Un événement aussi spectaculaire qu’inquiétant s’est déroulé la semaine dernière sur l’autoroute A36 dans le Doubs. Un adolescent de seulement 14 ans, après avoir fugué de chez ses parents en dérobant leur voiture, s’est lancé dans une course-poursuite effrénée avec les gendarmes, semant la panique sur son passage et provoquant un accident qui a fait trois blessés légers.
Tout a commencé mercredi dernier quand l’adolescent, sans aucun antécédent judiciaire, a décidé de fuguer du domicile familial à Courcelles-lès-Montbéliard. Mais au lieu de partir à pied ou en transports, il a volé la Peugeot 206 de ses parents ainsi que la carte bancaire de son père dont il connaissait le code. Un acte impulsif aux conséquences désastreuses.
C’est le lendemain que les forces de l’ordre ont repéré le jeune fugueur au volant de la 206 et ont tenté de l’intercepter. S’en est suivie une première course-poursuite à 80 km/h dans une zone limitée à 20, au cours de laquelle l’adolescent a réussi à semer les gendarmes en manœuvrant habilement dans les bouchons.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Repéré à nouveau, cette fois en train de remonter à vive allure la bande d’arrêt d’urgence de l’A36 en direction du Jura, le jeune chauffard s’est lancé dans une folle course-poursuite avec les gendarmes sur plus de 60 kilomètres. Slalomant entre les voitures, roulant jusqu’à 180 km/h, il a fini par faire demi-tour pour emprunter l’autoroute à contresens, toujours sur la bande d’arrêt d’urgence. Une conduite extrêmement dangereuse qui a provoqué un carambolage entre trois véhicules, dont une voiture de gendarmerie. Le bilan aurait pu être dramatique mais ne fait état « que » de trois blessés légers.
Après avoir perdu le contrôle de son véhicule dans une bretelle d’insertion, l’adolescent a poursuivi sa cavale à pied avant d’être finalement interpellé par les gendarmes dans un village proche de Dole, dans le Jura. Placé en garde à vue, il s’est excusé platement, fournissant des explications qualifiées de « lunaires » par le procureur, évoquant de vagues problèmes au collège dont personne n’avait pourtant entendu parler.
Sans antécédents hormis une procédure alternative pour des faits de harcèlement, ce garçon issu d’une famille sans histoires devra répondre de ses actes devant le juge des enfants d’ici deux mois. Il a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès pour mise en danger délibérée d’autrui, vol, escroquerie, conduite sans permis et multiples délits routiers. Une affaire qui soulève de nombreuses interrogations quant aux motivations de ce jeune fugueur et à l’origine d’un comportement aussi dangereux qu’inexplicable.
Ce qui est ahurissant, c’est de voir qu’il a pu être capable de mener une course-poursuite, sur une portion accidentogène, à 180 km/h, pied au plancher, sur autant de kilomètres.
– Le procureur de Montbéliard
Cet événement, qui aurait pu virer au drame, pose la question de la prise en charge des mineurs fugueurs et de la prévention des conduites à risque chez les adolescents. Il rappelle également les dangers de la route et l’importance de respecter le code, quel que soit son âge ou les circonstances. Une affaire hors norme qui aurait pu avoir des conséquences bien plus graves et qui ne manquera pas d’alimenter les discussions sur la responsabilité des parents et la justice des mineurs.
Si le cas de ce jeune fugueur est exceptionnel par son ampleur et ses conséquences, il illustre malheureusement une tendance plus générale chez les adolescents : l’attrait pour la prise de risque au volant. Selon une récente étude, les jeunes conducteurs de moins de 25 ans sont impliqués dans près d’un accident mortel sur quatre, alors qu’ils ne représentent que 8% du trafic routier. Un constat alarmant qui s’explique par plusieurs facteurs :
Autant d’éléments qui, combinés à l’immaturité du cerveau à cet âge, peuvent conduire à des comportements dangereux sur la route. Des comportements aux conséquences parfois dramatiques, comme en témoigne le carambolage provoqué par ce jeune chauffard de 14 ans sur l’A36.
Face à ce constat, la prévention apparaît comme le meilleur moyen d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Une prévention qui passe par l’éducation et la sensibilisation des jeunes aux dangers de la route, mais aussi par un encadrement plus strict de l’accès au permis de conduire. En France, l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC) permet aux jeunes de commencer la conduite accompagnée dès 15 ans, avec une formation théorique et pratique renforcée. Un dispositif qui a fait ses preuves en termes de réduction de l’accidentalité, mais qui reste encore trop peu utilisé.
Au-delà de la prévention routière, c’est aussi toute la question de la prise en charge des adolescents en difficulté qui est posée par cette affaire. Des adolescents qui, comme ce jeune fugueur, peuvent passer à l’acte de manière impulsive et inconsidérée, mettant en danger leur vie et celle des autres. Un problème complexe qui nécessite une approche globale et coordonnée, impliquant les familles, l’école, les services sociaux et la justice des mineurs. Avec l’objectif de détecter et prendre en charge au plus tôt les situations de mal-être et de décrochage, avant qu’elles ne dégénèrent en drames.
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