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MiCA : BingX YouHodler et Openbank Intègrent le Registre Européen

Le registre MiCA vient d’accueillir BingX, YouHodler et la filiale de Santander. 375 prestataires listés, un retrait mystérieux et des banques qui s’engouffrent. Ce qui change vraiment pour l’Europe crypto…

Le registre européen des prestataires de services sur crypto-actifs vient de franchir un nouveau cap. Avec 375 entités désormais répertoriées, l’Europe confirme que la réglementation MiCA n’est plus une simple promesse. Elle devient un outil concret qui structure le marché. Parmi les neuf nouveaux venus figurent des acteurs très différents : l’exchange BingX via sa filiale autrichienne, la plateforme YouHodler à travers son entité italienne, et Openbank Deutschland, filiale digitale du géant bancaire Santander. Une banque traditionnelle, des pure players crypto et des banques coopératives allemandes se retrouvent côte à côte. Ce mélange illustré parfaitement la portée du texte européen.

Un registre qui grossit et qui révèle les ambitions du marché

Le 16 octobre, l’autorité européenne a publié sa dernière mise à jour. Neuf entreprises ont été ajoutées, une a disparu. Résultat net : 375 prestataires. Quelques semaines plus tôt, on en comptait 367. La progression est régulière. Elle montre que de plus en plus d’acteurs veulent opérer sous le nouveau cadre plutôt que de rester dans le flou juridique.

Ce n’est pas qu’une question de chiffres. Chaque nouvelle inscription raconte une stratégie. Certaines sociétés crypto cherchent à rassurer leurs clients européens. D’autres, comme les banques, testent le terrain pour ne pas laisser le champ libre aux fintech. Le registre devient ainsi un baromètre de l’appétit réglementaire du secteur.

BingX obtient sa licence en Autriche

BingX a choisi la voie autrichienne. Sa filiale MEGE zweite GmbH a reçu l’autorisation de l’autorité de surveillance des marchés financiers le 13 octobre. Quatre services sont couverts : la conservation et l’administration de crypto-actifs, l’échange entre crypto et monnaies fiduciaires, l’échange entre crypto-actifs, et les services de transfert.

Le directeur européen de la plateforme a insisté sur la dimension stratégique de cette étape. L’objectif est clair : proposer des services réglementés dans l’ensemble de l’Espace économique européen, soit 29 marchés. La licence autrichienne ouvre la porte au passeport européen, sous réserve des notifications nationales.

Il faut rester précis. Ces quatre autorisations ne couvrent pas tout. Pas de plateforme de négociation multilatérale, pas de produits dérivés à effet de levier, pas de conseil en investissement. BingX devra éventuellement demander des autorisations complémentaires si elle veut élargir son offre. Pour l’instant, la société se concentre sur les services de base les plus demandés par les clients particuliers et institutionnels.

La licence MiCA n’est pas un sésame universel. Elle définit précisément ce qu’une entreprise a le droit de proposer. Tout le reste reste hors périmètre.

YouHodler mise sur l’Italie et cinq services

YouHodler a préféré l’Italie. Sa société YouHodler Italy S.r.l. a obtenu l’aval de la CONSOB le 8 octobre, après consultation de la Banque d’Italie. L’annonce publique est arrivée six jours plus tard. Cinq services sont autorisés : conservation, échanges crypto-fiat, échanges crypto-crypto, exécution d’ordres clients et transferts.

L’ajout de l’exécution d’ordres marque une différence avec BingX. Cela permet à la société d’intervenir pour le compte de ses clients sans nécessairement gérer une plateforme de négociation ouverte. Le dirigeant italien de YouHodler a souligné que de plus en plus de banques et d’institutions financières recherchent des partenaires déjà supervisées. Avoir la licence devient un argument commercial fort.

Comme pour BingX, l’autorisation est rattachée à l’entité italienne. Elle ne s’étend pas automatiquement aux autres sociétés du groupe situées hors Union européenne. YouHodler conserve d’autres produits, notamment liés au prêt et au rendement. Ces activités ne sont pas couvertes par les cinq services MiCA listés. La distinction est importante pour éviter toute confusion chez les utilisateurs.

Openbank, la banque qui entre dans la danse

Le troisième nom qui retient l’attention est Openbank Deutschland. Filiale digitale de Banco Santander, elle apparaît désormais dans le même registre que les pure players crypto. C’est un signal fort. Les banques traditionnelles ne se contentent plus d’observer. Elles s’inscrivent concrètement dans le cadre réglementaire.

Le registre ne précise pas encore quels produits Openbank compte proposer ni à quelle date. On ne sait pas s’il s’agira de conservation, de trading ou de transferts. Ce qui est certain, c’est que la présence d’une filiale Santander aux côtés d’exchanges spécialisés change la perception du marché. La crypto n’est plus réservée aux startups. Elle entre dans les organigrammes des grands groupes bancaires.

D’autres banques allemandes ont également rejoint la liste. Des banques coopératives régionales comme VR-Bank Alb-Blau-Donau ou VR Bank im südlichen Franken figurent parmi les nouveaux inscrits. Le mouvement n’est donc pas limité aux grands noms internationaux. Les établissements régionaux s’intéressent aussi aux crypto-actifs, souvent via des procédures de notification plus simples réservées aux institutions déjà régulées.

Les banques multiplient les inscriptions

Le nombre de banques présentes dans le registre a quasiment doublé en quelques mois. Fin juin, on en comptait environ 40. Mi-septembre, le chiffre tournait autour de 80. Cette accélération montre que les établissements financiers traditionnels anticipent une demande croissante de leurs clients. Ils préfèrent proposer eux-mêmes les services plutôt que de les laisser à des acteurs purement crypto.

Deutsche Bank prépare de son côté un service de conservation institutionnelle centré dans un premier temps sur le bitcoin et l’ether. Des services liés aux stablecoins sont envisagés plus tard. Cette initiative reste distincte de l’inscription d’Openbank. L’une annonce un lancement produit, l’autre apparaît simplement dans le registre sans calendrier de commercialisation. Les deux approches coexistent et enrichissent le paysage.

Point de vigilance : figurer dans le registre MiCA ne signifie pas qu’un service est déjà disponible pour le grand public. Certaines autorisations sont obtenues en amont, avant le lancement commercial effectif.

Le mystère Penning et le fonctionnement du registre

Une entreprise danoise, Penning Financial Services, a disparu de la dernière version du registre. Le nombre d’ajouts était de neuf, mais le total n’a augmenté que de huit. La différence s’explique par ce retrait. L’autorité européenne indique pourtant que les autorisations retirées devraient rester visibles avec la date effective du retrait. L’absence de Penning interroge donc.

La société elle-même affirme que son autorisation n’a pas changé. Aucune décision formelle de retrait n’a été identifiée. Il pourrait s’agir d’une correction technique, d’une erreur de transmission ou d’un délai de mise à jour. Pour l’instant, le doute demeure. Cet incident rappelle que le registre, même s’il est mis à jour chaque semaine, reste un outil vivant qui peut contenir des incohérences temporaires.

D’autres modifications ont été constatées sur des dates de notification. Certaines apparaissent postérieures à la date de publication du registre. Ces anomalies invitent à la prudence. Une inscription doit toujours être croisée avec les informations fournies par l’autorité nationale compétente avant d’être considérée comme définitive.

Le registre des non-conformes progresse aussi

Parallèlement au registre des prestataires autorisés, l’autorité européenne tient une liste des entités signalées comme proposant des services crypto sans respecter les exigences d’autorisation. Cinq nouvelles entrées ont été ajoutées, portant le total à 178. Ces signalements proviennent principalement des autorités italiennes.

Être listé dans le registre des non-conformes n’équivaut pas à une condamnation judiciaire. Cela signifie simplement qu’une autorité nationale a identifié une activité qui, selon elle, aurait dû faire l’objet d’une autorisation. Chaque cas doit être analysé individuellement. Le registre sert de signal d’alerte pour les utilisateurs et de levier de pression pour les régulateurs.

Les jetons monétaires électroniques et les jetons se référant à des actifs

Deux autres registres coexistent. Celui des émetteurs de jetons monétaires électroniques compte 50 entrées correspondant à 25 entités distinctes. Celui des émetteurs de jetons se référant à des actifs reste vide. Ces listes évoluent moins vite que celle des prestataires de services. Elles concernent des catégories spécifiques de crypto-actifs soumis à des règles particulières.

L’ensemble de ces fichiers est alimenté par les informations transmises par les autorités nationales et par l’autorité bancaire européenne. Les mises à jour hebdomadaires permettent de suivre l’évolution quasi en temps réel. Un délai peut toutefois s’écouler entre la décision nationale et son apparition dans le registre européen.

Ce que change réellement MiCA pour les acteurs du marché

Avant MiCA, chaque pays de l’Union gérait sa propre approche. Certains avaient mis en place des régimes d’enregistrement, d’autres restaient plus permissifs. Le résultat était un patchwork difficile à naviguer pour les entreprises et source d’insécurité pour les clients. Le nouveau cadre unifie les règles. Une autorisation obtenue dans un État membre peut, sous conditions, être notifiée dans les autres.

Cette harmonisation a un prix. Les exigences en matière de gouvernance, de fonds propres, de protection des clients et de lutte contre le blanchiment sont plus élevées. De nombreuses petites structures ont dû revoir leur organisation ou abandonner l’idée d’opérer dans l’Union. Les acteurs qui restent sont ceux qui ont accepté de se professionnaliser.

Pour les utilisateurs, l’avantage est clair. Ils savent désormais où chercher pour vérifier si un prestataire est autorisé. Ils bénéficient de règles communes de transparence et de protection. Le risque de se retrouver face à une société totalement hors radar diminue, même s’il ne disparaît pas complètement.

Les stratégies des pure players face aux banques

Les exchanges et plateformes spécialisées se battent sur deux fronts. D’un côté, elles doivent obtenir les licences nécessaires pour rester légitimes. De l’autre, elles doivent se différencier des banques qui arrivent avec des bases de clients déjà constituées et une image de solidité. BingX et YouHodler illustrent deux approches géographiques différentes pour atteindre le même objectif : le passeport européen.

Les banques, elles, avancent plus lentement mais avec des moyens importants. Elles n’ont pas besoin de convaincre de leur solidité. Elles doivent en revanche apprendre à gérer des actifs volatils et à former leurs équipes. Leur présence dans le registre montre qu’elles ont franchi le premier obstacle réglementaire. Le second, commercial, reste à venir.

Cette concurrence n’est pas forcément frontale. De nombreux spécialistes crypto se positionnent comme partenaires technologiques des banques. YouHodler a d’ailleurs souligné que les institutions financières recherchent des prestataires déjà supervisés. La licence devient alors un argument de vente B2B autant qu’un sésame pour le grand public.

Les limites actuelles du registre

Le registre est un outil précieux, mais il a ses limites. Il ne garantit pas que tous les services listés sont déjà opérationnels. Il ne détaille pas toujours l’étendue exacte des permissions dans chaque pays. Les dates peuvent parfois être incohérentes. Et une disparition comme celle de Penning montre que des corrections ou des erreurs restent possibles.

Les utilisateurs avertis croisent donc toujours les informations du registre européen avec celles publiées par l’autorité nationale concernée. Ils vérifient aussi les conditions générales et les mentions légales des plateformes. Le registre est un point de départ, pas une assurance totale.

Vers une Europe crypto plus mature

L’arrivée de BingX, YouHodler et Openbank dans le même registre symbolise une étape. Le marché européen des crypto-actifs cesse d’être un Far West. Il devient un espace où les pure players et les banques traditionnelles cohabitent sous les mêmes règles. Cette cohabitation n’est pas sans friction, mais elle est le signe d’une maturation.

Les prochains mois diront si les autorisations se traduisent rapidement en offres concrètes pour les clients. Ils diront aussi si d’autres grands noms bancaires suivront l’exemple de Santander. Pour l’instant, le message est clair : la conformité n’est plus optionnelle. Elle est devenue le ticket d’entrée pour opérer durablement en Europe.

Le registre à 375 prestataires n’est qu’une photographie. Il continuera d’évoluer. De nouveaux acteurs arriveront, d’autres disparaîtront ou seront retirés. Ce qui compte, c’est que le cadre existe et qu’il commence à produire ses effets. Les entreprises qui s’y inscrivent aujourd’hui préparent le terrain pour les services de demain. Et les clients, eux, gagnent en clarté et en protection. Dans un secteur qui a longtemps souffert d’opacité, ce progrès n’est pas anodin.

L’Europe a choisi la voie de la régulation ambitieuse. Les acteurs qui acceptent de jouer le jeu obtiennent en échange un accès à un marché de plusieurs centaines de millions de personnes. Ce choix a un coût, mais il ouvre aussi des perspectives. BingX, YouHodler et Openbank viennent de le confirmer en rejoignant officiellement le club des prestataires autorisés. Le prochain chapitre s’écrira dans les mois qui viennent, au rythme des nouvelles inscriptions et des premiers services lancés auprès du grand public.

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