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Deux Femmes Condamnées À Mort En Iran Après Les Manifestations

Deux femmes ont été condamnées à mort en Iran pour des faits liés aux rassemblements de janvier à Ispahan. L’une a vingt ans, l’autre est mère de deux adolescents. Leurs dossiers, déjà contestés, restent ouverts.

Deux femmes se retrouvent aujourd’hui au cœur d’une actualité judiciaire particulièrement lourde. Lundi, des groupes de défense des droits humains ont indiqué que la justice iranienne les avait condamnées à la peine capitale pour des faits présentés comme liés aux manifestations antigouvernementales de janvier. Les deux affaires sont distinctes. Elles se rattachent pourtant au même théâtre urbain : Ispahan, dans le centre du pays, l’un des foyers de ces vastes rassemblements qui ont culminé les 8 et 9 janvier. Derrière les noms, Taraneh Rahimi et Leila Abolhasani, se dessinent des âges, des familles, des versions contradictoires et une procédure que les défenseurs des accusés décrivent comme incomplète.

Ce Que Les Groupes De Défense Relatent Sur Ces Deux Jugements

Le récit public de ces condamnations ne vient pas d’un communiqué unique et officiel largement détaillé. Il circule d’abord par des organisations qui documentent depuis longtemps les affaires pénales sensibles. L’organisation Hengaw, basée en Norvège, et l’agence Human Rights Activists News Agency, plus souvent désignée sous le sigle HRANA et basée aux États-Unis, ont rapporté le sort de Taraneh Rahimi. Pour Leila Abolhasani, HRANA et l’observatoire juridique Dadban ont également publié des éléments. Ces sources ne disent pas la même chose sur chaque dossier. Elles convergent toutefois sur un point : la peine de mort a été prononcée.

Ispahan n’est pas un détail géographique. Dans le récit des rassemblements de janvier, la ville apparaît comme l’un des lieux où la contestation a pris une ampleur particulière. Les 8 et 9 janvier sont présentés comme le pic de ces mouvements. C’est dans ce cadre que les deux femmes ont été jugées, chacune pour des incidents différents. L’une est associée à des faits survenus dans un square. L’autre est déclarée coupable d’avoir mis le feu à un magasin. Les familles, au moins dans le second dossier, contestent la qualification retenue.

Taraneh Rahimi, Vingt Ans, Jugée Avec Neuf Hommes

Taraneh Rahimi a vingt ans. Ce chiffre, à lui seul, donne à l’affaire une densité particulière. Elle a été condamnée à mort aux côtés de neuf hommes. Les faits visés se seraient déroulés dans un square d’Ispahan. Selon les organisations citées, ces incidents ont fait deux morts, dont un membre des forces de sécurité. La peine capitale n’est donc pas isolée dans ce dossier : elle s’inscrit dans un jugement collectif où dix personnes, une femme et neuf hommes, se voient infliger la sanction la plus grave.

Le dossier ne s’arrête pas à ces dix peines de mort. D’autres accusés ont été condamnés à des peines de prison. Parmi eux figure Romina, la sœur de Taraneh Rahimi. Les peines infligées dans cette partie du dossier vont jusqu’à trente-six ans d’emprisonnement. La présence de deux sœurs dans la même affaire relie le jugement à une histoire familiale, sans que les sources disponibles précisent davantage le rôle exact attribué à chacune au-delà de cette mention.

Les avocats des accusés n’ont pas eu accès à une grande partie du dossier et ont fait valoir qu’ils n’avaient pas disposé de suffisamment de temps pour examiner les documents et les éléments de preuve.

Cette phrase, rapportée par HRANA, est l’un des rares éléments procéduraux explicitement donnés. Elle ne décrit pas le fond des preuves. Elle décrit un accès. Une grande partie du dossier serait restée hors de portée des défenseurs. Le temps d’examen des pièces aurait été insuffisant. Dans un procès où la peine capitale est en jeu, cette observation pèse lourd, même si elle ne dit rien, par elle-même, de la réalité des faits reprochés.

On ne dispose pas, dans les informations transmises, d’un compte rendu d’audience ligne à ligne. On ne connaît pas le détail des témoignages. On sait seulement que le square d’Ispahan, deux morts dont un membre des forces de sécurité, dix condamnations à mort et des peines allant jusqu’à trente-six ans composent le cadre officiel de cette affaire telle qu’elle est rapportée. Tout le reste, y compris la manière dont chaque accusé aurait été individuellement impliqué, n’est pas développé dans les éléments disponibles.

Leila Abolhasani, Quarante-Trois Ans, Mère De Deux Adolescents

Le second dossier concerne Leila Abolhasani. Elle a quarante-trois ans. Elle est mère de deux adolescents. Elle a été jugée coupable d’avoir mis le feu à un magasin durant les manifestations. Ici encore, le lieu de référence reste Ispahan et le calendrier reste celui des rassemblements de janvier. La nature de l’accusation change : il ne s’agit plus d’incidents mortels dans un square, mais d’un incendie visant un commerce.

Ses proches ont nié cette accusation. Ils ont affirmé qu’elle avait seulement filmé l’incendie. L’écart entre les deux versions est net. D’un côté, une qualification pénale d’une extrême gravité, puisqu’elle débouche sur une condamnation à mort. De l’autre, une description familiale qui transforme le geste reproché en un acte de captation d’images. Les sources ne tranchent pas ce conflit de récits. Elles le consignment.

L’affaire a été renvoyée devant la Cour de cassation pour réexamen. Cette mention importe autant que la condamnation elle-même. Elle signifie que le jugement n’est pas présenté comme un point final immédiat. Un réexamen reste ouvert. On ignore, à ce stade, le calendrier de cette étape, le contenu exact des moyens soulevés et l’issue possible. On sait seulement que le dossier n’est pas clos à ce niveau de juridiction.

Repères du dossier public

Taraneh Rahimi — 20 ans — peine de mort avec neuf hommes — square d’Ispahan — deux morts dont un membre des forces de sécurité — sœur Romina parmi d’autres peines allant jusqu’à 36 ans.

Leila Abolhasani — 43 ans — mère de deux adolescents — accusée d’avoir incendié un magasin — proches : elle aurait seulement filmé — renvoi devant la Cour de cassation.

Ispahan, Foyer Des Rassemblements De Janvier

Les deux jugements sont distincts. Ils partagent pourtant une géographie. Ispahan est décrite comme l’un des foyers de vastes rassemblements antigouvernementaux. Le pic est situé les 8 et 9 janvier. Cette précision temporelle ancre les dossiers dans une séquence courte et intense. Elle ne dit pas combien de personnes ont défilé, ni comment chaque journée s’est déroulée. Elle situe seulement le moment où la contestation a atteint, selon le récit repris, son point le plus haut dans cette ville.

Un square et un magasin deviennent alors des scènes judiciaires. Dans le premier dossier, l’espace public d’une place est associé à deux décès, dont celui d’un membre des forces de sécurité. Dans le second, un commerce en feu devient le fait générateur de l’accusation. Les manifestations ne sont donc pas évoquées comme un bloc unique. Elles se fragmentent en incidents localisés, ensuite isolés dans des procédures séparées.

Cette fragmentation a une conséquence narrative. Elle empêche de parler d’un seul procès des manifestations de janvier. Elle oblige à parler de dossiers. Deux femmes, deux qualifications, deux familles, deux états procéduraux différents. L’une est jugée dans un ensemble de dix condamnations à mort. L’autre voit son affaire partir vers la Cour de cassation. Le lien commun demeure le mois de janvier et la ville d’Ispahan.

Ce Que Les Défenseurs Signalent Sur L’Accès Au Dossier

Dans l’affaire de Taraneh Rahimi, le point le plus précis sur la procédure concerne les avocats. Ils n’auraient pas eu accès à une grande partie du dossier. Ils auraient manqué de temps pour examiner documents et éléments de preuve. Cette double limitation — accès et délai — est rapportée comme un argument soulevé par la défense. Elle ne dit pas que les preuves n’existent pas. Elle dit que leur examen n’aurait pas été complet du côté des avocats.

Dans un procès capital, le temps et l’accès aux pièces ne sont pas des formalités secondaires. Ils conditionnent la possibilité de contester, de contextualiser, de vérifier. Les sources ne précisent pas quelles pièces seraient restées inaccessibles. Elles ne dressent pas la liste des documents manquants. Elles indiquent seulement l’ampleur du problème : une grande partie du dossier.

Cette observation ne s’étend pas, dans les éléments fournis, au dossier de Leila Abolhasani. Pour cette dernière, l’information procédurale essentielle est ailleurs : le renvoi devant la Cour de cassation. Les deux affaires ne sont donc pas décrites avec le même grain. L’une met en avant un déficit d’accès aux preuves. L’autre met en avant une voie de réexamen déjà ouverte. Il serait inexact de fusionner ces deux descriptions.

La Contestation Familiale Dans L’Affaire De L’Incendie

Les proches de Leila Abolhasani ne se bornent pas à demander la clémence. Ils contestent le fait lui-même. Selon eux, elle n’a pas mis le feu au magasin. Elle aurait filmé l’incendie. La différence n’est pas de degré. Elle est de nature. Filmer un feu et allumer un feu ne relèvent pas de la même action. Dans le récit familial, la femme de quarante-trois ans serait témoin filmant, non auteure de l’incendie.

Cette dénégation ne s’accompagne pas, dans les informations disponibles, d’un détail technique supplémentaire. On ne sait pas si une vidéo circule. On ne sait pas ce qu’elle montrerait. On ne sait pas comment l’accusation a établi le geste d’incendier. On sait seulement que deux lectures s’opposent et que, malgré cette opposition, une condamnation à mort a été prononcée avant le renvoi en cassation.

Le statut de mère de deux adolescents ajoute une dimension humaine immédiatement lisible. Il n’a pas de valeur juridique automatique. Il n’efface pas une accusation. Il inscrit toutefois la condamnée dans une vie concrète, hors de la seule catégorie pénale. Les sources retiennent cet élément. Elles le placent à côté de l’âge, quarante-trois ans, comme un trait d’identité et non comme un argument développé.

Vingt-Neuf Hommes Exécutés Depuis Le Début De La Guerre Avec Les États-Unis

Le contexte chiffré donné par l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, déplace le regard du dossier individuel vers une série. Depuis le début de la guerre avec les États-Unis, Téhéran a exécuté vingt-neuf hommes pour des faits liés aux manifestations. Le nombre est précis. Le genre l’est aussi : des hommes. Le motif retenu dans ce décompte est le lien avec les rassemblements.

Jusqu’à maintenant, l’Iran n’a exécuté aucune femme en lien avec ces rassemblements. Cette phrase crée un seuil. Les deux condamnations annoncées lundi n’équivalent pas, à ce stade, à des exécutions. Elles placent cependant deux femmes dans une catégorie jusqu’ici non franchie sur le terrain des mises à mort liées aux manifestations. Le texte des organisations distingue clairement condamnation et exécution.

Cette distinction est essentielle pour ne pas confondre les étapes. Une condamnation à mort ouvre une séquence. Une exécution la clôt. Les vingt-neuf hommes déjà exécutés appartiennent à la seconde catégorie. Taraneh Rahimi et Leila Abolhasani, d’après les informations rapportées lundi, appartiennent à la première. Dans le second dossier, le renvoi en cassation maintient même une incertitude supplémentaire sur l’issue.

Exécutions liées aux manifestations

29 hommes

depuis le début de la guerre avec les États-Unis, selon Iran Human Rights

Femmes exécutées pour ce motif

aucune à ce jour

aucune femme exécutée en lien avec les rassemblements jusqu’à maintenant

Seize Femmes Exécutées Pour D’Autres Infractions Depuis Le Début De L’Année

Le même observatoire indique qu’au moins seize femmes ont été exécutées pour d’autres infractions depuis le début de l’année. Ici, le lien avec les manifestations disparaît. Le genre demeure. Le chiffre introduit une réalité parallèle : la peine capitale appliquée à des femmes existe déjà dans d’autres dossiers, distincts des rassemblements de janvier.

Cette donnée empêche une lecture trop simple. Dire qu’aucune femme n’a été exécutée en lien avec les manifestations n’équivaut pas à dire qu’aucune femme n’a été exécutée. Les seize cas mentionnés concernent d’autres infractions. Leur nature exacte n’est pas détaillée dans les éléments repris ici. Seul le volume minimal — au moins seize — et la période — depuis le début de l’année — sont donnés.

Les deux femmes condamnées lundi se situent donc à l’intersection de deux séries. D’un côté, une série d’exécutions masculines liées aux manifestations. De l’autre, une série d’exécutions féminines sans ce lien. Leur sort, s’il devait un jour basculer de la condamnation à l’exécution, changerait la première série. Pour l’instant, ce basculement n’est pas rapporté.

Le Message Relayé En Avril Et Les Nuances Qui Ont Suivi

En avril, le président américain Donald Trump avait relayé sur X le message d’un jeune militant pro-israélien aux États-Unis. Selon ce message, huit Iraniennes étaient menacées de pendaison. Le locataire de la Maison Blanche appelait à leur libération. Cet épisode appartient à un autre moment du calendrier. Il n’est pas le jugement de lundi. Il éclaire toutefois la manière dont des noms de femmes iraniennes menacées de mort ont déjà circulé hors du pays.

Parmi ces femmes, cependant, certaines n’avaient pas été condamnées à mort. D’autres avaient déjà été libérées. La liste de huit noms ne recouvrait donc pas une situation unique. Elle mélangeait des statuts différents. Cette correction, rapportée dans le même ensemble d’informations, invite à la prudence chaque fois qu’un chiffre global de femmes menacées circule sans distinction de procédure.

Une de ces femmes, Bita Hemmati, avait été condamnée à mort pour avoir jeté des blocs de béton depuis un immeuble sur des forces de sécurité lors des manifestations. HRANA a annoncé en avril que sa condamnation avait été annulée. Ce précédent montre qu’une peine capitale prononcée dans le contexte des rassemblements peut, au moins dans ce cas rapporté, être ensuite anéantie. Il n’autorise aucune prévision automatique sur les deux dossiers actuels. Il rappelle seulement qu’une condamnation n’est pas toujours le dernier mot.

Ce Que Le Cas De Bita Hemmati Change Dans La Lecture

Bita Hemmati n’est pas Taraneh Rahimi. Elle n’est pas Leila Abolhasani. Son affaire est antérieure dans le récit public d’avril. Les faits qui lui étaient reprochés — jeter des blocs de béton depuis un immeuble sur des forces de sécurité — diffèrent des deux qualifications de lundi. Pourtant, le schéma général se ressemble : une femme, des manifestations, une peine de mort, puis une évolution procédurale.

L’annulation annoncée en avril par HRANA introduit une faille dans l’idée d’une mécanique inexorable. Une condamnation peut être annulée. Cette possibilité n’est pas une garantie. Elle est un fait déjà observé dans un dossier nommé. Elle donne un précédent à ceux qui suivent désormais les deux nouvelles affaires, surtout celle déjà renvoyée devant la Cour de cassation.

Le relais d’avril sur X, lui, montre autre chose : la vitesse à laquelle un message militant peut devenir un appel politique de très haut niveau, puis se heurter à des vérifications de statut. Huit femmes menacées de pendaison. Certaines non condamnées à mort. D’autres déjà libres. Une condamnation annulée. La séquence enseigne moins une morale qu’une méthode : distinguer les peines prononcées, les peines exécutées, les peines annulées et les simples menaces alléguées.

Deux Affaires Distinctes, Un Même Mois De Référence

Il serait tentant de fondre Taraneh Rahimi et Leila Abolhasani dans une seule figure. Les sources interdisent ce raccourci. L’une a vingt ans et se trouve dans un dossier collectif marqué par deux morts. L’autre a quarante-trois ans, deux enfants adolescents, et un incendie de magasin pour accusation principale. L’une est associée à neuf hommes également condamnés à mort. L’autre voit son dossier repartir vers la cassation.

Le mois de janvier reste le fil. Les 8 et 9 janvier restent le pic. Ispahan reste le lieu. Ces trois éléments unissent les affaires sans les rendre identiques. La justice les a traitées séparément. Les organisations les ont aussi présentées comme distinctes. Respecter cette séparation, c’est déjà éviter d’inventer une unité de faits qui n’est pas établie.

Dans le dossier du square, la gravité s’appuie sur des morts, dont un membre des forces de sécurité. Dans le dossier du magasin, la gravité s’appuie sur un incendie contesté par la famille. Les deux chemins vers la peine capitale ne sont donc pas les mêmes. Les deux lectures possibles de la responsabilité ne sont pas les mêmes. Seule la sanction maximale crée l’apparence d’une symétrie.

Romina Et Les Peines Qui N’Atteignent Pas La Mort

Romina, sœur de Taraneh Rahimi, n’est pas condamnée à mort dans les éléments rapportés. Elle apparaît parmi d’autres accusés ayant reçu des peines allant jusqu’à trente-six ans de prison. Cette mention élargit le dossier au-delà de la seule peine capitale. Elle montre une échelle de sanctions à l’intérieur d’une même affaire : la mort pour certains, de très longues peines pour d’autres.

Trente-six années d’emprisonnement constituent déjà une sanction qui traverse une vie entière, surtout lorsque l’accusée est jeune. Les sources ne donnent pas l’âge de Romina. Elles donnent celui de Taraneh : vingt ans. Elles donnent le lien de sœur. Elles donnent le plafond des peines non capitales. C’est peu. C’est déjà assez pour comprendre que le square d’Ispahan a produit un éventail de destins judiciaires, et non une seule issue.

Le nom de Romina fonctionne aussi comme un rappel : derrière chaque dossier capital, d’autres prévenus restent dans l’ombre des communiqués. Leurs peines sont moins spectaculaires que la mort. Elles n’en sont pas moins déterminantes. Le chiffre de trente-six ans empêche de réduire l’affaire aux seules condamnations à la peine capitale.

Ce Que L’On Ne Sait Pas Encore

Les informations disponibles laissent de nombreux blancs. On ne connaît pas le détail des preuves retenues contre Taraneh Rahimi. On ne connaît pas le contenu exact des pièces inaccessibles aux avocats. On ne connaît pas la minute de l’incendie attribué à Leila Abolhasani, ni ce que la vidéo familiale, si elle existe, montrerait. On ne connaît pas la date d’examen par la Cour de cassation.

On ignore aussi si d’autres femmes, hors ces deux noms, ont reçu récemment la même peine pour des faits de janvier. Le texte des organisations se concentre sur ces deux cas. Il ne dresse pas un inventaire complet de toutes les condamnations féminines liées aux rassemblements. Il affirme seulement qu’aucune femme n’a encore été exécutée pour ce motif.

Rester fidèle aux faits, c’est aussi nommer ces absences. Un article qui remplirait les blancs par des hypothèses cesserait d’être un compte rendu. Les groupes de défense ont donné des âges, des lieux, des peines, une citation sur l’accès au dossier, une dénégation familiale, un renvoi en cassation, des totaux d’exécutions. C’est cet ensemble, et rien d’ajouté, qui constitue la matière.

Pourquoi Ces Deux Noms Comptent Dans Le Récit Public

Taraneh Rahimi et Leila Abolhasani deviennent des noms publics au moment où la peine capitale franchit, dans le récit des organisations, la frontière du genre pour les dossiers liés aux manifestations. Elles ne sont pas présentées comme déjà exécutées. Elles sont présentées comme condamnées. Cette nuance maintient une tension : la sanction est prononcée, la mise à exécution n’est pas rapportée, un recours existe au moins dans un des deux dossiers.

Le contraste avec les vingt-neuf hommes déjà exécutés donne à ces affaires une charge particulière. Il ne les rend pas plus vraies ou moins vraies. Il les rend historiquement situées. Jusqu’ici, le seuil de l’exécution liée aux rassemblements n’avait été franchi, selon Iran Human Rights, que pour des hommes. Les deux jugements de lundi placent deux femmes de l’autre côté de la condamnation, pas encore de l’exécution.

Le précédent de Bita Hemmati, dont la condamnation a été annulée en avril selon HRANA, empêche d’écrire ces dossiers comme s’ils étaient déjà achevés. L’histoire judiciaire récente, telle qu’elle est rapportée, contient à la fois des exécutions nombreuses d’hommes, des exécutions de femmes pour d’autres motifs, des listes trop vite agrégées de femmes « menacées », et au moins une annulation. Les deux nouveaux noms s’ajoutent à cette carte inégale.

Une Lecture Prudente Des Chiffres Et Des Listes

Les chiffres donnés sont de plusieurs natures. Deux femmes condamnées à mort. Neuf hommes condamnés avec l’une d’elles. Deux morts dans un square. Trente-six ans comme plafond de certaines peines de prison. Vingt-neuf hommes exécutés pour des faits liés aux manifestations depuis le début de la guerre avec les États-Unis. Aucune femme exécutée pour ce lien. Au moins seize femmes exécutées pour d’autres infractions depuis le début de l’année. Huit femmes citées en avril dans un message relayé, avec des statuts ensuite relativisés.

Mélanger ces totaux produirait une fausse clarté. Ils ne mesurent pas la même chose. Condamnation n’est pas exécution. Lien avec les manifestations n’est pas une autre infraction. Une liste militante n’est pas un jugement. Un renvoi en cassation n’est pas un acquittement. Garder ces catégories séparées est la seule manière de rester aligné sur les informations transmises.

La même prudence vaut pour les institutions qui parlent. Hengaw, HRANA, Dadban, Iran Human Rights n’ont pas le même objet exact, même lorsqu’ils documentent des dossiers proches. Leurs localisations — Norvège, États-Unis — sont indiquées. Leurs récits se recoupent sur l’essentiel des deux condamnations. Ils ne se substituent pas à un jugement intégralement publié ni à un compte rendu d’audience exhaustif.

Le Poids D’Un Square, D’Un Magasin, D’Une Caméra

Si l’on réduit les deux affaires à des objets, il reste un square, un magasin, éventuellement une caméra. Le square d’Ispahan est associé à deux morts. Le magasin est associé à un feu. La caméra apparaît seulement dans la version des proches de Leila Abolhasani. Trois objets, trois lectures possibles de la participation aux rassemblements : présence dans un lieu où des gens sont morts, geste incendiaire, geste de documentation.

La justice, d’après les organisations, a retenu pour la seconde femme le geste incendiaire. La famille a retenu le geste de documentation. Entre les deux, aucune description technique supplémentaire n’est fournie. Le lecteur reste donc face à une opposition brute. C’est précisément cette opposition qui justifie, dans le récit disponible, l’attention portée au renvoi devant la Cour de cassation.

Dans le premier dossier, l’objet n’est pas une caméra. C’est un square et deux corps. La présence d’un membre des forces de sécurité parmi les morts ancre l’affaire dans un conflit direct avec l’appareil de sécurité. Les neuf hommes condamnés à mort aux côtés de Taraneh Rahimi renforcent cette lecture collective. Ici, la contestation publique rapportée porte moins sur le fait lui-même que sur l’accès des avocats aux pièces.

Âges, Familles, Et La Manière Dont Les Dossiers Sont Racontés

Vingt ans. Quarante-trois ans. Une sœur. Deux adolescents. Ces indications biographiques ne sont pas des preuves. Elles sont la manière dont les organisations humanisent des accusées que la seule catégorie pénale réduirait à un chef d’accusation. Elles créent aussi une asymétrie d’âge à l’intérieur du couple de dossiers : une très jeune femme d’un côté, une mère d’adolescents de l’autre.

Cette asymétrie n’autorise aucune hiérarchie de gravité. Elle explique seulement pourquoi les deux affaires ne produisent pas la même image mentale. L’une évoque une jeunesse prise dans un dossier collectif violent. L’autre évoque une vie familiale déjà constituée, soudain recouverte par une accusation d’incendie. Les deux images coexistent dans la même journée d’annonces.

Les organisations n’ajoutent pas de portraits psychologiques. Elles ne rapportent pas de citations des deux femmes. Elles ne décrivent pas leur parcours antérieur. L’écriture reste donc volontairement sèche sur l’intime. Seuls l’âge, le lien familial et, pour l’une, le statut de mère sont retenus. Le reste de leur vie n’entre pas dans le dossier public tel qu’il est donné.

La Peine Capitale Comme Horizon, Pas Encore Comme Dénouement

Au moment où ces lignes reprennent les faits, la peine capitale est un horizon judiciaire, pas un dénouement constaté pour ces deux femmes. Cette phrase doit rester nette. Les vingt-neuf hommes déjà exécutés montrent que l’horizon peut se réaliser. L’absence d’exécution féminine liée aux rassemblements montre qu’il ne s’est pas encore réalisé dans cette catégorie. L’annulation obtenue par Bita Hemmati montre qu’il peut aussi reculer.

Leila Abolhasani a un réexamen en cassation. Taraneh Rahimi, dans les éléments fournis, n’a pas cette mention explicite au même titre. Les deux dossiers n’offrent donc pas la même visibilité sur les voies encore ouvertes. Là encore, fusionner serait une erreur. Suivre séparément chaque procédure est la seule méthode cohérente avec les sources.

Les groupes de défense des droits humains jouent ici un rôle de relais. Sans eux, les noms, les âges, la citation sur l’accès au dossier et la dénégation familiale n’auraient pas nécessairement la même circulation internationale. Leur existence ne garantit pas l’exhaustivité. Elle garantit seulement que ces deux condamnations ne restent pas invisibles hors du pays.

Ce Que Ces Annonces Laissent Devant Nous

Lundi, deux femmes ont été décrites comme condamnées à mort pour des faits liés aux manifestations de janvier. Ispahan en est le théâtre. Un square et un magasin en sont les scènes. Des avocats disent n’avoir pas vu une grande partie d’un dossier. Une famille dit qu’il n’y a pas eu d’incendie volontaire, seulement une vidéo. Une cour de cassation doit réexaminer l’une des affaires. Vingt-neuf hommes ont déjà été exécutés pour des faits liés aux rassemblements depuis le début de la guerre avec les États-Unis. Aucune femme ne l’a été pour ce motif. Au moins seize femmes l’ont été pour d’autres infractions depuis le début de l’année. En avril, une liste de huit noms avait circulé, imparfaite. Une condamnation, celle de Bita Hemmati, avait été annulée.

Ces phrases tiennent dans un paragraphe. Elles suffisent à poser le cadre. Elles ne suffisent pas à le clore. Les prochaines étapes, si elles surviennent, relèveront encore de la même exigence : séparer les dossiers, nommer les sources, ne pas transformer une condamnation en exécution, ne pas transformer une dénégation en preuve, ne pas transformer un recours en acquittement. Le reste n’appartient pas encore au récit établi.

Taraneh Rahimi a vingt ans. Leila Abolhasani a quarante-trois ans et deux adolescents. Entre ces deux vies, la justice a placé la peine la plus lourde. Entre cette peine et son éventuelle application, le temps judiciaire, déjà contesté dans un dossier et encore ouvert dans l’autre, continue de courir. C’est dans cet intervalle, étroit et grave, que se tient aujourd’hui l’information.

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