Lors d’une déclaration surprenante mardi, le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé son intention de se rendre en Russie en mai 2025 pour célébrer le 80e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette visite, si elle a lieu, marquera le retour de Vucic en Russie pour la première fois depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par Moscou en février 2022.
Cependant, le dirigeant serbe a nuancé ses propos avec une touche d’humour sombre, précisant qu’il ferait le déplacement « si la fin du monde n’a pas eu lieu ». Cette remarque reflète les tensions géopolitiques actuelles et l’incertitude qui plane sur l’avenir des relations internationales.
Une position d’équilibriste pour la Serbie
Depuis le début du conflit en Ukraine il y a maintenant plus de mille jours, la Serbie tente de maintenir un équilibre délicat entre ses aspirations européennes et ses liens historiques avec la Russie. Belgrade, candidate à l’entrée dans l’Union européenne, réalise la majorité de ses échanges commerciaux avec l’UE. Cependant, le pays dépend presque totalement de Moscou pour ses approvisionnements en gaz et n’a jamais imposé de sanctions à la Russie.
Cette position ambiguë suscite régulièrement l’inquiétude de Bruxelles, qui appelle la Serbie à aligner sa politique étrangère et de sécurité sur celle de l’UE. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait ainsi annulé un entretien avec le Premier ministre serbe en octobre dernier, suite à la réception d’un ministre russe à Belgrade.
Un refuge pour les Russes
Depuis février 2022, la Serbie est devenue une terre d’accueil pour des centaines de milliers de Russes fuyant les conséquences de la guerre et des sanctions occidentales. Cette situation renforce encore les liens entre les deux pays slaves et orthodoxes, malgré les pressions européennes.
Une célébration historique en préparation
Le Kremlin a annoncé vouloir faire du 9 mai 2025, qui marquera le 80e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie, « la plus grande fête de son histoire ». Dans un contexte d’exaltation des valeurs patriotiques et militaires en plein conflit en Ukraine, cette commémoration revêt une importance symbolique et politique majeure pour Moscou.
La présence annoncée d’Aleksandar Vucic aux côtés de Vladimir Poutine sur la place Rouge pourrait être perçue comme un signe fort de soutien de la Serbie à la Russie, malgré les pressions occidentales. Le Premier ministre slovaque Robert Fico devrait également être présent, selon les propos de Vucic.
Un avenir incertain
Alors que la guerre en Ukraine se poursuit et que les tensions internationales s’intensifient, la position de la Serbie apparaît de plus en plus inconfortable. Tiraillé entre ses aspirations européennes et ses liens historiques avec Moscou, Belgrade devra certainement faire des choix difficiles dans les mois et années à venir.
La visite annoncée d’Aleksandar Vucic à Moscou en mai 2025, si elle se concrétise, sera un test majeur pour la diplomatie serbe et un révélateur des équilibres géopolitiques dans les Balkans et en Europe. Dans un monde de plus en plus polarisé, la Serbie parviendra-t-elle à maintenir sa position d’équilibriste ou devra-t-elle choisir son camp? L’avenir nous le dira.