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Affaire Ruggia-Haenel : Le Réalisateur Se Défend Face Aux Accusations

Le réalisateur Christophe Ruggia traite de "pur mensonge" les accusations d'agressions sexuelles d'Adèle Haenel quand elle était mineure. Il se défend au tribunal en affirmant être victime d'un #MeToo français tombé sur lui. L'actrice maintient ses accusations. Que va décider la justice ? Le procès est à suivre...

C’est un procès très médiatisé qui s’est ouvert ce lundi. Le réalisateur Christophe Ruggia fait face aux accusations d’agressions sexuelles portées par l’actrice Adèle Haenel. Des faits qui se seraient déroulés lorsqu’elle était âgée de 12 à 14 ans. À la barre, le cinéaste de 59 ans a fermement nié, dénonçant un « pur mensonge » et affirmant être lui-même victime du mouvement #MeToo.

Des accusations détaillées et constantes

Depuis le début de l’affaire, Adèle Haenel maintient une version accablante et sans ambiguïté. Selon ses dires, lorsqu’elle avait entre 12 et 14 ans, Christophe Ruggia l’aurait agressée sexuellement de manière répétée et toujours selon le même mode opératoire :

  • Des attouchements sur le canapé de l’appartement du réalisateur
  • Des caresses appuyées sur les cuisses, remontant vers le sexe et la poitrine
  • Des baisers insistants dans le cou
  • Le tout pendant que Christophe Ruggia « respirait fort »

Des gestes déplacés qui auraient eu lieu « tous les samedis après-midi » selon l’actrice, qui décrit un véritable engrenage, une relation manipulatrice instaurée par le réalisateur, persuadé d’être tombé amoureux d’elle.

Une emprise sur le tournage des « Diables »

L’affaire prend sa source lors du tournage du film « Les Diables » en 2001, dans lequel Adèle Haenel, alors âgée de 12 ans, tenait l’un des rôles principaux. Plusieurs témoins décrivent un climat pesant, des gestes déplacés du réalisateur envers la jeune actrice. Une proximité troublante s’installe.

« Ça va pas, on dirait un couple, c’est pas normal »

Une scripte du film

D’après les éléments de l’enquête, Christophe Ruggia aurait convaincu les parents d’Adèle Haenel de ne pas venir sur le plateau, afin soi-disant de ne pas gêner le jeu de leur fille. Une manière de s’assurer un contrôle total sur la jeune actrice.

La défense de Christophe Ruggia

Face à ces accusations, le réalisateur campe sur sa position. Il reconnaît avoir passé beaucoup de temps avec Adèle Haenel adolescente, mais assure qu’il ne s’agissait que de discussions sur le cinéma. Quant aux gestes déplacés décrits par plusieurs témoins, il minimise :

« Elle a reconstruit des choses, elle a pu réinterpréter »

Christophe Ruggia

Surtout, il voit dans cette affaire un acharnement à son encontre, affirmant être la cible d’un « #MeToo français ». Le réalisateur va même plus loin en mettant en cause la santé mentale d’Adèle Haenel, évoquant une « radicalisation » de l’actrice ces dernières années.

La « sensualité débordante » d’Adèle Haenel en question

Dernier argument problématique avancé par la défense : la « sensualité débordante » dont aurait fait preuve Adèle Haenel lors du tournage, à l’âge de 12 ans. Une affirmation qui a provoqué un profond malaise dans la salle d’audience. Le tribunal a d’ailleurs rappelé à Christophe Ruggia qu’il avait à l’époque près de 40 ans.

Un procès sous haute tension

Tout au long de l’audience, les regards d’Adèle Haenel n’ont cessé de foudroyer Christophe Ruggia. L’actrice, aujourd’hui âgée de 35 ans, peine à contenir sa colère et son indignation face aux dénégations du réalisateur.

La projection d’extraits du film « Les Diables », montrant une très jeune Adèle Haenel dénudée, n’a fait qu’accroître la tension. Des images dérangeantes qui interrogent sur les limites et les dérives dans le milieu du cinéma.

Quel jugement de la justice ?

Christophe Ruggia, qui comparaît libre, encourt 10 ans de prison pour « agressions sexuelles sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité ». Son procès est aussi celui de toute une industrie, le cinéma, régulièrement secouée par des affaires de violences sexuelles et d’abus de pouvoir.

Face à la parole d’Adèle Haenel, constante et détaillée depuis le dépôt de plainte, les dénégations de Christophe Ruggia suffiront-elles à convaincre les juges ? La décision est attendue avec fébrilité, dans un contexte post-#MeToo où la libération de la parole des victimes s’accompagne d’une exigence de sanctions. L’issue du procès dira si la justice est prête à entendre ce changement de société.

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