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Pollution au plastique : Des progrès aux négociations de Busan

Des progrès majeurs ont été réalisés à Busan lors des négociations sur un traité mondial historique contre la pollution plastique. Malgré l'absence d'accord final, l'ONU reste déterminée à conclure un traité ambitieux d'ici 2025. Découvrez les avancées et les obstacles qui subsistent sur la voie d'un monde avec moins de plastique.

La pollution plastique est l’un des plus grands fléaux environnementaux de notre époque. Chaque année, des millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans la nature et les océans, menaçant les écosystèmes et jusqu’à notre propre santé. Face à l’urgence, la communauté internationale s’est réunie à Busan en Corée du Sud pour négocier un traité mondial historique visant à endiguer cette pollution. Malgré l’absence d’accord final, d’importants progrès ont été réalisés selon la cheffe du Programme environnemental de l’ONU.

Busan : des avancées majeures malgré les divergences

Pendant une semaine, les délégués de plus de 170 pays ont planché sur un avant-projet de traité pour lutter contre la pollution plastique. L’objectif initial, jugé « très ambitieux », était de parvenir à un accord contraignant dans un délai de deux ans après le lancement des négociations en 2022. Si cet objectif n’a pu être atteint, Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme environnemental de l’ONU, se veut néanmoins positive :

Nous avons effectué de très, très bons progrès. Il est évident qu’il ne s’agit pas d’un échec.

Inger Andersen, Cheffe du Programme environnemental de l’ONU

Parmi les avancées notables, les pays sont parvenus à s’accorder sur un nouveau texte de base rationalisé d’une vingtaine de pages, contre 77 initialement. Ce texte servira de socle aux prochaines négociations. Cependant, de profondes divergences subsistent entre les États sur les objectifs et la portée du futur traité.

Le clivage producteurs de pétrole vs reste du monde

Le principal point d’achoppement concerne le périmètre même du traité. D’un côté, une large majorité de pays, soutenus par les ONG environnementales, plaident pour un accord ambitieux visant à limiter la production de plastique et à interdire certains produits particulièrement polluants comme les plastiques à usage unique. De l’autre, un groupe de pays producteurs de pétrole menés par l’Arabie saoudite, la Russie et l’Iran, s’opposent à toute mesure contraignante sur la production. Ils insistent pour que le traité se concentre uniquement sur le recyclage, la gestion des déchets et l’écoconception des produits.

Ce clivage reflète les intérêts divergents entre états consommateurs et pays dont l’économie dépend du pétrole, matière première du plastique. Inger Andersen reconnaît qu’il existe « un groupe de pays qui portent la voix d’un secteur économique », en référence à l’industrie pétrolière et pétrochimique. Mais elle veut croire que le dialogue permettra de rapprocher les positions :

C’est comme ça que fonctionnent les négociations. Les pays ont des intérêts différents, ils les exposent, et alors des conversations doivent avoir lieu pour chercher un terrain d’entente.

Inger Andersen, Cheffe du Programme environnemental de l’ONU

La route est encore longue mais l’espoir demeure

Malgré ces obstacles, la cheffe de l’ONU environnement se dit « absolument déterminée » à voir un accord ambitieux émerger en 2025. Des discussions informelles entre les pays devraient avoir lieu en amont du prochain round de négociations, dont la date et le lieu restent à déterminer, afin de tenter de réduire les divergences.

L’enjeu est crucial. Aujourd’hui, plus de 90% du plastique produit dans le monde n’est pas recyclé. Il se retrouve dans les décharges, les cours d’eau et les océans, avec des conséquences dramatiques sur la faune et les écosystèmes. Des études récentes ont même révélé la présence de microplastiques jusque dans le corps humain et l’eau potable.

Face à ce constat alarmant, l’adoption d’un traité mondial contraignant et ambitieux s’avère plus que jamais indispensable. Malgré les difficultés, l’ONU et les défenseurs de l’environnement veulent croire que la raison finira par l’emporter. La pression de l’opinion publique et l’urgence écologique finiront-elles par faire plier les pays réticents ? Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir de la planète et de l’humanité face au fléau plastique.

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