La Chine se retrouve sous le feu des critiques américaines concernant son rôle présumé dans le trafic mortel de fentanyl vers les États-Unis. Cette drogue de synthèse, 50 fois plus puissante que l’héroïne, est pointée du doigt dans une crise sanitaire dévastatrice outre-Atlantique, avec plus de 70 000 décès par overdose recensés en 2023.
Face à ce qu’il perçoit comme un manque de coopération de Pékin dans la lutte contre ce fléau, le président élu Donald Trump a brandi la menace d’une forte hausse des droits de douane sur les importations chinoises. Une escalade dans la guerre commerciale qui oppose déjà les deux géants économiques.
Selon la DEA, l’agence américaine antidrogue, la Chine serait la principale source des précurseurs chimiques nécessaires à la production de fentanyl introduits illégalement aux États-Unis. Bien que souvent légaux sur le territoire chinois, ces composants seraient détournés vers le marché noir.
Pékin affirme avoir renforcé les contrôles dès 2019, permettant de juguler les envois directs vers le sol américain. Mais le problème semble s’être déplacé : les précurseurs transiteraient désormais par le Mexique, où des cartels se chargeraient de la transformation en fentanyl avant l’acheminement clandestin.
Alors que les relations sino-américaines traversent une zone de turbulences, les présidents Joe Biden et Xi Jinping se sont engagés lors d’un sommet en novembre à renouer le dialogue sur la lutte contre le narcotrafic. Des groupes de travail ont repris langue, débouchant sur quelques gestes de bonne volonté de la Chine :
Mais selon les experts, ces avancées restent insuffisantes face à l’adaptabilité des trafiquants, prompts à contourner les réglementations en créant sans cesse de nouvelles substances chimiques. D’autant que les réseaux chinois de blanchiment d’argent, agiles et peu coûteux, facilitent grandement la tâche des cartels internationaux.
Si la ligne dure de Trump peut faire craindre un regain de tensions, rien ne garantit que des droits de douane punitifs infléchiront réellement la position chinoise. Pékin dit rester disposé à coopérer, mais appelle Washington à ne pas considérer sa bonne volonté comme acquise.
Face à des filières criminelles de plus en plus sophistiquées, seule une coordination étroite et constante entre les deux puissances semble à même d’endiguer durablement ce trafic meurtrier. Un défi commun qui pourrait paradoxalement contribuer à apaiser les relations bilatérales, mises à rude épreuve ces dernières années.
L’enjeu est de taille : enrayer une crise des opioïdes qui ravage les États-Unis, tout en œuvrant à une meilleure régulation du marché mondial des précurseurs chimiques. Un combat de longue haleine qui nécessitera de la Chine et des États-Unis une coopération sans faille, par-delà les soubresauts de leur relation tumultueuse.
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