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Étudiante Sanctionnée pour des Tags Propalestiniens à Sciences Po Menton

Une étudiante de Sciences Po Menton a été condamnée pour avoir tagué des messages propalestiniens sur les murs de l'école. La direction envisage des sanctions disciplinaires supplémentaires, ravivant les tensions liées au conflit israélo-palestinien sur le campus.

Le campus délocalisé de Sciences Po à Menton est sous le feu des projecteurs après qu’une de ses étudiantes a été condamnée par la justice pour avoir tagué des messages propalestiniens sur les murs de l’établissement. L’affaire, qui s’est déroulée en octobre dernier, un an après les attaques du Hamas en Israël, illustre les vives tensions qui traversent cette antenne de la prestigieuse école, spécialisée sur les questions méditerranéennes et moyen-orientales.

Une étudiante condamnée à des travaux d’intérêt général

Lors d’une action militante organisée le 7 octobre 2023 en soutien à la cause palestinienne, des tags ont fleuri sur le campus de Sciences Po Menton. «Un an de résistance, un an de génocide», «Bienvenue Luis Vassy, du sang sur vos mains, résistance», pouvait-on lire sur un mur extérieur et à l’entrée de l’école. Un grand drapeau palestinien avait également été déployé quelques minutes sur la façade, une action relayée sur les réseaux sociaux.

Face à ces dégradations, la direction avait décidé de porter plainte, sans savoir à l’époque s’il s’agissait d’étudiants. Grâce aux images de vidéosurveillance, une étudiante a pu être identifiée et interpellée, alors que ses deux complices n’ont pas encore été retrouvés. Lors d’une procédure de plaider-coupable, la jeune femme d’une vingtaine d’années a reconnu les faits et a écopé de 170 heures de travaux d’intérêt général. Elle encourt six mois de prison si elle ne s’y plie pas.

La direction de Sciences Po Menton veut des sanctions disciplinaires

Mais l’affaire ne s’arrête pas là pour l’étudiante. D’après une source proche du dossier, le directeur de Sciences Po Menton compte saisir la section disciplinaire de l’école en vue d’éventuelles sanctions supplémentaires en interne. Une décision qui pourrait raviver les tensions sur un campus déjà marqué par une forte mobilisation propalestinienne et des actions coup de poing.

Avec un peu plus de 500 étudiants, dont 60% d’étrangers, l’antenne de Sciences Po à Menton est l’une des plus petites mais aussi des plus engagées sur les questions liées au conflit israélo-palestinien. Des blocages, des conférences houleuses avaient déjà perturbé la vie du campus par le passé. La condamnation de cette étudiante et la perspective de nouvelles sanctions risquent de jeter de l’huile sur le feu.

Sciences Po pris entre deux feux

Pour la direction de Sciences Po, l’équation est délicate. Il s’agit de condamner fermement les dégradations commises tout en maintenant le dialogue avec des étudiants très politisés. Le nouveau directeur de l’IEP, Luis Vassy, souhaite que les sujets de société soient abordés «par le prisme des savoirs». Mais force est de constater que la question palestinienne déchaîne les passions à Menton.

Loin de Paris, ce petit campus azuréen cristallise tous les enjeux et contradictions d’une institution tiraillée entre la défense de la liberté d’expression et le refus des débordements. Un équilibre plus que jamais précaire, comme le montre cette nouvelle affaire. Sciences Po joue là en quelque sorte sa réputation et sa crédibilité sur des sujets ultra-sensibles. Pas sûr que la condamnation de cette étudiante suffise à ramener la sérénité espérée.

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