ActualitésInternational

Alep, la deuxième ville de Syrie, échappe au contrôle du régime

Une coalition de groupes rebelles menée par des islamistes a lancé une offensive qui a permis de reprendre le contrôle d'Alep, deuxième ville de Syrie, après des années de domination du régime de Bachar al-Assad. Un tournant majeur dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011...

La deuxième ville de Syrie, Alep, échappe désormais au contrôle du régime de Bachar al-Assad, une première depuis le début du conflit en 2011. C’est ce qu’a annoncé dimanche une ONG, après une offensive fulgurante lancée par une coalition de groupes rebelles.

Une offensive rebelle d’une rare ampleur

Mercredi dernier, les combattants rebelles, menés par des factions islamistes, ont déclenché une vaste opération militaire contre les forces loyalistes dans le nord-ouest syrien. Leur progression a été rapide et spectaculaire :

  • Prise de contrôle de dizaines de localités
  • Percée jusqu’à Alep, poumon économique du pays
  • Plus de 330 morts au total selon l’OSDH

D’après Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les rebelles contrôlent désormais la quasi-totalité d’Alep, à l’exception de quelques quartiers aux mains des forces kurdes. Du jamais vu depuis 2011.

Le régime syrien sur la défensive

Malgré le soutien militaire crucial de la Russie et de l’Iran, l’armée syrienne semble cette fois débordée face à l’assaut des insurgés. Moscou a mené ses premiers raids aériens sur Alep depuis 2016, sans parvenir à enrayer l’avancée rebelle.

Les lignes du régime se sont effondrées à un rythme incroyable, qui a pris tout le monde par surprise.

Dareen Khalifa, experte de l’International Crisis Group

Le président Bachar al-Assad s’est voulu rassurant, affirmant que la Syrie était « capable de vaincre les terroristes ». Mais sur le terrain, ses troupes semblent en grande difficulté face à cette offensive d’une rare intensité.

Alep, enjeu stratégique majeur

Véritable joyau de par son riche passé et son poids économique, Alep constitue un objectif de choix pour les rebelles. Sa perte représenterait un revers considérable pour Damas :

  • Symbole de la reconquête du régime depuis 2016
  • Carrefour commercial et industriel crucial
  • Proximité de la frontière turque

La situation à Alep illustre la fragmentation qui caractérise la Syrie après plus de 10 ans d’une guerre civile dévastatrice. Un pays morcelé en différentes zones d’influence, où s’entremêlent les intérêts de multiples acteurs locaux et internationaux.

Une trêve précaire dans le nord-ouest syrien

Jusqu’à présent, un calme relatif régnait dans la région d’Idleb et les secteurs limitrophes, en vertu d’un cessez-le-feu négocié par Moscou et Ankara en 2020. Mais les récents combats ont fait voler en éclats cet équilibre des forces.

Les rebelles, dont le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), contrôlent désormais une part importante du nord-ouest syrien. Leur percée soudaine démontre la fragilité des accords censés garantir une désescalade.

Quel avenir pour la Syrie ?

Plus de 10 ans après le début du soulèvement populaire contre le régime de Bachar al-Assad, le bilan est effroyable. Un demi-million de morts, des millions de déplacés, un pays en ruines… Et aucune issue en vue.

L’offensive rebelle sur Alep marque un nouveau tournant dans cette interminable tragédie. Elle met en lumière l’extrême volatilité de la situation sur le terrain, où le rapport de force ne cesse d’évoluer au gré des alliances et des interventions étrangères.

Le régime syrien subit les conséquences de son refus de s’engager dans un dialogue politique et de sa dépendance à la Russie et à l’Iran.

Réaction de la Maison Blanche suite à l’offensive rebelle

Malgré les appels au cessez-le-feu et les tentatives de médiation internationale, la Syrie semble plus que jamais enlisée dans un bourbier sans fin. Un conflit aux ramifications multiples, où s’entrechoquent les intérêts géostratégiques des grandes puissances.

Dans ce contexte, la reprise d’Alep par les rebelles est un nouveau coup dur pour Damas. Mais au-delà des enjeux militaires, c’est l’avenir même de la Syrie qui est en jeu. Un pays meurtri, fragmenté, qui peine à entrevoir l’espoir d’une paix durable et d’une reconstruction.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.