Le marché bouillonnant de l’intelligence artificielle générative suscite une attention accrue des régulateurs. Dernière affaire en date, l’autorité britannique de la concurrence, la CMA, vient de classer une enquête sur le partenariat entre Alphabet, maison mère de Google, et la start-up américaine Anthropic, spécialisée dans l’IA générative. Selon la CMA, le géant de Mountain View n’aurait pas acquis une « influence matérielle » sur la jeune pousse suite à leur rapprochement.
C’est en 2022 que Google avait annoncé un partenariat dans l’informatique à distance avec Anthropic. D’après des informations de presse, le mastodonte californien aurait aussi prévu d’investir jusqu’à 2 milliards de dollars dans la start-up. Une opération qui n’a pas manqué d’attirer l’œil du gendarme de la concurrence britannique.
Dès octobre, la CMA avait indiqué disposer de suffisamment d’éléments pour ouvrir une enquête préliminaire sur ce partenariat. Mais après de premières investigations, le régulateur a finalement décidé de ne pas poursuivre, estimant que « Google n’a pas acquis une influence matérielle sur Anthropic ».
Pour justifier sa décision, la CMA s’est notamment appuyée sur le faible chiffre d’affaires réalisé par Anthropic au Royaume-Uni, inférieur à 70 millions de livres. Un critère qui avait déjà conduit le régulateur à clore une enquête similaire en septembre, sur un autre partenariat entre la start-up et Amazon.
Fondée en 2021, Anthropic a su séduire de grands noms de la tech, levant au moins 7 milliards de dollars en quelques années auprès d’investisseurs comme Google, Salesforce ou encore Amazon. Mais son déploiement commercial semble encore limité outre-Manche.
Malgré ce classement sans suite, l’épisode illustre la vigilance accrue des autorités de régulation face à l’effervescence du marché de l’IA générative. La CMA britannique, mais aussi la Commission européenne ou la FTC américaine, ont toutes renforcé ces derniers mois leur surveillance des opérations dans ce secteur stratégique.
D’autres dossiers ont ainsi été passés au crible, comme le partenariat entre Microsoft et Mistral AI sur l’IA conversationnelle ou le recrutement par Microsoft d’employés de la start-up Inflection AI. Mais là encore, les régulateurs ont pour l’heure donné leur feu vert, écartant des risques immédiats pour la concurrence.
L’intelligence artificielle générative suscite un intérêt et des investissements massifs, avec l’émergence de modèles de langage surpuissants comme GPT d’OpenAI ou Claude d’Anthropic. Les géants de la tech multiplient les partenariats et acquisitions pour se positionner sur ce marché à fort potentiel.
Mais cette course effrénée à l’innovation soulève aussi des enjeux de concentration et de position dominante. Les autorités entendent donc garder un œil attentif sur les manœuvres des acteurs, pour prévenir d’éventuelles dérives anticoncurrentielles et préserver un équilibre sur ce marché naissant mais déjà stratégique de l’IA.
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