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L’avenir incertain de la force d’interposition de l’ONU au Liban

Après le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, quel sera le rôle de la Finul au Liban ? Les 10 000 Casques bleus, dont 700 Français, s'interrogent sur leur avenir. La France veut jouer un rôle clé, mais de nombreuses incertitudes demeurent sur le mécanisme de surveillance de la trêve...

Dans le sud du Liban, une lueur d’espoir pointe à l’horizon après l’entrée en vigueur mercredi d’un cessez-le-feu entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Mais pour les quelque 10 000 Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), dont 700 soldats français, l’avenir de leur mission soulève de nombreuses interrogations.

Déployée depuis 1978 pour surveiller le retrait des forces israéliennes du Liban sud, la Finul joue aujourd’hui un rôle crucial de force d’interposition le long de la Ligne bleue, la frontière de facto entre les deux pays. Avec le cessez-le-feu, elle entre dans une nouvelle phase décisive pour la stabilité régionale.

Un mécanisme de surveillance de la trêve en cours de discussion

Selon une source proche de l’état-major français, les modalités précises du contrôle du cessez-le-feu par la Finul sont encore en cours de négociation. « Le mécanisme de surveillance de la trêve est en discussion. Il est encore trop tôt pour savoir comment il sera mis en œuvre », confie cette source. Pas question pour l’instant de modifier le mandat de la force onusienne, mais plutôt de l’adapter à ce nouveau contexte post-conflit.

La France, qui fournit le plus gros contingent occidental avec 700 soldats au sein de la Force Commander Reserve, l’unité d’élite de réaction rapide de la Finul, entend bien peser dans ces discussions. Paris veut jouer un « rôle clé » dans la stabilisation, mais se montre prudent. « Pas sûr que quiconque y voit encore clair », confie un militaire français.

Quel avenir pour la Finul ?

Au-delà des modalités de contrôle du cessez-le-feu, c’est la pérennité même de la Finul qui est en jeu. Avec la fin des hostilités, certains s’interrogent sur la nécessité de maintenir une force onusienne aussi importante dans le sud du Liban.

Si la Finul s’en va, il ne sera pas possible de la faire revenir.

Une source diplomatique à l’ONU

Mais pour de nombreux observateurs, un retrait serait une erreur. « La Finul reste essentielle comme force de dissuasion et de médiation », souligne un diplomate onusien. Son démantèlement créerait un dangereux vide sécuritaire dans une région toujours sous haute tension.

Un rôle crucial pour la reconstruction du Liban

Au-delà de sa mission de maintien de la paix, la Finul pourrait aussi jouer un rôle important dans le difficile processus de reconstruction du Liban. Le pays est exsangue après deux mois d’une guerre dévastatrice qui a fait plus de 1200 morts côté libanais et des destructions massives dans le sud.

  • Près de 1,5 million de Libanais ont dû fuir les combats
  • 120 000 logements ont été endommagés ou détruits
  • Les dégâts sont estimés à plus de 3,5 milliards d’euros

La Finul pourrait ainsi être mise à contribution pour sécuriser l’acheminement de l’aide humanitaire et appuyer la reconstruction des infrastructures civiles détruites, en coordination avec le gouvernement libanais et les bailleurs internationaux. Un défi immense mais crucial pour redonner un avenir au pays du Cèdre meurtri par la guerre.

Éviter un nouveau cycle de violence

L’enjeu est aussi d’empêcher un nouvel embrasement. Malgré le cessez-le-feu, la situation reste très précaire. Tsahal et le Hezbollah se livrent une guerre des mots, s’accusant mutuellement de violer la trêve. Le moindre incident pourrait dégénérer.

Nous restons en alerte maximale. Le cessez-le-feu est fragile, il peut être rompu à tout moment.

Un officier de la Finul

Pour consolider le cessez-le-feu, la communauté internationale mise sur une solution politique. Des négociations indirectes doivent s’ouvrir sur un échange de prisonniers et la délimitation définitive de la frontière. Mais le chemin de la paix sera long. En attendant, la Finul reste en première ligne pour éviter un nouveau cycle de violence. Avec l’espoir qu’un jour, sa présence ne soit plus nécessaire.

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