La commune bruxelloise d’Auderghem est sous le choc après la révélation d’une vidéo choquante mettant en scène un de ses employés. Durant ses heures de service, l’agent communal s’est filmé dans le cimetière de la ville en proférant des insultes en arabe envers les morts et leurs sépultures. Des propos injurieux qu’il a ensuite postés sans scrupule sur les réseaux sociaux, déclenchant un tollé.
Face à cet écart de comportement inacceptable, les autorités communales ont réagi avec fermeté et diligence. Une enquête interne a immédiatement été ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire qui ébranle la quiétude de cette commune habituellement paisible des abords de la capitale. La bourgmestre d’Auderghem, Sophie de Vos, a pris les devants en condamnant avec la plus grande vigueur les agissements et paroles de l’employé fautif :
C’est totalement inacceptable. Nous avons pris l’affaire immédiatement en charge au point de vue administratif et judiciaire. Le collège sera saisi du cas mardi.
Sophie de Vos, bourgmestre d’Auderghem
Licenciement immédiat pour faute grave
Au terme de cette enquête express mais implacable, la sanction est tombée tel un couperet : le collège des bourgmestre et échevins a décidé à l’unanimité le licenciement pour faute grave de l’agent communal, avec effet immédiat. Une mesure disciplinaire rare mais à la hauteur de la gravité des faits commis :
Une telle décision n’est pas prise tous les jours, mais ici, la situation est suffisamment grave pour l’être.
Sophie de Vos
Dans la vidéo qui a fait scandale, on entend distinctement l’employé qualifier le lieu de « cimetière de kouffar » (mécréants) et de « cimetière de khanez » (puants). Des insultes proférées en arabe qui dénotent un manque de respect manifeste envers les défunts de toutes confessions qui reposent en ce lieu consacré. Une attitude proprement inadmissible de la part d’un agent public censé incarner la neutralité au service de tous les citoyens.
Des tombes profanées verbalement
Au-delà des qualificatifs insultants, l’individu s’en prend directement à certaines tombes devant lesquelles il passe, lançant à la cantonade « c’est qui encore celle-là ? » ou « c’est qui ce vieux papy ? ». Comme si la profanation verbale des sépultures ne suffisait pas, il conclut sa triste prestation par un lapidaire « j’ai horreur » qui en dit long sur son état d’esprit. Des paroles d’une grande violence qui ne peuvent qu’indigner et blesser les familles ainsi prises à partie au travers de leurs disparus.
Une réputation entachée pour la commune
Si la réaction rapide et intransigeante des autorités communales est à saluer, il n’en demeure pas moins que le mal est fait. La vidéo a largement circulé avant d’être supprimée et la réputation d’Auderghem s’en trouve durablement entachée. Un seul individu suffit pour ternir l’image d’une administration par ailleurs irréprochable. Les mots ont un poids et il convient d’en mesurer les conséquences avant de s’exprimer, surtout lorsque l’on est dépositaire d’une mission de service public.
Cet épisode souligne également l’importance de la formation et de la sensibilisation du personnel communal aux valeurs de respect et de tolérance. Car si les sanctions sont nécessaires, la prévention l’est tout autant pour éviter que de tels dérapages ne se reproduisent à l’avenir. En attendant, les morts du cimetière d’Auderghem peuvent reposer en paix : leur profanateur a été mis hors d’état de nuire et leur mémoire vengée par la fermeté d’une commune qui a su dire non à l’inacceptable.