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Maya Lauqué Assume Télématin Solo Face À Bruce Toussaint

Seule aux commandes de Télématin, Maya Lauqué assume la pression et parle de bagarre face à Bruce Toussaint. Ce qu’elle dit du match change tout…

Quand une matinale historique bascule d’un duo à une voix unique, le plateau n’a plus tout à fait le même souffle. Maya Lauqué le sait. Depuis la rentrée 2026, elle porte seule Télématin, après une refonte annoncée en juillet et le départ de Damien Thévenot, présent pendant vingt-sept ans. Loin de reculer, elle parle de responsabilité, de pression absorbée, et d’une bagarre qu’elle dit aimer, pourvu qu’elle reste dans le respect. En face, depuis 2025, Bruce Toussaint occupe la même case sur la première chaîne avec Bonjour ! La matinale. Le match n’est plus théorique. Il se joue chaque matin, dès l’ouverture des rideaux.

Une Matinale Recentrée Sur Une Seule Voix

La nouvelle formule n’est pas un simple changement de générique. Elle redistribue le poids de l’antenne. Là où deux présentateurs se renvoyaient la balle, une seule personne doit désormais tenir le tempo, relancer les chroniqueurs, absorber les à-coups de l’actualité et garder le lien avec le public. Maya Lauqué décrit cette rentrée comme celle des classes, mais avec davantage de responsabilités. Le sentiment, dit-elle, d’être celle qui porte le travail de la rédaction et de l’équipe, même si la bande de chroniqueurs reste autour de la table.

Cette image compte. Elle dit le métier mieux que n’importe quel communiqué. Une matinale n’est pas un monologue. C’est une mécanique de relais, de regards, de silences bien placés. Quand le duo disparaît, la musique change. La concentration aussi. La répartition des rôles n’est plus la même. Passer seule, c’est une autre partition jouée tous les jours, articulée avec ceux qui commentent, décryptent, éclairent.

Ce Que Change Vraiment Un Passage En Solo

Professionnellement, le solo n’est pas seulement une question d’ego ou de statut. C’est une affaire de rythme. Dans un duo, l’un peut souffler pendant que l’autre enchaîne. L’un peut ironiser, l’autre recentrer. L’un peut porter l’émotion, l’autre la facture. Seule, Maya Lauqué doit faire les deux, parfois dans la même phrase. Elle l’avoue sans détour : cela change la musique de l’émission et la concentration.

Cette exigence n’est pas abstraite. Une matinale commence tôt, s’écrit la veille, se réécrit à l’aube, se casse dès qu’un fait divers, un vote, une déclaration ou une image bouleverse le conducteur. Le public, lui, arrive avec son café, ses enfants, son trajet, son humeur. Il n’a pas de temps à perdre. Il veut de la clarté, un peu de chaleur, et le sentiment que quelqu’un tient la barre.

Maya Lauqué insiste sur un point souvent oublié : la pression supplémentaire n’est pas un accident. Elle est consubstantielle au rôle. Elle dit être tout à fait prête à l’absorber. Cette phrase n’est pas un slogan. Dans l’audiovisuel du matin, ceux qui durent sont rarement ceux qui nient la charge. Ce sont ceux qui la nomment, puis la transforment en méthode.

Ce qu’elle assume : plus de responsabilité, plus de pression, une mécanique différente, et l’envie de rester première sans regarder ailleurs comme si de rien n’était.

Le Départ D’Un Pilier Et Le Vide Qu’Il Laisse

Remercier un visage installé depuis près de trois décennies n’est jamais anodin. Damien Thévenot incarnait une continuité, une habitude, une manière d’entrer dans la journée. Son départ, acté dans la refonte de juillet 2026, a laissé Maya Lauqué seule aux commandes dès août. Le public, lui, a ses fidélités. Certains téléspectateurs restent pour une voix. D’autres restent pour une heure, un rituel, un climat.

La transition a aussi eu sa part d’émotion. Lors des adieux de juillet, Damien Thévenot s’était montré très touché. Maya Lauqué a ensuite expliqué pourquoi elle n’avait pas souhaité être à ses côtés pour ce moment. Ce détail, souvent relégué au rang d’anecdote people, dit pourtant quelque chose de plus profond : une émission collective n’est pas seulement un plateau. C’est un entrelacs de loyautés, de places, de silences choisis.

En restant en retrait à cet instant, elle a peut-être voulu laisser le départ à celui qui partait. En reprenant ensuite l’antenne seule, elle a accepté que la suite lui appartienne. Les deux gestes ne se contredisent pas. Ils racontent une même exigence : ne pas brouiller les rôles.

La Concurrence N’Est Plus Un Horizon Lointain

Depuis 2025, la première chaîne a décidé de jouer le matin avec Bonjour ! La matinale, présentée par Bruce Toussaint, avant le relais de Christophe Beaugrand avec Bonjour ! Avec vous. Télématin n’est plus seule sur son territoire. Le rendez-vous historique de France 2 reste leader, mais le leadership n’est plus une évidence tranquille. C’est un match.

Maya Lauqué ne feint pas l’indifférence. Elle aime bien la bagarre, dit-elle, dès lors qu’elle se joue dans le respect. La formule est nette. Elle refuse à la fois la naïveté et l’agressivité gratuite. Quand on est premier, on se bat pour le rester. On n’envisage pas le match comme un challenger qui pousse derrière. On ne lâche pas l’affaire. On joue. On compte bien rester devant.

J’aime bien la bagarre, donc je n’ai pas de problème avec ça quand c’est dans le respect.

Cette phrase fonctionne parce qu’elle est double. Elle assume le conflit d’audiences, qui est le cœur du métier. Elle pose une limite éthique, qui est le cœur du service public. Entre les deux, il y a tout le jeu télévisé contemporain : regarder dans le rétro sans en faire une obsession, ajuster sans singer, tenir sa ligne sans ignorer l’adversaire.

Regarder Dans Le Rétro Sans Perdre Le Cap

Maya Lauqué ajoute qu’il serait faux de prétendre qu’elle ne regarde absolument pas derrière elle et qu’elle ne fait absolument pas attention. L’aveu est précieux. Trop de discours promotionnels jouent l’autarcie. Comme si une émission vivait hors du paysage. Comme si les téléspectateurs n’avaient qu’une télécommande coincée sur une chaîne.

La réalité est plus fluide. Le matin, on zappe. On compare. On juge le ton, la météo, l’invité, la manière de parler d’un drame, la façon de relancer un chroniqueur. Une blague trop longue, une interview trop molle, un titre trop tapageur, et le public bascule. Rester premier, ce n’est pas seulement cumuler des points d’audience. C’est empêcher que l’habitude se déplace.

Dans ce contexte, regarder dans le rétro n’est pas une faiblesse. C’est une forme de lucidité. Encore faut-il ne pas transformer cette vigilance en imitation. Le piège des matinales concurrentes est toujours le même : croire que l’on gagne en copiant ce qui marche en face. Or le public reconnaît très vite le ersatz. Il reste, en général, pour une identité.

Leader Ou Challenger, Deux Manières De Jouer

Maya Lauqué souligne une différence stratégique essentielle. Le leader et le challenger ne jouent pas le même match. Le premier défend un patrimoine d’habitude. Le second attaque un territoire longtemps considéré comme acquis. L’un doit prouver qu’il n’est pas fatigué. L’autre doit prouver qu’il n’est pas superflu.

Cette asymétrie change tout. Un leader qui surréagit donne l’impression de douter. Un challenger qui s’installe trop vite dans le confort cesse d’exister comme alternative. Entre les deux, la rentrée 2026 dessine un face-à-face plus net que les saisons précédentes, parce que Télématin n’a plus le coussin du duo historique et que Bonjour ! n’est plus une nouveauté expérimentale.

Les premiers chiffres de rentrée, déjà commentés ailleurs, ont montré une situation plus contrastée sur les cibles commerciales, même si l’avance globale de France 2 restait confortable. Ce n’est pas un détail. Dans l’économie de la télévision, le leadership total et le leadership utile ne se recouvrent pas toujours. Une émission peut rester première et pourtant sentir le sol bouger sous certains publics.

Enjeu Côté Télématin Côté concurrence
Position Leader historique à défendre Challenger installé depuis 2025
Incarnation Voix unique après un long duo Matinale portée par Bruce Toussaint
Risque Perdre le souffle collectif du duo Rester une alternative sans bascule durable
Atout Rituel, mémoire, équipe de chroniqueurs Effet de nouveauté et relais de journée

Le Public Du Matin N’Est Pas Un Bloc

On parle trop souvent « des téléspectateurs » comme s’ils formaient une armée unique. Le matin, il y a au moins trois publics. Ceux qui veulent des informations nettes avant de partir. Ceux qui cherchent une compagnie, une voix connue, un peu de conversation. Ceux qui zappent entre les deux, selon l’invité, la météo intérieure, le sujet du jour.

Télématin a longtemps gagné parce qu’il savait parler à ces trois couches à la fois. Une structure d’information, une chaleur de plateau, une suite à 9h15 avec Agathe Lecaron et Thomas Isle. Cette continuité reste un atout. Elle transforme une émission en matinée. Elle donne au téléspectateur le sentiment d’un lieu plutôt que d’un créneau.

Mais un lieu se réaménage. Quand le duo central disparaît, le salon change de lumière. Certains apprécient la netteté d’une voix unique. D’autres regrettent le jeu à deux, les écarts, les complicités. Maya Lauqué le sait. Elle ne promet pas que rien n’a changé. Elle dit plutôt qu’elle essaie d’articuler cette nouvelle musique avec les chroniqueurs.

Les Chroniqueurs, Ce Filet Invisible

Dans un solo, l’équipe autour de la table n’est plus un ornement. Elle devient un équilibre. Maya Lauqué le rappelle : il y a la bande de chroniqueurs autour d’elle. Cette phrase n’est pas polie. Elle est stratégique. Sans relais, le solo s’essouffle. Avec trop de relais, il se dilue. Tout est affaire de dosage.

Les meilleures matinales fonctionnent comme une conversation maîtrisée. Pas un meeting. Pas un monologue. Une conversation. Le présentateur ouvre, recentre, accélère, coupe parfois. Les chroniqueurs apportent la matière, le décalage, l’expertise, l’anecdote juste. Si l’un des deux camps force, le téléspectateur le sent immédiatement.

C’est pourquoi le solo de Maya Lauqué sera jugé moins sur ses phrases isolées que sur sa capacité à faire vivre une table. Tenir l’autorité sans étouffer. Laisser de l’air sans perdre le fil. Accueillir l’imprévu sans laisser l’émission partir en vrille. Ce sont des gestes invisibles. Ce sont aussi ceux qui font les habitudes.

La Pression Comme Matière Première

Il est tentant de romancer la pression. De la transformer en épreuve héroïque. Maya Lauqué en parle de façon plus sèche, plus professionnelle. Davantage de responsabilités. Davantage de pression. Une pression qu’elle dit prête à absorber. Le mot absorber est intéressant. Il ne dit pas « ignorer ». Il ne dit pas « aimer souffrir ». Il dit « intégrer ».

Dans une matinale, la pression arrive de partout. De la rédaction, qui veut de la justesse. De la chaîne, qui veut de l’audience. Des chroniqueurs, qui veulent leur place. Du public, qui veut de la familiarité. Des réseaux, qui isolent une seconde maladroite et la font durer trois jours. Porter seule l’émission, c’est devenir le point de convergence de toutes ces attentes.

Ceux qui tiennent le plus longtemps ne sont pas forcément les plus spectaculaires. Ce sont souvent ceux qui acceptent que le métier soit une tension permanente entre contrôle et souplesse. Trop de contrôle, l’émission se fige. Trop de souplesse, elle se défait. Maya Lauqué situe son propos exactement dans cet entre-deux.

Une Bagarre Dans Le Respect, Est-Ce Possible ?

Aimer la bagarre « dans le respect » peut sembler une formule trop lisse. Pourtant, elle désigne un vrai dilemme du paysage actuel. La concurrence matinale n’est plus seulement un combat d’audiences. Elle est aussi un combat de tons. Qui parlera le plus vite. Qui montera le plus fort. Qui fera de l’invité un événement. Qui transformera une information en séquence virale.

Le respect, ici, n’est pas une politesse de salon. C’est une ligne éditoriale. Refuser de faire du rival un ennemi personnel. Refuser de transformer chaque matin en procès. Refuser, aussi, de se draper dans une fausse indifférence. Maya Lauqué choisit une position intermédiaire : je vois l’adversaire, je joue contre lui, je ne le caricature pas.

Cette position est plus difficile à tenir qu’un discours martial. Elle demande de la constance. Le public, lui, n’a pas toujours envie de nuance. Une partie aime le clash. Une autre veut du calme au réveil. Le matin reste l’heure où l’on supporte mal d’être agressé. C’est peut-être là que Télématin peut encore faire la différence : rester combative sans devenir bruyante.

Bruce Toussaint, Un Rival Qui Oblige À Se Définir

Parler de Bruce Toussaint sans en faire un faire-valoir ni un épouvantail n’est pas simple. Il occupe désormais une case longtemps considérée comme un quasi-monopole d’habitude. Sa présence force Télématin à dire ce qu’elle est. Pas seulement ce qu’elle a été. Une émission historique ne survit pas à la seule mémoire. Elle survit à sa capacité à rejouer son utilité.

Le rival a un avantage : il n’a pas à porter vingt-sept ans de continuité. Il peut proposer une autre entrée dans la journée. Une autre énergie. Un autre dosage entre info, conversation et animation. Télématin a un autre avantage : le rituel. Les gens ne se lèvent pas seulement pour une nouveauté. Ils se lèvent pour une continuité qui ne les trahit pas.

Le match se jouera donc moins sur une phrase que sur une sensation. Est-ce que je me sens bien accompagné à 7 heures ? Est-ce que je comprends plus vite le monde ? Est-ce que je reste parce que je reconnais une voix, une table, une manière de respirer ? Maya Lauqué, en acceptant le mot bagarre, reconnaît que cette sensation n’est plus garantie. Elle se conquiert chaque matin.

Ce Que Révèle Une Rentrée En Solitaire

Une rentrée audiovisuelle dit toujours plus que les grilles. Elle dit qui l’on croit indispensable. Qui l’on croit remplaçable. Quelle place on donne à la continuité, à la jeunesse d’un format, à la mémoire d’un visage. La décision de confier Télématin à une seule présentatrice n’est pas qu’un choix d’organigramme. C’est un pari sur l’incarnation.

L’incarnation, au matin, a une particularité. Elle doit être assez forte pour tenir l’antenne, assez souple pour ne pas écraser l’information. Trop de personnalité, le journal devient un talk. Trop peu, le talk devient un bulletin. Maya Lauqué, présente depuis 2021, connaît déjà la maison. Ce n’est pas une arrivante. C’est une intérieure à qui l’on demande de devenir le centre.

Devenir le centre après avoir été l’une des deux voix, c’est changer de gravité. Les téléspectateurs le sentent avant même de le formuler. Un silence dure un peu plus longtemps. Un regard cherche un vis-à-vis qui n’est plus là. Puis une nouvelle habitude se crée. Ou ne se crée pas. C’est tout l’enjeu des prochaines semaines, puis des prochains mois.

La Suite De La Matinée, Un Atout Souvent Sous-Estimé

À 9h15, Agathe Lecaron et Thomas Isle reprennent avec Télématin, la suite. Ce relais compte. Une matinale ne se juge pas seulement à son premier bloc. Elle se juge à sa capacité à accompagner ceux qui restent, ceux qui télétravaillent, ceux qui ont le temps, ceux qui veulent prolonger la conversation après le flux brut de l’info.

Cette architecture en deux temps donne à France 2 une profondeur que n’a pas forcément un simple face-à-face d’ouverture. Maya Lauqué ouvre. D’autres prolongent. Le public peut entrer, sortir, revenir. Dans un paysage où l’attention se fragmente, cette continuité de lieu reste précieuse. Encore faut-il que les deux parties de la matinée se parlent vraiment, plutôt que de s’additionner.

Le solo du premier bloc rend ce dialogue encore plus important. Si l’ouverture se durcit trop, la suite devra réchauffer. Si l’ouverture se dilue, la suite devra recadrer. L’émission n’est plus seulement une personne. Elle est une chaîne de respirations.

Ce Que Les Téléspectateurs Jugent Vraiment

On croit parfois que le public juge les petites phrases. Il juge surtout la fiabilité. Est-ce que je peux laisser cette voix dans la pièce pendant que je prépare le petit-déjeuner ? Est-ce que je comprends l’essentiel sans être saturé ? Est-ce que l’émission me parle comme à un adulte pressé, pas comme à une cible marketing ?

Maya Lauqué joue sur ce terrain. Sa déclaration sur la bagarre n’efface pas le besoin de confiance. Au contraire. Elle la conditionne. On accepte qu’une présentatrice soit combative si l’on sent qu’elle ne nous prend pas en otage. On accepte la concurrence si elle n’envahit pas chaque séquence. Le matin n’est pas une prime time déguisée. C’est une heure de passage.

Les émissions qui durent l’ont compris. Elles ne cherchent pas à tout gagner chaque jour. Elles cherchent à ne jamais perdre le fil de l’habitude. Une habitude se construit avec des détails : la façon d’accueillir, de reformuler une info confuse, de laisser un chroniqueur aller au bout, de refermer sans brutalité.

  • Clarté : dire vite l’essentiel sans appauvrir.
  • Chaleur : tenir compagnie sans tomber dans le faux-semblant.
  • Autorité : cadrer le plateau sans l’écraser.
  • Vigilance : voir la concurrence sans la singer.

Pourquoi Cette Prise De Parole Compte Maintenant

Si cette interview retient l’attention, ce n’est pas seulement parce qu’elle oppose deux noms. C’est parce qu’elle arrive au moment exact où le format change. Une présentatrice qui prend le solo et nie la pression paraîtrait hors-sol. Une présentatrice qui s’en plaint trop donnerait l’impression de douter. Maya Lauqué choisit une troisième voie : nommer la charge, revendiquer le combat, poser une règle de respect.

Dans le débat public, on aime les déclarations définitives. Ici, la parole est plus artisanale. Elle parle de musique, de mécanique, de rétro, de match, de premier qui ne veut pas céder sa place. Ce vocabulaire sportif n’est pas anodin. Il replace la télévision dans ce qu’elle est aussi : une compétition d’attention, pas seulement un service rendu.

Le service public n’échappe pas à cette compétition. Il doit même en faire un usage particulier. Gagner sans se vider de sens. Résister sans se figer. S’adapter sans se diluer. C’est tout le paradoxe de Télématin en 2026. Rester un rendez-vous d’innombrables téléspectateurs tout en acceptant que le paysage autour de lui a changé.

Le Solo Comme Test De Lisibilité

Une émission à deux peut cacher ses flous. L’un compense l’autre. Une émission à une voix révèle tout. Le tempo. Les priorités. La manière de traiter un sujet politique, un fait divers, une séquence plus légère. Maya Lauqué se retrouve donc exposée d’une façon nouvelle. Pas seulement regardée. Lue.

Cette lisibilité peut devenir une force. Le public aime savoir à qui il a affaire. Une voix claire, une ligne stable, une façon reconnaissable d’ouvrir la journée. Elle peut aussi devenir un risque. Tout écart s’impute à la même personne. Toute baisse d’énergie se voit. Toute hésitation se transforme en récit.

D’où l’importance de son propos sur l’équipe. Elle refuse d’apparaître comme une héroïne isolée. Elle parle d’une rédaction, d’une bande, d’une mécanique collective. C’est habile, et probablement juste. Une matinale solo qui oublie qu’elle est collective se casse très vite. Une matinale collective qui n’a plus de centre se disperse.

Ce Que « Ne Pas Lâcher L’Affaire » Veut Dire

Ne pas lâcher l’affaire, dans ce métier, ne signifie pas crier plus fort. Cela signifie revenir le lendemain. Corriger une séquence. Mieux poser une interview. Retrouver un équilibre après un matin trop chargé. La télévision du petit jour est une affaire de répétition. On gagne rarement par un coup d’éclat. On tient par une série de matins justes.

Maya Lauqué inscrit sa déclaration dans cette durée. Elle ne parle pas d’un affrontement d’une semaine. Elle parle d’une position à conserver. Rester premier. Jouer le match. Regarder dans le rétro. Ces trois verbes dessinent une stratégie plus qu’une émotion. Ils disent que la rentrée n’est pas un aboutissement. C’est une mise en jeu.

Pour le public, la question n’est pas de savoir qui « gagne » un matin donné. Elle est de savoir quelle voix devient naturelle au réveil. L’habitude est plus forte que le buzz. Elle est aussi plus fragile qu’on ne le croit. Une habitude se déplace sans faire de bruit. Puis, un jour, on s’aperçoit qu’on a changé de chaîne sans l’avoir décidé.

Une Télévision Du Matin Plus Disputeée Qu’Avant

Longtemps, la case matinale a semblé appartenir à quelques rendez-vous installés. L’arrivée d’une offre concurrente depuis 2025 a rouvert le jeu. Pas seulement en termes d’audience. En termes de définition. Qu’est-ce qu’une matinale aujourd’hui ? Un journal long ? Un talk tôt levé ? Un mélange d’info, de service, de conversation et de présence humaine ?

Chaque chaîne répond à sa manière. Télématin mise sur une mémoire et une équipe. La concurrence mise sur une autre incarnation et un autre rythme. Le téléspectateur, lui, n’a pas à choisir une doctrine. Il choisit une sensation. C’est pourquoi les déclarations de Maya Lauqué importent : elles donnent à voir comment l’émission se pense elle-même au moment où elle change de forme.

Une émission qui se pense encore en leader responsable n’aura pas la même antenne qu’une émission qui se pense en challenger affamé. Les deux peuvent être légitimes. Elles ne produisent pas le même climat. Or le climat, le matin, est déjà un contenu.

Le Respect Comme Ligne, Pas Comme Décoration

Il faut prendre au sérieux cette condition posée par Maya Lauqué : la bagarre, oui, dans le respect. Dans un espace médiatique saturé d’emballements, le mot peut sembler faible. Il est au contraire exigeant. Il implique de ne pas faire de l’autre un repoussoir permanent. Il implique de ne pas transformer chaque écart adverse en leçon de morale. Il implique aussi de ne pas se victimiser dès que l’audience bouge.

Le respect, concrètement, se voit à l’antenne. Dans la façon de citer une information. Dans la façon de traiter un invité commun. Dans la façon de parler du paysage sans en faire une guerre de tranchées. Les téléspectateurs ne demandent pas aux présentateurs d’être des saints. Ils demandent à ne pas être entraînés dans une querelle qui ne les concerne pas.

Si Maya Lauqué tient cette ligne, elle donnera à son solo une couleur particulière : combative, mais non fiévreuse. Si elle la lâche, le solo deviendra vite un récit de confrontation. Or le matin supporte mal d’être transformé en champ de bataille. Il veut du mouvement, pas de la tranchée.

Ce Qui Se Jouera Dans Les Prochaines Semaines

Les déclarations posent un cadre. L’antenne tranchera. On verra si la nouvelle musique trouve son tempo. On verra si la table des chroniqueurs compense vraiment l’absence du duo. On verra si le regard dans le rétro nourrit l’émission ou la distrait. On verra, surtout, si le public reconnaît encore Télématin comme son point d’entrée dans la journée.

Il faudra observer les matins ordinaires plus que les matins exceptionnels. Une rentrée se gagne rarement sur un invité prestigieux. Elle se gagne sur un mardi pluvieux, une actualité confuse, une séquence de service, une interview politique tenue par Francis Letellier, une conversation qui ne décroche pas. C’est là que le solo révèle sa solidité.

Maya Lauqué a choisi de ne pas jouer l’insouciance. Elle a choisi de dire qu’elle sent le poids, qu’elle accepte le match, qu’elle veut rester première. C’est une parole de professionnelle plus que de personnalité. Dans ce métier, c’est souvent ce genre de phrase qui dure plus longtemps que les effets d’annonce.

Une Voix Seule, Un Paysage Plus Bruyant

Au fond, cette rentrée raconte une bascule plus large. Les émissions s’incarnent de plus en plus dans une figure centrale, pendant que le paysage autour d’elles se fragmente. Plus de rivaux, plus de plateformes, plus de manières de s’informer avant même d’allumer le téléviseur. Le matin n’appartient plus seulement à la télévision. Il appartient aussi au téléphone, à la radio, aux notifications.

Dans ce brouhaha, une matinale doit justifier sa place. Pourquoi rester vingt minutes devant un plateau plutôt que de glisser d’une alerte à une autre ? La réponse ne peut plus être seulement : parce que c’est comme ça depuis des années. Elle doit être : parce que quelqu’un, ici, met de l’ordre, de la chaleur et du rythme dans le flux.

Maya Lauqué place exactement son solo dans cette promesse. Porter le travail d’une équipe. Absorber la pression. Jouer le match. Rester lisible. Aimer la bagarre sans la laisser tout dévorer. Ce n’est pas un programme de communication. C’est un cahier des charges. Reste à savoir si l’antenne, jour après jour, saura le tenir.

Le public, lui, tranchera comme il le fait toujours : sans communiqué, sans théorie, en tournant ou non le bouton. C’est la seule bagarre qui compte vraiment. Et c’est précisément celle que Maya Lauqué dit ne pas vouloir lâcher.

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