Le Kremlin a catégoriquement démenti lundi les informations faisant état d’un appel téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et le président élu américain Donald Trump au sujet du conflit en Ukraine. Cette prétendue discussion, révélée par le Washington Post citant des sources anonymes, aurait été la première entre les deux hommes depuis la victoire de Trump à l’élection présidentielle américaine.
Lors de cet échange, le républicain, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, aurait notamment exhorté son homologue russe à s’abstenir de toute escalade en Ukraine, théâtre d’un conflit sanglant depuis 2014. Mais le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a balayé ces allégations, les qualifiant de « pure invention » et d’« information fausse ».
Aucune discussion planifiée malgré les déclarations
Dmitri Peskov a souligné qu’il n’existait « pas de plans concrets » pour une telle conversation entre les deux dirigeants, bien que ceux-ci se soient dits prêts à échanger la semaine dernière. L’entourage de Donald Trump est resté évasif, un porte-parole de l’équipe de transition indiquant ne pas « commenter les appels privés » du futur locataire de la Maison Blanche.
Du côté ukrainien, un haut responsable à la présidence a également relevé l’absence de confirmation d’un tel appel centré sur le conflit qui ravage l’est du pays. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes prorusses, ce que Moscou dément malgré de nombreux éléments à charge.
La Russie campée sur ses positions
Face à ces démentis, le Kremlin a réaffirmé sa détermination à poursuivre « l’opération militaire spéciale » en Ukraine, selon la terminologie officielle russe. Plus de deux ans et demi après le déclenchement du conflit, Moscou maintient ses exigences : un désarmement de l’Ukraine, la cession d’une large part de son territoire et l’abandon de ses ambitions d’adhérer à l’OTAN. Des conditions jugées inacceptables par Kiev.
Malgré leur infériorité numérique et en armement, les forces ukrainiennes opposent une résistance acharnée. Mais handicapées par les restrictions imposées par les Occidentaux sur l’usage des armes fournies, elles reculent depuis plusieurs mois sur de multiples portions du front, une tendance qui s’est accélérée récemment.
Intensification des frappes et craintes d’escalade
Ce week-end a été marqué par des attaques de drones d’une ampleur inédite de part et d’autre. Dans la nuit de dimanche à lundi, au moins six personnes ont été tuées et une vingtaine blessées dans des frappes russes sur Mykolaïv et Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, selon les autorités locales.
L’entrée en vigueur d’un traité de défense mutuelle entre la Russie et la Corée du Nord, signé dimanche par Vladimir Poutine, suscite l’inquiétude. Les Occidentaux redoutent en effet un engagement de milliers de soldats nord-coréens dans les combats, ce qui représenterait une escalade majeure du conflit.
L’élection de Trump, source d’incertitudes
L’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui a affirmé durant sa campagne pouvoir mettre fin à la guerre en Ukraine « en 24 heures », fait craindre à Kiev et aux Européens un désengagement américain dans les mois à venir. Une perspective que le Kremlin observe avec intérêt.
Lors d’un entretien dimanche, le chancelier allemand Olaf Scholz et le président élu américain se sont dits « prêts à travailler ensemble pour le retour de la paix en Europe », selon Berlin. Mais Moscou assure n’avoir reçu « aucun signal » des Occidentaux pour des discussions, malgré son affichage d’ouverture.
Moscou pose ses conditions
Si la Russie clame sa disponibilité au dialogue, elle le conditionne aux « réalités » du terrain et à ses propres exigences. « L’Occident a le choix : poursuivre son financement (de l’Ukraine) et la destruction de la population ukrainienne ou admettre les réalités existantes et commencer à négocier », a ainsi déclaré le chef du Conseil de sécurité russe Sergueï Choïgou.
En visite à Pékin, principal allié de Moscou face aux Occidentaux, Sergueï Choïgou cherche à renforcer la coopération militaire sino-russe. Une alliance qui pèse lourd dans l’équation géopolitique du conflit ukrainien et complique les perspectives de résolution pacifique.