Imaginez-vous devoir enchaîner trente plans par jour par moins trente degrés, avec un budget dix fois inférieur à celui des productions hollywoodiennes, et pourtant réussir à sortir une comédie familiale pleine d’énergie. C’est exactement ce qu’a vécu Reem Kherici lors de la réalisation de Chien et Chat. Ce soir, dimanche 18 octobre 2026, le film arrive pour la première fois en clair sur TF1 en prime time, et derrière les rires se cache une aventure de tournage digne d’un véritable challenge extrême.
Un film comique né d’une passion pour les grands espaces
Sorti au cinéma en 2024, Chien et Chat marque le troisième long-métrage de Reem Kherici en tant que réalisatrice. Porté par un trio d’acteurs très attachants – Franck Dubosc, Reem Kherici elle-même et Philippe Lacheau – le récit suit Jack, un voleur interprété par Franck Dubosc, dont le chien a avalé un précieux rubis juste avant un départ à l’aéroport. Sur place, il croise Monica, incarnée par Reem Kherici, maîtresse de Diva, une chatte star des réseaux sociaux. La compagnie aérienne les oblige à placer leurs animaux en soute. Mais une fois en vol, les deux compagnons à quatre pattes s’échappent. Commence alors un road trip effréné entre Montréal et New York pour récupérer ces animaux devenus introuvables.
L’histoire mêle course contre la montre, quiproquos et confrontations entre deux univers que tout oppose. D’un côté le monde un peu marginal du voleur, de l’autre celui plus glamour de la star internet et de son animal médiatique. Le résultat est une comédie dynamique qui joue sur le contraste et l’énergie des personnages humains autant que sur celle de leurs compagnons numériques.
Pourquoi le Canada a-t-il été choisi pour le tournage ?
Le choix de filmer au Canada n’est pas anodin. Reem Kherici a vécu en alternance dans ce pays pendant quatre années. Elle a été profondément marquée par la beauté des paysages hivernaux. Elle raconte avoir traversé un lac gelé en motoneige et avoir ressenti cette expérience comme un travelling de cinéma. Cette émotion l’a poussée à vouloir capturer ces images grandioses à l’écran. Les décors canadiens offrent ainsi une dimension visuelle spectaculaire qui contraste avec le rythme comique de l’intrigue.
Pourtant, cette décision artistique s’est transformée en véritable épreuve physique. Les températures extrêmes, parfois descendues à moins trente degrés, ont imposé des conditions de travail redoutables à toute l’équipe. Chaque journée de tournage devenait une lutte contre le froid autant qu’un défi créatif.
Un budget limité face aux standards américains
Reem Kherici n’a jamais caché la réalité économique du projet. « Vous savez, nous avons fait ce film avec un gros budget mais 10 fois moins important que les productions américaines du genre. Là où il y a 300 animateurs 3D aux États-Unis, nous nous étions 30 », a-t-elle confié. Cette différence de moyens a obligé l’équipe à faire preuve d’une inventivité constante.
Sur le tournage, le calendrier a été particulièrement serré. « Sur le tournage, je n’ai pas eu 80 jours mais 34 pour tout mettre en boîte, avec des journées où il fallait faire 30 plans par -30 degrés », précise la réalisatrice. Trente-quatre jours seulement pour un film mêlant live et animation, c’est un défi logistique immense. Chaque plan devait être préparé avec une précision chirurgicale.
« Chacun d’entre nous avons assuré plusieurs postes à la fois pour que les choses rentrent dans le budget, en nous adaptant aussi aux conditions météo. C’était très artisanal pour une production de cette dimension… »
— Reem Kherici
Cette approche artisanale a forcé tout le monde à multiplier les casquettes. Les techniciens, les comédiens et la réalisatrice ont dû s’adapter en permanence aux aléas climatiques et aux contraintes de temps. Loin des grandes machines hollywoodiennes, le film a été construit avec une énergie collective et une solidité d’équipe rare.
Des animaux entièrement conçus en images de synthèse
L’un des choix techniques les plus marquants de Chien et Chat concerne les deux animaux principaux. Ni le chien de Jack ni la chatte Diva n’ont été interprétés par de véritables animaux dressés. Ils ont été entièrement créés en 3D. Cette décision a permis une liberté narrative totale, notamment dans les scènes d’évasion et de course-poursuite impossibles à réaliser avec des animaux réels.
Pour faciliter le jeu des acteurs face à ces personnages invisibles sur le plateau, l’équipe a mis au point des « doublures lumière ». Il s’agissait de peluches à taille réelle et de boudins verts destinés à l’incrustation en postproduction. Ces repères physiques aidaient les comédiens à regarder au bon endroit, à doser leurs gestes et à créer une interaction crédible avec des créatures qui n’existeraient réellement qu’en postproduction.
Ce processus demande une grande concentration de la part des acteurs. Franck Dubosc et Reem Kherici ont dû interagir avec des objets immobiles tout en projetant l’énergie et la complicité nécessaires pour que le public croie immédiatement à la présence des animaux. Le résultat final prouve que cette technique, bien maîtrisée, peut créer une illusion très convaincante.
Une réalisatrice qui assume plusieurs rôles
Reem Kherici n’est pas seulement derrière la caméra. Elle interprète également Monica, l’une des deux protagonistes. Ce double rôle de réalisatrice et d’actrice ajoute une couche de complexité. Diriger une équipe dans des conditions extrêmes tout en interprétant un personnage exige une énergie considérable et une capacité d’organisation hors norme.
Son expérience précédente en tant que réalisatrice lui a sans doute servi. Pourtant, chaque projet apporte son lot de surprises. Ici, le climat canadien et les contraintes budgétaires ont transformé le plateau en véritable école de survie artistique. L’équipe a dû faire preuve d’une adaptabilité permanente, repensant parfois les plans à la dernière minute selon la météo du jour.
Le duo Franck Dubosc et Philippe Lacheau
Franck Dubosc incarne Jack avec son sens de la comédie bien connu du public français. Son personnage de voleur maladroit mais attachant apporte une dimension humaine et humoristique essentielle. Philippe Lacheau, de son côté, complète le casting avec sa présence énergique habituelle. Ensemble, ils forment un trio dynamique avec Reem Kherici qui donne au film son rythme et sa chaleur.
La complicité entre les acteurs se ressent à l’écran. Malgré les conditions difficiles, l’esprit d’équipe a permis de garder une atmosphère légère et créative sur le plateau. C’est souvent dans ces moments de contrainte que naissent les meilleures improvisations et les échanges les plus spontanés.
Un road trip entre Montréal et New York
L’intrigue se déroule essentiellement sur la route reliant Montréal à New York. Ce trajet devient le terrain de jeu idéal pour une succession de situations comiques et de retournements de situation. Les paysages changeants, du froid intense du Québec aux atmosphères plus urbaines, offrent une variété visuelle bienvenue.
Le thème du road trip permet également d’explorer la relation entre les deux personnages humains. Au départ opposés, Jack et Monica se découvrent progressivement. Leur quête commune pour récupérer leurs animaux respectifs force une cohabitation forcée pleine de rebondissements. C’est un classique de la comédie qui fonctionne particulièrement bien ici grâce à l’énergie des interprètes.
La dimension familiale et l’humour accessible
Chien et Chat s’adresse clairement à un public large. Les scènes d’animaux en 3D, les situations absurdes et les dialogues vifs en font un divertissement familial idéal pour une soirée télévisée. Le film ne cherche pas la complexité narrative extrême mais privilégie le rythme, les gags visuels et l’attachement aux personnages.
Cette approche accessible n’empêche pas le film de proposer une certaine fraîcheur. L’utilisation d’animaux entièrement numériques permet des scènes impossibles en prise de vues réelle, tout en conservant une dimension émotionnelle. Le public peut s’attacher à ces créatures numériques comme s’il s’agissait de véritables compagnons.
Les défis techniques de l’intégration 3D
Intégrer des personnages en images de synthèse dans des plans réels filmés dans des conditions climatiques extrêmes n’est jamais simple. La lumière, la neige, le vent et les reflets doivent correspondre parfaitement entre le live et l’animation. L’équipe d’animation, bien que réduite à une trentaine de personnes, a dû travailler avec une précision extrême pour que l’illusion tienne.
Les « doublures lumière » ont joué un rôle crucial. Elles permettaient non seulement aux acteurs de trouver leurs marques, mais aussi aux techniciens de la lumière de préparer correctement les éclairages. Une peluche placée au bon endroit donnait des indications précieuses sur les ombres et les reflets à anticiper en postproduction.
Ce travail minutieux, réalisé avec des moyens limités, montre la capacité de l’industrie française à produire des films ambitieux malgré des budgets bien inférieurs à ceux des studios américains. L’artisanat et l’ingéniosité compensent ici le manque de moyens purement quantitatifs.
Une diffusion attendue sur TF1
La diffusion en prime time sur TF1 ce dimanche 18 octobre 2026 marque une étape importante pour le film. Après sa sortie en salles en 2024, il arrive désormais en clair devant un public potentiellement beaucoup plus large. Les comédies familiales fonctionnent traditionnellement bien en soirée dominicale, et Chien et Chat possède tous les atouts pour séduire les familles réunies devant le petit écran.
Le choix de cette case horaire confirme la confiance de la chaîne dans le potentiel du film. Avec Franck Dubosc, Reem Kherici et Philippe Lacheau, le casting est déjà un argument de poids auprès du public français. L’humour accessible et les scènes d’animaux numériques devraient compléter l’attrait.
Le regard de la réalisatrice sur son propre parcours
Reem Kherici a toujours revendiqué une approche personnelle de la réalisation. Ses films précédents montraient déjà une sensibilité particulière aux relations humaines et un goût pour les situations comiques ancrées dans le réel. Avec Chien et Chat, elle ajoute une dimension technique plus ambitieuse tout en conservant cette humanité.
Le fait d’avoir vécu au Canada a clairement nourri son désir de filmer ces paysages. Il y a quelque chose de très intime dans cette décision de retourner dans un pays qui l’a marquée pour y tourner une comédie. Cette dimension personnelle se ressent dans le soin apporté aux décors et dans la volonté de capturer la beauté brute de l’hiver canadien.
Ce que le film révèle de l’industrie française
Au-delà de l’anecdote du tournage difficile, Chien et Chat illustre parfaitement la réalité de nombreuses productions françaises. Faire un film ambitieux avec des moyens limités demande une créativité et une solidité d’équipe exceptionnelles. Là où les studios américains peuvent s’appuyer sur des armées de techniciens et des délais confortables, les équipes françaises doivent souvent inventer des solutions ingénieuses.
Le recours à l’animation 3D pour les animaux principaux est un exemple parfait de cette ingéniosité. Plutôt que de renoncer à certaines scènes trop complexes ou trop risquées avec des animaux réels, l’équipe a choisi une solution numérique qui ouvre de nouvelles possibilités narratives tout en respectant le budget.
Cette approche artisanale, loin d’être un handicap, devient une force. Elle oblige à aller à l’essentiel, à prioriser et à maintenir une cohésion d’équipe forte. Les témoignages de Reem Kherici sur le tournage montrent clairement que cette expérience a été éprouvante, mais aussi extrêmement formatrice.
Les moments clés de l’intrigue à ne pas manquer
Sans spoiler les rebondissements, plusieurs séquences méritent une attention particulière. L’évasion des animaux depuis le chariot à bagages de l’aéroport pose immédiatement le ton : on est dans une comédie d’aventure où tout peut arriver. La poursuite qui s’ensuit sur les routes enneigées entre Montréal et New York multiplie les situations cocasses.
La relation entre Jack et Monica évolue de façon progressive et crédible. Leur opposition initiale laisse place à une collaboration forcée qui génère de nombreux quiproquos. Les scènes où les deux personnages doivent interagir avec leurs animaux numériques sont particulièrement réussies grâce au travail des acteurs face aux doublures.
Le film joue également sur le contraste entre le monde du vol et celui des stars des réseaux sociaux. Diva, la chatte internet, symbolise un univers médiatique contemporain tandis que le chien de Jack appartient à un univers plus marginal. Ce choc des cultures apporte une dimension supplémentaire à l’humour.
Pourquoi ce film mérite d’être (re)découvert ce soir
Au-delà de l’aspect divertissant, Chien et Chat représente un bel exemple de cinéma français qui assume ses contraintes et les transforme en atouts. Le froid extrême, le calendrier ultra-serré et le budget limité n’ont pas empêché Reem Kherici de livrer une comédie énergique et généreuse.
Pour les spectateurs qui n’ont pas vu le film en salles, cette diffusion sur TF1 offre une excellente opportunité. Pour ceux qui l’ont déjà découvert, revoir le film en connaissant désormais les conditions de tournage apporte une nouvelle dimension. Chaque plan filmé dans le froid, chaque interaction avec une peluche verte prend un sens différent.
La présence de Franck Dubosc, fidèle à son style comique, et de Philippe Lacheau, garantit un niveau d’énergie constant. Reem Kherici, quant à elle, prouve une nouvelle fois sa capacité à porter un projet à la fois en tant que réalisatrice et en tant qu’actrice.
Un tournage qui restera dans les mémoires
Il y a des tournages que l’on oublie et d’autres qui marquent une carrière. Celui de Chien et Chat appartient clairement à la deuxième catégorie pour Reem Kherici et son équipe. Trente-quatre jours, des températures glaciales, une équipe réduite multipliant les fonctions, et pourtant un film abouti qui arrive aujourd’hui sur le petit écran.
Cette histoire de production difficile rappelle que derrière chaque film se cache souvent une aventure humaine bien plus complexe que ce que le public imagine. Les rires à l’écran sont parfois nés de conditions qui, sur le moment, n’avaient rien de drôle. Le froid, la fatigue, la pression du temps : tout cela a façonné le résultat final.
En regardant Chien et Chat ce soir sur TF1, on peut désormais apprécier non seulement l’histoire et les performances, mais aussi le parcours semé d’embûches qui a permis au film d’exister. Une belle leçon de persévérance et de créativité dans un cinéma qui, malgré les contraintes, continue de surprendre et de divertir.
Le road trip de Jack et Monica entre Montréal et New York n’est finalement qu’un écho du véritable périple vécu par l’équipe de tournage. Un périple glacial, intense, mais visiblement passionnant. Et c’est peut-être cela, plus que tout, qui donne au film sa vitalité : cette énergie collective née de l’adversité et transformée en divertissement généreux pour le public.
Alors ce soir, installé confortablement au chaud devant votre télévision, n’hésitez pas à penser un instant aux conditions dans lesquelles certaines scènes ont été tournées. Cela rendra sans doute les éclats de rire encore plus savoureux, et le regard porté sur ce film un peu plus admiratif. Chien et Chat n’est pas seulement une comédie réussie : c’est aussi le fruit d’un vrai combat artistique mené avec détermination et inventivité.









