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Anciens Militants du Baas Rendent Leurs Armes à Damas

Le règne du parti Baas s'achève brutalement en Syrie. D'anciens militants livrent leurs armes à Damas dans un geste lourd de sens. La fin d'une époque, mais quel avenir pour le pays ?

Un événement historique se déroule actuellement à Damas. D’anciens militants du parti Baas, qui a gouverné la Syrie d’une main de fer pendant plus de 60 ans, se rendent dans les permanences du parti pour y déposer leurs armes. Un geste lourd de sens au lendemain de l’annonce par le Baas de la suspension de ses activités « jusqu’à nouvel ordre », trois jours seulement après la chute du président Bachar al-Assad, renversé par les forces rebelles.

La fin d’une époque

Pour beaucoup de ces hommes, rendre leurs fusils est un immense soulagement. Maher Semsmieh, 43 ans, confie : « Nous ne sommes plus des baasistes. On était obligés d’en faire partie, car pour eux, si tu n’es pas avec eux, tu es contre eux. » Membre de « l’avant-garde du Baas », un groupe chargé de recruter et d’armer des civils pour soutenir l’armée syrienne, il déplore la perte de nombreux « martyrs » partis « pour une cause dont ils ne savaient rien ».

Le règne de la contrainte

Firas Zakaria, fonctionnaire de 53 ans, raconte lui aussi avoir été contraint d’adhérer au Baas pour entrer dans la fonction publique. Un témoignage qui illustre l’emprise du parti sur la société syrienne pendant des décennies.

« Dans le pays, il fallait être membre du Baas pour obtenir un emploi. »

Firas Zakaria, fonctionnaire

Aux origines du Baas

Fondé en 1947 par deux nationalistes syriens, Michel Aflaq et Salah Bitar, le parti Baas prônait l’unité des pays arabes. Ses créateurs étaient loin d’imaginer que deux branches rivales, l’une en Irak et l’autre en Syrie, allaient instaurer des régimes autocratiques et ennemis. En Syrie, le Baas aura été pour beaucoup le symbole de la répression.

Vestiges d’un pouvoir déchu

Au siège de la direction centrale du parti, le temps semble s’être figé depuis la fuite précipitée de Bachar al-Assad dimanche dernier. Portraits déchirés du président déchu, bureaux vides, papiers éparpillés au sol… Les lieux portent les stigmates de la chute du régime.

Dans un bureau abandonné, un document propose de « radier du parti des camarades ayant trahi la nation ». Dans un autre, des tasses de café et des restes de pain témoignent du départ en catastrophe des cadres.

Quel avenir pour la Syrie ?

Si beaucoup se réjouissent de la fin du règne du Baas, l’incertitude demeure sur l’avenir du pays. Moqbel Abdel Latif, 76 ans et membre du parti depuis sa jeunesse, résume ainsi la situation : « Si le Baas était resté sur la bonne voie, le pays serait aujourd’hui dans une bien meilleure situation ».

La Syrie entre dans une nouvelle ère, débarrassée d’un parti qui l’a étouffée pendant plus d’un demi-siècle. Mais les défis de la reconstruction, de la réconciliation et de la refondation démocratique s’annoncent immenses pour panser les plaies d’un pays meurtri. Le chemin vers la paix et la stabilité sera long et semé d’embûches.

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