Vous pensiez que Bitcoin restait le roi incontesté des sorties de capitaux ? Surprise : la semaine du 12 au 16 octobre a changé la donne. Les ETF Ethereum américains ont enregistré environ 320,1 millions de dollars de retraits nets, contre 228,4 millions pour leurs homologues Bitcoin. Une différence de près de 92 millions qui marque un tournant dans le comportement des investisseurs institutionnels.
Une semaine de sorties record pour les produits Ethereum
Les chiffres sont clairs et ne laissent place à aucune interprétation optimiste. Selon les données quotidiennes de flux, les produits Ethereum ont terminé quatre des cinq séances de cotation en territoire négatif. Seul le mardi a apporté un peu de répit avec 24,8 millions de dollars d’entrées nettes. Le reste de la semaine a été marqué par des retraits constants et parfois massifs.
Lundi a vu partir 85,4 millions. Mercredi, le chiffre a grimpé à 129,5 millions, le plus gros retrait quotidien de la période. Jeudi a suivi avec 60,3 millions, et vendredi a clôturé sur 69,7 millions de sorties. Le total atteint ainsi 320,1 millions de dollars pour les ETF Ethereum. Face à eux, les ETF Bitcoin ont encaissé 228,4 millions de retraits nets sur la même période.
Ce qui frappe, c’est le contraste dans le rythme. Les produits Bitcoin ont connu deux jours d’entrées nettes : 175,7 millions le mardi et un plus modeste 5,1 millions le jeudi. Le mercredi, en revanche, a été particulièrement violent pour Bitcoin avec 261,4 millions de dollars qui ont quitté les fonds, soit davantage que le total net de la semaine pour cette catégorie. Malgré ces mouvements plus amples, Ethereum a fini en tête des sorties cumulées.
Chiffre clé : sur cinq jours de trading, les retraits combinés Bitcoin et Ethereum ont atteint environ 548,5 millions de dollars. Ethereum a concentré la part la plus lourde.
BlackRock ETHA concentre presque toutes les sorties
Le détail par produit révèle une concentration impressionnante. BlackRock’s iShares Ethereum Trust, mieux connu sous le ticker ETHA, a enregistré à lui seul près de 299 millions de dollars de retraits nets. Cela représente environ 93,4 % du total des sorties de la catégorie Ethereum pour la semaine. Une proportion qui montre à quel point un seul véhicule peut influencer l’ensemble du marché des ETF crypto.
Mercredi, ETHA a perdu 109,8 millions. Jeudi, 44,4 millions supplémentaires sont partis. Vendredi, le fonds a encore cédé 69,7 millions, et ce jour-là, il a concentré la totalité des sorties Ethereum : les autres produits ont affiché des flux nets nuls. Fidelity’s FETH a tenté de résister en attirant 8,1 millions le mardi et 2,4 millions le jeudi. Grayscale’s Ethereum Mini Trust a reçu 16,7 millions le mardi, mais a terminé la semaine en négatif.
Du côté Bitcoin, BlackRock’s IBIT a perdu environ 165,4 millions sur la même période. Fidelity’s FBTC a suivi avec 60,2 millions de sorties. En revanche, le produit Morgan Stanley MSBT a réussi à engranger environ 6,7 millions d’entrées. Ces chiffres montrent que même au sein d’une même catégorie, les flux peuvent diverger selon le gestionnaire et le positionnement du fonds.
Trois semaines consécutives de retraits pour Ethereum
La semaine du 12 au 16 octobre n’est pas un accident isolé. Elle prolonge une série déjà bien engagée. La semaine précédente, du 5 au 9 octobre, les ETF Ethereum avaient déjà perdu environ 542 millions de dollars. En trois semaines se terminant le 16 octobre, le total des sorties Ethereum approche le milliard de dollars. Une séquence rare depuis le lancement des produits au spot.
Bitcoin a suivi un chemin différent. Après avoir subi 679 millions de retraits entre le 5 et le 9 octobre, la semaine suivante a vu les sorties ralentir à 228 millions. Plus tôt, fin septembre, les ETF Bitcoin avaient encore attiré près de 2,4 milliards de dollars en une seule semaine. Ces oscillations rapides rappellent à quel point les flux institutionnels restent volatils et sensibles à l’actualité macroéconomique.
Malgré ces retraits récents, les flux cumulés depuis le lancement restent largement positifs. Les tables au 16 octobre montraient environ 56,95 milliards de dollars d’entrées nettes pour les ETF Bitcoin et 12,97 milliards pour les ETF Ethereum. Ces montants historiques n’effacent pas la pression actuelle, mais ils rappellent que les produits ont déjà absorbé des volumes considérables de capital.
Prix en baisse pendant les retraits : coïncidence ou corrélation ?
Les sorties de fonds se sont produites dans un contexte de prix déjà fragiles. Bitcoin a brièvement glissé sous les 80 000 dollars avant de se reprendre. Le 18 octobre, il évoluait autour de 81 238 dollars, dans une fourchette journalière comprise entre 80 823 et 82 178 dollars. Ethereum se situait près de 2 386 dollars, après avoir approché les 2 300 dollars pendant la baisse de la semaine.
L’actualité macroéconomique a joué un rôle visible. Le mercredi, jour où les ETF Bitcoin ont enregistré leur plus gros retrait quotidien, les données d’inflation américaine sont tombées plus élevées que prévu. L’indice des prix à la consommation de septembre a affiché une hausse annuelle de 3,7 %, contre une anticipation de 3,6 %. Ce chiffre a immédiatement pesé sur les marchés risqués, y compris les cryptomonnaies.
Les liquidations sur le marché des dérivés ont amplifié le mouvement. Un rapport a identifié 106 millions de dollars de liquidations de positions longues sur Ethereum en une seule heure après la publication de l’inflation. Ces liquidations concernent les contrats à effet de levier et ne doivent pas être confondues avec les flux des ETF au spot. Elles illustrent cependant la nervosité générale qui a accompagné les retraits institutionnels.
À retenir
- Les flux ETF mesurent les créations et rachats de parts
- La valeur de marché des actifs peut baisser sans retraits équivalents
- Les liquidations de dérivés agissent sur un circuit séparé
Pourquoi Ethereum a plus souffert que Bitcoin cette semaine
Plusieurs éléments expliquent la surperformance négative d’Ethereum. D’abord, la concentration extrême des sorties sur ETHA. Lorsqu’un produit de cette taille voit partir près de 300 millions en cinq jours, l’impact sur le total de la catégorie est automatiquement massif. Ensuite, le sentiment autour d’Ethereum reste plus fragile que celui de Bitcoin dans certaines phases de marché. Les investisseurs institutionnels semblent encore privilégier Bitcoin comme valeur refuge relative au sein de l’univers crypto.
Le calendrier a aussi joué. Après une semaine précédente déjà très négative pour les deux catégories, le marché a continué de digérer les positions. Les ETF Ethereum, plus récents et avec un historique de flux moins profond, ont montré une sensibilité plus forte aux retraits. Bitcoin, disposant d’une base d’actifs sous gestion plus large et d’une liquidité supérieure, a absorbé une partie des chocs avec moins de conséquence relative sur le total hebdomadaire.
Il faut aussi noter que les entrées ponctuelles sur Bitcoin, notamment le mardi, ont permis de limiter les dégâts. Ethereum n’a bénéficié que d’une seule journée positive, et de faible amplitude. Cette asymétrie dans la capacité à attirer du capital frais pendant une période de stress explique en grande partie l’écart de 92 millions entre les deux catégories.
Ce que révèlent les flux sur le comportement institutionnel
Les ETF au spot sont devenus un baromètre précieux de l’appétit institutionnel. Les retraits de la mi-octobre montrent que les investisseurs professionnels restent extrêmement réactifs aux données macroéconomiques. Une simple surprise d’inflation de 0,1 point a suffi à déclencher des mouvements de plusieurs centaines de millions de dollars en quelques heures.
La dominance de BlackRock dans les deux univers, Bitcoin et Ethereum, confirme également le rôle central joué par les grands gestionnaires d’actifs. Lorsque ETHA ou IBIT bougent, le marché entier suit. Les produits plus petits, même lorsqu’ils affichent des flux positifs, peinent à compenser les mouvements des géants. Cette structure de marché concentre le pouvoir de décision entre un nombre réduit d’acteurs.
Par ailleurs, les flux cumulés depuis le lancement restent un rappel important. Malgré les semaines difficiles, les ETF Bitcoin et Ethereum ont déjà capté des dizaines de milliards de dollars. Les sorties actuelles, même massives à l’échelle hebdomadaire, restent modestes face à ces montants historiques. Elles n’annulent pas l’intérêt de long terme, mais elles soulignent la volatilité des flux à court terme.
Perspectives pour les prochaines semaines
La question qui se pose désormais est simple : la série de retraits d’Ethereum va-t-elle se prolonger ? Trois semaines consécutives de sorties créent une dynamique négative qui peut s’auto-entretenir. Les investisseurs surveillent de près les prochaines publications économiques américaines et les décisions de la Réserve fédérale. Toute nouvelle surprise sur l’inflation ou l’emploi pourrait relancer les sorties.
Bitcoin, de son côté, a montré une capacité relative à rebondir avec des jours d’entrées nettes. Si cette résilience se confirme, l’écart de performance entre les deux catégories pourrait se maintenir. Ethereum reste toutefois capable de rebondir rapidement dès que le sentiment de marché s’améliore, comme on l’a vu à plusieurs reprises depuis le lancement des ETF.
Les prochains jours de cotation seront déterminants. Les flux de vendredi, entièrement concentrés sur ETHA, montrent que les autres produits ont déjà atteint un niveau de stabilité relative. Si BlackRock parvient à freiner les retraits, le total hebdomadaire Ethereum pourrait s’améliorer nettement. À l’inverse, une nouvelle vague de sorties sur ETHA entraînerait probablement un quatrième week négatif d’affilée.
Les leçons à tirer pour les investisseurs
Ces mouvements de flux rappellent plusieurs vérités essentielles. Premièrement, les ETF crypto au spot sont des produits liquides et réactifs. Les sorties peuvent s’accélérer très vite en cas de stress macroéconomique. Deuxièmement, la concentration des actifs sous gestion chez un petit nombre de gestionnaires amplifie les effets de chaque décision d’allocation. Troisièmement, les prix des actifs sous-jacents et les flux des ETF évoluent souvent ensemble, sans qu’il soit toujours possible d’établir une causalité claire.
Pour les investisseurs particuliers qui suivent ces produits, la leçon principale reste la prudence. Les semaines de sorties massives ne signifient pas forcément que le marché est cassé. Elles indiquent simplement que le capital institutionnel se repositionne rapidement. Les flux cumulés depuis le lancement montrent que l’appétit de long terme existe toujours. Les phases de retrait font partie du cycle normal de ces nouveaux instruments financiers.
Enfin, la différence de comportement entre Bitcoin et Ethereum cette semaine illustre que les deux actifs, bien que corrélés, ne sont pas parfaitement interchangeables aux yeux des investisseurs professionnels. Bitcoin conserve un statut de référence plus solide dans les moments de stress. Ethereum, plus sensible aux flux et à la concentration des produits, peut connaître des phases de sous-performance plus marquées.
Les ETF Ethereum ont perdu 320 millions de dollars la semaine dernière, surpassant les sorties Bitcoin. BlackRock ETHA a concentré l’essentiel du mouvement. Les prix ont cédé du terrain sous la pression de l’inflation et des liquidations. La série de trois semaines négatives pour Ethereum reste à surveiller de près dans les jours qui viennent.
Le marché des ETF crypto continue d’évoluer à grande vitesse. Chaque semaine apporte son lot de surprises dans les flux. La dominance d’Ethereum dans les sorties de mi-octobre marque un épisode notable, mais elle s’inscrit dans une histoire plus large de rotation de capital et d’ajustement aux conditions macroéconomiques. Les prochaines publications de données économiques et les décisions monétaires dirigeront sans doute le tempo des flux dans les semaines à venir.
En attendant, les chiffres restent sans appel : pour la première fois depuis longtemps, les ETF Ethereum ont perdu davantage d’argent que leurs homologues Bitcoin sur une semaine complète. Une réalité que les investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, ne peuvent plus ignorer.









