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Réinventer le Gouvernement à l’Américaine, Un Modèle pour la France ?

L'élection de Trump promet une révolution bureaucratique inédite aux États-Unis. Elon Musk chargé de rendre le gouvernement plus efficace. Un modèle audacieux dont la France pourrait s'inspirer pour réformer son propre État, miné par les déficits et la bureaucratie. Mais le chemin sera long pour changer les mentalités...

Alors que Donald Trump s’apprête à entamer son second mandat à la Maison Blanche, il prépare déjà une petite révolution dans le fonctionnement de l’État fédéral américain. Au cœur de son programme : une « débureaucratisation » sans précédent, pilotée par nul autre qu’Elon Musk, le fantasque milliardaire et patron de Tesla.

Le choc des titans pour réinventer le gouvernement

Le 12 novembre dernier, au lendemain de sa réélection, le président Trump annonçait la création d’un tout nouveau « Département de l’Efficacité Gouvernementale ». À sa tête, un duo surprenant : Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, et Vivek Ramaswamy, un autre milliardaire et entrepreneur. Leur mission ? Démanteler la bureaucratie, sabrer dans les réglementations et restructurer les agences fédérales.

Un véritable « Projet Manhattan » selon les mots de Trump, en référence au programme qui donna naissance à la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale. Le message est clair : c’est une priorité absolue, et tous les moyens seront bons pour y parvenir.

Musk et Ramaswamy, les nouveaux cost-killers de l’Oncle Sam

Le choix d’Elon Musk n’est pas anodin. Le trublion de la Silicon Valley, habitué des coups d’éclat et des déclarations fracassantes, s’est donné pour objectif de faire entrer le gouvernement américain dans le 21ème siècle. « Rien ne sera épargné », a-t-il prévenu lors de sa nomination. « Nous allons traquer les inefficacités et les gaspillages partout où ils se trouvent ».

Son binôme, Vivek Ramaswamy, abonde dans le même sens. Ce jeune entrepreneur à succès, qui a fait fortune dans la biotech, veut importer les recettes du privé au sein de l’administration :

Nous devons gérer l’État comme une start-up : être agiles, innovants, focalisés sur les résultats. C’est comme ça qu’on libérera le potentiel de notre économie.

Vivek Ramaswamy, co-directeur du Département de l’Efficacité Gouvernementale

Des objectifs ambitieux pour le 250ème anniversaire des États-Unis

Donald Trump a fixé une deadline claire à ses deux « cost-killers » : le 4 juillet 2026, date qui marquera le 250ème anniversaire de la Déclaration d’Indépendance américaine. D’ici là, il veut :

  • Réduire d’au moins 30% les effectifs de l’administration fédérale
  • Supprimer 2 réglementations pour chaque nouvelle introduite
  • Digitaliser 80% des procédures et démarches administratives
  • Diviser par deux le nombre d’agences gouvernementales

Un programme choc, qui promet de bousculer le « big government » honni par les Républicains. Mais Trump l’assure : c’est le seul moyen de « rendre au peuple américain un gouvernement qui le serve, au lieu de le soumettre ».

Dépenser moins, mais dépenser mieux ?

Au-delà des coupes budgétaires, l’objectif affiché est aussi d’améliorer la qualité des services publics. Elon Musk l’a martelé : « Faire des économies c’est bien, mais ça ne suffit pas. Nous voulons que les Américains en aient plus pour leur argent, que leur relation avec l’administration soit aussi simple et agréable que commander sur Amazon ».

Pour y parvenir, le nouveau département mise sur la technologie et le numérique. Intelligence artificielle pour automatiser les tâches répétitives, big data pour mieux cibler les aides sociales, blockchain pour sécuriser les données des citoyens… Toutes les innovations seront mises à contribution.

Nous allons faire entrer le gouvernement dans l’ère du smartphone et de la 5G. Fini la paperasse et les files d’attente interminables. Avec nous, tout se fera en quelques clics, 24h/24 et 7j/7.

Elon Musk, co-directeur du Département de l’Efficacité Gouvernementale

La France, mauvaise élève de l’efficacité publique ?

Si cette « révolution administrative » made in USA peut faire sourire de ce côté-ci de l’Atlantique, elle pose néanmoins une question essentielle : celle de l’efficacité de nos propres administrations. Car force est de constater que la France n’est pas vraiment un modèle en la matière…

Avec une dépense publique qui atteint 55,4% du PIB (contre 38% aux États-Unis), des déficits chroniques et une dette abyssale, difficile de ne pas y voir les symptômes d’un État obèse et peu performant. Les exemples ne manquent pas :

  • Des procédures kafkaïennes et des délais interminables pour la moindre démarche
  • Un millefeuille territorial illisible et coûteux
  • Des doublons et des gaspillages à tous les niveaux
  • Une culture de la dépense publique et du « toujours plus »

Bref, pendant que les États-Unis s’apprêtent à entrer dans l’ère du « gouvernement 2.0 », la France semble encore empêtrée dans un modèle bureaucratique hérité du 19ème siècle. Un contraste saisissant, qui en dit long sur notre difficulté à réformer un État devenu omniprésent et tentaculaire.

S’inspirer de l’audace américaine, sans copier-coller

Faut-il pour autant appliquer à la France les recettes trumpiennes ? Confier Bercy à Elon Musk, ou nommer Xavier Niel à Matignon ? Évidemment, non. Notre culture politique, notre histoire et notre modèle social sont trop différents pour se prêter à un tel copier-coller.

Pour autant, on aurait tort de ne pas s’inspirer de l’audace et du volontarisme américains. Car s’il est un domaine où la France doit urgemment se réinventer, c’est bien celui de la gestion publique. Quelques pistes, à la lumière de l’exemple d’outre-Atlantique :

  • Mettre le numérique et l’innovation au cœur de la transformation de l’État
  • Revoir de fond en comble notre production normative, en instaurant un « choc de simplification »
  • Responsabiliser les gestionnaires publics, en les dotant d’une vraie culture du résultat
  • Ouvrir la fonction publique à des profils issus du privé, porteurs de nouvelles méthodes

Bref, refaire de la gestion publique un défi enthousiasmant, un projet de société mobilisateur, et non plus une usine à gaz technocratique et déconnectée. C’est à ce prix que nous pourrons, nous aussi, construire un État du 21ème siècle. Un État plus agile, plus efficace, plus à l’écoute. Un État qui libère les énergies au lieu de les étouffer.

Alors, plutôt que de ricaner sur le « modèle américain », ayons le courage de nous en inspirer. Car en matière de réforme de l’État comme ailleurs, l’audace et le mouvement valent toujours mieux que le statu quo et l’immobilisme. La balle est dans notre camp.

Le choix d’Elon Musk n’est pas anodin. Le trublion de la Silicon Valley, habitué des coups d’éclat et des déclarations fracassantes, s’est donné pour objectif de faire entrer le gouvernement américain dans le 21ème siècle. « Rien ne sera épargné », a-t-il prévenu lors de sa nomination. « Nous allons traquer les inefficacités et les gaspillages partout où ils se trouvent ».

Son binôme, Vivek Ramaswamy, abonde dans le même sens. Ce jeune entrepreneur à succès, qui a fait fortune dans la biotech, veut importer les recettes du privé au sein de l’administration :

Nous devons gérer l’État comme une start-up : être agiles, innovants, focalisés sur les résultats. C’est comme ça qu’on libérera le potentiel de notre économie.

Vivek Ramaswamy, co-directeur du Département de l’Efficacité Gouvernementale

Des objectifs ambitieux pour le 250ème anniversaire des États-Unis

Donald Trump a fixé une deadline claire à ses deux « cost-killers » : le 4 juillet 2026, date qui marquera le 250ème anniversaire de la Déclaration d’Indépendance américaine. D’ici là, il veut :

  • Réduire d’au moins 30% les effectifs de l’administration fédérale
  • Supprimer 2 réglementations pour chaque nouvelle introduite
  • Digitaliser 80% des procédures et démarches administratives
  • Diviser par deux le nombre d’agences gouvernementales

Un programme choc, qui promet de bousculer le « big government » honni par les Républicains. Mais Trump l’assure : c’est le seul moyen de « rendre au peuple américain un gouvernement qui le serve, au lieu de le soumettre ».

Dépenser moins, mais dépenser mieux ?

Au-delà des coupes budgétaires, l’objectif affiché est aussi d’améliorer la qualité des services publics. Elon Musk l’a martelé : « Faire des économies c’est bien, mais ça ne suffit pas. Nous voulons que les Américains en aient plus pour leur argent, que leur relation avec l’administration soit aussi simple et agréable que commander sur Amazon ».

Pour y parvenir, le nouveau département mise sur la technologie et le numérique. Intelligence artificielle pour automatiser les tâches répétitives, big data pour mieux cibler les aides sociales, blockchain pour sécuriser les données des citoyens… Toutes les innovations seront mises à contribution.

Nous allons faire entrer le gouvernement dans l’ère du smartphone et de la 5G. Fini la paperasse et les files d’attente interminables. Avec nous, tout se fera en quelques clics, 24h/24 et 7j/7.

Elon Musk, co-directeur du Département de l’Efficacité Gouvernementale

La France, mauvaise élève de l’efficacité publique ?

Si cette « révolution administrative » made in USA peut faire sourire de ce côté-ci de l’Atlantique, elle pose néanmoins une question essentielle : celle de l’efficacité de nos propres administrations. Car force est de constater que la France n’est pas vraiment un modèle en la matière…

Avec une dépense publique qui atteint 55,4% du PIB (contre 38% aux États-Unis), des déficits chroniques et une dette abyssale, difficile de ne pas y voir les symptômes d’un État obèse et peu performant. Les exemples ne manquent pas :

  • Des procédures kafkaïennes et des délais interminables pour la moindre démarche
  • Un millefeuille territorial illisible et coûteux
  • Des doublons et des gaspillages à tous les niveaux
  • Une culture de la dépense publique et du « toujours plus »

Bref, pendant que les États-Unis s’apprêtent à entrer dans l’ère du « gouvernement 2.0 », la France semble encore empêtrée dans un modèle bureaucratique hérité du 19ème siècle. Un contraste saisissant, qui en dit long sur notre difficulté à réformer un État devenu omniprésent et tentaculaire.

S’inspirer de l’audace américaine, sans copier-coller

Faut-il pour autant appliquer à la France les recettes trumpiennes ? Confier Bercy à Elon Musk, ou nommer Xavier Niel à Matignon ? Évidemment, non. Notre culture politique, notre histoire et notre modèle social sont trop différents pour se prêter à un tel copier-coller.

Pour autant, on aurait tort de ne pas s’inspirer de l’audace et du volontarisme américains. Car s’il est un domaine où la France doit urgemment se réinventer, c’est bien celui de la gestion publique. Quelques pistes, à la lumière de l’exemple d’outre-Atlantique :

  • Mettre le numérique et l’innovation au cœur de la transformation de l’État
  • Revoir de fond en comble notre production normative, en instaurant un « choc de simplification »
  • Responsabiliser les gestionnaires publics, en les dotant d’une vraie culture du résultat
  • Ouvrir la fonction publique à des profils issus du privé, porteurs de nouvelles méthodes

Bref, refaire de la gestion publique un défi enthousiasmant, un projet de société mobilisateur, et non plus une usine à gaz technocratique et déconnectée. C’est à ce prix que nous pourrons, nous aussi, construire un État du 21ème siècle. Un État plus agile, plus efficace, plus à l’écoute. Un État qui libère les énergies au lieu de les étouffer.

Alors, plutôt que de ricaner sur le « modèle américain », ayons le courage de nous en inspirer. Car en matière de réforme de l’État comme ailleurs, l’audace et le mouvement valent toujours mieux que le statu quo et l’immobilisme. La balle est dans notre camp.

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