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Arrestation en Corée du Sud : 1,5 Million en Bitcoin Volés dans un Poste de Police

Imaginez : 22 bitcoins, soit 1,5 million de dollars, disparaissent d’un poste de police sud-coréen où ils étaient conservés comme preuves. Deux suspects viennent d’être arrêtés, mais les fonds restent introuvables. Comment un tel vol a-t-il pu se produire au cœur même des autorités ?

Imaginez un instant : au cœur d’un commissariat high-tech de Séoul, des actifs numériques valant une petite fortune disparaissent sans effraction physique, sans alarme déclenchée, sans trace apparente. C’est exactement ce qui s’est produit en Corée du Sud récemment, où 22 bitcoins, saisis il y a plusieurs années comme preuves dans une affaire criminelle, ont été subtilisés. Deux personnes ont été interpellées, mais l’histoire ne s’arrête pas là. Elle soulève des questions profondes sur la manière dont les forces de l’ordre gèrent aujourd’hui les cryptomonnaies.

Ce scandale n’est pas un simple fait divers. Il met en lumière une vulnérabilité systémique : comment sécuriser des actifs décentralisés quand les institutions traditionnelles n’ont pas encore pleinement intégré les spécificités de la blockchain ?

Un vol audacieux au nez et à la barbe des autorités

L’affaire commence en novembre 2021. À l’époque, dans le cadre d’une enquête sur un piratage lié à une fondation crypto, 22 bitcoins sont remis volontairement aux enquêteurs du poste de police de Gangnam, quartier huppé de Séoul. Ces bitcoins, stockés sur un portefeuille froid de type USB, deviennent des pièces à conviction. Le dispositif physique reste scellé dans les locaux, mais personne ne vérifie régulièrement le solde on-chain. Erreur fatale.

Plusieurs années passent. L’enquête est suspendue, l’attention se relâche. Puis, début 2026, une vaste vérification nationale des pratiques de conservation des actifs numériques est lancée suite à d’autres incidents similaires. Et là, la douche froide : les 22 BTC ont disparu. Le portefeuille matériel est toujours là, intact, mais les fonds ont été transférés vers une adresse externe sans autorisation. Valeur actuelle estimée : environ 1,5 million de dollars.

Comment le vol a-t-il été possible ?

Le mécanisme est simple et terrifiant à la fois. Les enquêteurs disposaient de la phrase de récupération (seed phrase) pour accéder au portefeuille en cas de besoin. Cette phrase, censée être ultra-sécurisée, a visiblement été compromise. Pas besoin de forcer une porte ou de hacker un système ultra-protégé : il a suffi d’utiliser les clés déjà en possession des autorités… ou du moins, de les obtenir frauduleusement.

Les deux suspects interpellés le 25 février 2026 par l’agence provinciale de police du Gyeonggi Nord sont soupçonnés d’avoir orchestré ce transfert. Âgés d’une quarantaine d’années, ils font face à des accusations d’abus de confiance et de violation des lois sur les réseaux d’information et de communication. Mais pour l’instant, les bitcoins restent introuvables sur la blockchain.

« Les fonds ont été transférés sans que le dispositif physique ne soit altéré. C’est une brèche interne qui pose de sérieuses questions sur les protocoles de garde. »

Un responsable policier anonyme

Ce n’est pas la première fois que la Corée du Sud est confrontée à ce type de mésaventure. Quelques semaines plus tôt, un autre parquet avait perdu la trace de 320 bitcoins saisis, déclenchant une onde de choc dans tout le pays. Ces affaires cumulées obligent les autorités à repenser entièrement leur approche.

Les failles de la garde traditionnelle face à la blockchain

Dans le monde classique, une preuve matérielle (drogue, argent liquide, arme) est placée sous scellés, avec registres papier et accès restreint. Mais avec les cryptomonnaies, c’est différent. La vraie valeur réside dans les clés privées. Si quelqu’un connaît la seed phrase ou accède au portefeuille, peu importe que le hardware soit enfermé dans un coffre : les fonds peuvent s’évaporer en quelques clics.

En Corée du Sud, comme dans beaucoup de pays, les forces de l’ordre ont commencé par utiliser des solutions simples : portefeuilles matériels grand public, parfois fournis par les suspects eux-mêmes. Résultat ? Des procédures inadaptées, des formations insuffisantes et des risques accrus de corruption interne ou d’erreur humaine.

  • Stockage sur un simple USB sans supervision régulière
  • Conservation de la seed phrase au même endroit que le hardware
  • Absence de double vérification ou de multisignature
  • Manque d’audit périodique du solde blockchain

Ces quatre points, réunis, créent une bombe à retardement. Et elle a explosé.

Les nouvelles mesures promises par les autorités

Face au scandale, la réponse ne s’est pas fait attendre. Les autorités sud-coréennes ont annoncé une refonte complète des protocoles de conservation des actifs numériques saisis. Parmi les mesures phares :

  1. Double custodien obligatoire : deux personnes distinctes doivent valider toute manipulation.
  2. Scellage séparé du hardware et de la seed phrase.
  3. Stockage dans des installations certifiées haute sécurité.
  4. Passage progressif vers des services de garde spécialisés professionnels d’ici la fin de l’année.
  5. Audits réguliers et vérification on-chain systématique.

Ces changements, s’ils sont appliqués rigoureusement, pourraient transformer la manière dont la justice sud-coréenne traite les cryptos. Mais ils soulèvent aussi une question plus large : les États sont-ils prêts à gérer massivement des actifs décentralisés ?

Un signal d’alarme pour le monde entier

La Corée du Sud n’est pas un cas isolé. De nombreux pays saisissent aujourd’hui des cryptomonnaies dans le cadre de fraudes, de ransomwares ou de trafic. Pourtant, les standards internationaux de custody restent embryonnaires. Que se passe-t-il quand un portefeuille froid est compromis ? Comment prouver la chaîne de garde sur une blockchain publique ? Autant de défis que les législateurs doivent urgemment relever.

Ce vol de 22 BTC est symbolique. Il montre que même les institutions les plus respectées peuvent être vulnérables quand elles sous-estiment la technologie qu’elles combattent. Ironie du sort : pour traquer les criminels crypto, encore faut-il maîtriser soi-même les outils du crime.

Et maintenant ? L’avenir de la récupération

Les enquêteurs traquent actuellement les adresses de destination. La blockchain est transparente : chaque transfert est visible. Mais les suspects ont-ils eu le temps de mixer les fonds via des services d’obfuscation ? Ont-ils converti les BTC en stablecoins ou en fiat ? Pour l’instant, rien n’indique que l’argent ait été récupéré.

Une chose est sûre : cette affaire va laisser des traces. Elle accélère la professionnalisation de la gestion crypto dans le secteur public. Elle rappelle aussi aux citoyens et aux entreprises que la sécurité des clés privées reste la règle d’or, même – et surtout – quand les autorités sont impliquées.

En attendant, le monde observe. La Corée du Sud, souvent à la pointe de l’innovation technologique, vient de recevoir une leçon très coûteuse. Espérons qu’elle serve au reste de la planète.

Points clés à retenir

22 BTC volatilisés d’un commissariat
1,5 million $ envolés sans effraction physique
2021 : date de la saisie initiale
2026 : arrestation des suspects et scandale révélé

Ce genre d’histoire ne fait que commencer. À mesure que les cryptomonnaies s’intègrent dans l’économie réelle, les États devront apprendre à sécuriser ce qu’ils saisissent. Sinon, les voleurs – internes ou externes – risquent de continuer à frapper là où on les attend le moins : au cœur même du système.

Et vous, que pensez-vous de cette affaire ? Les polices du monde entier sont-elles prêtes à gérer les cryptos ? Partagez votre avis en commentaire.

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