Et si la deuxième hausse de taux de l’année n’arrivait pas en octobre, mais seulement en décembre, voire pas du tout ? C’est précisément le scénario que Goldman Sachs vient d’adopter, après une publication d’inflation plus douce que prévu et des propos prudents de plusieurs responsables de la Réserve fédérale. Pour les marchés, pour l’emploi américain et pour les investisseurs en Bitcoin, ce décalage n’est pas un détail de calendrier : il change le rythme auquel l’argent devient plus cher.
Pourquoi Goldman Sachs recule sa deuxième hausse Fed
Le 30 septembre, les chiffres d’inflation sous-jacente mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelle, le fameux core PCE, ont modifié la lecture des économistes. En août, cette mesure a progressé de 0,25 % sur un mois et de 3,01 % sur un an. Les deux lectures se situent sous les attentes. Ce n’est pas un effondrement des prix. C’est un écart suffisant pour faire basculer une prévision de politique monétaire.
Jusqu’ici, la banque d’affaires maintenait l’idée d’un nouveau resserrement dès octobre. Elle bascule désormais vers décembre. Elle conserve cette hausse dans son scénario central, tout en admettant qu’il existe une chance réelle que le comité de politique monétaire juge un nouveau geste inutile. En d’autres termes : le calendrier se dilate, et l’incertitude augmente.
Ce mouvement n’arrive pas dans le vide. Mi-septembre, la Fed avait déjà relevé ses taux de 25 points de base, portant la fourchette cible à 3,75 %–4 %. C’était la première hausse depuis juillet 2023. Le vote avait été unanime. Les projections montraient alors qu’une large majorité des participants anticipait au moins un autre quart de point avant la fin de l’année. Le scénario médian plaçait les taux à 4 %–4,25 % fin 2026 comme fin 2027.
À retenir en une phrase. L’inflation sous-jacente d’août est assez basse pour faire reculer le calendrier, mais pas assez basse pour déclarer la victoire sur les prix.
Une inflation plus faible que le scénario officiel
Goldman Sachs table désormais sur une inflation core PCE de 3 % au quatrième trimestre, comparée au même trimestre de 2025. Ce chiffre se situe 0,4 point sous la médiane des prévisions des responsables de la Fed, établie à 3,4 %. L’écart paraît petit. En politique monétaire, 0,4 point peut décider d’une réunion entière.
Une partie de la baisse annuelle s’explique par des ajustements méthodologiques, notamment une révision du composant de gestion de portefeuille. Ce détail technique mérite d’être rappelé : tous les mouvements d’inflation ne racontent pas la même histoire de magasin ou de loyer. Certains viennent de la façon dont on mesure un service financier. Les banquiers centraux le savent. Les marchés, parfois, l’oublient trop vite.
La croissance, elle, envoie un signal mixte. La croissance du deuxième trimestre a été révisée en hausse de 0,7 point, à un rythme annualisé de 2,2 %, grâce à une consommation et un investissement plus solides. Dans le même temps, le suivi du troisième trimestre a été abaissé de 0,1 point, à 3,3 %, après un déficit commercial de biens plus large que prévu. L’économie n’est pas en train de s’effondrer. Elle n’est pas non plus assez froide pour que la Fed range définitivement ses outils.
Le revirement par rapport à septembre
Plus tôt dans le mois, Goldman Sachs avait fait exactement l’inverse. Après l’indice des prix à la consommation d’août, la banque avait défendu une hausse en septembre, alors qu’elle anticipait auparavant un statu quo. Selon ses économistes, ce rapport n’avait presque pas modifié leur diagnostic d’inflation sous-jacente. Ils avaient relevé leur estimation mensuelle de core PCE à 0,26 %. Les contrats à terme donnaient alors environ 87 % de chances à une hausse en septembre.
À l’époque, un autre argument pesait lourd : laisser les taux inchangés alors que les investisseurs avaient déjà intégré une hausse risquait de provoquer une réaction brutale. C’est un rappel utile. La Fed ne décide pas seulement en fonction des prix et de l’emploi. Elle décide aussi en fonction de ce que les marchés ont déjà payé d’avance.
Le 16 septembre, le comité a donc relevé les taux. Dans son communiqué, il a décrit une inflation encore élevée, une demande intérieure résiliente, une productivité forte et un investissement en capital dynamique. Rien dans ce langage n’annonçait une pause immédiate. Pourtant, quinze jours plus tard, le calendrier de la deuxième hausse commence à glisser.
Williams veut attendre, Barr veut encore serrer
Le débat interne, ou du moins le débat public entre responsables, est devenu plus lisible. John Williams, président de la Fed de New York, a estimé qu’il n’y avait « aucune urgence » à enchaîner dès octobre sur le geste de septembre. Son scénario de base restait toutefois une hausse supplémentaire cette année. Il plaidait pour plus de données, pas pour l’abandon de l’outil.
Michael Barr, de son côté, a tenu un discours plus hawkish. Il a jugé que les risques d’inflation avaient augmenté, tandis que les risques pour l’emploi s’étaient atténués. Il a cité le coût de l’énergie, l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient et la demande liée à l’investissement dans l’intelligence artificielle. Sur vingt mois, il n’en a compté que deux compatibles avec une inflation core PCE à 2 %. Selon lui, le chemin vers la cible n’est pas encore clair.
Dans mon scénario de base, d’autres ajustements de politique seront probablement nécessaires pour que l’inflation redescende vers la cible en temps voulu.
Barr a aussi décrit un marché du travail encore solide : chômage à 4,1 %, créations d’emplois autour de 80 000 par mois en moyenne cette année. Ce n’est pas un marché en surchauffe extrême. Ce n’est pas non plus un marché qui impose, à lui seul, un arrêt immédiat du resserrement.
Le même jour, les probabilités de hausse d’un quart de point en octobre, telles que les suivaient les marchés à terme, sont passées d’environ 70,9 % en début de semaine à 49,3 % dans l’après-midi. Après la publication du 30 septembre, ces mêmes marchés donnaient à peu près une chance sur trois à un geste en octobre, tout en continuant d’anticiper une hausse d’ici décembre.
Ce que change réellement un report d’octobre à décembre
Deux mois, en apparence, ce n’est rien. En pratique, c’est une fenêtre de données. Entre octobre et décembre, la Fed verra plusieurs publications d’inflation, au moins un rapport d’emploi supplémentaire, et l’évolution des prix de l’énergie. Elle verra aussi si la demande intérieure tient, si l’immobilier continue de souffrir, si l’automobile plie sous le coût du crédit.
Robert Kaplan, ancien président de la Fed de Dallas, a résumé une lecture de marché : les investisseurs pourraient avoir trop anticipé le resserrement. Il préférait attendre décembre, sauf si les données d’inflation justifiaient un geste plus tôt. Il soulignait que le logement et l’automobile étaient déjà sous pression, alors même que les dépenses d’infrastructure liées à l’intelligence artificielle et à la défense restaient vigoureuses.
Kay Haigh, responsable de la dette chez Goldman Sachs Asset Management, avait de son côté indiqué qu’une hausse en décembre constituait le scénario de base de son équipe, sous réserve des rapports d’inflation et des prix de l’énergie. Le message des deux côtés du même univers Goldman n’est pas identique au mot près, mais il converge vers la même idée : décembre est devenu le rendez-vous, pas octobre.
| Élément | Lecture actuelle |
|---|---|
| Fourchette de taux après septembre | 3,75 % – 4 % |
| Core PCE août | +0,25 % / +3,01 % sur un an |
| Prévision Goldman T4 | 3 % de core PCE |
| Médiane Fed | 3,4 % de core PCE |
| Prochain catalyseur | Emploi de septembre, le 2 octobre |
Le rapport emploi du 2 octobre, premier juge de paix
Le calendrier officiel place la publication de la situation de l’emploi de septembre au vendredi 2 octobre, à 8 h 30, heure de l’Est. C’est le premier grand test après le recul de prévision de Goldman Sachs. Un rapport trop fort relancerait l’idée d’octobre. Un rapport trop faible renforcerait le camp de la patience. Un rapport « dans la moyenne » laisserait le débat intact jusqu’aux prochaines données de prix.
Le marché du travail américain n’est plus celui de 2022. Les créations d’emplois ont ralenti. Le chômage reste bas. Cette combinaison est inconfortable pour une banque centrale : elle n’offre ni la justification d’une pause définitive, ni celle d’un cycle agressif. Elle impose de lire les détails, pas seulement le titre du communiqué.
Les heures travaillées, les révisions des mois précédents, le salaire horaire et le taux de participation diront davantage que le seul chiffre des créations nettes. C’est dans ces recoins que se joue souvent la prochaine décision. Les investisseurs qui ne regardent que le chiffre principal se font régulièrement surprendre.
Pourquoi l’énergie et le Moyen-Orient restent dans l’équation
Barr n’a pas cité l’énergie par hasard. Un choc pétrolier peut réveiller l’inflation globale plus vite qu’un marché du travail tiède ne la calme. Fin septembre, le WTI a été vu au-dessus de 93 dollars durant une séance, alors que les opérateurs évaluaient des négociations entre Washington et Téhéran. Ce n’est pas une prévision de guerre. C’est un rappel que le prix du baril peut encore bousculer le récit de désinflation.
L’intelligence artificielle joue un rôle inverse et complémentaire. Elle soutient l’investissement, la demande d’électricité, les dépenses d’équipement. Elle rend l’économie plus résistante au resserrement monétaire dans certains secteurs, tout en laissant d’autres, comme l’habitat, déjà fragilisés. Une politique unique pour deux Amériques économiques : celle qui construit des centres de données, et celle qui achète une maison à crédit.
C’est précisément pour cela qu’un report à décembre a du sens opérationnel. Il laisse le temps de voir si le pétrole redescend, si l’investissement technologique continue de compenser le ralentissement du crédit aux ménages, si l’inflation des services tient ou cède.
Ce que cela signifie pour les marchés financiers
Un report de hausse, même s’il n’annule pas le resserrement, change le prix de l’argent à court terme. Les taux courts anticipés reculent. Les actifs sensibles à la duration reprennent de l’air. Les actions de croissance respirent. Les obligations déjà en circulation voient leur valorisation se réajuster. Rien de tout cela n’est automatique. Tout dépend de la raison du report : une inflation plus basse est accueillie autrement qu’une croissance qui casse.
Ici, le signal est hybride. L’inflation sous-jacente est un peu plus basse. La croissance du deuxième trimestre a été révisée en hausse. Le suivi du troisième trimestre a été un peu abaissé. Les marchés n’ont donc pas un récit unique à acheter. Ils ont un récit de patience conditionnelle.
Cette patience conditionnelle est plus difficile à trader qu’une hausse certaine ou qu’une pause certaine. Elle favorise les allers-retours. Elle punit les positions trop concentrées sur une seule réunion. Elle récompense ceux qui regardent la trajectoire de fin d’année plutôt que le seul mois d’octobre.
Bitcoin, ETF et le coût d’une nouvelle hausse
Pour les investisseurs américains en cryptoactifs, septembre a déjà fourni un contrepoint intéressant. Entre le 21 et le 25 septembre, les ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis ont enregistré 2,39 milliards de dollars d’entrées nettes. Chaque séance a été positive. Le fonds de BlackRock, IBIT, a représenté environ 1,16 milliard. La demande institutionnelle n’a pas disparu pendant le débat sur les taux.
Pourtant, le prix du Bitcoin est passé sous les 84 000 dollars le 28 septembre, après un plus haut sur sept jours au-dessus de 87 000 dollars. Les flux et le prix n’ont pas raconté la même histoire au même moment. C’est fréquent sur un actif où se mêlent liquidité mondiale, géopolitique, pétrole et anticipations de politique monétaire.
Un analyste a d’ailleurs estimé qu’une nouvelle hausse de la Fed représentait, pour Bitcoin, un risque plus immédiat qu’un report réglementaire sur un texte de clarté du marché. Le message est simple : le coût du dollar pèse souvent plus vite que le calendrier législatif. Si Goldman Sachs a raison et que la deuxième hausse glisse à décembre, le marché crypto gagne une fenêtre. Cette fenêtre n’est pas une garantie de hausse. C’est un répit sur le taux d’actualisation.
Les flux d’ETF restent un thermomètre utile, pas un oracle. Des souscriptions massives peuvent coexister avec une baisse de prix si d’autres acteurs vendent au comptant, si le pétrole grimpe, si le dollar se tend, si un choc géopolitique comprime l’appétit pour le risque. Lire uniquement les ETF, c’est lire uniquement une partie du carnet d’ordres.
Comment lire le langage de la Fed sans se laisser piéger
Les communiqués de la banque centrale aiment les mots lisses : inflation élevée, demande résiliente, productivité forte. Derrière ces formules, le comité arbitre entre deux peurs. La première est de laisser les prix s’installer au-dessus de 2 %. La seconde est de casser trop tard une économie déjà sensible au crédit. Williams insiste sur l’absence d’urgence. Barr insiste sur l’absence de chemin clair vers la cible. Les deux peuvent avoir raison en même temps, sur des horizons différents.
Le vote unanime de septembre ne doit pas être surinterprété. L’unanimité dit qu’au moment de la réunion, personne n’a voulu s’opposer au premier geste depuis 2023. Elle ne dit pas que tout le monde voulait enchaîner en octobre. Les minutes, les discours et les données feront le vrai travail de clarification.
Les projections de septembre montraient 16 participants sur 18 favorables à au moins une hausse supplémentaire d’ici la fin de l’année. Ces points sont des opinions datées, pas des engagements. Ils bougent quand l’inflation bouge. Goldman Sachs vient précisément de parier que ce nuage de points se décalera vers décembre, ou s’éclaircira sans nouveau geste.
Les limites du diagnostic de 3 %
Une prévision de 3 % de core PCE au quatrième trimestre n’est pas la cible. La cible reste 2 %. Trois pour cent, c’est mieux que 3,4 %. Ce n’est pas la victoire. C’est une zone grise où la Fed peut justifier aussi bien une pause qu’un dernier quart de point « d’assurance ».
Les changements méthodologiques compliquent encore la lecture. Si une part de la baisse annuelle vient d’une révision de la gestion de portefeuille, alors le signal cyclique est plus faible qu’il n’y paraît. Les banquiers centraux regarderont alors davantage les loyers, les services hors logement, les salaires et les anticipations des ménages.
C’est pourquoi le report de Goldman Sachs n’équivaut pas à un appel à l’euphorie. La banque laisse la hausse de décembre dans son scénario. Elle dit seulement que la probabilité d’un statu quo durable a augmenté. Distinguer ces deux phrases évite bien des erreurs de positionnement.
Logement, automobile et le crédit déjà plus cher
Kaplan a mis le doigt sur un point souvent négligé dans les débats abstraits sur les points de base : certains secteurs ont déjà absorbé le choc. Le logement américain réagit avec retard aux taux. L’automobile aussi, via les crédits et les locations. Quand ces secteurs souffrent, la Fed n’a pas besoin d’attendre que le chômage explose pour comprendre que la politique monétaire travaille.
À l’opposé, l’investissement lié à l’IA et à la défense peut masquer cette souffrance dans les agrégats de croissance. Une économie à deux vitesses rend le pilotage plus difficile. Elle explique aussi pourquoi des responsables peuvent décrire à la fois une activité résiliente et des poches de tension. Les deux descriptions sont compatibles.
Pour un ménage, le débat octobre contre décembre se traduit concrètement par le coût d’un crédit immobilier, d’un refinancement, d’une voiture. Pour une entreprise, il se traduit par le coût d’un financement de stock ou d’un emprunt obligataire. Le calendrier de la Fed n’est pas un sport de salle de marché. C’est une variable du budget quotidien.
Ce que les investisseurs peuvent surveiller maintenant
Le plus utile n’est pas de jurer qu’octobre est mort. Le plus utile est de suivre une courte liste d’indicateurs qui feront basculer décembre.
Premier indicateur : le rapport emploi du 2 octobre, puis ceux qui suivront. Deuxième : les prochaines publications d’inflation, PCE comme IPC, en distinguant bien l’effet des révisions méthodologiques. Troisième : le pétrole et les tensions au Moyen-Orient. Quatrième : les flux vers les ETF Bitcoin et, plus largement, l’appétit pour le risque. Cinquième : le langage des responsables, surtout s’il cesse d’opposer « pas d’urgence » et « nouveaux ajustements nécessaires ».
Tant que ces cinq fils restent divergents, le scénario central restera celui d’une hausse possible en décembre, avec une chance non négligeable qu’elle n’ait pas lieu. C’est un régime de marché agaçant. Il est aussi plus honnête que les récits binaires.
Liste utile, sans dogmatisme
- Ne pas confondre un report et une fin de cycle.
- Ne pas traiter 3 % d’inflation sous-jacente comme un retour à la cible.
- Ne pas lire les flux d’ETF comme un verdict définitif sur Bitcoin.
- Ne pas ignorer l’énergie sous prétexte que le core exclut l’alimentation et l’énergie.
Une parenthèse sur la mémoire des cycles
Les cycles de resserrement se terminent rarement par un communiqué clair le jour exact où tout le monde l’attend. Ils se terminent souvent par une série de réunions où la hausse reste « possible », puis « moins urgente », puis « non nécessaire ». Goldman Sachs vient d’entrer dans la deuxième étape de cette séquence. La troisième n’est pas écrite.
En 2023, le dernier geste de juillet avait été suivi d’une longue pause. L’histoire ne se répète pas à l’identique. L’inflation n’est plus au même niveau. L’investissement technologique n’a pas le même poids. Le pétrole n’obéit pas aux mêmes chocs. Mais la psychologie de marché, elle, se ressemble : dès qu’une banque d’affaires décale une hausse, une partie des opérateurs entend « pivot ». Ce n’est pas ce que dit la note. La note dit « plus tard », et « peut-être plus du tout ».
Cette nuance vaut de l’or. Elle évite d’acheter un récit de détente monétaire alors que la fourchette de taux reste à 3,75 %–4 % et que plusieurs responsables jugent encore un ajustement probable. Elle évite aussi de rester figé sur octobre alors que les données d’août ont clairement réduit l’urgence.
Le rôle particulier de New York dans ce basculement
Quand le président de la Fed de New York parle d’absence d’urgence, le marché écoute plus fort que pour beaucoup d’autres discours. Cette voix pèse sur les anticipations de très court terme. Elle ne lie pas le comité. Elle oriente pourtant les probabilités que les traders affichent dès l’après-midi.
Williams n’a pas fermé la porte à une hausse cette année. Il a demandé du temps. C’est une position de banquier central classique en fin de cycle : garder l’option, refuser la précipitation. Barr, en insistant sur le trop petit nombre de mois compatibles avec 2 %, rappelle que garder l’option n’est pas la même chose que l’abandonner.
Le public aime les camps. La politique monétaire, elle, avance souvent au milieu. Le milieu, en octobre 2026, s’appelle décembre.
Et maintenant ?
Goldman Sachs n’a pas proclamé la fin du resserrement. Elle a déplacé le centre de gravité d’une réunion à une autre, après une inflation d’août plus basse que prévu et un débat interne plus visible. Le 2 octobre, l’emploi dira si ce déplacement tient. Ensuite viendront les prix, l’énergie, les flux de capitaux et, pour une partie du public, le cours du Bitcoin.
La seule conclusion honnête, à ce stade, est étroite. La deuxième hausse est moins probable en octobre. Elle reste possible en décembre. Elle n’est plus une formalité. Entre ces trois phrases se joue le reste de l’année monétaire américaine, et une bonne part de la volatilité qui accompagnera les marchés jusqu’à l’hiver.









