Dans un contexte géopolitique en pleine mutation, la Turquie entreprend un rapprochement audacieux avec le bloc économique des BRICS, qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Cette démarche soulève des interrogations quant à la position d’Ankara vis-à-vis de ses alliés occidentaux et de l’OTAN, dont elle est membre.
Une alliance économique prometteuse
Selon des sources proches du dossier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a répondu favorablement à l’invitation de son homologue russe Vladimir Poutine pour participer au sommet des BRICS à Kazan. Cette plateforme, qui représente près de la moitié de la population mondiale et un tiers du PIB global, offre à la Turquie des perspectives économiques alléchantes.
Nous ne pouvons pas nous déconnecter du monde turc et islamique simplement parce que nous sommes un pays de l’OTAN.
Recep Tayyip Erdogan, Président de la Turquie
Pour les analystes, cette initiative s’inscrit dans la quête d’autonomie stratégique de la Turquie. Frustrée par les atermoiements de l’Union Européenne quant à son adhésion, Ankara cherche à diversifier ses partenariats et à tirer parti d’un ordre mondial multipolaire en devenir.
Un jeu d’équilibriste diplomatique
Toutefois, la Turquie n’entend pas pour autant tourner le dos à ses alliés traditionnels. Ancrée dans le camp occidental sur le plan sécuritaire, elle maintient des liens étroits avec l’Ukraine, lui fournissant notamment des drones et des frégates, tout en ménageant la Russie dont elle dépend pour son approvisionnement en gaz.
La Turquie veut tirer parti de l’affaiblissement de l’emprise occidentale et tenter de se créer une plus grande marge de manœuvre.
Soli Özel, Professeur de relations internationales
Des retombées économiques attendues
Au-delà des considérations géopolitiques, c’est avant tout le volet économique qui motive ce rapprochement avec les BRICS. La Turquie espère ainsi doper ses échanges commerciaux et attirer davantage d’investissements en provenance de ces pays émergents.
- Les BRICS représentent près de 50% de la population mondiale
- Leur PIB cumulé avoisine les 30% du PIB global
- La Turquie cherche à diversifier ses partenaires commerciaux
Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits sans compromettre les relations d’Ankara avec ses alliés historiques. Un numéro d’équilibriste diplomatique qui reflète la complexité des enjeux dans un monde en pleine reconfiguration.