La France vient de franchir une étape majeure dans le développement de l’éolien en mer. Le gouvernement a en effet attribué vendredi dernier deux projets de parcs éoliens flottants en Méditerranée, d’une capacité de 250 MW chacun. Une avancée significative pour la transition énergétique du pays, qui soulève aussi de nombreuses questions.
Deux consortiums retenus pour les parcs éoliens flottants
Après un appel d’offres lancé en mars 2022 qui avait présélectionné 13 candidats, le gouvernement a finalement désigné les deux lauréats pour ces projets d’envergure :
- Pour le parc au large de Narbonne, à plus de 25 km des côtes, c’est le groupement composé d’Ocean Winds (joint-venture d’Engie et EDPR) et Eolien en Mer Participation qui a été retenu.
- Pour celui situé au large de Fos-sur-Mer, également à plus de 25 km du littoral, le projet a été attribué à la société Eoliennes Méditerranée Grand Large, dont EDF Renouvelables et Maple Power sont actionnaires.
Chacun de ces parcs éoliens offshore pourra produire suffisamment d’électricité pour couvrir les besoins de 450 000 habitants, selon les estimations. Les lauréats se sont aussi engagés à assurer le recyclage des éoliennes, y compris les pales et les aimants, et à confier 10% des prestations à des PME.
Un jalon important pour les énergies marines en France
Avec ces deux nouveaux projets, en plus de ceux déjà attribués ou en cours de développement, la France totalise désormais près de 5,3 GW de capacités éoliennes en mer. Un jalon significatif vers l’objectif de 18 GW à horizon 2035 et 45 GW d’ici 2050.
Ces parcs éoliens flottants en Méditerranée constituent une étape clé pour le développement de la filière et la transition énergétique de notre pays.
D’après une source proche du dossier
Au-delà de la production d’électricité renouvelable, ces projets devraient aussi générer de nombreux emplois et renforcer le savoir-faire français dans le domaine des énergies marines. Un enjeu stratégique pour bâtir une filière industrielle compétitive.
Des questions en suspens sur l’impact environnemental
Si l’éolien en mer représente une opportunité majeure pour décarboner le mix énergétique, il soulève aussi des interrogations sur son impact sur les écosystèmes marins et l’activité de pêche. Bien que situés loin des côtes, les parcs suscitent des inquiétudes.
Les porteurs de projet devront donc être vigilants pour minimiser les perturbations pendant la construction et l’exploitation, en concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Le recyclage des éoliennes en fin de vie sera aussi un défi à relever.
Prochaines étapes et enjeux de l’éolien flottant
Après cette attribution, de nombreuses étapes restent à franchir avant la mise en service des parcs prévue d’ici quelques années : études techniques approfondies, autorisations administratives, consultations locales, appels d’offres pour les composants…
Au-delà de ces deux projets spécifiques, le développement de l’éolien flottant en Méditerranée et ailleurs constituera un enjeu clé ces prochaines années. Cette technologie innovante offre en effet de nouvelles perspectives pour exploiter le formidable potentiel de vent au large.
Mais il faudra pour cela réussir à faire baisser les coûts, améliorer les technologies et lever les freins, tout en maintenant un haut niveau d’exigence environnementale. Un défi que la France entend bien relever pour réussir sa transition énergétique maritime.