Le vendredi a commencé devant le tribunal de district de Zurich comme une journée déjà chargée, bien avant que le juge ne prenne la parole. Six membres de l’organisation d’extrême droite Junge Tat, aussi appelée Jeune action, comparissent notamment pour discrimination et incitation à la haine. Le procès très attendu se concentre sur ses deux leaders, Tobias Lingg et Manuel Corchia, qui risquent jusqu’à quinze mois de prison, dont six ferme. Dehors, quelque cent cinquante manifestants de mouvements antinazis et pro-LGBT+ se massent à l’entrée. Dedans, les prévenus choisissent le silence. Entre ces deux scènes, le même dossier: des faits de 2022, une pétition lancée en amont, et une question que l’un des leaders pose lui-même aux journalistes avant d’entrer.
Ce Que Le Tribunal De Zurich Ouvre Vendredi
Le groupuscule est présenté comme l’un des plus actifs de la droite radicale en Suisse. Ce n’est pas un détail de contexte: c’est le cadre dans lequel le tribunal de district de Zurich ouvre l’audience. Les six prévenus sont cinq hommes et une femme. L’attention judiciaire se porte surtout sur Tobias Lingg et Manuel Corchia. Les peines évoquées pour ces deux leaders vont jusqu’à quinze mois de prison, dont six ferme. Le reste de la formation comparaît dans le même dossier, autour des mêmes chefs: discrimination et incitation à la haine.
Rien dans cette ouverture n’est abstrait. Les faits rappelés datent de 2022. Les membres du groupuscule avaient notamment perturbé le service religieux de la Pride de Zurich. Ils avaient également interrompu une lecture pour enfants animée par une drag queen. Ces deux séquences reviennent comme le cœur matériel de l’affaire. Elles expliquent aussi pourquoi des parties civiles sont présentes, et pourquoi l’entrée du palais n’est pas restée vide.
À leur arrivée devant le tribunal, les deux leaders du groupuscule ont harangué les manifestants. Avec une poignée de soutiens identitaires, ils ont déployé des pancartes portant le slogan Familie statt Gender-ideology, la famille plutôt que l’idéologie de genre. En face, les banderoles clamaient Zürich bleibt Nazifrei, Zurich sans nazis. L’image est simple et brutale: deux messages collés l’un contre l’autre, le même seuil de pierre, la même matinée.
Sur le seuil — d’un côté, environ 150 personnes venues des mouvements antinazis et pro-LGBT+. De l’autre, les leaders et une poignée de soutiens. Au milieu, le procès qui s’ouvre.
Les Deux Leaders Et La Peine Envisagée
Tobias Lingg et Manuel Corchia occupent le centre du récit judiciaire. Le procès se concentre sur eux. Ils risquent jusqu’à quinze mois de prison, dont six ferme. Cette fourchette n’est pas un commentaire: c’est l’horizon pénal annoncé au moment où l’audience commence. Les quatre autres membres du groupe, dont une femme, sont également poursuivis dans le même ensemble de six.
Le ministère public est accusé, par le groupuscule lui-même, d’avoir agi avec une « motivation politique ». Cette formule n’apparaît pas dans la salle comme une conclusion du juge. Elle apparaît en amont, dans une pétition lancée sur les réseaux. La pétition appelle à défendre « la liberté d’opinion » et dénonce ces accusations à motivation politique contre les six membres.
Manuel Corchia a parlé aux journalistes avant d’entrer. Sa phrase est courte. Elle place d’emblée le procès sous un autre mot que celui de la haine: celui de la liberté d’expression. « On verra bien aujourd’hui dans quelle mesure la liberté d’expression est réellement préservée en Suisse », a-t-il déclaré. Puis il a franchi la porte. Ensuite, pendant la matinée, plus rien de sa part ni de celle des autres prévenus face aux questions du juge.
On verra bien aujourd’hui dans quelle mesure la liberté d’expression est réellement préservée en Suisse.
Manuel Corchia, avant d’entrer au tribunal
La Manifestation Devant L’Entrée
Quelque 150 manifestants se tenaient devant l’entrée. Ils venaient de mouvements antinazis et pro-LGBT+. Ils agitaient des banderoles. Le slogan le plus clairement rapporté est Zürich bleibt Nazifrei. Ce n’est pas une foule décrite comme immense. C’est une présence dense, assez visible pour occuper le parvis le jour où les six comparaisent.
Les deux leaders n’ont pas ignoré cette présence. Ils l’ont haranguée. Avec une poignée de soutiens identitaires, ils ont déployé leurs propres pancartes. Le texte choisi n’était pas une réponse mot à mot au slogan d’en face. Il parlait de famille et d’idéologie de genre. Familie statt Gender-ideology. La confrontation s’est donc jouée en slogans, avant même que le juge ne pose la première question.
Cette scène d’entrée compte parce qu’elle relie le dehors et le dedans. Dehors, on brandit des mots. Dedans, on refuse d’en prononcer. Le même vendredi contient les deux attitudes. L’une est publique, adressée à la rue et aux caméras. L’autre est judiciaire, adressée — ou plutôt non adressée — au tribunal de district de Zurich.
Les Faits De 2022 Au Cœur Du Dossier
En 2022, les membres de Junge Tat avaient perturbé le service religieux de la Pride de Zurich. C’est l’un des deux événements explicitement retenus dans le récit de l’affaire. L’autre est l’interruption d’une lecture pour enfants animée par une drag queen. Les deux scènes appartiennent à la même année. Les deux mettent en contact le groupuscule et des espaces publics liés à des publics LGBT+ ou à des organisateurs de ces temps-là.
La lecture pour enfants n’est pas un détail isolé. Elle a un nom d’événement: Drag Story Time, une heure du conte pour enfants animée par des drag queens. Brandy Butler, chanteuse et militante LGBTQ+, en est l’organisatrice. Elle compte parmi les parties civiles. Elle était là le vendredi de l’ouverture. C’est elle qui décrit, après coup, le comportement des prévenus dans la salle.
C’est lors d’une de ces lectures, à l’automne 2022, que les militants d’extrême droite de Junge Tat étaient venus. Ils étaient armés de torches en feu. Ils criaient des slogans anti-LGBTQ+. Ils menaçaient les organisateurs. À la suite de cet événement, les lectures avaient dû être annulées par souci de sécurité. Cette chaîne est complète dans le dossier tel qu’il est exposé: arrivée, torches, slogans, menaces, puis annulation.
Pride de Zurich
Perturbation du service religieux en 2022 par des membres du groupuscule.
Lecture pour enfants
Interruption d’une heure du conte animée par une drag queen, puis annulation pour sécurité.
L’Automne 2022 Et Les Torches
L’automne 2022 fixe le moment le plus précis. Une lecture. Des militants de Junge Tat. Des torches en feu. Des slogans anti-LGBTQ+. Des menaces envers les organisateurs. Le texte ne dit pas davantage sur la durée de la scène. Il dit assez pour comprendre pourquoi l’annulation a suivi. Le souci de sécurité n’est pas présenté comme un choix esthétique. Il est présenté comme la conséquence directe de l’intrusion.
Brandy Butler relie cette mémoire à l’audience du vendredi. Elle ne parle pas seulement de 2022. Elle parle de la manière dont les six se tiennent aujourd’hui devant le juge. « Il est décevant de voir que des membres de la Junge Tat ne prennent pas le tribunal au sérieux », a-t-elle déclaré. La déception porte sur le refus de répondre, pas sur un verdict qui n’est pas encore rendu.
Il est décevant de voir que des membres de la Junge Tat ne prennent pas le tribunal au sérieux.
Brandy Butler, partie civile et organisatrice de Drag Story Time
Elle ajoute le détail de la matinée. Au début de l’audience, le juge a posé des questions élémentaires. L’endroit où ils avaient grandi. Le montant de leur revenu mensuel. Ils ont refusé d’y répondre. Ensuite, lorsqu’il a été question de faits précis, par exemple s’ils avaient commis tel ou tel acte, alors même que la police les avait attrapés sur le fait, ils n’ont rien dit non plus. Le silence couvre donc l’identité sociale de base autant que les actes reprochés.
Le Silence Devant Le Juge
Durant l’audience, qui se tient au tribunal de district de Zurich, les six prévenus ont, dans la matinée, refusé de répondre aux questions du juge. La phrase est nette. Elle ne distingue pas un leader d’un autre sur ce point. Les six. La matinée. Le refus.
Le juge n’a pas commencé par le plus spectaculaire. Il a commencé par l’élémentaire. Où avaient-ils grandi. Quel était leur revenu mensuel. Ces questions-là, d’ordinaire banales dans une comparution, deviennent ici le premier mur. Derrière ce mur, les questions de faits. Derrière les questions de faits, le rappel que la police les avait attrapés sur le fait. Derrière ce rappel, encore le silence.
Ce silence contraste avec la prise de parole de la veille immédiate, ou plutôt de l’avant-salle. Manuel Corchia a parlé aux journalistes. Les pancartes ont parlé sur le parvis. La pétition a parlé sur les réseaux. Une fois le seuil judiciaire franchi, la parole s’arrête. Le procès s’ouvre donc sur une absence de réponses, alors même que l’affaire est définie par des actes publics, visibles, bruyants, tenus en 2022.
La Pétition Sur La Liberté D’Opinion
En amont de ce procès, les membres du groupuscule avaient lancé une pétition sur les réseaux. Elle appelait à défendre « la liberté d’opinion ». Elle dénonçait des accusations à « motivation politique » de la part du ministère public à l’encontre de ses six membres. Cinq hommes et une femme. Le cadrage est clair: ce n’est pas, selon eux, un dossier de discrimination et d’incitation à la haine. C’est, selon la pétition, un dossier politique.
Ce cadrage rencontre la phrase de Manuel Corchia. Voir aujourd’hui dans quelle mesure la liberté d’expression est réellement préservée en Suisse. Le mot « aujourd’hui » ancre la phrase dans le vendredi de l’ouverture. Le mot « réellement » suppose un doute. Le mot « préservée » suppose une crainte de restriction. Tout cela est dit avant l’entrée. Rien de tout cela n’est ensuite développé à la barre, puisque les questions restent sans réponse.
Le tribunal, lui, n’est pas saisi d’une pétition. Il est saisi d’une audience pour discrimination et incitation à la haine. Les deux langages coexistent le même jour. L’un circule sur les réseaux et devant les journalistes. L’autre circule dans la salle, sous forme de questions auxquelles on ne répond pas. Entre les deux, les faits de 2022 restent ce qu’ils sont dans le récit: une perturbation religieuse lors de la Pride, une lecture interrompue, des torches, des slogans, des menaces, une annulation.
Brandy Butler Et Les Parties Civiles
Brandy Butler n’est pas une observatrice lointaine. Chanteuse et militante LGBTQ+, elle compte parmi les parties civiles. Elle est l’organisatrice de Drag Story Time. C’est son heure du conte qui a été visée à l’automne 2022. C’est elle qui, le vendredi de l’ouverture, décrit la scène intérieure: questions élémentaires, refus, questions de faits, nouveau refus.
Son commentaire sur le sérieux du tribunal donne une tonalité. Elle ne dit pas que le procès est déjà jugé. Elle dit que le comportement des membres de Junge Tat, ce matin-là, ne prend pas le tribunal au sérieux. La formule est morale autant que procédurale. Elle oppose la gravité d’une salle d’audience au mutisme organisé des six.
La présence de parties civiles relie aussi la Pride et la lecture. Le service religieux perturbé et l’heure du conte interrompue ne restent pas des anecdotes séparées. Elles deviennent le motif d’une constitution de partie civile, au moins pour l’organisatrice de Drag Story Time. Le vendredi, cette présence intérieure répond, d’une autre manière, à la présence extérieure des cent cinquante manifestants.
Un Groupuscule Présenté Comme Très Actif
Junge Tat est considérée comme l’un des plus actifs de la droite radicale en Suisse. Cette qualification accompagne l’ouverture du procès. Elle ne dit pas le nombre exact d’actions hors des deux scènes de 2022. Elle dit assez pour expliquer pourquoi l’audience est décrite comme très attendue. Un groupuscule actif, six prévenus, deux leaders exposés, une peine pouvant aller jusqu’à quinze mois dont six ferme: le cadre est posé.
Le nom français donné au groupe est Jeune action. Le nom allemand reste Junge Tat. Les deux circulent ensemble. Les slogans du jour, eux, restent en allemand sur les pancartes et les banderoles. Familie statt Gender-ideology d’un côté. Zürich bleibt Nazifrei de l’autre. Le procès se tient à Zurich, et les mots d’ordre s’affichent dans la langue de la ville autant que dans celle du conflit.
Les soutiens présents à l’arrivée sont décrits comme une poignée, et comme identitaires. Ce n’est pas la foule des cent cinquante. C’est un petit groupe autour des deux leaders. Assez pour déployer des pancartes. Assez pour haranguer. Pas assez, dans le récit, pour équilibrer numériquement le parvis. L’image reste donc asymétrique: beaucoup d’un côté, une poignée de l’autre, et le tribunal au centre.
Ce Que La Matinée A Déjà Montré
Au terme de la matinée telle qu’elle est racontée, plusieurs choses sont établies et d’autres restent ouvertes. Est établi le lieu: tribunal de district de Zurich. Est établie la composition: six prévenus, cinq hommes, une femme. Sont établis les deux noms mis en avant: Tobias Lingg et Manuel Corchia. Est établie la fourchette de peine pour ces leaders: jusqu’à quinze mois, dont six ferme. Sont établis les chefs: discrimination et incitation à la haine.
Est également établie la posture des six face au juge: aucun mot aux questions, même les plus simples, même celles qui portent sur des actes où la police les avait surpris. Est établie la phrase de Manuel Corchia sur la liberté d’expression. Est établie la pétition sur la liberté d’opinion et la motivation politique prêtée au ministère public. Est établie la déception exprimée par Brandy Butler.
Reste ouvert, parce que l’ouverture n’est pas le jugement, tout ce que le tribunal dira ensuite. Le texte s’arrête à la matinée. Il n’enregistre pas de décision. Il n’enregistre pas de plaidoirie développée. Il enregistre un refus. C’est pourquoi le récit doit rester fidèle à cette limite: un procès qui commence, des faits de 2022 rappelés, une rue occupée, une salle silencieuse du côté des prévenus.
- Ouverture vendredi au tribunal de district de Zurich.
- Six membres de Junge Tat, dont deux leaders particulièrement visés.
- Chefs retenus: discrimination et incitation à la haine.
- Dehors: 150 manifestants antinazis et pro-LGBT+.
- Dedans: refus de répondre, dès les questions élémentaires.
Deux Slogans, Une Même Seuil
Le face-à-face des slogans mérite d’être relu sans y ajouter d’autre interprétation que celle des mots eux-mêmes. Zürich bleibt Nazifrei affirme une ville sans nazis. Familie statt Gender-ideology oppose la famille à l’idéologie de genre. L’un parle d’une ville à préserver d’une présence. L’autre parle d’un modèle familial à opposer à un autre cadre. Les deux s’affichent le jour où le tribunal examine des faits de discrimination et d’incitation à la haine.
Les leaders ont harangué les manifestants en déployant ces pancartes. Haranguer, ici, n’est pas répondre au juge. C’est s’adresser à ceux qui attendent dehors. Le procès fournit donc deux scènes de langage. L’une, volontaire, tournée vers la rue. L’autre, refusée, tournée vers le siège. Cette division est l’un des traits les plus nets de la journée d’ouverture.
Les manifestants, eux, ne sont pas décrits comme des parties à l’audience. Ils sont décrits comme massés devant l’entrée. Mouvements antinazis. Mouvements pro-LGBT+. Cent cinquante personnes environ. Assez pour qu’on ne puisse pas ouvrir le procès comme une formalité invisible. Pas assez, dans le texte, pour en faire autre chose qu’un rassemblement de seuil.
Pride, Culte Et Lecture Pour Enfants
La Pride de Zurich n’apparaît pas seulement comme un cortège. Elle apparaît à travers un service religieux perturbé. Le lieu du geste, dans cette formulation, est un temps cultuel lié à la Pride. La perturbation est le mot retenu. Il ne dit pas le détail de chaque phrase criée ce jour-là. Il dit l’intrusion dans un office.
La lecture pour enfants est plus détaillée. Animée par une drag queen. Inscrite dans Drag Story Time. Visée à l’automne 2022. Accueillie par des militants venus avec des torches en feu. Accompagnée de slogans anti-LGBTQ+. Suivie de menaces envers les organisateurs. Puis annulée par souci de sécurité. La séquence est la plus longue du dossier tel qu’il est livré. Elle explique aussi pourquoi l’organisatrice est partie civile.
Les deux événements de 2022 ne sont pas racontés comme des opinions exprimées à distance. Ils sont racontés comme des interruptions. Interrompre un service. Interrompre une lecture. Venir sur place. Porter des torches. Crier. Menacer. Ces verbes restent ceux du texte. Ils suffisent à comprendre le passage du fait à la poursuite, puis de la poursuite à l’audience du vendredi.
Ce Que Les Prévenus N’Ont Pas Dit
Ils n’ont pas dit où ils avaient grandi. Ils n’ont pas dit le montant de leur revenu mensuel. Ils n’ont pas dit s’ils avaient commis tel ou tel acte, y compris lorsque la police les avait attrapés sur le fait. La liste des silences commence donc très bas dans l’échelle des questions. Elle ne se réserve pas aux points les plus graves. Elle commence à l’état civil de la conversation judiciaire.
Ce choix donne à l’ouverture une allure particulière. Un procès très attendu. Des leaders qui parlent dehors. Une pétition déjà lancée. Et, une fois le juge en fonction, plus de réponses. Brandy Butler y lit un défaut de sérieux envers le tribunal. Le récit ne lui oppose pas d’autre commentaire intérieur venu des prévenus, puisqu’ils n’en donnent pas.
On peut relire alors la phrase de Manuel Corchia à la lumière de cette matinée. Voir si la liberté d’expression est préservée, avait-il dit. Dans la salle, l’expression retenue par les six a été le refus. Hors de la salle, l’expression retenue avait été la harangue, la pancarte et la pétition. Le même dossier porte donc plusieurs régimes de parole, selon que l’on se tient sur le parvis ou face au juge.
Zurich, Le District Et Le Jour J
Le tribunal de district de Zurich n’est pas un décor anonyme dans ce récit. C’est le lieu nommé de l’audience. La ville est aussi dans les slogans. Zurich sans nazis. Zurich Pride. Lecture à Zurich. Procès à Zurich. La géographie est unique. Tout tient dans la même ville, à quelques années d’intervalle: 2022 pour les faits, le vendredi d’ouverture pour l’audience.
Le caractère « très attendu » du procès tient à cet empilement. Un groupuscule actif. Deux leaders exposés. Une peine possible de quinze mois dont six ferme. Des faits publics. Une contre-manifestation de cent cinquante personnes. Des parties civiles. Une pétition. Un silence. Rien n’y est ajouté. Tout y est déjà suffisant pour remplir une matinée et pour tenir en haleine la suite, qui n’est pas écrite ici.
Les six membres restent six jusqu’au bout du texte. On ne dissocie pas, dans le refus de la matinée, le leader de l’autre prévenu. On dissocie seulement, dans l’horizon pénal annoncé, les deux leaders pour lesquels la fourchette de quinze mois dont six ferme est explicitement donnée. Cette distinction appartient au dossier tel qu’il est présenté. Elle ne préjuge pas de ce que le tribunal décidera plus tard.
Reprendre Les Mots Sans Les Déplacer
Discrimination. Incitation à la haine. Liberté d’opinion. Liberté d’expression. Motivation politique. Famille. Idéologie de genre. Zurich sans nazis. Ces mots-là sont tous déjà dans la journée. Les uns viennent de l’accusation. Les autres viennent de la pétition, des pancartes ou de la déclaration à la presse. Les mettre côte à côte n’est pas les réconcilier. C’est constater qu’ils occupent le même vendredi.
Drag Story Time. Pride de Zurich. Torches en feu. Slogans anti-LGBTQ+. Menaces. Annulation pour sécurité. Cette seconde liste appartient aux faits de 2022. Elle est plus concrète. Elle décrit des gestes. Elle décrit une conséquence immédiate: l’arrêt des lectures. Entre la première liste et la seconde, le procès cherche son chemin. L’ouverture montre surtout que les prévenus, eux, ne cherchent pas encore à l’expliquer au juge.
Jeune action. Junge Tat. Droite radicale. Groupuscule. Identitaires. Antinazis. Pro-LGBT+. Parties civiles. Ministère public. Tribunal de district. Ces noms d’acteurs dessinent la carte. Personne d’autre n’y entre. Rien d’autre n’y est inventé. L’article s’arrête où s’arrête la matière: une audience commencée, une matinée de silence, une rue occupée, deux années plus tôt des interruptions déjà nommées.
La Suite Reste Dans La Salle
Ce que l’on sait à la fin de cette ouverture tient en quelques lignes serrées. Six personnes comparaissent à Zurich. L’organisation s’appelle Junge Tat. Les chefs visent la discrimination et l’incitation à la haine. Tobias Lingg et Manuel Corchia sont au centre et risquent jusqu’à quinze mois de prison, dont six ferme. Cent cinquante manifestants ont tenu le parvis. Les leaders ont répondu par des pancartes sur la famille et l’idéologie de genre. En 2022, une Pride et une lecture pour enfants ont été perturbées. À l’automne, des torches et des menaces ont fait annuler les lectures. Une pétition a parlé de liberté d’opinion. Corchia a parlé de liberté d’expression. Puis les six n’ont plus parlé au juge.
Brandy Butler a dit sa déception. Le juge a posé des questions élémentaires, puis des questions de faits. Rien n’est venu. Le procès très attendu s’est donc ouvert moins par un échange que par un contraste. Dehors, les mots s’affichent. Dedans, ils se retiennent. Entre les deux, le tribunal de district de Zurich commence son travail sur un dossier que les prévenus, ce vendredi matin, ont choisi de ne pas commenter.
Il n’y a pas d’autre chute possible sans sortir du réel déjà donné. Pas de verdict. Pas de peine prononcée. Pas de phrase nouvelle venue de la barre. Seulement une salle, six silences, deux leaders, une organisatrice partie civile, une foule au seuil, et des faits de 2022 qui, eux, n’ont pas cessé d’être nommés. Le reste appartiendra aux audiences suivantes. Pour cette page, le vendredi s’arrête là: à la porte encore close des réponses.









