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L’ONU Renouvelle Le Mandat De Sa Force En RDC Malgré Le Retrait Progressif

Dans un contexte de tensions entre le Rwanda et la RDC, le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé pour un an le mandat de sa force en RDC, la Monusco. Mais ce renouvellement s'accompagne d'un retrait progressif des troupes et d'une réduction des effectifs. Quelles en seront les conséquences sur le terrain ?

Dans un contexte de tensions persistantes entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), le Conseil de sécurité de l’ONU vient de renouveler pour une durée d’un an le mandat de sa force de maintien de la paix déployée en RDC, la Monusco. Une décision qui intervient alors même que cette mission onusienne, l’une des plus importantes et coûteuses au monde, a entamé un retrait progressif du pays à la demande des autorités congolaises.

Un renouvellement sous conditions

C’est donc un feu vert sous réserve qu’a donné le Conseil de sécurité à la poursuite des opérations de la Monusco jusqu’au 20 décembre 2025. Dans sa résolution adoptée à l’unanimité, l’instance onusienne souligne en effet qu’elle soutient « une approche plus flexible et graduelle du retrait » des Casques bleus, en fonction de l’évolution des conditions sécuritaires sur le terrain.

Ce retrait par étapes avait été acté dès décembre 2023, 25 ans après le déploiement initial de la force en RDC. Kinshasa, qui juge la Monusco inefficace face aux groupes armés sévissant dans l’est du pays, réclamait un départ accéléré. Un premier désengagement est intervenu en juin dernier dans le Sud-Kivu, mais les troupes onusiennes restent présentes dans le Nord-Kivu et l’Ituri voisins, régions toujours en proie à une intense activité des milices.

Des effectifs progressivement réduits

Conséquence directe de ce retrait par paliers : une diminution programmée des effectifs. Alors qu’elle comptait encore 14 000 militaires et policiers en août 2024, la Monusco ne pourra désormais plus déployer que :

  • 11 500 militaires maximum
  • 600 observateurs militaires et officiers
  • 443 policiers individuels
  • 1 270 membres d’unités de police constituées

Soit une réduction de près de 20% de ses capacités opérationnelles par rapport à l’an dernier. Une contrainte de taille pour une mission déjà confrontée à d’immenses défis sécuritaires et logistiques sur un territoire vaste comme un sous-continent.

Inquiétudes pour la protection des civils

Si le Conseil de sécurité se félicite des progrès réalisés par les forces armées congolaises dans la lutte contre les groupes rebelles, notamment le M23 dans le Nord-Kivu, il s’alarme dans le même temps de « la poursuite des violences dans l’est de la RDC » et des « tensions persistantes » avec le Rwanda voisin, accusé de soutenir le M23.

La RDC continue de souffrir de cycles de conflits récurrents et évolutifs, et de violences persistantes de la part de groupes armés étrangers et nationaux.

Extrait de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU

Dans ce contexte, la réduction programmée des effectifs de la Monusco et la perspective de son retrait total à terme font craindre pour la protection des populations civiles, premières victimes des affrontements. D’après des sources onusiennes, plus de 500 000 personnes ont été déplacées par les combats dans l’est de la RDC depuis le début de l’année 2024.

Un horizon incertain

Malgré les assurances du gouvernement congolais quant à sa capacité à prendre le relais des Casques bleus, beaucoup redoutent un « vide sécuritaire » qui profiterait aux groupes armés une fois la Monusco partie. La mission onusienne, bien que critiquée, reste un acteur clé de la stabilisation dans les provinces troublées de l’est.

L’avenir dira si ce pari du retrait, voulu par Kinshasa et avalisé par l’ONU, était le bon. Une chose est sûre : la population congolaise, qui aspire à une paix durable après des décennies de conflit, sera particulièrement vigilante sur les prochaines étapes de ce processus à hauts risques. La communauté internationale aussi, qui ne peut se permettre un embrasement de cette poudrière régionale aux portes des Grands Lacs.

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