Peut-on imaginer un ancien officier de police juif, passé par le renseignement et la lutte contre la corruption, s’avancer aux côtés du chef d’un parti arabe israélien pour affronter ensemble le scrutin du 27 octobre ? Lundi soir, à Nazareth, cette scène a eu lieu. Mansour Abbas a annoncé le ralliement de Yoav Segalovitz à la Liste arabe unifiée, aussi appelée Raam. Ce n’est pas présenté comme un geste anodin. Ce n’est pas non plus raconté comme une simple anecdote de campagne. C’est une première en Israël, et les mots choisis sur place insistent à la fois sur la difficulté du geste et sur l’idée d’un avenir commun.
Une Annonce Politique Rare Prononcée À Nazareth
Le chef du parti arabe israélien Raam a parlé lundi soir devant la presse. Il n’a pas cherché à habiller l’événement d’une facilité de façade. Il a dit que Yoav Segalovitz rejoignait la Liste arabe unifiée. Il a ajouté que la décision n’était pas facile et qu’il ne la présentait pas comme telle. Il l’a qualifiée de décision sérieuse. Cette manière de poser le cadre compte autant que le nom du rallié. Elle situe d’emblée le ralliement dans une histoire difficile entre Arabes et Juifs, tout en ouvrant la phrase suivante vers autre chose : un avenir commun, dans tous les domaines de la vie.
Yoav Segalovitz était présent à ses côtés. Il n’a pas parlé seulement en tant qu’ancien responsable policier. Il a parlé en tant qu’homme politique qui accepte d’entrer dans une liste arabe. Il a reconnu l’histoire difficile. Il a aussi affirmé qu’un avenir commun existait. Puis il a posé la question qui résume toute la conférence : est-il possible de créer une coopération politique entre des personnes aussi différentes ? Sa réponse a été oui, à condition de s’appuyer sur la confiance, sur la reconnaissance des différences et sur un engagement dans une action commune.
Ce qui a été dit à Nazareth
Ralliement annoncé par Mansour Abbas, présence de Yoav Segalovitz, insistance sur une décision sérieuse, rappel d’une histoire difficile, appel à un avenir commun et à une coopération fondée sur la confiance.
Pourquoi Cette Première Pèse Dans La Campagne
Le texte de l’annonce insiste sur le caractère inédit du geste. Un ancien officier de police juif rejoint une liste arabe en vue des élections du 27 octobre. Cette phrase, à elle seule, organise toute la lecture politique du moment. Elle ne promet pas un basculement automatique des rapports de force. Elle ne dit pas non plus que les tensions disparaissent. Elle dit qu’une barrière symbolique vient d’être franchie, au moins sur le plan de la composition d’une liste.
Raam n’est pas présenté ici comme un parti parmi d’autres sans histoire. C’est un parti arabe israélien, dirigé par Mansour Abbas, décrit comme un parti islamiste modéré. Les derniers sondages lui donnent entre 5 et 6 sièges sur 120. Le ralliement intervient donc dans un espace parlementaire étroit, où chaque siège compte et où la visibilité d’une figure venue d’un autre univers politique peut modifier la perception de la liste, sans que l’article d’origine ne quantifie cet effet.
Le lieu choisi, Nazareth, dans le nord, n’est pas un détail décoratif. C’est là que l’annonce a été faite. C’est là que les deux hommes se sont tenus côte à côte. La géographie de la conférence donne une texture concrète à un geste qui, autrement, resterait une phrase de communiqué. On voit une ville, une soirée, une conférence de presse, un chef de parti et un ancien officier devenu député puis vice-ministre.
Le Parcours De Yoav Segalovitz Tel Qu’Il Est Rapporté
Avant d’être un nom associé à Raam, Yoav Segalovitz est décrit comme un ancien officier de police juif. Il a été responsable de la lutte contre la corruption, puis de la division des Renseignements au sein de la police israélienne. Ces deux fonctions dessinent un profil de sécurité intérieure, loin de l’image d’un militant communautaire arabe. C’est précisément cet écart de trajectoire qui rend le ralliement lisible comme une première.
Il a ensuite été membre du parti centriste Yesh Atid de Yaïr Lapid, actuel chef de l’opposition. Élu à la Knesset en 2019, il a été nommé deux ans plus tard vice-ministre de la Sécurité nationale dans les gouvernements de coalition de Naftali Bennett, issu de la droite, puis de Yaïr Lapid, issu du centre. Le récit biographique tient en quelques étapes, mais chacune d’elles éclaire le choc symbolique de lundi soir.
Il existe une histoire difficile entre les Arabes et les Juifs dans ce pays, mais il existe aussi un avenir commun, dans tous les domaines de la vie.
Yoav Segalovitz
Ces phrases, prononcées à Nazareth, ne racontent pas le détail opérationnel de son passage à la police. Elles ne décrivent pas non plus le quotidien d’un vice-ministère. Elles placent le ralliement sur le terrain de la confiance et de la reconnaissance des différences. Le personnage public n’efface pas son passé. Il s’en sert comme point de départ pour dire qu’une coopération politique reste possible.
Mansour Abbas Et Le Sens Donné À La Décision
Mansour Abbas n’a pas présenté le ralliement comme une formalité de dernière minute. Il a d’abord nommé le fait : Yoav Segalovitz rejoint la Liste arabe unifiée. Puis il a commenté le poids de l’acte. Ce n’est pas une décision facile. Il ne la présente pas comme telle. Mais c’est une décision sérieuse. La répétition de ces précautions oratoires sert à prévenir deux lectures opposées : celle qui verrait un coup de communication léger, et celle qui verrait une trahison immédiate de l’identité du parti.
Le même Abbas avait déjà occupé une place inhabituelle dans la vie parlementaire israélienne. Il avait apporté un soutien inédit aux gouvernements de coalition de Naftali Bennett puis de Yaïr Lapid. En échange, selon l’annonce reprise ici, avait été obtenue la promesse d’un plan quinquennal chiffré en milliards de shekels pour soutenir l’importante minorité arabe d’Israël. Cette minorité est composée des descendants de Palestiniens restés sur leurs terres à la création de l’État israélien en 1948.
Yoav Segalovitz rejoint la Liste arabe unifiée. Ce n’est pas une décision facile, et je ne vous la présente pas comme telle. Mais c’est une décision sérieuse.
Mansour Abbas
Le souvenir de cette coalition n’est pas un arrière-plan flou. Beaucoup d’Arabes israéliens avaient considéré cet accord comme une trahison. De nombreux électeurs juifs avaient reproché à Naftali Bennett cette alliance. Le ralliement de lundi soir s’inscrit donc dans une mémoire déjà chargée. Il ne crée pas à lui seul le débat sur la coopération entre listes et sensibilités différentes. Il le réouvre, avec un visage juif désormais inscrit sur une liste arabe.
La Minorité Arabe, Le Plan Quinquennal Et La Mémoire De 1948
L’article d’origine ne développe pas une sociologie complète de la minorité arabe. Il en rappelle cependant l’importance et l’origine historique telle qu’elle est formulée : des descendants de Palestiniens restés sur leurs terres à la création de l’État israélien en 1948. Ce rappel sert à expliquer pourquoi un plan quinquennal, annoncé en milliards de shekels, a pu devenir un enjeu de coalition et un objet de contestation.
Le soutien d’Abbas aux gouvernements Bennett puis Lapid n’est pas décrit comme un alignement idéologique total. Il est décrit comme inédit. Le mot compte. Il signale qu’une pratique politique jusque-là rare a été tentée. La contrepartie mise en avant est matérielle et collective : un plan sur cinq ans, d’un montant exprimé en milliards de shekels, destiné à soutenir cette minorité. Autour de cet échange, deux reproches se sont cristallisés, l’un côté arabe, l’autre côté juif.
Lecture côté arabe rapportée
Beaucoup d’Arabes israéliens avaient vu dans l’accord de coalition une trahison.
Lecture côté juif rapportée
De nombreux électeurs juifs avaient reproché à Naftali Bennett cette alliance.
Ces deux reproches ne sont pas tranchés par l’annonce de Nazareth. Ils restent accrochés à la mémoire récente. Ils expliquent pourquoi Abbas insiste sur le caractère sérieux et difficile de l’accueil de Segalovitz. Accueillir un ancien vice-ministre de la Sécurité nationale, passé par Yesh Atid, ce n’est pas seulement ajouter un nom à une liste. C’est rouvrir la question de ce qu’une liste arabe peut contenir, et de ce qu’un élu juif peut accepter de rejoindre.
Les Sondages De Raam Et L’Étroitesse De L’Hémicycle
Les derniers sondages donnent entre 5 et 6 sièges sur 120 au parti Raam. Ce chiffre n’est pas un détail statistique isolé. Dans un parlement de 120 membres, une formation qui gravit autour de ce niveau se trouve toujours à la lisière de l’influence et de la fragilité. Le ralliement d’une personnalité connue hors de l’électorat habituel du parti s’inscrit dans cette arithmétique contrainte.
Rien dans l’annonce ne dit que Segalovitz ferait à lui seul gagner un siège supplémentaire. Rien n’indique non plus qu’il en ferait perdre. Le texte s’en tient aux sondages existants et au caractère inédit du ralliement. La campagne du 27 octobre devient alors le lieu où cette nouveauté sera mise à l’épreuve, sans que le résultat soit écrit d’avance dans la conférence de Nazareth.
Le parti reste identifié comme Liste arabe unifiée. Le rallié reste identifié comme ancien officier de police juif, ancien élu de Yesh Atid, ancien vice-ministre. La coexistence de ces étiquettes sur une même liste constitue l’information principale. Les sondages fournissent seulement l’échelle dans laquelle cette coexistence va se jouer.
De La Police À La Knesset, Puis Au Vice-Ministère
Le chemin institutionnel de Yoav Segalovitz, tel qu’il est relaté, suit une ligne claire. D’abord la police, avec la lutte contre la corruption. Ensuite la division des Renseignements. Puis l’entrée au parti centriste de Yaïr Lapid. L’élection à la Knesset en 2019. Deux ans plus tard, la nomination comme vice-ministre de la Sécurité nationale, d’abord sous Naftali Bennett, ensuite sous Yaïr Lapid.
Ce parcours place l’homme du côté des institutions de sécurité et du centre parlementaire avant de le faire basculer, lundi soir, vers une liste arabe. L’effet de contraste ne vient pas d’un commentaire extérieur. Il vient de la succession des fonctions elles-mêmes. Un responsable de renseignement policier n’est pas, dans l’imaginaire politique ordinaire, le profil attendu d’une Liste arabe unifiée. C’est pourquoi l’annonce est présentée comme une première.
Yaïr Lapid est mentionné à la fois comme chef de Yesh Atid et comme actuel chef de l’opposition. Naftali Bennett est mentionné comme dirigeant de droite à la tête d’une coalition que Abbas a soutenue. Ces deux noms relient Segalovitz à une saison politique déjà contestée. Le ralliement à Raam n’efface pas cette saison. Il la prolonge sous une autre étiquette.
Confiance, Différences Et Action Commune
La formule de Segalovitz mérite d’être lue lentement. Il demande s’il est possible de créer une coopération politique entre des personnes aussi différentes. Il répond qu’il le pense. Il ajoute les trois bases de cette coopération : la confiance, la reconnaissance de nos différences, un engagement dans une action commune. Ce n’est pas un programme détaillé. C’est une grammaire politique minimale.
La reconnaissance des différences empêche de faire semblant que le ralliement annule les identités. La confiance empêche de réduire le geste à une opération d’image. L’action commune empêche d’en rester à une déclaration d’intention. Les trois termes tiennent ensemble. Retirer l’un d’eux changerait le sens de la conférence de Nazareth.
Est-il possible de créer une coopération politique entre des personnes aussi différentes ? Je pense que oui, sur la base de la confiance, de la reconnaissance de nos différences et d’un engagement dans une action commune.
Yoav Segalovitz
Abbas, de son côté, n’emploie pas exactement les mêmes mots, mais il situe le même effort dans une décision difficile et sérieuse. L’un parle depuis l’expérience d’un parti arabe qui a déjà payé le prix d’une coalition inédite. L’autre parle depuis l’expérience d’un ancien officier et d’un ancien vice-ministre de la Sécurité nationale. Le point de rencontre est la liste unique pour le 27 octobre.
La Réaction Du Likoud Tel Qu’Elle Est Formulee
Le Likoud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a réagi par communiqué. Le texte affirme que même Segalovitz ne pourra pas dissimuler le fait que Mansour Abbas refuse de reconnaître le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes et pousse à la création d’un État palestinien. Cette réaction ne commente pas le passé policier du rallié. Elle recentre le débat sur Abbas et sur deux griefs politiques précis.
Le communiqué introduit donc une contre-lecture immédiate. Là où Nazareth met en avant l’avenir commun et la coopération possible, le Likoud met en avant ce qu’il considère comme un refus de qualification terroriste et une poussée vers un État palestinien. L’article d’origine ne tranche pas entre ces lectures. Il les juxtapose. D’un côté l’annonce du ralliement. De l’autre la réplique d’un parti au pouvoir.
Le nom de Segalovitz apparaît dans la phrase du Likoud comme insuffisant à « dissimuler » la ligne prêtée à Abbas. Autrement dit, le ralliement d’un ancien officier juif n’est pas accepté, dans ce communiqué, comme une preuve de transformation du parti Raam. Il est traité comme un écran possible, immédiatement récusé.
Ce Que L’Annonce Ne Dit Pas Et Ce Qu’Elle Dit Vraiment
L’annonce ne décrit pas le rang exact de Segalovitz sur la liste. Elle ne donne pas le détail des négociations internes. Elle ne fournit pas de nouveaux sondages postérieurs à la conférence. Elle ne rapporte pas d’autres réactions que celle du Likoud. Rester fidèle à ces limites évite de transformer un fait politique daté en roman d’intentions.
En revanche, l’annonce dit clairement plusieurs choses. Elle date le geste : lundi soir. Elle le localise : Nazareth, dans le nord. Elle le qualifie : une première en Israël. Elle nomme les deux protagonistes. Elle rappelle le socle électoral estimé de Raam. Elle relie Segalovitz à la police, à Yesh Atid, à la Knesset de 2019 et au vice-ministère de la Sécurité nationale. Elle rappelle le soutien inédit d’Abbas aux coalitions Bennett et Lapid, le plan quinquennal en milliards de shekels, la mémoire de 1948, les accusations de trahison et les reproches faits à Bennett.
Ces éléments suffisent à comprendre pourquoi la scène de Nazareth dépasse le cadre d’un simple recrutement de campagne. Elle touche à la possibilité même d’une coopération politique entre des personnes décrites comme très différentes, dans un pays dont l’histoire entre Arabes et Juifs est d’emblée reconnue comme difficile par le rallié lui-même.
Le 27 Octobre Comme Horizon Commun De La Liste
Toutes les phrases de la conférence convergent vers la même date : les élections du 27 octobre. Le ralliement n’est pas présenté comme une réflexion abstraite sur le vivre-ensemble. Il est présenté en vue d’un scrutin. La Liste arabe unifiée emmène désormais, selon l’annonce, un ancien officier de police juif dans cette bataille parlementaire.
Entre 5 et 6 sièges selon les derniers sondages, Raam reste une force limitée en nombre. Mais le récit de lundi soir cherche à donner à cette force une signification plus large que son poids arithmétique. Abbas parle de sérieux. Segalovitz parle d’avenir commun dans tous les domaines de la vie. Le Likoud répond sur le Hamas, le Hezbollah et un État palestinien. La campagne se trouve ainsi tendue entre un geste d’ouverture affiché et une contestation frontale de sa portée.
Le lecteur n’a pas besoin d’ajouter d’autres rebondissements pour saisir l’enjeu. Il suffit de garder ensemble ces trois voix : celle du chef de Raam, celle de l’ancien vice-ministre, celle du parti de Benjamin Netanyahu. Chacune parle depuis un lieu différent. Chacune commente le même fait. Le fait, lui, reste simple à énoncer et lourd à interpréter : un ex-officier de police juif rejoint une liste arabe.
Une Histoire Difficile, Un Discours D’Avenir
Segalovitz n’a pas nié l’histoire difficile entre Arabes et Juifs dans le pays. Il l’a placée en ouverture de son propos. Cette concession initiale donne ensuite plus de poids à la seconde proposition : il existe aussi un avenir commun, dans tous les domaines de la vie. L’adverbe « aussi » empêche d’effacer la première phrase. L’avenir n’est pas substitué au passé. Il lui est ajouté.
Abbas, en parlant de décision difficile et sérieuse, protège le même équilibre. Il ne vend pas une réconciliation magique. Il assume un choix coûteux. Le coût n’est pas chiffré en sièges dans la conférence. Il est suggéré par le souvenir des critiques passées, lorsque le soutien aux gouvernements Bennett et Lapid avait déjà divisé.
Dans cet équilibre, la police, le renseignement, la corruption, la Knesset et le vice-ministère ne sont plus seulement des étapes de carrière. Ils deviennent les preuves que l’homme qui parle d’avenir commun vient d’un appareil d’État longtemps perçu, de l’autre côté, comme distant ou adverse. Inversement, la Liste arabe unifiée n’est plus seulement une étiquette communautaire. Elle devient le réceptacle d’un profil que son électorat n’avait pas l’habitude de voir figurer en son sein.
Ce Que Change Le Mot Première
Dire qu’il s’agit d’une première en Israël n’est pas un ornement. Le mot classe l’événement hors de la routine des ralliements ordinaires. Des élus changent de liste. Des cadres migrent d’un parti à un autre. Ici, le franchissement n’est pas seulement partisan. Il est décrit comme intercommunautaire dans l’espace électoral arabe, avec un ancien officier juif comme figure de passage.
La première n’annule pas les 5 ou 6 sièges des sondages. Elle n’annule pas le communiqué du Likoud. Elle n’annule pas les soupçons de trahison nés de la coalition précédente. Elle ajoute une couche de signification. Après lundi soir, Raam n’est plus seulement le parti qui avait soutenu Bennett et Lapid contre une partie de son camp. C’est aussi le parti qui accueille Segalovitz.
Après lundi soir, Segalovitz n’est plus seulement l’ancien responsable de la lutte contre la corruption, l’ancien homme du renseignement policier, l’ancien élu de Yesh Atid, l’ancien vice-ministre. C’est aussi le rallié d’une Liste arabe unifiée présentée à Nazareth par Mansour Abbas.
Lire Ensemble Les Trois Temps Du Récit
Le récit disponible s’organise en trois temps. Le premier temps est biographique : police, corruption, renseignements, Yesh Atid, Knesset, vice-ministère. Le deuxième temps est coalitaire : soutien inédit d’Abbas, plan quinquennal en milliards de shekels, minorité issue de 1948, accusations de trahison, reproches à Bennett. Le troisième temps est électoral : conférence de Nazareth, ralliement, sondages de 5 à 6 sièges, scrutin du 27 octobre, communiqué du Likoud.
Aucun de ces temps n’est superflu. Sans la biographie, le ralliement perd son étrangeté. Sans la coalition précédente, on ne comprend pas pourquoi Abbas insiste tant sur le sérieux douloureux de la décision. Sans le Likoud, on croirait que l’annonce circule sans contradiction. Les trois temps se tiennent.
| Temps | Éléments rappelés |
|---|---|
| Biographique | Police, anti-corruption, renseignements, Yesh Atid, élu 2019, vice-ministre |
| Coalitaire | Soutien Abbas, plan quinquennal, 1948, trahison, reproches à Bennett |
| Électoral | Nazareth, 27 octobre, 5-6 sièges, première, réaction du Likoud |
Cette lecture à trois temps n’ajoute aucun fait extérieur. Elle range ce qui a déjà été dit. Elle permet de relire la conférence sans la réduire à une phrase choc. Un homme change de liste. Un parti accepte un profil inattendu. Un adversaire politique refuse d’y voir un changement de fond. Le 27 octobre dira comment cette configuration sera reçue dans les urnes, sans que l’annonce de lundi soir ne préjuge du chiffre final.
Le Vocabulaire Choisi N’Est Pas Neutre
Plusieurs mots reviennent avec insistance. Première. Décision sérieuse. Histoire difficile. Avenir commun. Confiance. Différences. Action commune. Trahison. Alliance. Organisations terroristes. État palestinien. Chacun de ces termes oriente le regard. Les uns ouvrent. Les autres ferment. Les uns parlent de coopération. Les autres parlent de dissimulation impossible.
Le style humain d’un tel événement politique tient souvent à ces frottements de vocabulaire. On n’entend pas une seule langue. On entend deux déclarations de Nazareth et un communiqué du Likoud. Relire ces mots les uns après les autres évite de croire qu’une seule interprétation s’est imposée lundi soir. Rien de tel n’est établi dans le récit disponible.
La Liste arabe unifiée reste la Liste arabe unifiée. Yoav Segalovitz reste Yoav Segalovitz. Mansour Abbas reste Mansour Abbas. Benjamin Netanyahu reste le Premier ministre dont le parti répond. Le nouveau, c’est l’arrangement de ces noms sur une même séquence d’actualité, à quelques semaines du 27 octobre.
Une Coopération Affichée Sous Le Regard Des Sceptiques
Segalovitz a choisi de formuler la coopération comme une possibilité, non comme un acquis. « Je pense que oui » n’est pas « c’est déjà fait ». La prudence du verbe compte. Elle correspond à la prudence d’Abbas sur le caractère difficile de la décision. Les deux hommes n’annoncent pas la fin des tensions. Ils annoncent un essai politique, dans le cadre d’une liste et d’une échéance électorale.
Les sceptiques sont déjà présents dans le texte d’origine, sous deux formes. Il y a ceux, parmi les Arabes israéliens, qui avaient vu une trahison dans l’accord de coalition. Il y a ceux, parmi les électeurs juifs, qui avaient reproché l’alliance à Bennett. Il y a enfin le Likoud, qui refuse de lire dans Segalovitz une couverture suffisante pour Abbas. Le ralliement entre donc dans un champ déjà peuplé de doutes.
C’est peut-être pourquoi Nazareth a été le théâtre d’une conférence, et non d’une simple note écrite. Montrer les deux hommes ensemble, faire entendre leurs voix, insister sur le sérieux, tout cela vise à donner un corps visible à une coopération encore contestée. L’image de la conférence n’est pas fournie ici, mais sa fonction politique se déduit des paroles rapportées.
Sécurité Nationale Et Liste Arabe Sur La Même Ligne
Le titre de vice-ministre de la Sécurité nationale n’est pas un accessoire. Il relie Segalovitz à l’un des domaines les plus sensibles de la vie publique israélienne. Le retrouver sur une liste arabe crée un court-circuit symbolique. La sécurité nationale, dans le récit de carrière, précède le ralliement. La liste arabe, dans le récit de lundi soir, lui succède.
Raam, de son côté, n’est pas présenté seulement comme un véhicule électoral. C’est un parti arabe israélien, islamiste modéré selon la caractérisation fournie, déjà entré dans une logique de coalition inédite. Le plan quinquennal en milliards de shekels avait donné une traduction budgétaire à cette entrée. Le ralliement de Segalovitz donne une traduction personnelle à une autre forme d’entrée : celle d’un élu juif dans l’espace de liste du parti.
Entre ces deux traductions, la continuité n’est pas mécanique. Elle est politique. Abbas avait déjà accepté de soutenir des gouvernements dirigés par Bennett puis Lapid. Il accepte aujourd’hui d’afficher Segalovitz. Les deux gestes relèvent d’une même famille : sortir d’un entre-soi partisan strict, au risque des accusations de trahison ou d’illusion.
Ce Que Les Électeurs Sont Invités À Examiner
Sans inventer de consignes de vote, on peut relire ce que l’annonce elle-même met sous les yeux. Un parti estimé entre 5 et 6 sièges. Un scrutin fixé au 27 octobre. Un rallié au passé policier et ministériel. Un chef de parti qui parle de décision sérieuse. Un adversaire qui parle de Hamas, de Hezbollah et d’État palestinien. L’électeur, qu’il soit arabe ou juif, est renvoyé à ces pièces telles quelles.
La question de Segalovitz redevient alors la question du lecteur. Est-il possible de créer une coopération politique entre des personnes aussi différentes ? L’article d’origine ne tranche pas au-delà de la réponse personnelle de l’intéressé. Il laisse la phrase en suspens dans l’espace public. Le 27 octobre sera une réponse chiffrée, pas nécessairement une réponse morale définitive.
En attendant cette date, le fait demeure. À Nazareth, lundi soir, Mansour Abbas a annoncé que Yoav Segalovitz rejoignait la Liste arabe unifiée. Une première en Israël, formulée sans facilité, reçue sans unanimité, et désormais inscrite dans la campagne.
Reprise Factuelle Avant Le Scrutin
Pour refermer le récit sans l’alourdir d’éléments étrangers, il faut revenir à la chaîne exacte des informations. Lundi soir, à Nazareth, dans le nord, le chef de Raam a rendu public le ralliement. Il a parlé d’une décision difficile et sérieuse. Segalovitz a parlé d’histoire difficile et d’avenir commun. Il a fondé la coopération possible sur la confiance, la reconnaissance des différences et l’action commune.
Les sondages cités donnent 5 à 6 sièges sur 120. Segalovitz vient de la police, de la lutte contre la corruption, des renseignements, de Yesh Atid, de la Knesset depuis 2019, du vice-ministère de la Sécurité nationale sous Bennett puis Lapid. Abbas avait soutenu ces gouvernements et obtenu la promesse d’un plan quinquennal en milliards de shekels pour la minorité arabe, descendants de Palestiniens restés en 1948. Ce soutien avait été lu comme une trahison par beaucoup d’Arabes israéliens et reproché à Bennett par de nombreux électeurs juifs.
Le Likoud a répondu que même Segalovitz ne pourrait dissimuler le refus d’Abbas de reconnaître le Hamas et le Hezbollah comme organisations terroristes, ni sa poussée vers un État palestinien. Telle est la matière. Rien de plus n’est nécessaire pour comprendre pourquoi cette conférence de presse occupe, à elle seule, une place à part dans la séquence qui mène au 27 octobre.
La campagne continuera. Les listes seront lues. Les sièges seront comptés. Mais l’image politique laissée par Nazareth restera celle d’un ancien officier de police juif acceptant de figurer sur une liste arabe, et d’un chef de parti arabe acceptant de le présenter comme un choix sérieux, au milieu d’une histoire qu’eux-mêmes décrivent comme difficile et d’un avenir qu’ils disent encore commun.









