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Deux Journalistes Turcs Tués par un Drone en Syrie

Drame en Syrie : deux journalistes turcs d'origine kurde ont perdu la vie dans une frappe de drone turc près de Kobané. La communauté internationale condamne fermement cette attaque ciblée contre la liberté de la presse en zone de conflit. Une enquête est exigée pour faire la lumière sur ce tragique événement qui endeuille le monde des médias.

Le monde du journalisme est en deuil après la mort tragique de deux reporters turcs d’origine kurde, Nazim Dastan, 32 ans, et Cihan Bilgin, 29 ans, tués jeudi dans le nord de la Syrie. Selon plusieurs sources concordantes, leur véhicule aurait été directement visé et détruit par un drone turc alors qu’ils couvraient les événements dans la région de Kobané.

Une attaque ciblée contre la liberté de la presse

Cette frappe mortelle, qui intervient dans un contexte de fortes tensions entre forces kurdes et groupes proturcs soutenus par Ankara, soulève l’indignation et la consternation au sein de la communauté internationale. Les deux victimes étaient des journalistes aguerris et respectés, décrits par leurs pairs comme « deux reporters précieux » qui remplissaient avec courage leur devoir d’informer malgré les risques.

Nous condamnons cette attaque contre nos collègues et exigeons des comptes

Association des journalistes turcs Dicle Firat

De nombreuses organisations de défense de la presse et des droits humains ont fermement condamné ce qu’elles considèrent comme une attaque délibérée visant à réduire au silence les journalistes couvrant le conflit syrien. Elles réclament une enquête internationale indépendante pour identifier les responsables et les traduire en justice.

Les drones turcs, une menace permanente

Si la Turquie dément officiellement avoir ciblé des civils, affirmant que son armée ne vise que des groupes terroristes, les faits semblent contredire cette version. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les frappes de drones turcs ont fait pas moins de 93 morts dans le nord et l’est de la Syrie depuis le début de l’année, dont 23 civils.

Cette nouvelle attaque alimente les craintes des forces kurdes qui contrôlent la région de Kobané. Elles accusent les groupes armés soutenus par Ankara de préparer un assaut majeur contre la ville, symbole de leur résistance face à l’État islamique en 2014-2015. La Turquie dispose de 16 000 à 18 000 soldats dans le nord de la Syrie et menace de lancer une nouvelle opération si les combattants kurdes ne déposent pas les armes.

Kobané, épicentre des tensions turco-kurdes

Longtemps marginalisés et réprimés, les Kurdes de Syrie avaient profité de l’affaiblissement du régime de Damas dans la guerre civile pour proclamer une « région fédérale » autonome dans le nord du pays. Un développement inacceptable aux yeux d’Ankara qui considère les milices kurdes des YPG comme une extension du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, sa bête noire.

Depuis la chute du dernier bastion de l’EI en Syrie en mars 2019, les accrochages se multiplient dans la région entre forces proturques et kurdes, faisant régulièrement des victimes dans les deux camps mais aussi parmi les civils pris entre deux feux. La mort des deux journalistes à Kobané témoigne de la dangerosité d’un conflit oublié qui continue pourtant de faire des ravages.

La communauté internationale appelée à réagir

Face à cette énième tragédie, les appels à une désescalade et à la retenue se multiplient à l’international pour éviter un embrasement qui ferait de nouvelles victimes innocentes. Nombre d’observateurs pointent la responsabilité des puissances régionales et mondiales qui, par leur inaction ou leur soutien plus ou moins assumé à l’une ou l’autre des parties, attisent les braises d’un conflit interminable.

Il est temps que la communauté internationale prenne ses responsabilités et fasse pression pour un règlement politique garantissant la sécurité et les droits de tous les Syriens, y compris les Kurdes

Une source diplomatique occidentale à l’ONU

Le sacrifice de Nazim Dastan et Cihan Bilgin est un terrible rappel des dangers auxquels sont confrontés les journalistes qui risquent leur vie pour nous informer des réalités d’une guerre qui n’en finit pas. Leur engagement et leur détermination à exercer leur métier malgré les périls forcent le respect. Espérons que leur mort ne restera pas impunie et contribuera à ouvrir la voie à une paix juste et durable en Syrie.

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