Le ministère israélien des Affaires étrangères a vivement réagi à l’appel lancé par le trio européen « E3 », composé de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qui demande à l’État hébreu d’assurer une aide humanitaire « immédiate, sûre et sans entrave » au territoire palestinien de Gaza. Dans un communiqué officiel, le porte-parole de la diplomatie israélienne, Oren Marmorstein, a qualifié cet appel de « décevant », pointant du doigt l’absence de mention des « attaques quotidiennes sur les civils » menées selon lui par le mouvement islamiste Hamas depuis le « massacre » du 7 octobre 2023.
Israël accuse le Hamas d’entraver la distribution de l’aide
Si Israël affirme « faciliter l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza » sans imposer « aucune restriction sur la quantité d’aide entrant dans ce territoire », le communiqué ministériel tient toutefois à souligner les difficultés rencontrées par les organisations internationales pour distribuer cette aide à l’intérieur même de l’enclave palestinienne. Selon M. Marmorstein, les entraves seraient notamment dues à des « pillages du Hamas ». Une accusation qui vise à rejeter la responsabilité des souffrances de la population gazaouie sur le mouvement islamiste au pouvoir dans ce territoire.
Le E3 appelle au respect du droit international humanitaire
De leur côté, les ministres des Affaires étrangères du E3 ont écrit à leur homologue israélien Gideon Saar pour l’appeler à garantir « l’ouverture de points de passage et la distribution d’aide humanitaire à Gaza ». Selon le ministère français, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne insistent sur la nécessité pour Israël de « respecter ses obligations en matière de droit international humanitaire et de garantir la protection des populations civiles ». Un message qui sonne comme un rappel à l’ordre adressé à l’État hébreu, régulièrement accusé de bafouer les droits des Palestiniens.
L’ONU dénonce une situation humanitaire catastrophique
La situation humanitaire à Gaza est jugée catastrophique par les Nations unies. Lors d’une conférence au Caire, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a critiqué les restrictions imposées sur l’acheminement de l’aide, les jugeant « largement insuffisantes » pour répondre aux besoins de la population. Les 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza seraient au bord de la famine selon les organisations humanitaires, qui tirent la sonnette d’alarme sur un « désastre humanitaire en cours ». Une situation qui se serait aggravée depuis l’attaque sans précédent lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, déclenchant la guerre actuelle.
Les ONG dénoncent les entraves à la distribution de l’aide
Au-delà des restrictions israéliennes sur l’entrée de l’aide dans la bande de Gaza, les organisations humanitaires dénoncent les difficultés qu’elles rencontrent pour distribuer cette aide à l’intérieur même du territoire. Le manque de carburant pour les camions, la pénurie de chauffeurs en raison de l’insécurité grandissante, ainsi que de nombreuses restrictions imposées sur le terrain par les autorités militaires israéliennes compliqueraient grandement leur mission. Une situation intenable qui nécessite une action urgente de la communauté internationale pour soulager les souffrances de la population civile prise en étau dans ce conflit.
La situation à Gaza est épouvantable et apocalyptique.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU
Alors que la guerre fait rage entre Israël et le Hamas, la population civile de Gaza paie le plus lourd tribut. Prise en étau entre les bombardements israéliens et l’emprise du mouvement islamiste, elle se retrouve otage d’un conflit qui la dépasse et la plonge dans une détresse humanitaire sans précédent. Si l’aide internationale tente de lui venir en aide, elle se heurte à de nombreux obstacles sur le terrain, laissant des millions de Gazaouis au bord du gouffre. Face à cette tragédie, l’appel du E3 à Israël résonne comme un cri d’alarme. Mais au-delà des paroles, c’est une action urgente et concertée qui est attendue pour soulager les souffrances d’une population à bout de forces.