le cinéma aujourd’hui ?
Cette affaire dépasse largement le cas individuel d’Arundhati Roy ou de la Berlinale. Elle pose une question fondamentale : quelle place occupe l’artiste dans une société en crise ?
Doit-il rester silencieux pour préserver sa liberté créative ? Ou doit-il au contraire utiliser sa visibilité pour alerter, dénoncer, mobiliser ? Il n’existe pas de réponse unique.
Mais une chose est sûre : le silence, lorsqu’il est choisi face à des atrocités, n’est jamais neutre. Il dit quelque chose, même quand on prétend le contraire.
L’histoire jugera, mais que voit-elle aujourd’hui ?
Arundhati Roy l’a dit sans détour : « l’histoire les jugera ». Cette phrase résonne comme un avertissement. Elle rappelle que les postures d’aujourd’hui seront lues à l’aune des jugements de demain.
Dans quelques décennies, quand on se retournera sur cette période sombre, que retiendra-t-on ? Les films primés à Berlin ? Ou le silence assourdissant de certains de ses acteurs face à l’une des tragédies les plus documentées de notre temps ?
La polémique autour de la Berlinale 2026 n’est donc pas seulement une querelle de festival. Elle est le symptôme d’une fracture plus profonde dans le monde de la culture : celle qui sépare ceux qui veulent que l’art reste un refuge et ceux qui exigent qu’il devienne une arme.
Et maintenant ?
Le festival va continuer. Les films seront projetés, les prix décernés, les critiques écrites. Mais quelque chose a changé. Une voix importante a dit non. Et ce non continuera de résonner longtemps après la fermeture des salles.
Arundhati Roy ne sera pas sur le tapis rouge berlinois cette année. Mais sa présence, paradoxalement, n’a jamais été aussi forte. Parce qu’en refusant d’être là, elle oblige tout le monde à se poser la question : et toi, où te situes-tu ?
Dans le silence confortable ou dans le bruit nécessaire de la vérité ?
Cette affaire ne fait que commencer. Elle révèle les lignes de fracture d’une industrie qui se veut libre, mais qui parfois hésite à l’être complètement. Elle nous rappelle que le cinéma, comme toute forme d’art, n’échappe pas aux tempêtes de son époque.
Et que, parfois, le plus grand acte de création consiste à refuser de participer.
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