Imaginez un instant : un tournoi médiéval qui vire au drame absolu, un prince royal terrassé sous les yeux de tous, un jeune garçon au crâne rasé qui s’échappe dans l’aube naissante, et un chevalier errant qui se demande encore s’il mérite vraiment son titre. Voilà le cocktail explosif sur lequel s’achève la première saison de A Knight of the Seven Kingdoms. Entre mensonge, honneur douteux et conséquences dynastiques, cet ultime épisode laisse les spectateurs dans un mélange d’émotion brute et d’interrogations brûlantes.
Un final qui redéfinit tout
Diffusé sur HBO Max, le sixième épisode, sobrement intitulé « Le Demain », referme ce premier chapitre avec une intensité rare. On y suit les répercussions immédiates du Jugement des Sept, cette épreuve judiciaire par le combat qui a vu Ser Duncan affronter le redoutable Aerion Targaryen. Mais au-delà de la victoire juridique, c’est bien le prix humain qui marque les esprits.
La mort inattendue du prince Baelor, dit « Breakspear », constitue le choc majeur. Protecteur de Dunk, héritier présumé du trône, sa disparition brutale ouvre une brèche béante dans la succession Targaryen. Et pendant ce temps, un autre mystère grandit : le jeune Aegon, surnommé Egg, choisit-il librement de suivre le chevalier errant ?
Egg et le mensonge qui change tout
La scène finale reste gravée dans les mémoires. Egg, crâne lisse et regard déterminé, rattrape Dunk à la sortie du domaine d’Ashford. Il affirme calmement que son père, le prince Maekar, a donné son accord pour qu’il devienne écuyer du chevalier sur les routes, loin du luxe de la cour. Pourtant, dans la même séquence, on voit Maekar découvrir la disparition de son fils cadet et laisser échapper un cri de rage mêlé d’incrédulité.
Le contraste est saisissant. D’un côté un adolescent qui semble avoir tout prévu, de l’autre un père déstabilisé qui hurle « Où est-il ? ». La conclusion s’impose presque d’elle-même : Egg a menti. Il n’a jamais obtenu la bénédiction paternelle. Il a choisi la fugue.
« Ce n’est pas la première fois qu’Egg contourne la vérité pour obtenir ce qu’il veut. Cette fois, il joue gros. »
Cette décision n’est pas anodine. Elle engage non seulement l’avenir du garçon, mais aussi celui de Dunk, désormais complice involontaire d’une fugue princière. Les routes de Westeros risquent de devenir très dangereuses pour eux deux dès les premiers épisodes de la saison 2.
Ser Duncan le Grand… mais adoubé par qui ?
L’autre grand mystère concerne l’identité même du héros principal. Tout au long de la saison, le doute plane : Ser Duncan est-il réellement un chevalier ? À Cendregué, son ancien maître Ser Arlan est mort sans avoir eu le temps de l’adouber officiellement. Dunk porte pourtant l’épée, le titre, l’honneur… mais pas forcément la légitimité.
Plusieurs indices distillés savamment entretiennent l’ambiguïté. Tanselle, la peintre de poupées, le défie ouvertement en public : « Vous n’êtes pas chevalier ! ». Dunk lui-même marque un temps d’hésitation lorsqu’il s’agit d’adouber Raymun Fossoway après le tournoi. Et puis il y a ce souvenir poignant de Ser Arlan sur son lit de mort, murmurant des mots énigmatiques sur le « Pennytree » et la fin des vraies histoires de chevaliers.
Le showrunner a lui-même entretenu le flou dans plusieurs déclarations, expliquant aimer l’idée que le spectateur reste dans l’incertitude. Pourtant, un événement majeur vient bouleverser la donne : juste avant de succomber à ses blessures, le prince Baelor, devant une foule immense, proclame publiquement Duncan « Ser Duncan le Grand ». Dans l’univers de Westeros, la parole d’un prince Targaryen a force de loi. Révéler la supercherie reviendrait à salir sa mémoire.
Les répercussions politiques du Jugement des Sept
La disparition de Baelor Breakspear n’est pas seulement une tragédie personnelle. Elle redessine complètement les rapports de force au sein de la maison Targaryen et au-delà. Aerion, vaincu et humilié, voit son image encore plus ternie. Maekar, déjà en retrait, perd son fils aîné et voit son cadet s’enfuir. Quant à Daeron, l’aîné tourmenté par ses visions, il reste dans l’ombre… pour l’instant.
Du côté des maisons nobles, les alliances bougent aussi. Raymun Fossoway, après avoir brisé sa branche de cerise pour rejoindre Dunk, adopte un nouveau blason : la pomme rouge. Un symbole fort de loyauté nouvelle. Les Baratheon, eux, semblent apprécier le courage du chevalier errant. Autant d’alliés potentiels pour l’avenir.
- Division interne chez les Fossoway
- Naissance d’une loyauté durable envers Dunk
- Perte majeure pour la lignée principale Targaryen
- Émancipation définitive de Dunk vis-à-vis de son passé
Le tournoi d’Ashford, initialement simple fête chevaleresque, devient le point de départ d’une série d’événements qui mèneront, des années plus tard, à des troubles bien plus graves. Les graines de la rébellion Blackfyre sont déjà là, même si personne ne le sait encore.
Pourquoi ce final fonctionne si bien
Ce qui frappe dans cet épisode conclusif, c’est sa capacité à mêler intime et politique sans jamais forcer le trait. On pleure la perte de Baelor, on rit nerveusement du culot d’Egg, on s’interroge sur l’honneur de Dunk. Chaque personnage principal termine la saison transformé.
Dunk n’est plus tout à fait le même homme. Il a vu la mort de près, a été reconnu par un prince, a choisi de protéger un enfant fugueur. Egg, lui, franchit le Rubicon : il abandonne volontairement son statut princier pour vivre l’aventure. Quant aux Targaryen, ils viennent de perdre un futur roi et de gagner un dangereux précédent.
Le spectateur, lui, termine la saison avec un cocktail d’émotions contradictoires : tristesse, excitation, appréhension. Et surtout une seule envie : découvrir la suite.
Vers une saison 2 déjà très attendue
Les routes poussiéreuses de Westeros attendent désormais nos deux héros. Mais ils ne seront pas seuls bien longtemps. Les espions de la cour, les seigneurs rancuniers, les anciennes connaissances… tous risquent de les rattraper. Sans compter les prophéties murmurées par Daeron et les ambitions cachées d’Aerion.
La question n’est plus de savoir si les ennuis arriveront, mais quand et comment. Et surtout : Dunk et Egg parviendront-ils à rester en vie assez longtemps pour écrire leur légende ?
Une chose est sûre : la première saison n’était qu’un échauffement. La vraie partie commence maintenant.
Et vous, qu’avez-vous ressenti devant ce final ? Pensez-vous qu’Egg a vraiment agi seul ? Dunk mérite-t-il son titre de chevalier ? Partagez vos théories en commentaire, la discussion ne fait que commencer.
« Dans les haies et les chemins creux, loin des trônes et des dragons, naissent parfois les plus grandes légendes. »
En attendant la saison 2, une certitude demeure : A Knight of the Seven Kingdoms s’impose déjà comme l’un des spin-off les plus prometteurs de l’univers Game of Thrones. Entre réalisme crasseux, dilemmes moraux et personnages profondément humains, il rappelle pourquoi on aime tant cet univers.
Alors, prêts à reprendre la route avec Dunk et Egg ?









