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Dragon Ball En Île-De-France : Aucune Licence Officielle Accordée

Un parc Dragon Ball en région parisienne a été évoqué au plus haut niveau. Les détenteurs japonais des droits affirment n’avoir rien accordé. Les images circulant ne viendraient même pas de France.

Un projet de parc à thème inspiré d’un manga culte peut-il voir le jour sans l’accord explicite de ceux qui détiennent les droits ? C’est la question qui s’est imposée après l’annonce, au plus haut niveau de l’État, de trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise, à trente-cinq kilomètres au nord-ouest de Paris. Des médias ont évoqué une décision de construire un parc dédié à Dragon Ball. Les détenteurs japonais des droits ont répondu, avec une clarté rare, qu’aucune licence n’avait été accordée pour un tel projet en France.

Le Démenti Japonais Change La Lecture Du Projet Francilien

La société Toei Animation a publié en japonais, en début de semaine, un communiqué qui ne laisse guère de place à l’interprétation. Selon ce texte, certains médias ont rapporté qu’une décision avait été prise de construire un parc à thème Dragon Ball en France. Or ni cette société, ni aucune des sociétés détenant des droits sur cette propriété n’ont accordé de licence en lien avec ce projet. Toei Animation affirme n’avoir connaissance d’aucun élément allant dans ce sens.

Ce démenti ne nie pas l’existence d’un projet immobilier et touristique d’ampleur en Île-de-France. Il nie un point précis : l’usage autorisé de la propriété Dragon Ball pour un parc français. La distinction est essentielle. Un investissement de six milliards d’euros peut être annoncé. Trois parcs peuvent être envisagés. Une inspiration manga peut être citée. Une licence, elle, est un acte juridique. Sans cet acte, le nom, les personnages et l’univers ne peuvent pas habiller officiellement un site.

Le communiqué japonais insiste aussi sur l’origine des images qui ont circulé. Toutes les images conceptuelles et toutes les séquences vidéo utilisées dans ces reportages seraient celles publiées le 22 mars 2024 par Qiddiya Investment Company en Arabie saoudite, conjointement avec Toei Animation. Elles concernent un parc prévu à Qiddiya City, en Arabie saoudite. Elles n’auraient absolument aucun lien avec un parc d’attractions en France.

Ce Que L’Annonce Du 24 Août A Réellement Dit

Le 24 août, le président français Emmanuel Macron et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ont conjointement annoncé la construction de trois parcs à thème à Cergy-Pontoise. L’investissement évoqué atteint six milliards d’euros. Le site retenu se trouve à trente-cinq kilomètres au nord-ouest de Paris. Le projet doit s’étendre sur plusieurs années.

Lors de cette annonce, Emmanuel Macron a affirmé que le projet permettrait la création de 22 000 emplois directs. Le chiffre a immédiatement donné une dimension sociale et territoriale à un dossier qui, autrement, aurait pu rester une affaire de licences et de marques. Vingt-deux mille emplois directs, ce n’est pas un détail de communication. C’est un argument politique, économique et local.

Une conseillère d’Emmanuel Macron a indiqué que le projet était né d’une discussion entre le président de la République et le prince héritier en décembre 2024 à Riyad. Ils auraient alors découvert leur « passion commune » pour les mangas « et notamment Dragon Ball Z ». Cette phrase a ancré dans l’esprit public l’idée d’un parc Dragon Ball. Elle décrit une origine diplomatique et personnelle. Elle ne décrit pas, à elle seule, un contrat de licence.

Ni notre société, ni aucune des sociétés détenant des droits sur cette propriété n’ont accordé de licence en lien avec ce projet, et nous n’avons connaissance d’aucun élément allant dans ce sens.

Le texte de Toei Animation, ainsi formulé, porte à la fois sur l’absence de licence et sur l’absence de connaissance d’éléments allant dans le sens d’un tel accord. Il ne se contente pas de dire « nous n’avons pas signé ». Il dit aussi « nous n’avons rien vu qui ressemble à cette décision ».

La Région Et Le Récit D’Une Inspiration Manga

De son côté, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a indiqué travailler « depuis 18 mois » sur ce projet inspiré du manga japonais. Cette déclaration situe le travail régional dans la durée. Dix-huit mois, ce n’est pas une improvisation de dernière minute. C’est un calendrier administratif, foncier, politique.

Travailler sur un projet « inspiré » d’un manga n’équivaut pas à détenir la licence de ce manga. L’inspiration peut orienter une ambition, un style, une cible de public. La licence, elle, autorise l’usage commercial d’une propriété intellectuelle précise. Entre les deux, il y a un fossé juridique que le communiqué japonais vient rappeler.

Cergy-Pontoise n’est pas un lieu abstrait. C’est un territoire francilien, à trente-cinq kilomètres de Paris, suffisamment proche de la capitale pour être lu comme un projet d’Île-de-France, suffisamment distinct pour accueillir une opération de grande ampleur. L’annonce de trois parcs, et non d’un seul, élargit encore l’échelle. Le nom Dragon Ball a pourtant polarisé l’attention sur une seule propriété culturelle.

Point de vigilance. Un projet de parcs peut exister. Une passion commune pour un manga peut être réelle. Une licence d’exploitation, elle, se prouve par un accord des ayants droit. Toei Animation affirme qu’un tel accord n’existe pas pour la France.

Qiddiya Investment Company Et Les Discussions De Marques

La société Qiddiya Investment Company, détenue par le fonds souverain de l’Arabie saoudite, va investir dans ces parcs d’attractions. Face aux formulations trop définitives, elle a préféré parler de discussions en cours avec de grandes marques internationales détentrices de licences. Cette formulation est plus prudente que celle d’une « décision » déjà prise d’associer Dragon Ball au site français.

Des discussions en cours, ce n’est pas un contrat signé. Des grandes marques internationales, ce n’est pas nécessairement Dragon Ball. Le choix des mots de Qiddiya Investment Company élargit le champ. Il replace le dossier dans une logique de négociations de licences, plutôt que dans celle d’un univers déjà choisi et déjà autorisé.

Le même acteur apparaît aussi dans le volet saoudien des images. Toei Animation précise que les visuels et les vidéos repris dans les reportages sur la France sont ceux publiés le 22 mars 2024 par Qiddiya Investment Company en Arabie saoudite, avec Toei. Ils concernent Qiddiya City. Ils ne concernent pas Cergy-Pontoise.

Deux géographies se trouvent ainsi superposées dans l’esprit du public : un parc annoncé en région parisienne, des images conçues pour un parc en Arabie saoudite. Le communiqué japonais sépare ces deux scènes. Il affirme qu’elles n’ont absolument aucun lien.

Pourquoi Plusieurs Sociétés Japonaises Comptent Ici

Plusieurs sociétés japonaises possèdent les droits sur le personnage culte Dragon Ball en fonction des supports d’utilisation. Cette phrase, banale pour les professionnels de la propriété intellectuelle, est décisive pour le grand public. Un manga n’est pas un bloc unique de droits. L’édition, l’animation, le merchandising, les jeux, les attractions : chaque usage peut relever d’un titulaire différent, ou d’un faisceau de titulaires.

Toei Animation s’exprime au nom de sa société et affirme qu’aucune des sociétés détenant des droits sur cette propriété n’a accordé de licence en lien avec le projet français. Le communiqué élargit donc le démenti au-delà de Toei seule. Il vise l’ensemble des ayants droit concernés par cette propriété.

La société Bandai Namco Entertainment, un autre détenteur potentiel des droits, a refusé de commenter. Une porte-parole de Shueisha, l’éditeur japonais des mangas Dragon Ball, a déclaré n’avoir rien à voir avec ce projet. Trois postures apparaissent : un démenti écrit et public, un refus de commentaire, une mise à distance explicite.

Ces trois postures ne disent pas la même chose sur le ton. Elles disent pourtant la même chose sur le fond observable : personne, parmi les acteurs japonais cités, ne confirme une licence française pour un parc Dragon Ball.

Les Images De Mars 2024 Ne Parlent Pas De Cergy

Toei Animation a tenu à préciser un point visuel, presque aussi important que le point juridique. Les images conceptuelles et les séquences vidéo du parc à thème utilisées dans les reportages sont celles publiées lors de l’annonce du 22 mars 2024 par Qiddiya Investment Company en Arabie saoudite et par Toei. Elles concernent le parc à thème dont la construction est prévue à Qiddiya City.

Un concept-art peut voyager plus vite qu’un contrat. Une vidéo de présentation peut être reprise hors de son contexte. Le public voit une attraction, un décor, une silhouette d’univers. Il conclut à un projet français. Le communiqué répond : ces images n’ont absolument aucun lien avec un parc d’attractions en France.

Cette mise au point change la lecture des reportages déjà publiés. Elle ne dit pas que les parcs franciliens n’existeront pas. Elle dit que les images montrées pour illustrer un parc Dragon Ball en France appartiennent à un autre dossier, saoudien, daté du 22 mars 2024.

Deux projets, deux géographies

  • France : trois parcs annoncés à Cergy-Pontoise, investissement de six milliards d’euros.
  • Arabie saoudite : images et vidéos d’un parc à Qiddiya City, publiées le 22 mars 2024.
  • Toei Animation : aucun lien entre ces visuels et un parc français.

La Passion Commune Ne Remplace Pas Une Licence

Le récit diplomatique a son importance. Une discussion à Riyad, en décembre 2024, entre le président français et le prince héritier saoudien. Une passion commune pour les mangas. Une mention particulière de Dragon Ball Z. Ce récit explique pourquoi le nom du manga s’est collé si vite au projet francilien.

Il n’explique pas comment une propriété intellectuelle japonaise serait devenue disponible pour un parc en Île-de-France. Toei Animation affirme qu’aucune licence n’a été accordée. Shueisha indique n’avoir rien à voir avec ce projet. Bandai Namco Entertainment refuse de commenter. Le récit politique et le régime des droits ne coïncident pas, en l’état des déclarations.

Une passion commune peut ouvrir une conversation. Elle peut même ouvrir un partenariat d’investissement. Elle ne confère pas, à elle seule, le droit d’utiliser un personnage, un titre, un univers. C’est précisément ce que le communiqué japonais vient rappeler, sans ambiguïté de formulation.

Six Milliards D’Euros Et Vingt-Deux Mille Emplois

Le montant annoncé reste celui de six milliards d’euros. Le volume d’emplois avancé par Emmanuel Macron reste celui de 22 000 emplois directs. Ces deux chiffres appartiennent à l’annonce du 24 août. Ils ne dépendent pas, dans le discours officiel, d’une seule licence japonaise. Ils dépendent d’un programme de trois parcs à Cergy-Pontoise, sur plusieurs années.

Retirer Dragon Ball du récit visuel ne supprime pas automatiquement le dossier d’investissement. Cela change cependant la manière dont le public imagine les attractions. Un parc sans la licence attendue n’est plus le même objet mental. Il redevient un projet de sites, de marques éventuellement encore en discussion, d’emplois et d’aménagement.

Qiddiya Investment Company, détenue par le fonds souverain saoudien, est présentée comme l’investisseur de ces parcs. Elle parle de discussions avec de grandes marques internationales détentrices de licences. Cette phrase laisse le champ ouvert. Elle évite de figer le projet français sur une seule propriété culturelle.

Le calendrier, lui, reste celui d’un projet qui doit s’étendre sur plusieurs années. Rien dans les éléments communiqués n’indique une ouverture immédiate. Rien n’indique non plus qu’une licence Dragon Ball française aurait déjà été obtenue pour accompagner cette durée.

Ce Que Dit, Et Ne Dit Pas, Le Refus De Commentaire

Bandai Namco Entertainment a refusé de commenter. Un refus de commentaire n’est pas une confirmation. Ce n’est pas non plus un démenti rédigé. Dans un dossier où Toei Animation a choisi l’écrit public et où Shueisha a choisi la mise à distance, le silence de Bandai Namco Entertainment s’ajoute à l’absence de validation.

Shueisha, éditeur japonais des mangas Dragon Ball, a déclaré n’avoir rien à voir avec ce projet. La formule est nette. Elle ne décrit pas une négociation avancée. Elle ne décrit pas un accord imminent. Elle décrit une absence de lien.

Toei Animation va plus loin encore : aucune des sociétés détenant des droits sur cette propriété n’a accordé de licence en lien avec ce projet. La phrase couvre le paysage des ayants droit, tel que Toei le présente. Elle ferme, pour l’instant, la porte à l’idée d’une autorisation déjà donnée.

Ces images et vidéos n’ont absolument aucun lien avec un parc d’attraction en France.

La deuxième jambe du communiqué, celle des visuels, vise un autre malentendu. Même si le public a vu des décors et des séquences, ces documents appartiendraient au dossier de Qiddiya City. Les reprendre pour illustrer Cergy-Pontoise reviendrait à coller un décor saoudien sur une annonce française.

Cergy-Pontoise, Un Cadre Territorial Précis

Le lieu n’est pas « quelque part près de Paris ». C’est Cergy-Pontoise, à trente-cinq kilomètres au nord-ouest de la capitale. Cette précision géographique ancre le projet dans l’ouest francilien. Elle explique aussi pourquoi la région Île-de-France s’exprime : le site relève de son territoire.

Valérie Pécresse situe son travail sur dix-huit mois. Le couple présidentiel et princier situe la naissance du projet dans une discussion de décembre 2024 à Riyad. Deux temporalités coexistent. L’une est régionale et déjà engagée. L’autre est diplomatique et personnelle, liée à une passion pour les mangas, notamment Dragon Ball Z.

Ces deux temporalités peuvent se rejoindre sur un investissement. Elles ne se rejoignent pas automatiquement sur une licence. Le communiqué de Toei Animation sépare nettement l’annonce politique et l’autorisation d’usage de la propriété.

Le public francilien, lui, a entendu un nom de manga, vu des images spectaculaires, et conclu trop vite à un parc officiel Dragon Ball. Le démenti japonais invite à relire cette séquence avec plus de rigueur.

Une Propriété, Plusieurs Supports, Plusieurs Droits

Le rappel selon lequel plusieurs sociétés japonaises possèdent les droits selon les supports d’utilisation n’est pas une clause de style. Un parc à thème n’est pas un tome de manga. Ce n’est pas non plus, à soi seul, une série animée. C’est un usage spécifique, souvent parmi les plus encadrés, parce qu’il donne forme physique à des personnages et à des univers.

Pour qu’un site français puisse se présenter comme parc Dragon Ball, il faudrait un accord adapté à cet usage. Toei Animation affirme qu’un tel accord n’a pas été donné, ni par elle, ni par les autres sociétés détentrices de droits sur cette propriété. Elle ajoute n’avoir connaissance d’aucun élément allant dans ce sens.

Cette dernière précision réduit la marge laissée aux rumeurs de « deal déjà bouclé mais non annoncé ». Si Toei dit n’avoir connaissance d’aucun élément allant dans ce sens, le récit d’une décision déjà prise se trouve contredit à la source japonaise.

Les discussions évoquées par Qiddiya Investment Company avec de grandes marques internationales peuvent porter sur d’autres licences. Elles peuvent aussi, un jour, porter sur celle-ci. En l’état des déclarations japonaises, elles ne se sont pas traduites par une licence accordée pour la France.

Comment Le Malentendu Visuel S’Est Installé

Un reportage a besoin d’images. Un parc à thème se raconte mieux avec des concept-arts qu’avec un communiqué diplomatique. Les visuels du 22 mars 2024 étaient disponibles. Ils montraient un parc lié à Toei et à Qiddiya Investment Company. Ils ont pu sembler « coller » à l’annonce française du 24 août.

Toei Animation corrige cette collage. Les images concernent Qiddiya City, en Arabie saoudite. Elles n’ont absolument aucun lien avec un parc d’attractions en France. Le public est donc invité à séparer ce qu’il a vu et ce qui a été annoncé à Cergy-Pontoise.

Cette séparation est froide, mais utile. Elle évite de juger un projet francilien à partir d’un décor conçu pour un autre pays. Elle évite aussi d’attribuer à la France une licence que les ayants droit disent n’avoir pas donnée.

À retenir sans mélange

Annonce franco-saoudienne de trois parcs à Cergy-Pontoise. Investissement de six milliards d’euros. 22 000 emplois directs évoqués. Inspiration manga citée. Licence Dragon Ball pour la France : démentie par Toei Animation. Images circulantes : dossier Qiddiya City du 22 mars 2024.

Le Poids Politique D’Un Nom De Manga

Pourquoi ce nom a-t-il pris autant de place ? Parce qu’il est populaire. Parce qu’une conseillère présidentielle a cité une passion commune, « notamment Dragon Ball Z ». Parce que la présidente de région a parlé d’un projet inspiré du manga japonais. Parce que des images spectaculaires ont circulé.

Chacun de ces éléments est réel dans le dossier public. Aucun d’eux, selon Toei Animation, ne vaut licence. Le décalage entre la force du nom et la faiblesse de l’autorisation explique la vivacité du démenti.

Un nom de manga fonctionne comme une promesse d’expérience. Les visiteurs imaginent des files d’attente, des décors, des attractions. Les ayants droit, eux, voient un usage commercial d’une propriété. Quand la promesse précède l’usage autorisé, le démenti devient inévitable.

C’est précisément la situation décrite par le communiqué japonais : des médias ont rapporté qu’une décision avait été prise de construire un parc à thème Dragon Ball en France. Toei répond que cette décision, du point de vue des droits, n’existe pas.

Investissement Saoudien, Récit Français, Droits Japonais

Trois capitaux symboliques se croisent. L’investissement vient d’une société détenue par le fonds souverain saoudien. L’annonce politique est franco-saoudienne. Les droits de la propriété culturelle citée sont japonais, répartis selon les supports. Aucun de ces trois pôles ne peut parler à la place des deux autres.

Qiddiya Investment Company peut investir et discuter avec des marques. Les autorités françaises peuvent annoncer des parcs, des emplois, un site à Cergy-Pontoise. Les sociétés japonaises peuvent accorder, ou non, une licence. Toei Animation dit que cette licence n’a pas été accordée pour le projet français.

Le croisement de ces trois voix produit de la confusion dès que l’une est citée pour prouver l’autre. Une passion évoquée à Riyad ne prouve pas un contrat à Tokyo. Une image de Qiddiya City ne prouve pas un décor de Cergy-Pontoise. Un chiffre d’emplois ne prouve pas un droit d’exploiter un personnage.

Relire le dossier avec cette grille évite de transformer une annonce d’investissement en parc officiel Dragon Ball. C’est la grille que le communiqué japonais impose désormais.

Ce Qui Reste Solide Après Le Démenti

Après le texte de Toei Animation, certains faits demeurent tels qu’annoncés. Trois parcs à thème à Cergy-Pontoise. Trente-cinq kilomètres au nord-ouest de Paris. Six milliards d’euros d’investissement. Un horizon de plusieurs années. 22 000 emplois directs évoqués par Emmanuel Macron. Un investisseur : Qiddiya Investment Company, détenue par le fonds souverain saoudien.

Demeurent aussi le travail régional évoqué sur dix-huit mois, la discussion de décembre 2024 à Riyad, la mention d’une passion commune pour les mangas, et notamment Dragon Ball Z. Demeure enfin la formule de Qiddiya Investment Company sur des discussions en cours avec de grandes marques internationales détentrices de licences.

Ce qui ne demeure pas, c’est l’idée qu’une licence Dragon Ball aurait déjà été donnée pour la France. Ce qui ne demeure pas non plus, c’est l’idée que les images montrées illustreraient le site francilien. Toei Animation les rattache à Qiddiya City et à la publication du 22 mars 2024.

Le dossier public, ainsi recadré, redevient un projet de parcs, un projet d’emplois, un projet d’investissement, et non la certitude d’un univers manga déjà concédé.

Pourquoi La Formulation « Décision Prise » Posait Problème

Toei Animation cite nommément l’idée selon laquelle « une décision a été prise de construire un parc à thème Dragon Ball en France ». C’est cette formulation qu’elle contredit. Une décision de construire des parcs à Cergy-Pontoise a été annoncée politiquement. Une décision d’y installer officiellement Dragon Ball n’a pas, selon elle, d’existence côté droits.

Le glissement d’un mot suffit à tout changer. Parcs à thème. Parc Dragon Ball. Inspiration manga. Licence manga. Discussions avec des marques. Accord déjà donné. Chaque cran supplémentaire durcit l’affirmation. Le communiqué japonais coupe cette chaîne au cran de la licence.

Pour le lecteur, la leçon est simple. Il faut relire chaque phrase et demander : qui parle ? de quel objet ? avec quel pouvoir ? Le président peut parler d’emplois. La région peut parler d’un travail de dix-huit mois. L’investisseur peut parler de discussions. Seuls les ayants droit peuvent parler d’une licence accordée.

Or les ayants droit, tels qu’ils s’expriment ici, ne parlent pas d’une licence accordée. Ils parlent d’une absence d’accord, d’une absence de lien, ou ils refusent de commenter.

Qiddiya City N’Est Pas Cergy-Pontoise

La géographie du dossier mérite d’être répétée, parce que c’est elle que les images ont brouillée. Qiddiya City se trouve en Arabie saoudite. Cergy-Pontoise se trouve en Île-de-France. Toei Animation affirme que les visuels repris pour parler de la France concernent le premier lieu, pas le second.

Le 22 mars 2024, Qiddiya Investment Company et Toei Animation ont publié des images et des vidéos liées au parc prévu à Qiddiya City. Ces documents existent. Ils ont une date. Ils ont un territoire. Les coller sur l’annonce du 24 août concernant Cergy-Pontoise crée un faux air de continuité.

Le communiqué japonais rompt cette continuité. Il le fait en des termes absolus : aucun lien. Pas un lien faible. Pas un lien indirect. Aucun lien.

Cette phrase devrait désormais accompagner toute réutilisation de ces visuels dans un contexte français. Sans elle, le public croit voir le futur parc francilien. Avec elle, il voit un autre projet, déjà présenté l’année précédente en Arabie saoudite.

Le Temps Long D’Un Parc Et Le Temps Court D’Une Rumeur

Un parc à thème se construit sur plusieurs années. Une rumeur de licence se répand en quelques heures. Le décalage entre ces deux vitesses explique une partie du choc. L’annonce du 24 août a créé une image mentale immédiate. Le communiqué japonais est venu, ensuite, retirer le nom de la propriété au centre de cette image.

Les 22 000 emplois directs appartiennent au temps long. Les six milliards d’euros appartiennent au temps long. Les trois parcs de Cergy-Pontoise appartiennent au temps long. La licence, si elle devait un jour exister, appartiendrait aussi au temps long des négociations. Le démenti, lui, appartient déjà au présent.

Valérie Pécresse situe un travail régional de dix-huit mois. Ce temps-là précède l’annonce conjointe. Il montre qu’un dossier territorial avançait déjà. Il ne montre pas qu’une société japonaise avait signé.

Décembre 2024 à Riyad appartient au récit d’origine. Le 22 mars 2024 appartient aux images saoudiennes. Le 24 août appartient à l’annonce des trois parcs. Le communiqué japonais de début de semaine appartient au rappel du droit. Quatre dates, quatre objets. Les mélanger produit l’erreur que Toei Animation corrige.

Ce Que Le Public Est En Droit D’Attendre Désormais

Le public peut attendre de la clarté sur les marques réellement pressenties. Qiddiya Investment Company évoque des discussions avec de grandes marques internationales détentrices de licences. Cette phrase, prudente, devrait désormais primer sur les reconstitutions visuelles empruntées à Qiddiya City.

Le public peut aussi attendre que l’on sépare l’emploi et le personnage. 22 000 emplois directs peuvent être un enjeu francilien majeur, que l’univers affiché soit celui-ci ou un autre. Le chiffre annoncé par Emmanuel Macron ne disparaît pas parce qu’une licence manque. Il change seulement de décor mental.

Le public peut enfin attendre que l’on cesse de présenter comme acquise une autorisation que Toei Animation dit n’avoir pas donnée, que Shueisha dit ne pas concerner, et que Bandai Namco Entertainment refuse de commenter.

En matière de propriété intellectuelle, le silence ou le démenti des ayants droit pèse plus lourd qu’une formule d’inspiration. C’est la règle que ce dossier vient d’illustrer, de façon presque scolaire.

Une Lecture Sobre Pour Un Dossier Très Observé

Il reste possible de raconter ce dossier sans enfler. Des parcs sont annoncés à Cergy-Pontoise. Un investissement de six milliards d’euros est avancé. Un investisseur saoudien est identifié. Un volume d’emplois directs est cité. Une origine diplomatique de décembre 2024 est relatée. Une région dit travailler depuis dix-huit mois. Un manga a été nommé comme passion commune et comme inspiration.

Il faut ensuite ajouter, sans l’atténuer, le communiqué de Toei Animation. Aucune licence n’a été accordée pour un parc Dragon Ball en France, ni par Toei, ni par les autres sociétés détentrices de droits sur cette propriété. Aucun élément allant dans ce sens n’est connu de Toei. Les images et vidéos reprises viennent du dossier de Qiddiya City publié le 22 mars 2024. Elles n’ont absolument aucun lien avec un parc français.

Cette lecture sobre est moins spectaculaire qu’un parc déjà habillé des couleurs d’un manga planétaire. Elle est plus fidèle aux déclarations disponibles. Elle laisse le projet d’investissement là où il est : un programme de trois parcs, encore associé, côté marques, à des discussions plutôt qu’à une licence japonaise déjà signée pour Dragon Ball.

Elle rappelle aussi qu’en Île-de-France comme ailleurs, un nom célèbre ne circule pas librement. Il circule avec des droits, des supports, des titulaires. Quand ces titulaires parlent, leur phrase devient le centre du dossier. C’est désormais le cas.

Le projet francilien continue d’exister dans l’annonce du 24 août. L’univers Dragon Ball, lui, n’y entre pas par la voie d’une licence déjà accordée. Entre les deux, il n’y a plus la place pour un malentendu visuel venu d’Arabie saoudite. Toei Animation a refermé cette place, noir sur blanc.

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