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Accord Entre le Hamas et le Fatah pour Administrer Gaza

Gaza à la croisée des chemins : le Hamas et le Fatah s'accordent pour former un comité d'administration. Un pas vers la réconciliation ou une complication supplémentaire ? Découvrez les enjeux de cet accord surprise...

Dans un développement surprenant, des représentants du mouvement islamiste palestinien Hamas et du parti Fatah, dirigé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ont conclu un accord sur la formation d’un comité chargé d’administrer la bande de Gaza après la guerre dévastatrice qui a ravagé l’enclave.

Cet accord interpalestinien, négocié sous l’égide des autorités égyptiennes au Caire, prévoit la création d’un comité de 10 à 15 personnalités non affiliées à l’un ou l’autre mouvement. Ce comité aurait autorité sur un large éventail de questions, allant de l’aide humanitaire à la reconstruction, en passant par l’éducation, la santé et l’économie, le tout en coordination avec le gouvernement de l’Autorité palestinienne basé à Ramallah.

Des réactions mitigées et des défis à surmonter

Malgré l’accord, des voix discordantes se sont rapidement élevées au sein du Fatah. Jibril Rajoub, influent secrétaire général du parti, a rejeté le plan, craignant qu’il ne renforce la division entre les Palestiniens. Il a souligné l’importance de préserver des institutions palestiniennes unifiées plutôt que de créer des comités distincts pour Gaza et la Cisjordanie.

La mise en œuvre concrète de cet accord soulève également des questions. Israël, qui contrôle militairement Gaza et ses points d’accès, n’a pas encore réagi officiellement. Certains analystes s’interrogent sur la capacité réelle de ce comité à administrer Gaza tant qu’Israël maintient son emprise.

L’urgence d’agir face à une situation « apocalyptique »

Cet accord intervient dans un contexte de renouveau diplomatique visant à mettre un terme à la guerre dévastatrice entre le Hamas et Israël. Selon le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, Gaza est confrontée à une situation « apocalyptique ». Les efforts de médiation, menés par les États-Unis en coordination avec le Qatar, l’Égypte et la Turquie, tentent de trouver une issue à ce conflit.

Washington exerce une pression sur les Palestiniens

Avant la passation de pouvoir à Donald Trump, l’administration Biden soumet les Palestiniens à une forte pression pour garantir que le Hamas ne jouera aucun rôle à Gaza après la guerre. Le mouvement islamiste a d’ailleurs fait savoir qu’il ne souhaitait pas administrer les affaires courantes dans l’enclave une fois les armes déposées.

La position ferme d’Israël

De son côté, le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, l’un des plus à droite de l’histoire du pays, a exprimé à maintes reprises son opposition résolue au retour de l’Autorité palestinienne à Gaza. Bien que la destruction du Hamas soit l’un des objectifs de guerre affichés par Israël, le pays reste inflexible sur la non-ingérence de l’AP à Gaza.

Un lourd bilan et des défis titanesques

La guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du Hamas, a fait 1 208 morts côté israélien, en majorité des civils. En réponse, la campagne militaire israélienne sur Gaza a causé au moins 44 502 morts palestiniens, principalement des civils également, selon des données jugées fiables par l’ONU.

Face à l’ampleur des dégâts et des pertes humaines, la reconstruction de Gaza s’annonce comme un défi titanesque. L’accord entre le Hamas et le Fatah constitue un premier pas fragile vers une éventuelle réconciliation interpalestinienne. Mais les obstacles restent nombreux, entre les réticences internes, la pression internationale et la position inflexible d’Israël.

Cet accord surprenant soulève autant d’espoirs que d’interrogations. La bande de Gaza, meurtrie par des années de blocus et de conflits, parviendra-t-elle à se relever et à retrouver une stabilité durable ? Le comité d’administration saura-t-il surmonter les clivages et œuvrer efficacement à la reconstruction ? L’avenir de Gaza et de ses habitants reste plus que jamais suspendu à la capacité des acteurs palestiniens, régionaux et internationaux à trouver un chemin vers la paix et la réconciliation.

Un espoir fragile pour les Gazaouis

Pour les habitants de Gaza, cet accord représente un mince espoir d’amélioration de leurs conditions de vie dramatiques. Après des années de blocus, de guerres à répétition et de divisions internes, la population aspire à une vie normale, avec un accès régulier à l’eau, à l’électricité, à des soins de santé dignes de ce nom et à des perspectives d’avenir pour la jeunesse.

Reste à savoir si cet énième accord sera suivi d’effets concrets et durables. Les Gazaouis, échaudés par les promesses non tenues du passé, attendent des actes plus que des paroles. La communauté internationale, souvent prompte à s’émouvoir lors des pics de violence, saura-t-elle cette fois s’engager sur le long terme pour accompagner Gaza sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation ?

L’histoire retiendra si cet accord interpalestinien aura été le point de départ d’une nouvelle ère pour Gaza ou une énième désillusion. Une chose est sûre : la road to peace, à Gaza comme ailleurs, est pavée d’embûches et de défis. Mais chaque pas, même timide, mérite d’être salué et encouragé. Car c’est de la somme de ces petits pas que naîtront peut-être, un jour, les grands bonds vers un avenir meilleur.

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