C’est une frappe qui fait polémique. Jeudi, Israël a bombardé ce qu’il qualifie de « cibles militaires » au Yémen, dont l’aéroport international de la capitale Sanaa. Une attaque vivement dénoncée par l’ONU qui était présente sur place et affirme qu’il s’agit d’un site civil « absolument vital » pour l’aide humanitaire dans ce pays ravagé par la guerre depuis 2014.
L’aéroport de Sanaa, une cible civile selon l’ONU
Julien Harneis, le coordinateur de l’ONU pour l’aide humanitaire au Yémen, se trouvait à l’aéroport au moment des frappes avec 18 autres membres onusiens. Il témoigne : « Il y a eu une frappe aérienne à environ 300 mètres au sud de notre position, et une autre à environ 300 mètres au nord. L’aéroport est un lieu civil utilisé par l’ONU, le Comité International de la Croix-Rouge et pour des vols civils – c’est sa fonction. »
Israël affirme avoir visé des cibles militaires en réponse aux attaques répétées des rebelles houthis, qui contrôlent une large partie du Yémen dont Sanaa. Mais pour l’ONU, « les parties au conflit ont l’obligation de s’assurer qu’elles ne frappent pas des cibles civiles. »
Un avion de ligne a failli être touché
Le plus effrayant dans cet incident, c’est qu’un avion de ligne de la Yemenia Airways s’apprêtait à atterrir avec des centaines de passagers à bord au moment des frappes. « L’avion atterrissait, roulait au sol quand le contrôle du trafic aérien a été détruit », raconte M. Harneis. « Cela aurait pu être bien pire. » Un membre de l’ONU a été blessé.
Un site crucial pour l’aide humanitaire menacé
Au-delà du drame évité de justesse, c’est toute l’aide humanitaire qui pourrait être paralysée par ces frappes. L’aéroport de Sanaa est un point névralgique pour acheminer du secours dans ce pays confronté à l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des centaines de milliers de morts.
« Si cet aéroport ne fonctionne plus, cela paralysera les opérations humanitaires »
prévient Julien Harneis de l’ONU
Cette attaque intervient dans un contexte de tensions exacerbées entre Israël et les Houthis, soutenus par l’Iran. Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, les rebelles yéménites ont multiplié les tirs contre l’État hébreu qui a répliqué à plusieurs reprises.
Mais en visant un site civil crucial, Israël franchit un cap dans cette escalade. L’ONU demande des comptes et craint pour la suite des opérations humanitaires dans un Yémen toujours plus meurtri et dépendant de l’aide internationale. Un nouveau drame qui vient noircir un tableau déjà bien sombre.