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Personnalités Africaines Soutiennent le Président Nigérien Déchu

Des personnalités africaines s'unissent dans un recueil de lettres émouvantes pour soutenir le président nigérien Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat. Un cri du cœur contre l'oubli et l'arbitraire des juntes militaires. Découvrez les mots poignants de ceux qui se lèvent pour la démocratie.

Dans un élan de solidarité face à l’arbitraire des juntes militaires, 26 éminentes personnalités africaines ont uni leurs voix dans un recueil de lettres poignantes adressées au président nigérien Mohamed Bazoum. Renversé lors d’un coup d’Etat le 26 juillet 2023 et détenu depuis, le sort du dirigeant démocratiquement élu suscite une vive émotion sur le continent.

Des mots contre l’oubli et l’abandon

Parmi les signataires de ce cri du cœur, on retrouve des figures politiques de premier plan comme l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall ou l’ex-Premier ministre malien Moussa Mara, mais aussi des voix littéraires telles que l’écrivain guinéen Tierno Monénembo, lauréat du prestigieux prix Renaudot. Unis dans leur combat contre « le risque de l’oubli, l’autre nom de l’abandon », ils ont choisi la plume pour exprimer leur soutien indéfectible au président Bazoum.

L’espoir d’une liberté retrouvée

Dans sa lettre vibrante, l’ancien Premier ministre ivoirien Pascal Affi N’Guessan se fait le porte-parole d’une Afrique qui refuse de tourner le dos à ses valeurs démocratiques. Il écrit avec conviction :

Je suis convaincu que tu retrouveras la liberté que tu n’aurais jamais dû perdre et la pleine capacité à imprimer à nouveau ta marque sur le destin du Niger et de notre continent.

Un an après le sinistre coup de force, les mots de Khalifa Sall résonnent comme un appel à ne pas baisser les bras face à l’oppression :

Aujourd’hui, privé de tout sauf de ton honneur et de ton amour pour les peuples du Niger et de l’Afrique, tu incarnes le symbole de la résistance des démocrates face à l’arbitraire des juntes militaires.

Le symbole d’une légitimité bafouée

Depuis le putsch mené par le général Abdourahamane Tiani, chef de sa garde présidentielle, Mohamed Bazoum est séquestré avec son épouse Hadiza dans des conditions strictes au sein du palais présidentiel de Niamey. Malgré les pressions, le président démocratiquement élu en 2021 n’a jamais démissionné et continue de revendiquer sa légitimité.

En juin dernier, la Cour d’Etat du Niger, une juridiction créée par le régime militaire, a levé son immunité présidentielle, ouvrant la voie à un éventuel procès dont la date reste inconnue. Un geste perçu par beaucoup comme une tentative de museler définitivement la voix de la démocratie.

L’union sacrée des démocrates africains

Au-delà des frontières du Niger, c’est toute l’Afrique démocratique qui se sent concernée par le sort de Mohamed Bazoum. Les lettres rassemblées dans ce recueil témoignent de l’indignation et de la solidarité qui unit les défenseurs des valeurs républicaines sur le continent.

Face à la multiplication des coups d’Etat militaires ces dernières années, de nombreux observateurs s’inquiètent d’un recul démocratique en Afrique de l’Ouest. Dans ce contexte, le soutien apporté au président Bazoum apparaît comme un acte de résistance symbolique fort.

Le défi de la mobilisation à long terme

Si ces lettres permettent de maintenir la flamme de l’espoir, le combat pour la restauration de la démocratie au Niger s’annonce long et ardu. Les putschistes semblent déterminés à conserver le pouvoir, bénéficiant notamment du soutien de la Russie et du groupe paramilitaire Wagner.

Dans ce bras de fer qui s’éternise, la communauté internationale peine à faire entendre sa voix. Les sanctions économiques imposées par la CEDEAO n’ont pour l’instant pas suffi à faire plier la junte. Seule une pression diplomatique constante et coordonnée pourrait inverser la donne.

En attendant des jours meilleurs, les mots demeurent les dernières armes des démocrates africains. Armes de paix et de résilience, brandies page après page dans ce recueil qui se veut le gardien de la mémoire d’un président injustement déchu. Car pour l’heure, comme l’écrit si justement Tierno Monénembo, Mohamed Bazoum reste celui qui incarne « le rêve d’un peuple » contre la force brutale des armes. Un rêve que même les barreaux d’une geôle ne sauraient étouffer.

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