Dans la ville de Strasbourg, une expérimentation novatrice est en cours dans certaines écoles primaires. Depuis six mois, 125 élèves de tous niveaux portent un gilet équipé d’un GPS sous leur manteau. Non, il ne s’agit pas d’un nouveau gadget à la mode, mais d’un dispositif visant à analyser leurs déplacements et l’utilisation qu’ils font de l’espace dans la cour de récréation. Une initiative portée par la mairesse écologiste Jeanne Barseghian, qui entend ainsi repenser l’aménagement de ces lieux pour plus d’égalité.
Végétaliser pour changer les usages
Le constat de départ est sans appel : actuellement, 20% des garçons monopolisent 80% de la surface de la cour de récréation, souvent pour y pratiquer des sports comme le football ou le basket. Face à ce déséquilibre, la municipalité a décidé d’agir en profondeur, en végétalisant massivement les cours d’écoles. D’ici 2026, ce sont 65% des espaces qui seront ainsi transformés en Strasbourg.
Cela permet de changer les habitudes des élèves, qui pratiquent essentiellement des sports plutôt masculins.
Christelle Wieder, Adjointe en charge des égalités de genre à la Ville de Strasbourg
L’idée est d’encourager des usages plus diversifiés et partagés de la cour, en cassant la prédominance des terrains de sport. Avec davantage de coins nature, de zones ombragées et d’espaces polyvalents, filles et garçons devraient pouvoir investir les lieux de façon plus équitable.
Comprendre les déplacements grâce au GPS
Mais comment s’assurer que ces nouveaux aménagements porteront leurs fruits ? C’est là qu’intervient l’expérimentation en cours avec les gilets GPS. En géolocalisant un échantillon d’élèves sur plusieurs mois, la mairie souhaite obtenir une cartographie fine des déplacements et de l’occupation de l’espace selon les genres. Ces données permettront d’ajuster au mieux la conception des cours végétalisées.
Si le procédé peut surprendre, les premiers retours des enfants et des parents sont plutôt positifs. La perspective de cours plus vertes et accueillantes semble faire l’unanimité. Quant à la dimension égalitaire du projet, elle répond à une préoccupation croissante de lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge.
Une démarche pionnière scrutée de près
Strasbourg fait figure de pionnière avec ce projet ambitieux. De nombreuses villes suivent l’expérience de près, y voyant un modèle inspirant pour repenser l’espace public au prisme du genre. Si les résultats sont concluants, nul doute que la démarche strasbourgeoise fera des émules.
Au-delà des cours d’écoles, c’est notre façon de concevoir la ville qui pourrait être amenée à évoluer pour plus de mixité et d’inclusion. Un sacré défi que Strasbourg s’apprête à relever, en commençant par ce petit bout d’espace si crucial dans la socialisation des enfants : la cour de récréation.