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Anthony Joshua : Retour à l’Entraînement Après le Drame

Moins de trois semaines après un accident de voiture dramatique qui a emporté deux de ses plus proches collaborateurs, Anthony Joshua est déjà aperçu en salle, frappant les paos. Un retour précoce qui interroge : résilience ou fuite en avant ? La suite révèle...

Parfois, la vie frappe plus fort que n’importe quel uppercut. Imaginez un homme habitué à recevoir les coups les plus violents sur un ring, se retrouver soudain projeté dans un drame routier impitoyable où deux êtres chers disparaissent en un instant. Pourtant, à peine trois semaines plus tard, le même homme enfile à nouveau les gants et frappe, encore et encore. Cette image, presque irréelle, nous parvient aujourd’hui et soulève une question essentielle : comment un être humain peut-il transformer une telle douleur en carburant ?

Un retour précoce qui bouleverse

Le 27 décembre dernier, un terrible accident de la route au Nigeria change tout pour lui. Alors qu’il voyage en passager dans une voiture, un pneu éclate et le véhicule percute violemment un camion immobilisé. Le choc est fatal pour deux personnes assises à ses côtés : son préparateur physique et son entraîneur personnel. Lui, miraculeusement, survit, mais avec des blessures physiques et surtout un traumatisme psychologique immense.

Pourtant, ce jeudi 15 janvier, une vidéo circule sur les réseaux sociaux. On y voit cet homme de 36 ans, torse nu, en short de sport, concentré, frappant avec précision et puissance sur des paos tenus par un partenaire d’entraînement. La légende qui accompagne la publication est courte, mais lourde de sens : « thérapie mentale ». Ces trois mots en disent long sur l’état d’esprit actuel de cet athlète de classe mondiale.

La boxe comme refuge face au deuil

La boxe n’est pas seulement un sport pour lui, c’est une identité profonde, presque une seconde peau. Depuis ses débuts amateurs jusqu’aux titres mondiaux professionnels, la discipline a toujours été là, dans les moments de gloire comme dans les périodes de doute. Aujourd’hui, elle semble devenir bien plus : un espace sécurisé où la douleur peut s’exprimer autrement que par des larmes.

Quand le corps bouge, quand les poings claquent contre le cuir, quand le rythme cardiaque s’emballe, le cerveau trouve parfois un répit. Les scientifiques parlent de « runner’s high », cette libération d’endorphines qui procure un bien-être temporaire. Chez les combattants, ce phénomène est encore plus marqué : l’effort extrême oblige l’esprit à se focaliser uniquement sur l’instant présent. Plus de place pour les images traumatisantes, plus de place pour les regrets ou la culpabilité. Juste le prochain coup, la prochaine esquive, la prochaine série.

« Parfois, le ring est le seul endroit où je comprends encore les règles du jeu. »

Un ancien champion poids lourds (témoignage anonyme)

Cette phrase, prononcée par un autre grand nom de la boxe après un drame personnel, résonne particulièrement aujourd’hui. La boxe impose des règles claires, un cadre strict, une adversité tangible. À l’inverse, le deuil est chaotique, imprévisible, sans arbitre ni gong final. Revenir à l’entraînement, c’est peut-être tenter de retrouver un semblant de contrôle sur une existence qui a brutalement basculé.

Que dit son entourage ?

Son manager a tenu à s’exprimer publiquement il y a quelques jours. Selon ses mots, toute décision concernant un éventuel retour sur le ring sera prise « le moment venu ». Il insiste sur la nécessité de respecter plusieurs dimensions : physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Cette prudence est louable. Revenir trop tôt sur le ring pourrait être catastrophique, tant pour sa santé que pour son image.

Mais il faut aussi comprendre que l’entraînement et le combat ne sont pas exactement la même chose. S’entraîner permet de retrouver progressivement ses marques, de tester son corps, de renouer avec la discipline quotidienne qui a toujours structuré sa vie. Combattre, c’est accepter de s’exposer à nouveau au jugement public, aux coups, à la pression médiatique. Pour l’instant, rien n’indique qu’il soit prêt à franchir cette étape.

Le poids du deuil chez les sportifs de haut niveau

Les sportifs de très haut niveau vivent souvent une relation particulière avec la mort et le deuil. Leur corps est leur outil de travail, leur carrière dépend de leur intégrité physique, et pourtant ils prennent régulièrement des risques extrêmes. Quand la mort frappe si près, le choc est d’autant plus violent qu’ils sont habitués à côtoyer la violence contrôlée.

Certains choisissent le silence et l’isolement. D’autres, au contraire, se réfugient dans l’hyper-activité. Lui semble appartenir à cette seconde catégorie. Reprendre l’entraînement aussi rapidement peut être vu comme une forme de déni, mais aussi comme un acte de survie. Continuer à bouger, à transpirer, à progresser, c’est refuser de se laisser engloutir par l’immobilité du chagrin.

  • Phase 1 : choc et sidération
  • Phase 2 : retour progressif aux habitudes
  • Phase 3 : confrontation avec le vide émotionnel
  • Phase 4 : reconstruction identitaire

Ces quatre étapes, souvent observées chez les personnes endeuillées, semblent déjà bien entamées dans son cas. L’entraînement correspondrait à la phase 2 : retrouver des repères familiers avant d’affronter pleinement le vide laissé par les disparus.

Une origine nigériane qui prend tout son sens

Le drame s’est produit dans le pays natal de ses parents. Il s’y rendait régulièrement, notamment pour les fêtes de fin d’année. Ce lien profond avec le Nigeria rend la tragédie encore plus intime. Perdre deux proches dans ce pays, c’est aussi une forme de rupture symbolique avec une partie de ses racines.

Reprendre l’entraînement aujourd’hui, c’est peut-être aussi une façon de dire : je continue à avancer, même si le chemin est désormais marqué par cette perte irrémédiable. C’est affirmer que la vie, malgré tout, doit poursuivre son cours.

Que peut-on attendre dans les prochains mois ?

Il serait présomptueux de prédire quand, ou même si, il remontera sur un ring. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte : l’évolution de son état psychologique, l’avis des spécialistes qu’il consulte certainement, la pression éventuelle des promoteurs et des fans, et bien sûr son envie profonde.

Ce qui est certain, c’est que sa simple présence dans une salle de boxe envoie un message fort : la résilience existe. Même après les pires coups, même quand la vie semble s’effondrer, il est possible de se relever, de remettre les gants, de frapper à nouveau. Pas forcément pour gagner un titre mondial, mais simplement pour continuer à exister pleinement.

Chaque coup porté sur ces paos est une déclaration silencieuse : je suis encore là. Et pour des millions de personnes qui traversent elles aussi des épreuves terribles, cette image, aussi simple soit-elle, peut devenir une source d’inspiration inattendue.

La boxe, miroir de la condition humaine

Depuis ses origines, la boxe a toujours fasciné parce qu’elle met en scène, de manière crue et sans artifice, les grandes questions existentielles : la peur, le courage, la douleur, la victoire, la défaite, la résurrection. Chaque combat est une métaphore de la vie. Chaque comeback est une parabole sur la capacité humaine à se relever.

Aujourd’hui, sans même monter sur un ring, il incarne déjà l’un des plus beaux et des plus douloureux comebacks possibles : celui d’un homme qui refuse de se laisser définir par la tragédie. Il n’a pas encore gagné son prochain combat, mais il a déjà remporté une victoire essentielle : celle de ne pas abandonner.

Et dans un monde où beaucoup baissent les bras face à l’adversité, ce simple geste – enfiler les gants, lever les poings, frapper – prend une dimension presque philosophique. Continuer à boxer, c’est continuer à vivre. Continuer à vivre, c’est déjà un triomphe.

Le chemin sera encore long. Les nuits seront encore difficiles. Les images de l’accident reviendront probablement hanter ses moments de solitude. Mais chaque séance d’entraînement sera une petite pierre posée sur le chemin de la reconstruction. Et qui sait ? Peut-être que dans quelques mois ou quelques années, nous le verrons à nouveau sous les projecteurs, plus fort, plus mature, portant en lui la mémoire de ceux qu’il a perdus.

En attendant, il frappe. Et chaque impact résonne comme un battement de cœur qui refuse de s’arrêter.

Une pensée pour les deux disparus : Sina Ghami et Latif Ayodele, qui ont accompagné cet homme dans les moments les plus intenses de sa carrière. Leur empreinte reste, même dans le silence d’une salle de boxe où résonnent désormais seulement les coups d’un homme en quête de sens.

La suite appartient à lui. Et à son courage.

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