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Ventes Nft En Recul : 37,5 M$ Et Ethereum Toujours Leader

Les ventes NFT chutent de 15 % à 37,54 millions de dollars, mais le nombre d’adresses explose. Ethereum tient le haut du pavé, Bitcoin s’effondre… et quatre jetons DeFi expliquent presque tout.

Et si la semaine qui vient de s’achever racontait deux histoires contradictoires du marché NFT ? D’un côté, le volume mondial des ventes recule de 15,28 % pour s’établir à 37,54 millions de dollars. De l’autre, le nombre d’adresses acheteuses et vendeuses plus que double. Moins d’argent change de main, davantage de portefeuilles bougent. Cette tension, relevée au 19 septembre 2026 sur une fenêtre de sept jours, force à regarder au-delà du titre facile. Elle dit quelque chose de la liquidité, de la nature des objets échangés et de la manière dont les blockchains se partagent désormais un marché plus petit, plus fragmenté, et parfois plus opaque.

Ce Que Révèle Vraiment La Baisse Des Ventes Nft

Le chiffre d’abord. Environ 44,31 millions de dollars la semaine précédente, 37,54 millions ensuite. La baisse n’est pas un effondrement de type 2022, mais elle est nette. Elle survient alors que le marché crypto plus large rebondit : le bitcoin circule près de 81 311 dollars, l’ether autour de 2 647 dollars, et la capitalisation totale des cryptomonnaies flirte avec 2,79 billions de dollars. Les deux dynamiques coexistent. Elles ne prouvent pas un lien de cause à effet. Elles rappellent seulement que le segment NFT n’est plus le thermomètre automatique de l’appétit spéculatif.

Les adresses acheteuses grimpent de 174,04 % à 114 977. Les adresses vendeuses progressent de 151,72 % à 108 037. Ces compteurs mesurent des identifiants de chaîne, pas des personnes physiques vérifiées. Un même individu peut contrôler plusieurs portefeuilles. Un robot peut en ouvrir des dizaines. L’explosion des adresses ne signifie donc pas, à elle seule, un afflux de collectionneurs inédits. Elle signifie que l’activité se disperse.

Les transactions, elles, reculent de 9,08 % à 808 432. Plus de portefeuilles, moins d’opérations : le marché s’étale. Chaque adresse interagit moins souvent, ou interagit pour des montants plus faibles, ou les deux. C’est un profil typique d’un marché où les petits échanges se multiplient pendant que les gros tickets se concentrent sur quelques collections.

Repères de la semaine

37,54 M$ de ventes mondiales, −15,28 %

114 977 adresses acheteuses (+174 %) • 108 037 adresses vendeuses (+152 %) • 808 432 transactions (−9 %)

Pourquoi Le Volume Baisse Quand Les Adresses Augmentent

Trois lectures se recoupent. La première est arithmétique : si davantage de portefeuilles se partagent un gâteau plus petit, le ticket moyen diminue. La deuxième est structurelle : une part croissante de l’activité NFT n’est plus de l’art de profil, mais des objets tokenisés, des cartes sportives, des positions liées à la finance décentralisée. Ces catégories n’ont pas le même rythme ni le même public. La troisième est méthodologique : les tableaux agrègent des ventes « organiques » et, ailleurs, du wash trading. Mélanger les deux fausse le diagnostic.

Le wash trading désigne, dans ce contexte, des allers-retours destinés à gonfler un volume apparent. Sur Ethereum, ce volume suspect est estimé à 443 802 dollars, en baisse de 52,41 %. Sur Polygon, il explose à 18,07 millions. Sur Base, il atteint 4,8 millions, en hausse de 79,91 %. L’enseignement est simple : un classement de chaînes sans distinction organique / artificiel n’a presque aucune valeur pour un acheteur sérieux.

Il faut aussi rappeler que les dashboards ne disent pas si une adresse nouvelle appartient à un collectionneur, à un market maker, à un contrat intelligent ou à un intermédiaire de marketplace. La hausse des adresses peut donc être un élargissement réel du public, un fractionnement technique, ou un mélange des deux. L’honnêteté commande de laisser cette incertitude visible.

Ethereum Reste Le Centre De Gravité Des Ventes Organiques

Ethereum conserve la première place des ventes organiques avec 15,32 millions de dollars, en léger recul de 2,66 %. Les adresses acheteuses y progressent de 63,82 % à 13 546. En incluant le wash trading, le total grimpe à 15,76 millions, soit une baisse de 5,44 %. La chaîne historique du marché NFT n’est plus hégémonique comme en 2021, mais elle reste le lieu où se règlent encore les tickets les plus visibles.

Cette permanence a une explication culturelle autant que technique. Les collections héritées, les protocoles DeFi qui émettent des jetons non fongibles, les marketplaces les plus suivies : beaucoup de liquidité continue de passer par l’écosystème Ethereum. Les frais ne sont plus l’obstacle qu’ils étaient. L’habitude, elle, demeure.

Le recul limité d’Ethereum contraste avec la chute brutale de Bitcoin. Quand une chaîne résiste mieux que les autres dans un marché en contraction, elle capte une part relative plus grande. C’est exactement ce qui se produit ici : Ethereum pèse lourd parce que d’autres s’effondrent davantage, pas seulement parce qu’il accélère.

Polygon, Volume Apparent Et Ventes Réelles

Polygon arrive deuxième en ventes organiques avec 7,09 millions de dollars, en baisse de 4,88 %. Les adresses acheteuses y montent de 91,47 % à 26 588. Le détail qui change tout : 18,07 millions de dollars de volume identifié comme wash trading, ce qui porterait un total combiné à 25,15 millions. Additionner les deux pour « classer » la chaîne serait une erreur de lecture. L’organique et l’artificiel ne racontent pas la même économie.

Polygon reste néanmoins central grâce à Courtyard, marketplace de collectibles tokenisés qui domine le classement des collections. Les objets physiques mis en représentation numérique, notamment les cartes, trouvent sur cette chaîne un terrain de frais bas et d’exécution rapide. Ce n’est plus le récit du singe pixelisé. C’est celui du carton sportif scanné, stocké, échangé.

La distinction importe pour l’investisseur comme pour le journaliste. Un volume élevé sur Polygon peut signifier un vrai marché de collectibles. Il peut aussi signifier une inflation de transactions croisées. Sans le filtre organique, on célèbre une animation qui n’existe parfois que dans les tableaux.

Bitcoin Chute En Valeur, Monte En Adresses

Bitcoin se classe troisième avec 4,33 millions de dollars de ventes, soit un plongeon de 53,99 %. En même temps, les adresses acheteuses bondissent de 141,29 % à 5 441. Le paradoxe est le même que sur le marché global : plus de monde touche aux NFT Bitcoin, moins d’argent s’y concentre sur sept jours.

Les inscriptions de type BRC-20 et les collectibles associés restent un univers volatile. Une seule vente, comme le jeton $X@AI cédé pour 402 534 dollars, soit 5,19 BTC, peut peser lourd dans un classement hebdomadaire. Quand ces tickets se raréfient, le volume s’effondre même si le nombre de portefeuilles actifs augmente. C’est la tyrannie des queues de distribution : quelques transactions font la moyenne, leur absence la détruit.

Le public Bitcoin NFT n’a jamais été identique au public Ethereum. Il est plus lié à la culture native de la chaîne, aux expérimentations d’inscriptions, à des thèses monétaires. Un recul de 54 % en une semaine ne condamne pas la catégorie. Il rappelle qu’elle reste cyclique et très sensible aux pièces uniques de fort montant.

Bnb Chain, Base Et Solana : Trois Trajectoires Distinctes

BNB Chain suit avec 2,58 millions de dollars, en baisse de 36,26 %. Son nombre d’acheteurs explose de 384,73 % à 10 732, la plus forte hausse relative parmi les six premières chaînes. Encore une fois, la participation s’élargit pendant que le dollar recule. Cela peut traduire une activité de petits lots, de jeux, de collectibles accessibles, davantage que des adjudications de prestige.

Base est la seule des cinq premières à progresser en ventes organiques : +4,06 % à 2,16 millions de dollars. Les adresses acheteuses y bondissent de 253,04 % à 2 323. Le wash trading y grimpe aussi, à 4,8 millions. La chaîne, proche de l’écosystème grand public d’une grande société crypto, attire à la fois de vrais flux et du volume cosmétique. Lire Base uniquement à l’aune du total combiné serait naïf. Lire Base uniquement à l’aune de l’organique sans voir le lavage le serait tout autant.

Solana clôt le peloton de tête avec 1,89 million de dollars, en recul de 11,08 %. Ses 25 301 adresses acheteuses, en hausse de 164,90 %, montrent une base large pour un volume désormais modeste. L’époque où Solana pesait de façon spectaculaire sur les classements hebdomadaires semble, pour cette fenêtre précise, en retrait. La chaîne n’a pas disparu. Elle pèse simplement moins dans un marché global comprimé.

À elles six, ces réseaux génèrent environ 33,36 millions de dollars de ventes organiques, soit près de 89 % du total mondial. Le marché NFT reste donc oligopolistique au niveau des infrastructures, même s’il se diversifie au niveau des objets échangés.

Chaîne Ventes organiques Variation Adresses acheteuses
Ethereum 15,32 M$ −2,66 % 13 546 (+63,82 %)
Polygon 7,09 M$ −4,88 % 26 588 (+91,47 %)
Bitcoin 4,33 M$ −53,99 % 5 441 (+141,29 %)
BNB Chain 2,58 M$ −36,26 % 10 732 (+384,73 %)
Base 2,16 M$ +4,06 % 2 323 (+253,04 %)
Solana 1,89 M$ −11,08 % 25 301 (+164,90 %)

Courtyard Et Le Tournant Des Collectibles Tokenisés

Au classement des collections, Courtyard, sur Polygon, reste en tête avec 6,3 millions de dollars, en très léger repli de 0,93 %. Le volume de transactions y progresse de 21,52 % à 123 504. On compte 18 459 adresses acheteuses et 14 921 adresses vendeuses. C’est le portrait d’un marché de flux, pas d’une vente de prestige isolée.

Cette place de numéro un dit davantage sur 2026 que n’importe quel discours nostalgique. Les cartes, les objets physiques sous garde, les catalogues de licences sportives tiennent le haut du pavé quand l’art génératif fatigue. Panini America, cinquième collection de la semaine avec 893 356 dollars (+19,27 %) et 13 469 transactions, confirme le même basculement. Les adresses acheteuses y reculent pourtant de 24,18 % à 762 : davantage de deals, moins de portefeuilles distincts. Un noyau d’habitués trade plus souvent.

Le sport tokenisé a un avantage que l’avatar n’a plus : un référentiel hors chaîne. Une carte a une cote papier, une rareté imprimée, une mémoire culturelle. Le jeton n’invente pas toute la valeur. Il la transporte. Dans un marché inquiet, cette ancre rassure.

Argonauts, Guild Of Guardians Et Les Autres Noms Du Classement

Argonauts, sur Ethereum, se classe deuxième avec 2,74 millions de dollars après une chute de 36,91 %. Les transactions s’effondrent de 48,15 % à 1 204. On ne compte plus que 422 adresses acheteuses et 490 vendeuses. Ici, le marché se contracte vraiment : moins d’argent, moins d’échanges, moins de participants.

Guild of Guardians Heroes, sur Immutable zk, totalise 986 168 dollars, en hausse de 3,5 %, pour 689 transactions, 390 acheteurs et 399 vendeurs. C’est le registre du jeu. Les actifs servent une boucle de progression, pas seulement une vitrine. Leur résilience relative, dans une semaine baissière, n’étonne qu’à moitié : un joueur qui a besoin d’une carte pour avancer n’attend pas le sentiment macro.

Les $ATMC BRC-20 sur Bitcoin suivent avec 716 730 dollars (−20,32 %). CryptoPunks, icône historique, se classe septième avec 706 667 dollars (−37,39 %), pour seulement neuf transactions, huit acheteurs et neuf vendeurs. Le Punk n’est plus un marché de masse. C’est un marché de reliques. Neuf échanges suffisent à rester visible. Ils ne suffisent plus à porter tout un récit d’industrie.

Alchemix Ou Quand Un Jeton Defi Pèse Comme Une Collection Entière

Le cas le plus troublant de la semaine s’appelle Alchemix V3 Transmuter. La « collection » bondit de 622,03 % à 1,83 million de dollars. Presque tout ce volume tient en huit transactions, quatre adresses acheteuses, trois adresses vendeuses. Quatre des cinq plus grosses ventes individuelles de la période appartiennent à cette série.

Le numéro 219 change de main pour 770 985,44 dollars, soit 297,4017 WETH, environ quinze heures avant le cliché des données. Le 214 se vend 715 216 dollars, 284,8951 WETH, cinq jours plus tôt. Les deux premiers jetons partent des mêmes adresses vendeuses vers les mêmes adresses destinataires respectives. Le 216 suit à 196 748,70 dollars (79,98 WETH). Le 208 clôt le top cinq interne à 126 695,23 dollars (49,8681 WETH). Quatre tickets, près de 1,81 million. Quasi tout le classement de la collection.

CryptoSlam range ces transferts dans les ventes NFT, mais le tableau de bord n’établit pas à lui seul la finalité économique de chaque opération.

Cette phrase de prudence vaut un chapitre. Un Transmuter Alchemix n’est pas un portrait de profil. C’est un objet lié à un protocole de finance décentralisée, à une position, à une mécanique de conversion. Le classer à côté d’une carte Panini ou d’un Punk crée une illusion de comparabilité. Les dollars s’additionnent. Les usages, non.

Quand quatre adresses expliquent presque 1,8 million, le « marché » de la collection n’en est pas un au sens habituel. C’est un corridor étroit entre quelques portefeuilles. Cela n’invalide pas les montants. Cela change leur interprétation. Un lecteur qui croit voir un engouement de foule voit surtout une concentration extrême.

La Vente Bitcoin Qui Perce Le Top : 402 534 Dollars Pour Un Brc-20

Entre les Transmuter, une exception Bitcoin : un NFT BRC-20 étiqueté $X@AI part à 402 534,35 dollars, 5,19 BTC, cinq jours avant l’instantané. Dans un classement dominé par des jetons DeFi Ethereum, cette vente rappelle que les inscriptions sur Bitcoin peuvent encore produire des tickets de plusieurs centaines de milliers de dollars. Elle rappelle aussi la fragilité statistique du segment : un seul objet pèse presque autant que toute une collection de milieu de tableau.

Les marchés à queue lourde se lisent mal à la moyenne. Une semaine sans ce genre de pièce et Bitcoin NFT bascule. Une semaine avec deux pièces de ce calibre et le récit s’inverse. D’où l’intérêt de toujours croiser volume, nombre de transactions et dispersion des adresses.

Le Marché Crypto Remonte, Les Nft Ne Suivent Pas Automatiquement

La coexistence d’un rebond crypto et d’un recul NFT n’est pas une énigme si l’on cesse de traiter les deux comme un seul actif. Le bitcoin et l’ether bénéficient de flux institutionnels, d’ETF, de récits macro. Les NFT dépendent de liquidité discrétionnaire, de modes culturelles, de marketplaces, de royalties, de jeux, de licences. Quand l’argent « sérieux » revient vers les grands tokens, il ne se déverse pas mécaniquement dans une carte pixel ou un héros de jeu.

Il arrive même que la hausse des grands tokens rende les NFT plus chers en apparence tout en réduisant l’appétit pour les acheter. Un ether à 2 647 dollars change le coût psychologique d’une enchère libellée en WETH. Certains collectionneurs attendent. D’autres arbitrent vers le sous-jacent. Le volume en dollars peut alors baisser même si l’intérêt latent demeure.

À l’inverse, une semaine de calme sur les grands tokens peut pousser des traders à chercher du rendement dans des collectibles. Rien de tout cela n’est une loi. C’est une grammaire de possibilités. Les données de cette semaine illustrent surtout le découplage : le macro rebondit, le micro NFT se contracte en valeur.

Adresses, Utilisateurs Et L’illusion De La Foule

Répétons-le, car c’est le piège le plus fréquent des comptes rendus hebdomadaires : 114 977 adresses acheteuses ne veulent pas dire 114 977 personnes. Les marketplaces créent des adresses de passage. Les bridges aussi. Les contrats. Les agrégateurs. Un même desk peut fragmenter son activité pour des raisons opérationnelles ou fiscales. Un même collectionneur peut séparer cold wallet et hot wallet.

La hausse de 174 % des adresses acheteuses reste néanmoins un signal. Même si une partie est technique, l’ordre de grandeur est trop vaste pour n’être qu’un artefact mineur. Quelque chose s’est élargi : le nombre de points de contact avec le marché. Que ces points appartiennent à des novices ou à des professionnels plus nombreux, le réseau d’interaction s’est densifié pendant que l’argent se raréfiait.

Moins de transactions pour plus d’adresses, c’est aussi le profil d’une exploration. On ouvre un portefeuille, on achète une fois, on s’arrête. On teste Courtyard. On mint un objet de jeu. On ne construit pas encore une habitude. Les marchés naissants ou les marchés en recomposition ressemblent à cela. Les marchés matures ressemblent davantage à CryptoPunks cette semaine : peu d’acteurs, tickets élevés, rareté de l’échange.

Ce Que Le Wash Trading Change Dans La Lecture Publique

Sans le filtre du volume suspect, Polygon semblerait écraser la semaine. Avec le filtre, Ethereum reprend sa place de leader organique et Polygon reste un numéro deux crédible, porté par de vrais collectibles. Base paraîtrait plus « chaude » qu’elle ne l’est en achats ordinaires. Ethereum, à l’inverse, verrait son image à peine altérée, puisque son lavage estimé est relativement modeste et en fort recul.

Le wash trading n’est pas une anecdote de puristes. Il déforme les classements que les équipes marketing citent. Il déforme les impressions de liquidité. Il peut attirer un acheteur naïf vers une collection dont le carnet d’ordres est un décor. Distinguer 7,09 millions organiques et 18,07 millions suspects sur Polygon, c’est déjà faire la moitié du travail d’analyse.

Cela n’autorise pas non plus à traiter tout volume élevé comme une fraude. Les collectibles physiques tokenisés génèrent beaucoup de petites transactions authentiques. Le jeu aussi. La règle simple consiste à demander, face à chaque chiffre : combien d’adresses distinctes, combien de transactions, quelle part flaggée, quel type d’objet. Quatre questions. Elles évitent bien des récits enflés.

Le Nft N’est Plus Un Genre Unique

La semaine du 19 septembre 2026 le montre avec une clarté presque clinique. Dans le même classement cohabitent une marketplace de cartes, un protocole DeFi, un jeu, une icône de 2017 et des inscriptions Bitcoin. Appeler tout cela « le marché NFT » reste commode. C’est de moins en moins précis.

L’art de profil vit une maturité froide : peu de trades, encore de la valeur unitaire sur les pièces mythiques. Le sport tokenisé vit une industrialisation : beaucoup de transactions, des catalogues, des marques. Le jeu vit une utilité interne. La DeFi vit des représentations de positions qui passent dans les tuyaux NFT parce que le standard technique s’y prête. Quatre économies. Un même sigle.

Cette hétérogénéité explique pourquoi un total mondial de 37,54 millions peut baisser sans que « les NFT meurent ». Une sous-catégorie peut s’effondrer pendant qu’une autre tient. Bitcoin −54 %, Base +4 %, Courtyard quasi stable, Alchemix +622 % sur huit trades. Le total n’est qu’une moyenne pondérée de mondes différents.

Comment Lire Un Classement Hebdomadaire Sans Se Faire Piéger

D’abord, séparer organique et lavage. Ensuite, regarder le nombre de transactions, pas seulement le dollar. Puis le nombre d’adresses. Puis la nature de l’objet. Un million généré par deux ventes DeFi n’équivaut pas à un million généré par cent mille cartes. Le premier est un événement. Le second est un marché.

Il faut aussi comparer la semaine à la précédente avec modestie. Une variation de 15 % sur des montants déjà bas à l’échelle de 2021 peut tenir à deux ou trois tickets. L’absence d’une vente à 770 000 dollars aurait changé le visage d’Alchemix et, marginalement, celui d’Ethereum. La présence d’une deuxième vente Bitcoin à 400 000 dollars aurait changé le visage de Bitcoin. Les petites bases rendent les pourcentages nerveux.

Enfin, relier le NFT au reste de la crypto sans les fusionner. Bitcoin à 81 311 dollars et ether à 2 647 dollars donnent un décor. Ils ne dictent pas le scénario. Le décor compte pour le pouvoir d’achat libellé en tokens. Le scénario dépend des licences, des jeux, des protocoles, des saisons sportives, des airdrops, des modes.

Quatre filtres utiles avant de partager un chiffre NFT

1. Volume organique ou volume total ?
2. Combien de transactions portent le montant ?
3. Combien d’adresses distinctes ?
4. S’agit-il d’art, de sport, de jeu ou de DeFi ?

Ce Que Cette Semaine Dit De La Suite

Si la participation continue d’augmenter pendant que le volume stagne ou recule, le marché se « démocratise » en surface et se polarise en profondeur : beaucoup de petits gestes, quelques très gros tickets atypiques. C’est un régime instable. Il peut précéder une reprise des collectibles de licence. Il peut précéder une simple dispersion sans relance des prix.

Ethereum devrait rester le théâtre des ventes unitaires élevées tant que les protocoles et les collections héritées y vivent. Polygon devrait rester le théâtre du flux de cartes tant que Courtyard et les catalogues sportifs y trouvent leurs frais. Bitcoin restera binaire : des semaines ternes, des semaines de pièce unique. Base et BNB Chain continueront d’afficher des hausses d’adresses spectaculaires, qu’il faudra chaque fois recouper au dollar organique.

Le vrai sujet n’est pas de savoir si « les NFT reviennent ». Le vrai sujet est de savoir quelle famille d’objets tokenisés justifie encore un marché secondaire. Cette semaine, la réponse la plus nette n’est pas l’avatar. C’est le collectible ancré dans le monde physique, et, de façon plus ambiguë, le jeton qui représente une mécanique financière.

Une Baisse Qui N’est Pas Un Épitaphe

Retenir seulement « −15 % » serait paresseux. Retenir seulement « les adresses ont doublé » serait naïf. Les deux faits sont vrais ensemble. Ils décrivent un marché qui s’élargit en points de contact et se contracte en intensité monétaire. Ils décrivent aussi un outil de mesure — le standard NFT — qui absorbe désormais trop de réalités différentes pour qu’un seul total mondial suffise.

37,54 millions de dollars, 808 432 transactions, six chaînes pour 89 % de l’organique, Courtyard en tête, Ethereum toujours premier, Bitcoin en chute de valeur, Alchemix en ovni DeFi : voilà la photographie du 19 septembre 2026. Elle n’annonce pas une renaissance. Elle n’écrit pas une fin. Elle impose une lecture plus adulte, plus segmentée, plus méfiante envers les agrégats.

Ceux qui continueront de parler du « marché NFT » comme d’un bloc unique se tromperont de plus en plus souvent. Ceux qui sépareront cartes, jeux, reliques et positions protocolaires liront mieux la semaine suivante. Et la semaine suivante, comme celle-ci, tiendra sans doute à quelques adresses, à quelques tickets, et à la patience de distinguer le volume qui circule du volume qui se mime.

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