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Gabon : Couvre-feu renforcé pour le référendum constitutionnel

Le Gabon renforce son couvre-feu pour le référendum constitutionnel. Entre enjeux politiques et tensions, le pays amorce un tournant décisif. Les détails du scrutin et ce qui attend le Gabon, dans notre article.

En cette journée de référendum constitutionnel au Gabon, les autorités ont décidé de renforcer le couvre-feu afin de garantir la sérénité du scrutin. Selon un décret lu à la télévision publique, les horaires du couvre-feu sont réaménagés de minuit à 5 heures du matin durant toute la période du processus électoral, soit deux heures plus tôt que le couvre-feu actuel qui débute à 2 heures.

Ce référendum, qui vise à adopter une nouvelle Constitution, intervient dans un contexte particulier. En effet, le pays est dirigé depuis un récent putsch par le général Brice Oligui Nguema, qui a mis fin aux 55 ans de règne de la dynastie Bongo. Les enjeux sont donc de taille pour l’avenir politique du Gabon.

Un référendum sous tension

Le projet de nouvelle Constitution suscite des réactions contrastées au sein de la population gabonaise. Les opposants dénoncent un texte taillé sur mesure pour le nouvel homme fort du pouvoir, tandis que ses partisans appellent à aller de l’avant en votant « oui ».

Malgré ces divergences, le processus électoral suit son cours. Les 2 835 bureaux de vote du pays doivent rester ouverts jusqu’à 18 heures, heure locale, avant le dépouillement et la centralisation des résultats au ministère de l’Intérieur. Si la Constitution est adoptée, la prochaine étape sera l’organisation d’une élection présidentielle, prévue en août 2025, pour mettre un terme définitif à la transition née du putsch.

Les ambitions du général Oligui

Le général Oligui, qui a promis de rendre le pouvoir aux civils au terme de la transition, ne cache pas pour autant ses ambitions présidentielles. Il promet un « essor vers la félicité » à ce pays riche en pétrole mais lourdement endetté.

Pour rappel, c’est une heure après la proclamation de la réélection d’Ali Bongo pour un troisième mandat, le 30 août 2023, qu’une junte militaire baptisée « Comité pour la transition et la restauration des institutions » (CTRI) avait pris le pouvoir, avec des accusations de fraude électorale et de détournement de fonds publics.

Des résultats attendus rapidement

Selon le ministère de l’Intérieur, chargé de superviser le processus, les résultats provisoires du vote devraient être rendus publics « le plus vite possible », sans plus de précisions sur le jour ou l’horaire. La cour constitutionnelle proclamera ensuite les résultats définitifs.

Ce référendum constitue donc une étape clé dans la transition politique que traverse actuellement le Gabon. Entre espoirs de changement et craintes de dérive autoritaire, le pays retient son souffle dans l’attente du verdict des urnes. Le renforcement du couvre-feu témoigne en tout cas de la volonté des autorités de maîtriser la situation dans ce contexte tendu.

Vers un nouveau chapitre de l’histoire gabonaise

Quel que soit le résultat du référendum, il est clair que le Gabon s’apprête à tourner une page de son histoire. Après plus d’un demi-siècle sous la dynastie Bongo, le pays cherche un nouveau souffle, une nouvelle direction.

Reste à savoir si la nouvelle Constitution, si elle est adoptée, permettra réellement de répondre aux aspirations démocratiques et aux défis économiques et sociaux auxquels fait face la nation gabonaise. Les prochains mois, avec en ligne de mire la présidentielle de 2025, seront décisifs pour en juger.

D’ici là, toute l’attention est focalisée sur le déroulement et l’issue de ce référendum constitutionnel placé sous haute surveillance. Un scrutin qui aura, quoi qu’il arrive, valeur de test pour le nouveau pouvoir en place et la solidité de son projet de transition. Le Gabon est incontestablement à un tournant de son destin.

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