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Ça Commence Aujourd’hui Vendredi 18 Septembre Thème Intersexe

Ce vendredi, Faustine Bollaert ouvre le plateau à des femmes nées XY mais élevées filles. Le titre de l’épisode claque. Ce que les invitées révèlent ensuite change vraiment le regard.

On croit souvent tout connaître des après-midis de France 2. Puis un titre d’épisode arrive et le décor bascule. Ce vendredi 18 septembre, Ça commence aujourd’hui ne parle pas d’un simple secret de famille. Il parle de corps qui, dès la naissance, échappent aux cases que la société aime tracer trop vite. Faustine Bollaert accueille des femmes dont l’apparence est féminine, l’éducation aussi, alors que leurs chromosomes racontent une autre histoire. Le sujet n’est pas anecdotique. Il touche au regard médical, à la fertilité, à l’identité et à ce que l’on ose enfin dire à voix haute.

Un vendredi placé sous le signe des corps intersexes

Le numéro rediffusé porte un nom qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté commerciale : Elles ont tout d’une femme, sauf leurs gènes !. Derrière la formule, trois parcours concrets. Des invitées expliquent qu’elles sont nées avec des chromosomes XY, qu’elles ont été élevées comme des filles et que leur organisme ne répond pas aux hormones dites masculines. À l’adolescence, les examens médicaux mettent un nom sur ce qui restait flou : le syndrome d’insensibilité aux androgènes.

Ce vendredi, deux grilles se croisent. TV5MONDE propose à 11h50 la rediffusion d’un numéro d’abord passé le 16 juin. France 2 conserve sa case habituelle de 13h55, avec un inédit dont le thème n’était pas encore officiellement détaillé au moment où l’information a circulé. Le fil de la journée, toutefois, reste coloré par cette prise de parole autour des personnes intersexes.

À retenir en une minute. Rediffusion TV5MONDE à 11h50. Case quotidienne France 2 à 13h55. Épisode déjà visible en replay et en podcast. Témoignages centrés sur le choc du diagnostic, le désir d’enfant et le regard des proches.

Ce que le syndrome change vraiment dans une vie

Le syndrome d’insensibilité aux androgènes n’est pas un slogan de plateau. C’est une réalité médicale qui explique pourquoi un corps peut se développer de façon féminine alors que le caryotype est XY. Les tissus ne répondent pas, ou répondent très peu, aux androgènes. L’apparence, la voix, la silhouette suivent alors un chemin que l’entourage lit comme « une fille comme les autres ».

Le basculement survient souvent à l’âge où les règles devraient arriver, ou lorsqu’un bilan de fertilité commence. Là, les mots médicaux s’empilent. Gonades internes. Absence d’utérus dans certains cas. Questions sur l’opération, le suivi, la sexualité, la possibilité ou non de porter un enfant. Sur le plateau, les invitées ne théorisent pas. Elles racontent le jour où un médecin a posé un dossier sur la table et où le monde a changé de texture.

Le mot intersexe reste tabou, alors qu’il recouvre des situations très concrètes, des rendez-vous d’hôpital et des conversations qu’on n’aurait jamais imaginées à quinze ans.

Cette phrase, on la sent circuler dans toute la construction de l’émission. Faustine Bollaert a bâti, depuis 2017, un format où l’anonyme n’est pas un figurant. Le témoin arrive avec son récit. L’expert cadre sans juger. Le public, lui, est invité à rester. Pas à consommer un destin comme on zappe une séquence.

Trois voix, une même fracture intérieure

Le magazine ne se contente pas d’un cas unique. Trois femmes prennent la parole. Chacune a grandi dans une féminité assignée, vécue, parfois aimée, parfois questionnée trop tard. Chacune décrit le moment où les gènes sont devenus un personnage de plus dans la pièce familiale.

Il y a le choc de l’annonce. Il y a le silence des proches qui ne savent pas quel mot choisir. Il y a le corps médical, tantôt précis, tantôt maladroit, parfois trop pressé d’opérer, parfois trop lent à expliquer. Il y a enfin le désir de maternité, qui n’est pas un détail dans une société où l’on demande encore trop souvent à une femme si elle « veut des enfants » comme on vérifie une case administrative.

Parmi les invitées, Élodie Lenoir a prolongé cette prise de parole par un livre. Ce n’est pas un accessoire de promotion. C’est le signe qu’une heure d’antenne ne suffit pas toujours à ranger une biographie. L’écrit permet de reprendre le fil, de nommer les zones grises, de s’adresser à celles et ceux qui n’oseront jamais s’asseoir dans un fauteuil de talk-show.

Ce que les témoins abordent

Diagnostic tardif, regard des parents, intimité, suivi hormonal, reconstruction identitaire.

Ce que le plateau ajoute

Éclairage d’experts, cadre bienveillant, temps long, absence de voyeurisme revendiquée.

Pourquoi ce sujet arrive maintenant à la télévision

La télévision générale n’a pas toujours su parler des variations du développement sexuel sans basculer dans le sensationnel. Pendant des années, le mot intersexe a circulé surtout dans des cercles associatifs, des cabinets spécialisés, des thèses, des témoignages fragmentaires sur internet. Le grand public, lui, mélangeait encore trop souvent intersexuation, transition de genre et curiosité anatomique.

Un magazine quotidien de société a cet avantage : il parle à des gens qui n’avaient pas prévu de s’éduquer sur le sujet entre le journal de la mi-journée et une série. Faustine Bollaert n’invente pas une croisade. Elle ouvre une porte. Les récits de vie restent le moteur du programme. Famille, amour, santé, grands tournants. Les corps intersexes s’inscrivent dans cette liste, simplement parce qu’ils existent et parce qu’ils ont trop longtemps été traités comme une exception gênante.

Le 18 septembre 2026 n’est donc pas un « thème mode ». C’est une continuité. Le magazine a déjà accueilli des secrets médicaux, des deuils, des reconstructions après accident, des histoires d’adoption, des amours tardives. Placer ici des femmes XY élevées filles, c’est refuser que l’ambiguïté biologique reste hors champ.

Horaires, replay et double diffusion

Concrètement, la journée se lit en deux temps. Le matin, TV5MONDE rediffuse le numéro tourné en 2026 et déjà passé le 16 juin sur France 2. Durée d’environ une heure. Cadre familier. Témoignages qui s’enchaînent. Experts en plateau. L’après-midi, la case de 13h55 reste celle du quotidien. Un inédit est annoncé, même si son intitulé exact n’était pas encore verrouillé dans toutes les communications.

Pour celles et ceux qui manquent l’antenne, l’épisode consacré aux personnes intersexes est déjà disponible en replay et en podcast intégral. C’est devenu le réflexe du magazine : l’émission ne meurt pas à 15 heures. Elle circule. Elle se réécoute dans une voiture, dans une cuisine, dans une chambre d’étudiant qui cherche les mots pour parler à ses parents.

Cette double vie de l’émission, linéaire et délinéarisée, change le statut du témoignage. Une confidence n’est plus seulement un instant de plateau. Elle devient une ressource. On y revient. On la pause. On la partage à quelqu’un qui vient d’apprendre un diagnostic semblable.

Le rôle particulier de Faustine Bollaert

Depuis 2017, l’animatrice a installé une manière d’écouter qui n’est ni celle d’un journaliste d’investigation ni celle d’un thérapeute de plateau. Elle relance. Elle laisse le silence. Elle recentre quand l’émotion déborde. Elle rappelle qu’un expert est là pour décrypter, pas pour noter la vie des autres.

Sur un sujet aussi sensible, cette posture compte autant que le titre de l’épisode. Parler d’insensibilité aux androgènes sans basculer dans le catalogue anatomique demande de la retenue. Parler de fertilité sans réduire une femme à sa capacité à porter un enfant demande la même retenue. Parler du regard des proches sans transformer la famille en tribunal, encore davantage.

Le succès durable du rendez-vous s’explique aussi par cette promesse de bienveillance. Des invités anonymes racontent ce qu’ils ont traversé. Un spécialiste pose des mots. Le public n’est pas sommé de prendre parti comme dans un débat politique. Il est invité à comprendre. Ce n’est pas naïf. C’est une méthode.

Ce que la société entend encore mal

On répète souvent que les mentalités avancent. Sur l’intersexuation, l’avance reste inégale. Beaucoup de gens découvrent le mot à l’âge adulte. D’autres le confondent avec des débats très médiatisés sur le genre. Or les situations décrites dans l’émission sont d’abord des situations de corps, de chromosomes, de réponses hormonales, de décisions médicales prises parfois trop tôt, parfois sans information claire.

Les invitées insistent sur la nécessité de se réapproprier leur histoire. Cette phrase n’est pas décorative. Se réapproprier, ici, signifie reprendre la main sur un récit qui a d’abord appartenu aux dossiers, aux comptes rendus opératoires, aux non-dits parentaux. Signifie aussi décider quels mots on accepte : femme, intersexe, concernée, survivante d’un parcours médical, tout cela à la fois ou rien de tout cela.

Le plateau devient alors un espace de traduction. Traduire le jargon. Traduire la peur. Traduire le désir d’une vie ordinaire quand le corps a été présenté comme une exception. C’est précisément là que la télévision de l’après-midi, souvent moquée, peut encore servir à quelque chose.

Fertilité, désir d’enfant et phrases qui blessent

Parmi les séquences les plus attendues, celles qui touchent à la maternité. Dans certains tableaux cliniques liés à l’insensibilité aux androgènes, porter un enfant n’est pas possible de la même façon. Le désir, lui, n’obéit pas à un protocole. Il reste. Il se déplace. Il se négocie avec un conjoint, avec une famille, avec soi.

Les questions fusent toujours, même hors caméra. « Tu auras des enfants ? » « C’est héréditaire ? » « On t’a opérée trop jeune ? » Chacune de ces phrases peut ouvrir une plaie. L’émission ne peut pas les désamorcer toutes. Elle peut au moins montrer que ces questions existent et qu’elles méritent mieux qu’un silence gêné à table le dimanche.

Il y a aussi le couple. Comment dire à l’autre, et quand. Comment vivre l’intimité quand le corps a été longuement médicalisé. Comment tenir face à un regard qui cherche la « preuve » d’une féminité que l’on n’aurait jamais dû avoir à démontrer. Ces scènes-là, racontées sans voyeurisme, valent davantage que n’importe quel chapeau sensationnel.

Le corps médical, entre progrès et maladresses

Les parcours évoqués sont parfois lourds. Examens. Annonces brutales. Interventions. Suivis au long cours. La médecine a fait des progrès de diagnostic. Elle n’a pas toujours fait les mêmes progrès d’écoute. Une information donnée trop vite, un mot mal choisi, une décision présentée comme évidente alors qu’elle ne l’est pas, tout cela laisse des traces.

Mettre des experts en plateau n’efface pas ces traces. Cela permet au moins de distinguer ce qui relève du fait clinique et ce qui relève de l’interprétation sociale. Un caryotype XY n’annule pas une vie de femme. Une apparence féminine n’annule pas le besoin d’une information honnête. Entre les deux, il y a la personne. C’est elle que le magazine dit vouloir garder au centre.

Cette exigence devrait valoir hors antenne. Parents, enseignants, soignants, employeurs : chacun peut un jour croiser une situation qu’il ne savait pas nommer. Comprendre qu’intersexe n’est pas un effet de mode, c’est déjà cesser de traiter ces vies comme des raretés destinées aux documentaires confidentiels.

Une émission quotidienne qui refuse le petit secret de l’après-midi

On range trop vite Ça commence aujourd’hui dans la case « confessions ». Le mot n’est pas faux. Il est incomplet. Le format tient parce qu’il mélange récit et cadre. Sans le récit, l’expert devient un cours. Sans l’expert, le récit devient un déversoir. L’équilibre est fragile. Sur l’intersexuation, il l’est davantage encore.

Les jours précédents de la semaine l’avaient déjà montré à leur manière. Histoires de double vie amoureuse. Coups de foudre tardifs. Parcours de seniors qui bousculent les idées reçues. Le magazine avance par vagues humaines. Le 18 septembre, la vague concerne des femmes dont les gènes et l’éducation n’ont pas raconté la même fable.

Cette continuité a un effet discret : elle banalise l’écoute sans banaliser la souffrance. On n’entre pas dans ce numéro comme dans une exception monstrueuse. On y entre comme dans une suite logique d’un programme qui, cinq jours par semaine, accueille ce que l’existence a de moins lisse.

Comment regarder l’épisode sans le réduire à un titre choc

Le titre Elles ont tout d’une femme, sauf leurs gènes ! est conçu pour arrêter le zapping. Il fait son travail. Il risque aussi de figer. Une femme n’est pas « presque » une femme. Une vie n’est pas un écart statistique. Le plus utile, en regardant, est donc d’écouter la nuance que le titre ne peut pas porter.

Écouter comment le diagnostic a été dit. Écouter ce qui a manqué. Écouter ce qui a aidé. Écouter les mots que les invitées choisissent pour elles-mêmes, pas ceux que l’on voudrait leur coller. C’est une gymnastique simple et rare. La télévision n’y oblige personne. Elle en donne seulement l’occasion.

Petite boussole avant de lancer le replay

  • Ne pas confondre variation du développement sexuel et débat public sur le genre.
  • Accorder du crédit aux mots choisis par les concernées.
  • Garder en tête que chaque tableau clinique est singulier.
  • Retenir que l’information médicale claire reste un droit, pas un luxe.

Ce que ce numéro peut changer, concrètement

Une émission ne réforme pas un protocole hospitalier. Elle peut pourtant déplacer une conversation dans un salon, dans une salle d’attente, dans un vestiaire. Elle peut donner à une adolescente le vocabulaire qu’on ne lui a pas fourni. Elle peut pousser un parent à relire un vieux dossier autrement. Elle peut rappeler à un soignant qu’une annonce se prépare.

Elle peut aussi fatiguer. Trop d’émotion, trop de gros plans, trop de formules. Le risque existe. D’où l’intérêt du podcast et du replay : on choisit son rythme. On peut s’arrêter. On peut revenir. L’après-midi linéaire n’est plus le seul horizon.

Si le magazine reste fidèle à son fil rouge, ce 18 septembre n’est pas un écart. C’est une preuve de cohérence. Ouvrir l’antenne à des vécus longtemps passés sous silence. Le faire sans transformer les invitées en attractions. Le faire avec des experts capables de nommer sans écraser.

Autour de l’émission, une semaine déjà dense

Le public fidèle a enchaîné les thèmes. Lundi, mardi, mercredi, jeudi : amours complexes, âges de la vie, dilemmes sentimentaux. Vendredi, le corps reprend le premier rôle, mais pas comme un objet de curiosité anatomique. Comme un récit de vérité tardive. Cette variation de tons est la marque du rendez-vous. On n’y vient pas seulement pour un sujet. On y vient pour une manière d’être avec le sujet.

Dans le paysage des après-midis, peu d’émissions tiennent aussi longtemps avec la même promesse. Famille, santé, bascules existentielles. Les personnes intersexes n’étaient pas une case manquante à cocher. Elles étaient une part du réel que le réel télévisuel évite encore trop souvent. Les mettre au programme, c’est admettre que le PAF peut parler d’autre chose que des polémiques du matin.

Reste l’inédit de 13h55. Son thème exact, au moment où la rediffusion du matin s’installait dans les grilles, n’était pas encore affiché partout. Cette zone d’ombre n’empêche pas de lire la journée. Le centre de gravité est déjà là : des femmes, des gènes, un tabou, une animatrice habituée aux confidences, un public qui n’avait pas forcément prévu d’apprendre autant avant le goûter.

Au-delà du plateau, des vies qui continuent

Quand le générique part, les invitées rentrent chez elles. Le livre d’Élodie Lenoir continue sa route. Les associations, les spécialistes, les familles concernées reprennent le quotidien. La télévision a offert une heure. La vie, elle, n’est pas découpée en séquences de dix minutes.

C’est pourquoi le plus juste n’est pas de célébrer « le courage des témoins » comme on pose une médaille. Le plus juste est de retenir ce qu’elles demandent : de l’information, de la délicatesse, de la place. Ni plus. Ni cette compassion collante qui transforme une biographie en leçon de morale.

Le 18 septembre 2026 restera, pour une partie du public, le jour où un titre un peu brutal a ouvert une conversation plus fine. Pour d’autres, ce ne sera qu’un après-midi parmi d’autres. Entre les deux, il y a ceux qui reconnaîtront enfin leur propre histoire dans une phrase dite à voix haute, sous les lumières d’un studio.

Et c’est peut-être cela, au fond, la fonction la plus utile d’un magazine de société : non pas tout résoudre, mais empêcher que certaines vies restent illisibles. Faustine Bollaert n’y parvient pas seule. Les invitées portent le récit. Les experts portent le cadre. Le téléspectateur, s’il accepte de ne pas réduire l’épisode à son titre, porte le reste. C’est-à-dire le regard qu’il choisira d’avoir, demain, quand le mot intersexe reviendra dans une conversation trop vite refermée.

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